Je n'ai qu'une chose à te dire…


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Juste sensibles

J’attends de lire le témoignage meurtri d’une personne qui ne ressentirait rien. Qui souffrirait de son décalage avec le monde parce que les émotions des autres sont pour elle un mystère, et un frein pour tout le monde. Je voudrais lire ce que pense cette personne qui répète des « prenez sur vous » et des « c’est juste dans ta tête ». Cette personne qui parfois n’en peut plus de son entourage vacillant plus pour des mots que dans une tempête en mer.

C’est un peu nous tous et personne à la fois. On peut s’exaspérer nous-mêmes à être trop émotif.ve.s. On peut souffrir des émotions des autres, tant par empathie que par ricochet.

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Source

Je vois beaucoup parler d’hypersensibles ces jours-ci. Sur la blogosphère en quelques mois, j’ai dû en voir passer une dizaine sans les chercher (En voici deux que j’ai retenus : ici et ). Je suis entre la surprise et l’agacement, parce que ce qui est décrit c’est à la fois moi et pas moi. C’est beaucoup mon entourage et en même temps pas vraiment.

Une chose ressort de tout ça : on est un peu des handicapés émotionnels. On s’est cognés trop fort notre petit cœur dans la cour de récré ou à la maison, on a bloqué notre cerveau dans la case « surtout, ne pleure pas devant les autres ». Cela peut donner l’air insensible ou avoir l’effet inverse, donner des gens qui pleurent sans raison à force de tout retenir. J’ai envie de crier à tout le monde qu’une personne qui pleure n’est pas faible, qu’une personne qui s’énerve n’est pas hystérique (quel genre avez-vous assigné à ces deux personnes ?), qu’on ne réagit pas tous pareil mais au fond, quelque part dans l’iceberg de nos émotions, on réagit forcément toujours un peu. Je pense que l’hypersensible est une personne qui nous rappelle à tou.te.s que ça ne tourne pas rond, ce qu’on vit. Qu’un jour ou l’autre, les personnes « juste sensibles comme il faut » vont craquer aussi.

 

Qui a/est vraiment une anomalie ? La personne de l’intro ou les milliers d’hypersensibles qu’on croise tous les jours ?

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Ça parle d’handicapés émotionnels.
Par contre il y a quelques fautes d’orthographe dans le texte, désolée – pas trouvé d’autres versions

Se reproduire au bon endroit

Dans un précédent article,  je vous parlais de l’état de l’environnement, du déclassement des diplômes, de la course à l’innovation qui ne mène pas forcément loin.

Parce qu’on innove et on croît pour se faire des thunes, mais une fois assez gros, on vient avec une vocation humaniste. Je crois qu’ils ont vraiment l’impression de changer le monde vers le mieux, ces dirigeants.

En fin d’article, je vous bombardais de liens (par exemple celui ci) sur la dégradation de l’environnement, mais aussi sur la démographie. Vous savez probablement que les enfants, la maternité, les humains trop nombreux, ça me préoccupe. Mais là ça n’avait pas vraiment de rapport, pourquoi j’ai mis tous ces liens ? Parce que je les trouvais pertinents, en fait.

Je reviens vers vous pour un sujet qui aurait plus de rapport avec la choucroute. En fin d’année, on dresse tout plein de bilans statistiques, et un constat a été fait : on s’inquiète de la baisse de la fertilité (du nombre d’enfants par femme en fait) en Europe, et en particulier en France où pourtant le chiffre est un des plus élevés en Europe, avec l’Irlande (mais eux, c’est parce qu’ils sont catholiques, mvoyez ?). On se pose des questions, est-ce qu’il pourrait y avoir un baby-boom qu’on n’a pas prévu, parce que là on a une population qui vieillit — et qui va payer nos retraites !? Et c’est là qu’on en vient aux articles partagés à la volée l’autre jour : on s’inquiétait d’une population mondiale en hausse, globalement. « Est-ce que la planète va le supporter », « comment dire aux pauvres de cesser de se reproduire » (peut-être de façon moins méprisante mais le cœur y est parfois), etc.

Alors tu vois où je veux en venir : il y a trop de pauvres au tiers-monde, mais plus assez d’européens. Et quand la force vive de ces pauvres vient demander à être des européens, on leur dit non, parce qu’on nous a raconté ces histoires de « grand remplacement ». Les gars, des jeunes pour payer vos retraites sur un plateau d’argent (en fait sur des bateaux surchargés qui souvent coulent, et même une fois à terre c’est pas la joie) et vous faîtes la fine bouche ?

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Yemen. Image Courrier International, Novembre 2017

Et sinon, pour celles et ceux qui veulent se reproduire en France, rappelons qu’il y a des violences obstétriques qui traînent dans les hôpitaux, que le nombre de vaccins augmentent et il y a des parents que ça dérange, et qu’on nous fait croire qu’il faut avoir deux salaires d’ingénieur pour avoir les moyens d’arrêter sa pilule.

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Pour ma part, à choisir, je préfère parrainer un jeune immigré pour lui payer des cours de français et de maths, et à nous deux on paiera pour la retraite de nos parents.

 


Une tribune ou l’expression du deuil inachevé

Avant de vous parler de l’actualité, laissez-moi vous rappeler les cinq (ou 7, ça dépend de la source) étapes du deuil. Après le choc (étape une), vient le déni, puis la colère, puis le marchandage, et enfin l’acceptation. Et après on meurt en paix. Ah oui, c’étaient les 5 phases de deuil pour une personne en fin de vie. Enfin, ça s’adapte pour d’autres cas, comme le deuil d’un être cher, de son couple, de son travail … On peut rajouter la douleur en étape 2 et la reconstruction en avant-dernier, ce qui fait 7 étapes.

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Sans transition, la tribune des 100 femmes demandant une liberté d’importuner [pour les hommes], soi disant au nom de la liberté sexuelle, publiée mardi dans Le Monde, m’a mise hors de moi. 

« Cette justice expéditive [de #balancetonporc] a déjà ses victimes, des hommes sanctionnés dans l’exercice de leur métier, contraints à la démission, etc., alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses « intimes » lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’était pas réciproque » ? Où ça des victimes ? Et d’où on devrait « envisager [les frotteurs du métro] comme l’expression d’une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement » ?

Pourtant, je commençais ma lecture de la tribune avec intérêt, car elle se présentait comme la tribune des « femmes qui ne se reconnaissent pas dans un féminisme qui prend le visage de la haine des hommes et de la sexualité« . Je pensais qu’il allait s’agir des aberrations de certains groupes marginaux qui vont interdire des pièces de théâtre classiques (et même là il y a de quoi discuter), ou de celles.eux qui demandent qu’on interdise le « Madame » car il y aurait un possessif (pardon mais Monsieur c’est pareil). Quelle ne fut pas ma surprise de voir qu’en fait, cette tribune s’occupait de minimiser toute agression subie par une femme, leur enjoignant de ne pas faire leur fragiles quand même, c’est abusé de pleurer comme ça sur les réseaux sociaux alors que vous avez juste été un peu violées (16% des femmes et 5% des hommes déclarent avoir subi des viols ou des tentatives de viols au cours de leur vie, source, au fait, et je ne vous donne pas les chiffres des agressions)(Ça fait une probabilité non nulle que sur les 100 signataires on en ait … 16 ?).

Puis, il y a la raison de mon article, après avoir eu droit en plus aux réactions de défense de différentes signataires de la fameuse tribune. Les plus remarquables sont « on peut jouir lors d’un viol » (Brigitte Lahaie, mercredi 10 janvier, sur le plateau de BFM-TV), et « Je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée parce que je pourrais témoigner que du viol on s’en sort » (Catherine Millet, source).

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Je mets une image de pluie parce qu’il faut laisser couler sa colère comme l’eau. Sinon … on reste en colère.

En fait, ces femmes seraient dans un genre de deuil, à la phase déni. Il y a eu le choc, il y a longtemps, quand elles ont constaté qu’il existait des inégalités. Quand, peut-être, elles auraient été agressées verbalement ou physiquement (allez si, je te mets une stat : 1 femme sur 2 a déjà été victime de violences sexuelles, source), un second choc. La phase 2 est le déni. Je comprends ce déni et je dois encore avoir un pied dedans : il s’agit de se dire que non, puisque nous ne pouvons pas accepter ça, alors nous ferons comme si ces inégalités, cet état de fait n’existent pas. Après tout, nous avons les mêmes droits que les hommes, surtout ici en France, et surtout maintenant, en 2018.

Vient ensuite la phase de la colère. Pourquoi nous ? Nous ne sommes pas des victimes pourtant. Je suis une femme forte, il est hors de question que je dénonce un système qui me fait paraître faible, même s’il existe. Toutes ces féministes, toutes ces libératrices de la parole, là, elles me font paraître faible, et c’est à cause des gens comme ça qu’on reste les victimes.

Ou alors nous en sommes à la phase de marchandage : si on remettait en question notre façon de nous habiller, si on changeait nos habitudes, peut-être qu’on serait moins impactées par cet état de fait. Ou alors si on prenait « le côté des hommes » ? Si on se mettait à défendre les victimes d’un « certain féminisme » ? (coucou les signataires) Si on dédramatisait parce que quand même, être l’objet sexuel que quelqu’un c’est sympa ? (je n’invente pas grand-chose, au fait vous pouvez lire la tribune qui est par là si vous accédez : tribune)

Phase de dépression : je ne crois pas que nos 100 signataires en soient arrivées là, et si elles pleurent c’est parce que certaines chaînes veulent faire sensation (ici). Ce n’est pas non plus en les accusant de tout le mal du monde qu’elles tomberont dans cette phase, ça risque plutôt de les faire rétrograder. C’est possible par contre, à mon avis, de dire qu’on est dans cette phase de dépression quand on passe plus de deux heures par jour à lire des témoignages de personnes qui ont subi des agressions. Même si dans mon cas ça me met en colère ou ça me donne la nausée (c’est quelle phase la nausée ?) et je ne tiens pas une heure. 

Phase d’acceptation : en fait, les inégalités existent, mais nous ne sommes pas obligé.e.s de rester des victimes. En plus, il n’y a pas une opposition homme/femme, mais le patriarcat qui est un dispositif tordu où des mécanismes de domination sont à l’œuvre. Nous pouvons dénoncer ces inégalités après avoir compris qu’elles existent. Nous pouvons vivre une vie décente et éduquer les générations à venir pour que les petites filles et les petits garçons ne soient pas tout de suite plongés dans des rôles prédéfinis et inégalitaires (et pas apprendre à nos filles à se méfier des garçons, c’est malsain pour les deux genres).

Je pense aussi être loin de cette fameuse phase d’acceptation, et je ne vous dis pas DU TOUT qu’il faudrait accepter les inégalités pour atteindre l’éveil. Cela dit, je ne sais pas vraiment ce qu’elle serait, cette phase idéale ou tout le monde est heureux est respectueux de l’autre, soyez indulgent.e.s.

Je dis seulement que, malgré tout le mal que je pense de cette tribune, et surtout des réactions des signataires ensuite,  j’ai l’espoir que nous sommes tous dans le même bateau, il faudrait juste pouvoir discuter avec ces femmes blanches cis. Elles sont seulement à la phase déni ou colère, ou marchandage.  

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C’est tout ce que ça m’inspire…

PS : pour l’argument que les agresseurs sont probablement en grande misère sexuelle, on montre que 75% des agresseurs ont en fait une vie sexuelle active #.

Pour les phases du déni : #

(EDIT) Quelques réactions à la tribune : # , #, #

Pour Le Monde qui veut se justifier d’avoir publié cette tribune : #


Câlins gratuits

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Il n’y a pas si longtemps, ça ne m’attirait pas l’attention. Mais là quand, même, ça commence à faire beaucoup de « relations sexuelles » que l’on change en « câlin ».

Je comprends qu’il y ait un tabou autour de ce qui a trait au sexe, que ce soit pour nommer des parties de son corps ou pour décrire des actions. On a tendance à déformer ce qu’on dit pour rendre ça plus acceptable. J’aurais d’ailleurs pu, à l’inverse, faire un petit article avec mon avis sur le kamasutra : pourquoi donner des noms à tout plein de positions ? Quand c’est du yoga je comprends parce qu’on peut prendre des cours en groupe mais là … ?

Enfin voilà, je trouve qu’on pourrait faire un effort sur les mots qu’on emploie.

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# Monsieur ici aurait fait plus de 2000 câlins grâce à cette affiche ! Comme quoi, un simple compliment …

Comme pour les enfants à qui on dit qu’ils ont « un zizi » alors qu’ils ont des organes génitaux complexes, dire qu’on se fait des câlins pour faire les bébés (ou pour se faire du bien, les bébés c’est le mal), c’est un peu raccourci. Et c’est ambigu : je fais des câlins à mes sœurs et à mes ami.e.s. Des gens que je ne connais que de vue peuvent venir me faire des câlins. Des inconnu.e.s alcoolisé.e.s en festival parfois aussi, mais pas trop parce que tu sais, j’ai un peu peur des gens. Eh bien crois le ou non, tous ces gens ne portent pas de préservatif à ce moment-là (ou peut-être l’inconnu.e du festival, mais je ne lui ai pas demandé parce que ça aurait pu le gêner) !

Et, s’il faut parler de sexe, alors oui, on peut avoir une relation sexuelle avec quelqu’un avant ou après lui avoir fait un câlin. Mais là aussi c’est trompeur de dire « câlin » à la place de « relation sexuelle », parce qu’on pourrait croire qu’on n’a pas l’un sans l’autre … C’est un peu comme se faire des bisous en fait. On ne voudrait pas mélanger tendresse et sexe, si ?

Ouais si, ça serait bien. Rien que pour savoir quoi dire quand on parle de relations sexuelles, est-ce que Lucien et George ont fait l’amour cet après midi, ou est-ce qu’ils ont baisé, ou serait-ce George qui s’est tapé.e Lucien ? Notez l’usage subtil du prénom George, parce que Alex ou Dominique c’est trop classique

Au fait tant que j’y pense, allez faire un tour par-là pour des informations et des cadeaux : #


Souvenir d’enfance

En période de forte affluence dans les transports, impossible de bouquiner tranquille, impossible même de placer un livre de poche entre deux personnes debout. J’ai donc pris l’habitude d’écouter des podcasts. Et, puisque ce n’est que le début, je me limite à une seule « radio » pour l’instant :

Je ne sais pas si ce générique te dit quelque chose. C’est celui d’une émission qui a disparu de la radio publique depuis plusieurs années déjà, mais qui a aussi écumé les époques. Et cette émission, ce générique, cette voix, me rappellent des moments particuliers de mon enfance. C’est le moment où je rentrais de l’école, j’allais vite poser mon cartable et ma maman allait vite allumer le petit poste de radio. S’il y avait le temps, je mangeais mon goûter dans la cuisine, mais après ce fameux générique il ne fallait plus faire de bruit. Enfin, après ce fameux générique c’était aussi C’est pas Sorcier à la télé, alors …

C’est con tu me diras : c’est bien plus que ça une émission à la radio. C’est aussi pour ça qu’aujourd’hui, j’en écoute des archives.

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En ce mois d’octobre 2017, il y a plusieurs anniversaires spéciaux que cette radio de gauchistes nous rappelle : les 50 ans de la mort de Che Guevara, et, si toi aussi « Octobre 17″ te met la puce à l’oreille, les 100 ans de la révolution d’Octobre en Russie. Enfin pour l’instant, je te propose surtout la série sur le Che. Oui ce sont des archives, les nouvelles émissions sont réservées aux abonnés, l’abonnement est payant (2€ par mois pour les étudiants), parce qu’il faut bien payer les journalistes. Je vous conseille cet abonnement tout de même, si ce n’est pour égayer vos trajets quotidiens.

Et si vous avez eu cette enfance où on prend le goûter pendant que Là bas commence, vous aurez peut-être comme moi quelques frissons et des sensations qui vous reviennent, l’odeur de la cuisine, le bruit du boulevard par la fenêtre, le chocolat chaud trop chaud. On en oublie presque qu’on est écrasé entre 5 personnes moites pendant que d’autres poussent encore pour rentrer dans le wagon.

Dans 5 ans, je vous raconterais sans doute que réécouter ces podcasts me rappelle l’odeur âcre du RER B.

Au fait, le lien vers l’émission dont j’ai extrait le générique


Le joyeux conformisme

Depuis longtemps, régulièrement, je cherche à déstabiliser les gens. Gentiment, avec des allusions ou des comportements, des vêtements et des questions. Juste pour montrer que je suis différente.

Mais depuis quelque temps, ça ne prend plus. Ce n’est plus drôle, ça y est, je suis bizarre et c’est plié. Alors, laisse-moi te dire deux trois trucs :

Je fais des activités qui plaisent aussi aux gens de mon âge. Tu crois toujours que j’ai pas vu Game of Thrones, et puis d’ailleurs tu te demandes si c’est pas malsain que je regarde les scènes violentes, et si ça me donnait des idées ? Ça surprend quand j’ai un verre d’alcool à la main, bien plus que l’éternelle tasse de thé. Ah, t’es pas végétarienne ? L’autre jour, j’ai même ouvert un compte instagram, wah l’autre, je croyais que tu n’aurais jamais fini de lire et d’accepter les conditions générales d’utilisation ! Manquerait plus que je mette une robe et du maquillage, ça ferait faire quelques AVC dans mon entourage …

Le joyeux conformisme dans Chroniques d'un Gourou ello-optimized-74d8c093
« Lardons », huile sur toile, @christopheberle sur ello

Soyons sérieux, objectifs et surtout observateurs. Rien n’a trop changé. Il y a seulement des détails à accentuer. Mais essayez vous même : le choc du « je suis comme toi » est plus violent que celui originel de l’original.


Le paradoxe des soldes ou la tristesse de l’homme

Hier soir, sortant du parc voisin, j’ai entendu un couple se disputer. Par couple j’entends deux personnes, et il se trouve qu’il y en avait une de chaque sexe (et genre, très probablement). La personne de genre féminin se plaignait innocemment de ne pas avoir les moyens de faire les soldes, quand monsieur a commencé à lui expliquer que elle, si elle voulait, elle avait des jeans à cinq euros et des débardeurs à moins que ça. Alors que lui, ne pas avoir les moyens, il connaît bien : pour se procurer un jean décent il faut allonger au moins trente euros quand on est un homme.

Ce n’est pas la première fois que j’ai ouï dire de ce « problème », on y a droit au moins à chaque fois qu’il y a des soldes, sinon quand monsieur essaie de consoler madame par rapport à sa condition merdique de femme : « toi au moins tu peux t’acheter des vêtements moins cher ».

Cela soulève plusieurs questions.

  • Déjà, est-ce que ça rattrape le harcèlement, les clichés, les écarts de salaire, les écarts pour tout le reste, le fait d’avoir des vêtements moins cher ?

  • Il se passe que les femmes sont bien des victimes de la mode, sans jeu de mot, on se retrouve souvent jugées sur l’apparence, est-ce que la société de consommation ne nous doit pas au moins quelques réductions quand monsieur n’a besoin que d’un costard pour les mariages, les enterrements, les entretiens d’embauche et autres joyeusetés ?

  • Qui a décidé que les femmes devaient être victimes de la mode plus que les hommes ? (Ils le sont aussi, la société de consommation n’allait pas se priver d’une moitié de l’humanité)

  • Différence de prix veut souvent dire différence de qualité. Mais c’est pas grave, parce que les femmes changent souvent d’habits. Et d’avis aussi, tiens. Eeeeeet on revient à l’éternel problème du consentement, n’est-ce pas ?

On peut par ailleurs déplorer que les hommes se refilent moins leurs vêtements entre eux. Dans les friperies et autres, on trouve une majorité de vêtements féminins.

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Tout ça pour dire qu’on avait de quoi réfléchir à partir d’un banal événement saisonnier : la période des soldes.

 

Et vous, vous êtes vous disputés récemment avec des personnes du genre opposé au sujet des exigences vestimentaires que vous supportez ? Vous sentez vous conditionné.e ? (Pour ma part, j’ai toujours peur du jugement des autres …)


Les princes et le sport, un été en ville

Cet été est un peu étrange pour moi : je vais avoir des vacances. Autrement dit, je n’ai pas de stage, pas de boulot, ni de devoir maison de 20 pages à rendre. A vrai dire, ça me manque d’être lycéenne, parce que d’une part tous mes amis, eux sont en stage ou en voyage ou loin, et que d’autre part je suis en ville dans mon appart, loin de la plage – loin de chez mes parents.

Mais voilà, je suis en vacances, il faut se réjouir ! Finies les échéances, les deadlines comme disent les jeunes, il y a enfin le temps pour passer l’aspirateur.

Les princes et le sport, un été en ville dans Chroniques d'un Gourou

Quoi de plus adapté qu’un bullet journal pour illustrer « deadline » ? Ceci est sur la liste des choses que je ne ferai probablement jamais

Cet après midi, j’avais faim. Trop de temps passé à errer sur la toile comme ne disent pas les jeunes et sur des tutos pour apprendre à coder en C++ (alors que je sais déjà coder en C et en Java, en fait c’est simple), à jouer à Mush que je vous conseille même si être une débutante ça craint.

Bref, puisque j’avais faim et un paquet de goûters prince en ma possession, j’ai mangé un demi paquet. Puis, j’ai téléchargé l’application freeletics (il doit y en avoir un paquet d’autres, mais celle-ci a dépensé plus en marketing alors voilà …).

Alors voilà, quand on reste l’été en ville, je doute que l’on puisse trouver beaucoup de motivations pour avoir un « corps de l’été », tu sais le truc avec des abdos et sans gras, avec du bronzage mais sans marques (et surtout sans poils). A part la culpabilité, les réseaux sociaux qui te bassinent avec leur sport et puis le miroir qui vient te confirmer que tu ne ressembles pas aux gens sur les photos. Enfin. J’ai donc essayé freeletics, en prenant soin de sauter l’étape où ils font payer (même si en soi, si j’étais une vraie citadine avec un salaire, je me serais sans doute laissée tenter – c’est moins cher qu’un abonnement à la salle voire que la piscine).

Ils sont marrants, tous leurs programmes d’entraînement ont un nom de dieu grec, et puis au début ils te font plein d’encouragements mimi : « vous avez fait le bon choix« , « soyez fière de vous-mêmes« …

Puis il y a le premier entraînement, simple et rapide, on télécharge des vidéos pour les regarder et faire pareil d’ailleurs ça pèse lourd tout ça. A l’issue de l’entraînement, pareil, on croirait qu’on vient d’intégrer une secte : « A chaque fois que vous vous penserez incapable de faire quelque chose, souvenez vous de cette séance d’entraînement« . Eh ben, je ne savais pas que 4 minutes d’abdos et de crunchs pouvait révolutionner une vie. Mais ça fait plaisir, si on pouvait m’envoyer des messages comme ça à chaque fois que je rend un compte rendu de TP en physique, mon ego doublerait de volume.

 Bonheur dans Chroniques d'un Gourou

En gros, freelitics c’est des phrases type « body positive » mais en fait ça te demande d’avoir le corps du parfait sportif

Bon quand même, à la fin de ces quatre minutes je me suis dit que le demi paquet de prince prenait de la place dans mon bide. J’aurais dû en manger moins. Mais, mon ego ayant doublé de volume, j’ai voulu tester d’autres « workouts ». Au bout d’une heure (pas non-stop hein, il faut télécharger et regarder les petites vidéos), je crois que je n’avais jamais été aussi transpirante après une séance de sport (d’ailleurs je fais retourner boire de l’eau). On se laisse vite prendre au jeu, avec le chrono qui défile et les petites barres de progression. Je pense que ça peut devenir dangereux au moment où le compte se retrouve lié à facebook ou autre réseau, où on se compare aux autres, et où on se laisse aller à la compétition. Pour avoir déjà fait un malaise en footing après avoir accéléré pour pas qu’un inconnu me rattrape, je sais que c’est risqué *hum*… *ego*…

et puis je me suis souvenue que je suis un peu cardiaque. Méfiez vous des petits exercices saccadés, il faut y aller progressivement c’est mauvais pour votre santé sinon… #pausede30mn#chaudfroid#soif

Enfin voilà, c’était ma première expérience avec une appli pour faire du sport. Je vous dirai si je continue, ou si demain je ne peux plus plier mes abdos. Je me demande aussi à quel point l’appli va me harceler, parce que comme écrit dans le premier message : « Le fait que vous soyer allé.e jusqu’au bout démontre que vous avez la capacité […] de relever le défi freeletics. Alors surmontez le. » *hmmmbrsecte*

Ou alors je vais finir mon paquet de prince.

 essayer

Après ça il faudra faire de belles photos #beachbody sur instagram. Hm.

Et vous, déjà essayé ce genre d’applis ? Déjà mangé des prince ?


On partage ?

Vous le savez peut-être, Damien Saez communique avec ceux qui veulent bien l’entendre via le site culturecontreculture, publie textes, chansons est vidéos. On peut en partager deux. Les autres sont réservés aux « manifestants »… Ouais, c’est payant, mais ça se justifie. Je suis d’accord de payer 5 euros par mois pour lire de la poésie est écouter de la musique, parce que 5€ c’est bien moins ce que consomme un fumeur pour ses clopes, bien moins que ce que consomme un buveur pour sa tize.

Est-ce que je me place en traître quand je retranscris ici un morceau de chanson ?

On partage ?  dans Chroniques d'un Gourou l-art-est-public

Je partage parce que je vous invite à écouter la chanson, je partage parce j’aime ce que Saez écrit (sauf quand on a affaire à des prostituées, là j’ai plus de mal), je partage parce que ça me donne la pêche et que j’espère que toi aussi.

EDIT : On peut écouter ce titre sur le site cité plus haut ;)

Elle est gauloise au p’tit vin blanc, elle est contre le gouvernement,
Elle est pas fille des religions, elle est pas putain du pognon
Elle est vent du nord ou d’ouest, elle est vent du sud ou de l’est
Elle est sans abri à la rue, elle est toujours peine perdue
Elle est gitane elle est profane, elle est con la gauloise plane
Elle est toujours fumeuse de joints, elle dort dans les gares en chemin
Elle est solidaire au combat elle est Varsovie Messina
Elle est pas banquière pour un sou, elle est pas botte au garde à vous
Elle est sans abri sans frontière, elle est contre totalitaire
Elle est j’temmerde avec ta thune, elle est vas-y ressers une brune
Elle est ma gueule de Picasso, elle est tous mes potes au pinceau
Kusturica Sarajevo, elle est pas loin la gestapo
Mon européenne c’est pas la Bruxelles, mon européenne c’est pas Genève
C’est pas la thune du marche ou crève, tu sais moi mon européenne
Elle a pas vraiment de frontière, son corps c’est la planète entière
N’en déplaise aux peuples bourgeois, tu sais mon européenne à moi,
Elle est keupon rat sur l’épaule, elle est tatouages de la taule
Elle est accordéon sanglots, elle est accorde moi un tango
Elle est destin des origines, elle est racines gréco-latines
Elle est contre l’union bancaire, elle est mes révolutionnaires
Elle est pote à Mimi Pinson, elle est Roumanie sans pognon
Elle est guillotine pour les rois, elle est plutôt comme toi et moi
Elle est pas médiatique je crois, elle est pas politique bourgeois,
Elle est paysanne au combat, elle est partisane quand elle boit
Elle est ouvrière licenciée, non c’est pas la fille du progrès,
Elle est cantonnée au métro, elle est plutôt manu crado
Elle est nordique nord-africaine, elle est un peu baltique aussi
Elle a des airs de statue grecque, elle a des airs des italies
Qu’on dirait Paris à Venise, on dirait Namur aux marquises
[...]

…Tu veux être mon européenne ?

Et dans un presque même registre, dans cette même idée qu’on peut participer un peu pour obtenir beaucoup, cette idée que l’art peut servir à quelque chose et que la mer ce n’est qu’un gros paquet de gouttes d’eau : Tu veux être ma députée ? Mon député ?

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Et l’amour ?

Ah ouais. Déjà le titre de l’article est niais.

– Rappelons que cet article est intimement lié au précédent

Donc, nous avons ci-dessus l’étape première de la procédure : s’excuser (presque).

 On pourrait étendre ceci à l’amitié. Je ne sais pas toi, mais ça me fait pleurer de dire « je t’aime » aux gens. Pourtant, ça n’a pas l’air compliqué, ce sont des gens que je côtoie (ou que j’ai côtoyé) beaucoup, souvent, qui doivent se douter déjà que je les apprécie. Eh bien je ne sais pas leur dire que je les apprécie. Je peux, sans problème, les envoyer chier si quelque chose ne va pas (d’autant plus si je les apprécie beaucoup, curieusement – désolée).

C’est pas exactement pareil pour l’amoureux, précisons ici que je ne place aucunement l’état amoureux au-dessus de l’amitié, mais s’attacher à quelqu’un peut entraîner des crises de panique. Donc pas mieux. Plus … incisif. Intime.

Et l'amour ? dans Chroniques d'un Gourou tumblr_o2npsoevYS1slpi32o1_500

J’ai trouvé ça sur un tumblr.

 

Il se passe que ça ne se fait pas de dire aux gens qu’on les aime. Même en suivant la procédure, même en s’excusant avant et après, même en ramenant des exemples et preuves concrets. Il ne faut pas parce que ça effraie les gens. Et après, ils partent, et c’est triste. A la limite, ça peut passer si tu as bien bu avant de sorte à garantir que personne ne s’en souviendra le lendemain. Je me permets de préciser que je ne suis jamais saoûle, donc je me rappelle, merci. Donc moi, qui ai besoin de mille et une garanties avant de commencer quoi que ce soit (pas dans tous les domaines, d’ailleurs, mais bref), je passe pour une vieille fragile qui commence par « je t’aime » parce que je n’ai pas compris que le je t’aime on le jette à la fin.

Alors, en amitié je reste distante et froide, comme j’en ai l’habitude. En amour, le je t’aime au début est une mise en garde, voilà.

Fuyez tous, j’ai déjà ce qu’il me faut !

Mais pareil, au fond ça m’inquiète toujours un peu, si ça se trouve j’ai mal fait, si ça se trouve ma procédure n’est pas la bonne, j’ai déjà du mal avec le théories en général d’un côté et les sentiments de l’autre, et là on me pond une théorie sur les sentiments. Des sentiments, déjà niais par définition (je croyais), qu’il faut manipuler sans être niais, sans laisser paraître de fragilité.

 moral dans Chroniques d'un Gourou

Spoiler alert ! Encore Izumi.

Donc, je propose qu’on arrête avec ces trucs qualifiés de niais. On a déjà du mal individuellement à gérer ces choses, alors si le groupe, la société impose ses lois par-dessus, on n’est pas rendus.

(De même, tu as le droit (et le gauche) de recracher ces pseudos conseils sur ton voisin – à condition de bien choisir le voisin !)


Précarité ou sécurité

Les outils que nous utilisons pour se regarder nous persuadent petit à petit que les autres ne changeront pas.

Cette semaine, j’ai assisté à une conférence de Clair Michalon. Vous trouverez une partie de ce que j’ai écouté dans la vidéo en bas de l’article, je la recommande, c’est intéressant : Mr Michalon nous propose en effet un nouvel outil pour appréhender l’Autre : une échelle précarité/sécurité, où le placement de chacun est relatif, finalement très différente de l’échelle pauvreté/richesse à laquelle on pourrait penser. Il développe ensuite autour de cet outil ce qu’est la culture, la tradition.

Il y a quelque chose qui n’est pas abordé dans la vidéo du dessous (je l’ai écouté 3h pas 15mn), c’est la situation des femmes, dans le monde, suivant le placement sur l’échelle précarité/sécurité et les époques. Je n’ai pas été d’accord sur tout mais le point de vue est intéressant.

Plaçons-nous dans un contexte ultra précaire. Ce qui importe, c’est la survie du groupe, au profit de l’individu, puisque dans ce contexte se tromper c’est mourir. Alors, pour maintenir le groupe à long terme, la solution est de se reproduire. Étant donné qu’il faut peu d’hommes pour procréer, la survie du groupe ne dépend que du nombre de femmes, par conséquent on protège les femmes. Jusque là ce n’est pas grand chose, on a juste le « les femmes et les enfants d’abord ! » qui retentit quand un bateau coule. Limite, on pourrait nourrir un peu mieux les femmes mais ça ne se voit plus aujourd’hui.

Au bout d’un moment, il se passe quand même un truc, c’est que les humains se battent. Ils se font la guerre – et ce pour la survie de leur groupe, on va dire. Et là, on envoie les hommes se battre, parce que les femmes garantissent la survie du groupe. Tout va encore bien, mais puisque ce sont les hommes qui vont se faire tuer ils demandent le droit de choisir où et quand ils se battent.

Choisir où et quand on se bat, ça s’appelle le pouvoir.

Et à partir de ce moment là, quand les hommes ont le pouvoir et se séparent du groupe pour aller combattre, vivent entre eux quand ils partent en campagne, vient la séparation des hommes et des femmes. Loin des femmes naît la frustration des hommes. En revenant vers les femmes, les hommes frustrés deviennent violents (et c’est là que je ne suis pas d’accord) donc on décide de protéger les femmes. On les laisse à part, on les cache, on les voile, parce que les hommes ont des pulsions, tu vois. Et c’est un cercle vicieux. Ce qu’il faut retenir c’est que ce schéma est le même quelque soit l’endroit (et dans une moindre mesure, l’époque), tant que l’on se place sur le côté précaire de l’échelle.

courrierinternational2

(Courrier International)

Sur le côté sécurisé de l’échelle, celui où l’enjeu n’est pas de survivre mais d’avoir du pouvoir d’achat, il importe peu d’être un homme ou une femme, donc les statuts homme/femme vont avoir tendance à converger.

Et maintenant, on se demande pourquoi les droits des femmes reculent partout, entre autres aux États-Unis avec leur président qui impose aux ONG de choisir entre exister (être financées) et proposer un service de planning familial aux femmes #.  Le message de la conférence était que si on n’apprend pas à voir, à écouter les autres, on va se mettre à glisser du côté précaire de l’échelle. Nous sommes de plus en plus nombreux sur Terre, il va falloir cohabiter et partager les ressources. Pas gagner plus mais vivre mieux.  

A méditer.

 

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Boulot métro dodo

Boulot métro dodo dans Chroniques d'un Gourou

Voilà une bonne expression de parisien (dont j’ai changé l’ordre des mots, elle me va mieux comme ça). Celle qui me faisait doucement sourire, comment peut-on ne pas avoir de vie à ce point ?D’accord, peut-être les métiers physiques. Oui, c’est une expression de travailleur à l’usine.

Ça fait maintenant un mois que je prends les transports parisiens matin et soir. Quand je rentre, je mange, je regarde une série et je dors. Le matin, je me réveille 25 minutes avant de partir prendre le RER. Et voilà.

Non, je n’ai pas vu que M. Valls a utilisé trois fois l’article 49-3.
Non, je n’ai pas remarqué que l’état d’urgence était encore prolongé.
Le 14 juillet, j’ai quand même vu qu’il y avait eu un « acte terroriste ».
Non, je n’ai pas vu qu’en Turquie le président affirme sa position de dictateur.
Non, je n’ai pas vu que lui aussi instaure un état d’urgence pour justifier le non respect des droits de l’homme.
Non, je n’ai pas accédé à d’autres médias que Le Monde …

Il y a plusieurs types de routines, et parmi elles il y a celles qui nuisent à l’intellect et à la réflexion citoyenne. Le terme de temps de cerveau disponible est plutôt adapté.

Mais quoi, en rentrant je mange et je regarde une série ? Une série. Qui n’est pas Utopia. Qui laisse ma réflexion en pause encore un peu, puis je dors, puis je lis dans le RER. Où est mon temps de cerveau disponible ? Seulement dans mon bouquin du RER. Et encore, c’est canalisé par le bouquin. Réfléchir m’angoisse. Je n’ai pas le temps alors je retarde l’échéance.

Oui, quoi, j’ai vu les nouvelles. Et non je ne dis rien. J’y penserais plus tard. Mais pu…rée, plus tard ce sera trop tard !

Et quand le soir, une fois tous mes écrans éteints, je mets accidentellement mon cerveau en route, je me sens mal. Je ne comprends pas pourquoi, je cherche des raisons débiles, je trouve les choses impossibles et me dis que ce sont les solutions à mes problèmes. Puis je m’endors, je me réveille, RER, bureau informatique, RER, manger, dormir. « On verra ce week-end ».

Je ne sais pas si le problème est que je le prends comme un fatalité alors que j’ai le choix ou que justement les choix sont affreusement restreints.


Les gardiens, la paix

Deux policiers ont été tués à leur domicile parce qu’ils étaient policiers #. 50 personnes de la communauté LGBT ont été tuées parce qu’elles étaient de la communauté LGBT #. Des supporters de foot se tapent dessus parce qu’il faut bien un moyen de célébrer l’esprit sain du sport. Je vais plutôt parler des premiers, là.
Cela fait des mois que les « forces de l’ordre » ont du boulot sur plusieurs terrains. Il y a l’état d’urgence, il y a d’autres attentats, il y a l’euro de foot, des tensions à Calais entre immigrés. Il y a le gouvernement qui veut passer des lois que du monde trouve injuste. Question en l’air : que devient Nuit Debout ?
Fin avril déjà c’était limite. M’interrogeant sur les violences policières devenant trop importantes (en Bretagne notamment), je suis tombée sur l’article du monde disant qu’ils étaient fatigués. Fin avril, ils disaient que l’euro de foot, « intouchable » parce que trop médiatique, pourrait être de trop. Aujourd’hui, le gouvernement envisage l’interdiction de manifester. Déjà que l’état d’urgence a été prolongé…

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Manifestants à Rennes

Comme on dit souvent avec un peu de peur ou d’espoir dans le regard, « il se passe quelque chose », à grande échelle. On se croirait dans les années 20-30, quand il y avait des révolutions, des utopies, des régimes totalitaires qui s’installaient. Aujourd’hui, le monde est violent. Que ce soient les attentats, les gens qui se battent sans raisons, les manifestants qui perdent un œil par tirs de flash-balls faisant face aux CRS qui finissent parfois, eux aussi, blessés. Que ce soient des reculs identitaires, communautaires ou des élans de protestation contre des grands projets inutiles. (Attention, je les mets côte à côte mais il y en a que je soutiens et d’autres qui m’indignent)
Ouais, vous savez peut être que je suis de ceux qui, comme Siné, conseillent : « Si vous hésitez, dites-vous bien qu’ils sont payés pour recevoir des coups, alors que vous ne l’êtes pas ! » #. Mais il y a du monde qui fait flic (peut-être pas CRS, j’ai du mal avec les nuances de bleu) pour combattre le crime. Ils pensent qu’ils vont changer les choses et on les case dans des bureaux à remplir des dossiers de plaintes pour agression. Quand ils trouvent un présumé coupable, ils doivent lui faire signer une décharge pour pouvoir aller le chercher chez lui. Bref, si c’est le cas c’est pas encourageant. Alors parfois, on entend parler de dérives, souvent, il doit y avoir des perquisitions chez des innocents parce qu’ils ont peur, ils en ont marre, l’effet de groupe… Je ne sais pas. Je n’ai plus la source mais ça arrive, les abus.

Les mots perdent leur sens (#). Les ordres reçus ne sont probablement pas les ordres attendus, et pour éviter les débordements on met des papiers, des dossiers, des déclarations comme intermédiaires. Mais quand on étouffe on n’a de choix que se débattre pour avoir de l’air. C’est violent et c’est un réflexe.

Alors, soyons prêts à quelque chose. Ou à éviter quelque chose. Mais n’ayons pas peur, pas trop, c’est ce « qu’ils » veulent. Eric Hazan écrit : « Si nous voulons qu’elle vienne, cette fin libératrice, il faut nous organiser dès maintenant comme si elle avait déjà eu lieu ». Alors voilà, dis-toi qu’il y a eu une révolution, il faut maintenant construire le monde de demain. (Ceci suppose que les révolutions sont destructrices, mais tu feras comme s’il n’y avait rien)

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Manifestants anti-nazis en Allemagne, mars 2016


Le tournant

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Non, ce n’est pas ton adblock qui déconne, j’ai juste mis une pub en début d’un article.

Regarde cette publicité : c’est AXE qui, après avoir mis en valeur souvent les hommes virils stéréotypés et dévalorisé les femmes (un peu de machisme, c’est pas viril ?), se rattrape. Enfin, on dirait qu’ils se rattrapent.

Je crois qu’on retrouve cette tendance ailleurs aussi : après avoir essayé de conditionner les gens, leur imposer un idéal (et donc un produit), on les présente comme leur propre idéal : « soyez vous-mêmes ». Tout ça, encore, pour vendre un produit, mais de façon tout à fait différente.

Alors : est-ce vraiment un vrai tournant, une lutte contre les stéréotypes et pour la tolérance ? Ou alors est-ce cynique, à seul but de vendre encore, puisque l’ancienne méthode n’est plus efficace ?


Critique : la faute au langage ?

Une amie anglophone, plus précisément trilingue, nous disait un jour que le français manquait de beaucoup de termes. Qu’il y a des mots uniques dans cette langues pour lesquels l’anglais donne un paquet de synonymes pas vraiment synonymes. Les nuances sont subtiles mais nécessaires. A cela, on peut opposer que les « synonymes » français ne sont juste pas employés dans le langage courant. Pourtant ils existent. Cette langue est utilisée pour faire de la littérature, et pas qu’un peu, ça serait dommage qu’elle soit pauvre.

Toujours est il que parfois, les mots sont ambigus. Et que quand ils sont inscrits dans la loi, il ne vaudrait mieux pas qu’ils soient compris de travers.

Que dit on quand on parle d’égalité ? Fait-on bien la différence entre l’égalité stricte, mathématique et l’égalité entre les individus ? Et c’est quoi, l’égalité entre les individus ?

D’ailleurs, est-ce qu’on utilise le bon mot, là ?

L’égalité, c’est la notion de similitude/d’équivalence (mais attention, en maths les trois sont carrément différents). C’est l’absence de toute discrimination. C’est l’uniformité, la régularité quand on compare des éléments.

L’autre mot intéressant, c’est l’équité. « Une forme d’égalité », de juste traitement. L’idée de justice naturelle, dans le domaine de l’éthique. Appelle à impartialité, à la notion de bien commun. S’oppose à l’arbitraire. Sa racine latine, c’est la même que pour égalité.

…C’était la minute définition, sponsorisée par le Larousse # et Wikipedia #.

Par ici, quand on cherche à voir l’absence de toute discrimination on le fait pour établir la justice, donc l’impartialité. On croît parler d’équité en prononçant le mot « égalité ». Pourtant, il n’est question dans les textes et dans le langage que d’égalité. Et c’est là-dessus que se fait l’interprétation.

Intéressons nous à deux cas pratiques qui me tiennent à cœur

1) Égalité Homme/Femme

C’est l’argument qui divise les féministes. Est-ce qu’on considère qu’il existe des différences de genre ? Hommes et femmes sont différents du fait de leur constitution physique, c’est visible. Ils ne sont pas égaux dans le sens où ils possèdent des attributs physiques différents. Alors, que doivent revendiquer les féministes ? Est-ce que les femmes doivent adopter les manières et apparences des hommes, ou alors doivent-elles continuer à avoir une apparence qualifiée de « féminine », à affirmer leur différence ? 

Les différences d’apparence n’impliquent en aucun cas la nécessité d’une différence de traitement. Elles ne justifient pas de discrimination au niveau des droits.

Alors non, à mon avis, l’égalité homme/femme qui est revendiquée par les féministes n’implique pas de masquer (voire de nier) les différences physiques (mentales, comportementales si elles existent) entre les deux genres.

 L’abstraction intervient là où il faut voir au delà de la notion/du statut d’homme ou de femme, c’est niais voire évident mais on est des humains. Et ici l’égalité au sens de similitude s’applique.

2) Langues et cultures minoritaires

L’article premier de la constitution française donne :

- l’égalité devant la loi de tout citoyen, sans distinction d’origine

- la France est une république une et indivisible.

On y garantit l’égalité et la solidarité des peuples qui composent la République

Par ailleurs, l’union européenne dispose d’une charte : Charte européenne des langues régionales et minoritaires. En France, elle a été signée mais jamais ratifiée (pour les illettrés comme moi qui ont du mal avec les mots barbares : ratifier c’est reconnaître comme vrai/valide). En effet, « la langue de la République est le français », et donc cette charte ne convient pas au principe d’égalité des citoyens devant la loi » (Conseil constitutionnel).

Pourtant, il me paraît que dans le cadre de la justice naturelle, il est plutôt important de respecter la culture de chacun. Ne pas reconnaître une langue (minoritaire), ne pas la rendre accessible pour un peuple donné n’apparaît pas comme démocratique (… à mon avis). Mais, les langue minoritaires s’identifient à une partie de « la singularité irréductible de l’âme d’un peuple » chère aux particularistes (opposants à l’idéologie des Lumières).

Il serait rationnel d’adopter une langue commune à tous, mais c’est une attaque à la liberté individuelle que de refuser à un peuple d’employer sa propre langue.

Critique : la faute au langage ?  dans Chroniques d'un Gourou brest_derri%25C3%25A8remonobjectif_mercheddieub
Deux en un. Avec luminosité bizarre (nuit américaine ? Genre j’ai de la culture ?)

         DONC.

Le mot utilisé est celui d’égalité. Dans l’idéal des Lumières, il tend vers l’équité (si j’ai bien compris : parce que c’est ce principe d’équité qui a l’air cool). Dans les fait, lors de l’application de ces idées lumineuses il est question de rationalité stricte, l’égalité mathématique : être pareil.

Les gens, faites-moi part de vos désaccords, critiques aussi, pour me faire réfléchir (comme un miroir)   :D

Et puis, il y avait longtemps : une chanson à texte.

 


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