Je n'ai qu'une chose à te dire…


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Le rêve

Je rêve de ne pas dépendre des autres. J’étais partie pour raconter combien j’aimerais avoir de l’espace, vivre loin des grosses métropoles. Ça aurait dérivé vers les déserts médicaux et la fermeture des petites lignes de train, et j’aurais conclu que j’ai peur de l’avenir quand même.

Mais non, parce que je rêve d’un avenir qui ne fait pas peur. Je ne veux pas avoir peur de ce qui m’attend, je rêve d’un futur dont je participe à la construction, je rêve d’un temps qui ne m’échappe pas.

Je suis obsédée du contrôle.

Il y a des solutions, il y en a plein et en même temps il y en a qu’une. Je ne veux plus dépendre du monde, mais pas comme une individualiste, plus comme une anarchiste. Pas comme une anarchiste qui casserait tout mais comme dans le fédéralisme de Proudhon (ou ce que j’en ai compris)  (je t’avais dit il y a quelque temps que je voulais lire du politique) : un système où la base est l’individu, qui s’organise en communies, puis en régions, puis en pays (en très gros), un système qui s’étendrait au monde entier – sans frontières, sans état – mais qui partirait du niveau local, très local. On retrouve cette idée dans plein d’autres modèles de société d’ailleurs. Bref. Je ne veux plus dépendre du monde car je rêve d’un monde organisé à partir de ses habitants, c’est le monde qui dépendrait de nous. Est-ce une partie de la solution ou est-ce le début de la solution elle-même ?

Le monde va mal et on pourrait pleurer et attendre. Je suis souvent triste car je ne me sens pas à la hauteur. Je rêve de ce monde où je suis à la hauteur, où je ne dépends plus des camions sur les routes, des containers sur les mers : je rêve de ce monde où je suis autonome, où je produis mes pommes, mais surtout où chacun mange quelque chose.

J’ai l’air niaise hein ?

C’est un rêve. Un rêve où, avec des amies, nous rénovons et construisons, nous re-créons notre « niveau local ». Je rêve de cette organisation pour les industries et les quartiers dans les villes, pourquoi pas ? Où la justice guérit, plutôt que de continuer à punir.

Je ne suis qu’au début de cette réflexion. J’ai écouté aujourd’hui cette interview réjouissante et engagée de Geoffroy de Lagasnerie, et je veux continuer à rêver, surtout à réfléchir et à évoluer. Rien n’est fixé.

Le rêve dans Chroniques d'un Gourou viaduc10

Voir au delà de la forêt.


Faire corps

S’il y a quelque chose de commun entre un bébé qui commence à marcher et un adolescent, je pense que le plus frappant est la poussée de croissance et le changement de rapport au corps.Le bébé va entrer en contact avec les choses, tomber, se relever, et prendre ainsi conscience de son corps, de ses limites.L’adolescent et l’adolescente vont grandir d’un coup, et changer de forme en même temps. Les hanches plus larges pour les jeunes femmes, mais aussi les épaules plus larges, plus hautes, les pieds qui grandissent (plus pour les garçons ça je crois). En résulte là aussi, la prise de conscience de ses nouvelles limites, de son corps modifié, en se cognant un peu partout les premiers temps.

 

Je n’ai jamais dépassé ce stade. Je me cogne toujours les hanches et les épaules, comme si j’étais « à côté de mes pompes », comme si je n’étais pas vraiment dans mon corps, décentrée. J’ai vécu avec mais ça commence à me peser. Curieusement, ça me dérange depuis que j’ai commencé la conduite pour passer le permis : je ne roule pas exactement dans ma voie. Mon plus gros souci est la position sur la chaussée. Alors je cogne la voiture aux trottoirs, et ça fait également de moi un danger public puisque je risquerai de me prendre les voitures d’en face si je me déconcentre. E gros, je n’arrive pas à faire corps avec ma voiture.

Il faut donc que j’arrive à me « recentrer », et pour moi ça n’est pas un grand mot prononcé par les coachs de développement personnel et autres professeur.e.s de yoga, c’est vraiment le mot qui décrit ce dont j’ai besoin.

Cela va bientôt faire une année que je pratique le yoga, seule avec des vidéos en ligne. Ce n’est pas optimal, on recommande les vrais cours avec les vrais profs, mais faire quelque chose de relaxant + être avec plein de monde ça ne colle pas pour moi. Ou si, à la limite une retraite de yoga, mais ça coûte tellement un bras qu’il va falloir attendre. Bref.

Il y a déjà quelque chose que je remarque : quand mes pieds sont droits et bien alignés et que je ne les vois pas, que je les imagine juste, je vois un pied en avant de l’autre, tourné légèrement vers l’extérieur. Alors je regarde mes pieds, je les vois bien droits, et je les imagine bien droits. C’est pour moi une grande avancée de sentir mon corps de cette façon, même sans savoir de quel corps il s’agit.

 

Aussi, je crois que c’est pour cette raison que j’ai intensifié ma pratique sportive depuis deux ans : pour sentir mon corps, pour explorer d’autres limites. C’est en lien avec quelque chose dont je parlerai bientôt, qui est le souci de servir à. Puis j’ai lu un vieux livre sur le rapport du corps à l’esprit, sur l’âme et « le corps astral », ainsi que sur notre place dans l’univers. Longtemps, j’ai rejeté en bloc les religions, et je n’en veux toujours pas pour moi. Cependant, quand on me demande si je suis croyante, je doute. Ça aussi on pourra en parler.

 Faire corps dans Chroniques d'un Gourou copie_10
On se retrouve vite dans une brume de choses non-scientifiques…

Alors, je voulais savoir si toi aussi, tu connaissais cette sensation de décalage, de dissymétrie. Si tu as réussi à t’en débarrasser, ou si tu as des idées.


La culture

Depuis le début du mois, j’ai commencé à avoir une vie de salariée en entreprise, et j’ai des collègues et tout. On discute pas mal à la pause déjeuner, il y a même une pause-café le matin où on boit du thé, parfois on mange aussi du chocolat.

Pour les pauses, précisons que j’ai fait un stage en Allemagne juste avant et le thé on le buvait devant notre écran, la pause repas était bouclée en trois quarts d’heure, mais au moins on partait tôt. Du coup j’ai pas encore l’habitude et je suis encore surprise.

On a des discussions assez variées, entre boulot et actualité. Le truc, c’est que je ne m’attendais pas à ce que ça parle politique. Pour moi, parler politique, ça voulait dire nuire à son employabilité. Peut-être que c’est effectivement le cas, et qu’on aime vivre dangereusement. Parfois, ça parle aussi culture ou religion, enfin c’est quand même toujours un peu politique, puisque apparemment la culture n’est pas la même pour tout le monde (!)

 La culture dans Chroniques d'un Gourou ello-c10
Christoph Eberle – Peinture à l’huile

C’est pas surprenant, il y a des gens qui vont à l’opéra, d’autres en festival, d’autres au cinéma – ceux qui font ces trois activités apparemment sont plus rares. Très vite, en parlant culture, on voit qu’il y a des niches. Je ne sais pas comment l’exprimer clairement, ce n’est pas vraiment du mépris, c’est juste qu’il faut connaître, et ça c’est pas donné à tout le monde.

Désolée, mais je le perçois un peu comme du mépris. Ça m’a posé de vraies questions, il y a eu des critiques sur les gens qui ne vont au théâtre voir que des pièces de personnes connues et ne prennent pas de risques. Honnêtement, quand on connaît pas trop le milieu, on s’attend à des places de théâtre ultra chères, et donc on ne va pas se risquer à aller voir des « petites pièces », autant se construire une culture avec des classiques. Et là encore, on va au théâtre. Je croyais que aller au théâtre c’était déjà réservé à une population restreinte, et un peu aux classes des collèges et lycées.

C’est une bonne chose, je trouve, de pouvoir aller au théâtre grâce à l’école. Et là, merci de ne pas critiquer « qu’ils ne vont voir que des noms connus », bah ouais. Déjà que pour ces pièces là il faut plusieurs heures en cours de français pour étudier la pièce, pour pouvoir comprendre ce qu’il se passe, une fois au théâtre. Personnellement, j’aurais un peu d’appréhension à me rendre voir une pièce un peu alternative où il y a de nombreux concepts à maîtriser — ce n’est pas ça pour toutes les pièces mais là c’est de ça qu’il était question — et là aussi est-ce que c’est du mépris ? Parce que malheureusement, nous ne sommes pas dans ce monde idéal ou la culture et les concepts chelous sont accessibles à toutes et à tous.

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Ce genre de blagues nulles qui ne font pas rire tout le monde

Et d’un autre côté, je ne voudrais pas dire que tous ces artistes qui montent des pièces de théâtre aux concepts un peu barrés et peu accessibles sont à bannir. C’est important les artistes, et il faut se méfier parce que tous les totalitarismes commencent par décider de ce qui est de l’art acceptable ou non : tou.te.s devraient être libres de se produire, et accessibles à tou.te.s.

Il n’y a que la première partie qui est vraie, l’art et la culture n’est décidément pas accessible s’il y a des gens pour mépriser ceux qui ne comprennent pas et des gens pour mépriser l’art (moi compris, j’ai fini par dire que c’était quand même ultra-bobo ces petites pièces élitistes, mea culpa).

 

A quel point on approche du totalitarisme ?

 

Je finirai en partageant l’avis de Justine (corrige-moi s’il faut) sur la culture : partageons, partageons ce qu’on connaît. Le totalitarisme, à mon avis, c’est autant le mépris que l’incompréhension. Si on est plus fort.e.s ensemble, on est surtout plus cultivé.e.s ensembles, et par conséquent plus fort.e.s.

 

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Est-ce que je marche sur des œufs avec ce genre d’article ?

Pas sociologue

Parfois, je me dis que j’aurais aimé faire des études de sociologie. Déjà, parce que c’est intéressant, et ensuite parce que ça légitimerait un peu mon avis quand je veux parler société et politique. On me l’a déjà reproché : tu es qui, pour donner ton avis ? Et puis j’en ai déjà parlé plusieurs fois mais on nous demande de plus en plus de garanties dès qu’il s’agit de s’exprimer sur un sujet un peu délicat.

Je m’explique : au détour d’un argument pour le végétarisme on sera attaqué sur notre méconnaissance de la vitamine B12, au détour d’une supposition sur son propre mal-être il on nous reprochera de ne pas être allé consulter un.e spécialiste ou de ne pas avoir mis une centaine d’euros dans un test de QI. Bref.

 Pas sociologue dans Chroniques d'un Gourou ello-xhdpi-d9da42be
Photo par Giuliana Massaro, @holybipolar sur ello.co

Depuis le début des manifestations de gilets jaunes, je n’ose pas trop lire le journal. La conséquence directe étant que je ne vois que des images et gros titres non sollicités en passant sur les réseaux sociaux, ce qui est moins bon niveau information neutre.

Honnêtement, ces histoires de gilets jaunes me font un peu le même effet que les pro-Macron fin 2016 et globalement avant les présidentielles : tellement enjoués que ça me blase. pour ne pas dire que ça me saoule

Mais cette fois ci, il paraît que c’est du mépris de classe d’être blasés, et puis les blocages augmentent, c’est comme une bonne vieille grève, on devient tou.te.s concerné.e.s. Ne souhaitant pas me mouiller dans ce dont je parle ci-dessus, je voulais vous partager l’avis que Titiou Lecoq (#blog #twitter #slate) donne dans sa newsletter à laquelle je suis abonnée et que je vous recommande.

Je n’ai présentement le popotin sur aucune chaise. Mon suivi des actualités ressemble à une immense partie de ni oui, ni non. Quand j’écoute les infos, je suis étonnée de l’étonnement face à ce mouvement. Le plus surprenant a toujours été pour moi de constater que les gens ne se révoltaient pas et acceptaient un système profondément injuste qui jouait en leur défaveur. Pourquoi accepter les règles d’un jeu auquel on est toujours perdant?

D’un autre côté, quand je vais lire les publications sur les pages Facebook des «gilets jaunes», je suis écœurée par le nombre de propos sexistes, racistes, antisémites, homophobes –grosso modo, Emmanuel Macron serait un homosexuel à la solde des banquiers juifs et arabes, avec une épouse qui serait évidemment une catin. Je suis atterrée par le nombre d’intox complotistes qui circulent et me font m’interroger sur la pertinence d’un système démocratique dans ce contexte.

Je suis sincèrement convaincue que ce système économique et politique est moisi, mais le genre de société à laquelle j’aspire ne pourra pas être mise en place par des mecs avec des barres de fer.

Et en même temps, je trouve un peu paradoxales ces condamnations unanimes de la violence. Je ne dis pas qu’il ne faut pas condamner la violence, mais enfin, ayez un minimum de cohérence. On nous serine, comme fondement du roman national, la Révolution française; on se glorifie des insurrections populaires; dans les livres scolaires, on a des gravures représentant des têtes coupées que l’on promène gaiement au bout d’une fourche; on nous fait apprendre «La Marseillaise»… Bref, on nous élève dans l’idée que la France, c’est du sang et des barricades face aux injustices, et ensuite, on nous dit qu’aucune injustice présente ne justifierait de recours à la violence –et en même temps que le recours à la violence de la police contre des lycéennes et des lycéens serait normal. C’est le monde à l’envers.

On ne peut pas dire que 1789, c’était merveilleux et casser la mâchoire d’un jeune à coup de flashball parce qu’il aurait incendié une poubelle. Même au nom de l’État de droit, selon la formule consacrée. Vous pouvez demander à n’importe quel éducateur ou éducatrice, on n’obtient jamais l’ordre par les coups, les menaces ou l’humiliation. Ce que l’on voit dans la vidéo des jeunes à Mantes-la-Jolie ne se discute pas sous l’angle de ce qu’ils ont fait. Ils peuvent être interpellés et jugés, mais dans cette séquence, les policiers cherchent à obtenir leur soumission par l’humiliation –et c’est le meilleur moyen d’obtenir l’effet inverse. Je souscris à cette pétition en tant qu’ancienne lycéenne ayant participé à des manifs et des blocages mais n’a jamais subi une telle répression.

>> La suite

La suite est toute aussi instructive, ça cite du Victor Hugo et tout, mais je ne me sentais pas de tout copier/coller. Mis à part la partie sur la Marseillaise (le sang impur, il ne s’agit pas de celui des ennemis, mais celui des républicains qui chantent, ce qui rend la chanson déjà plus belle et humble), je me retrouve dans ce que Titiou Lecoq écrit, et elle le formule bien mieux que ce que j’aurais pu faire. Après tout, je n’ai pas fait les études pour.

Toujours pour s’informer, je n’ai pas encore pris le temps ni eu la motivation pour lire l’article du blog La Nébuleuse, qui a l’air bien documenté et plutôt complet pour tenter de comprendre ce mouvement (oui, je le recommande sans l’avoir lu).

Je vous fais des bisous, y compris et surtout pour n’avoir pas cessé votre lecture à la première occurrence de « gilets jaunes » dans l’article.


C’est peut-être un signe

Elle m’a dit de relire le thème après au moins huit jours. Après quasiment deux mois, je me suis sentie prête à le faire. Et après avoir tout relu, je vais vous raconter la fois où Ornella m’a fait mon thème astral.

C'est peut-être un signe dans Chroniques d'un Gourou mandala-1
#Source

L’astrologie, ce n’est pas complètement nouveau pour moi, j’ai un premier vague souvenir à treize ans de la maman d’une amie qui m’avait fait un thème pour l’année (qui s’appelle une révolution, je crois). Je n’ai retenu de ça que « cette année, tu vas devoir te rendre compte que tes ami.e.s ne sont pas tes ami.e.s pour tout, tu vas devoir les trier« . Je ne me souviens même pas qu’on m’ait parlé d’ascendant. On m’avait aussi dit que, ma maman ayant voulu rester pendant la consultation, on n’avait pas pu tout me dire.

Il y a quelques années, ma mère à son tour s’y est intéressée, elle a commencé à apprendre. Mon thème (comme celui d’autres connaissances/personnes de la famille) a été un peu un bac à sable. Mais comme elle apprenait, me faire mon thème aurait été risqué, et puis personnellement je pense que c’est comme la psychothérapie : on ne travaille pas avec des membres de sa famille.

Alors, quand l’année dernière Ornella a mis en jeu un thème astral sur la plateforme Hellocoton, je me suis dit que c’était l’occasion d’enfin être attentive, de comprendre ce que l’astrologie avait de si fascinant.

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Un morceau de ma carte du ciel, mais ça dit tellement de choses que vous ne l’aurez pas en entier sauf cas de force majeure

Après avoir reçu les informations nécessaires à son calcul (lieu et date de naissance, heure de naissance), Ornella m’a envoyé ma carte du ciel par mail, ce fameux disque gradué autour duquel gravitent les symboles de planètes – ça me fait penser à un mandala, puis m’a appelée. La consultation a duré une bonne heure, j’ai reçu des explications pour chaque nouveau concept introduit (et croyez-moi, il y en a un paquet !) et j’ai pu poser les questions qui me passaient par la tête.

L’astrologue a accès à tellement d’informations avec ce fameux disque ! Au départ, c’est déroutant puisque c’est une inconnue qui vous connaît. Puis, c’est troublant parce qu’en plus de vous connaître (par exemple de vous dire vos points de caractère), l’astrologue vous fait découvrir, prendre conscience de, comprendre certaines choses.

Tout au long de la séance, j’ai continué à poser des questions à Ornella, pour être sûre de ne pas trop perdre le fil. Elle décrit clairement le thème, mais j’étais parfois encore surprise de ses analyses faîtes au cours des minutes précédentes, les questions étaient aussi pour laisser à mon cerveau le temps de souffler.

 

J’ai pu mettre un mot sur ce que j’appelais « l’Ego », mon caractère têtu : je suis orgueilleuse. Cet orgueil, ce n’est pas le mépris des autres, mais plutôt une déception de ce que j’obtiens, cette tendance à forcer au-delà de ce que je devrais seulement parce que je veux plus, ou mieux. Et ça, je ne pensais pas que ça se trouverait dans un thème astral, quelque chose qui est fixé dès la naissance.

En fait, l’estime de soi, la façon de réfléchir, le relationnel, le professionnel, tout y est. Pour toutes ces choses, où je n’arrivais pas à trouver les mots ni à exprimer mon ressenti, Ornella a eu les mots. Ou devrais dire « a vu les mots » dans le thème. Et ça va même plus loin : elle a pu analyser mes points faibles niveau santé (!!)

Oui, le « attention aux hanches » en fin de séance, auquel je ne m’attendais pas - quoi, mes hanches dans un thème astral ? – sachant que j’avais des douleurs précisément là depuis quelques jours, ça calme un peu.

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Cette photo est une allusion au nom du blog d’Ornella. Ça marche ?

Honnêtement, je m’attendais à entendre des généralités aux airs de prédictions, des tournures un peu mystérieuses et auto-réalisatrices, mais pas du tout. Je pense que connaître son thème peut permettre de se concentrer sur ce dont on a besoin et de lâcher ce sur quoi on s’acharne et qui n’est peut-être pas adapté (exemple : « Elle déteste partir de chez elle », sachant qu’au moment de faire ce thème j’étais occupée à me lamenter sur mon immobilité, mon attachement aux choses : je me suis dit d’accord, c’est un problème plus ancré qu’il n’y paraît, ce n’est sans doute pas si grave de ne pas réussir à bouger d’ici, je me préparerai mieux la prochaine fois).

 

Ah et puis, ce n’est a priori pas un truc de sceptiques scientifiques, ouais l’influence des planètes c’est n’importe quoi, j’y crois pas, etc. A vous aussi je vous le conseille. Pas en vous disant que c’est calculé sur l’influence des planètes avec les lois de l’attraction de Newton, mais en acceptant que ça peut être symbolique. On ne se réincarne peut-être pas, mais il y a sans doute une symbolique du karma qui te donnera des infos sur toi, ici et maintenant.

 

Je vous invite à faire un tour sur le blog d’Ornella, et à vous demander si pour Noël vous n’offririez pas des informations fascinantes et des conseils plutôt que du plastique non recyclable qui finira dans une baleine (pooooh comment je juge ! Oui, il paraîtrait que je manque d’indulgence, mais je vais travailler dessus, promis).


Je fais des blagues

… et je ris toute seule.
 
On pourrait faire un autre pavé sur le fait que je me sente en décalage avec les gens. J’ai préféré la démonstration par l’exemple :
Ce week end, mon coloc et moi étions sur le canapé à discuter « diktat du sport » — comprendre : nous nous sommes inscrit.e.s en club d’athlétisme et nos camarades viennent tous avec leur t-shirt de « finisher » de grandes courses, marathons et pire plus. Là, mon cerveau est parti en roue libre, et la « blague » est sortie : Si Marat avait été un coureur, on aurait pu l’appeler marathon, et il ne serait pas mort puisque le marat-thon survit dans une baignoire.

Alleeez, ne me remerciez pas pour cette franche rigolade.
…Je sais que tu n’as pas ri.
Mon coloc est resté interdit, parce que j’avais l’air de bien m’amuser toute seule, et que tout le monde ne pense pas, en parlant de course à pied, que Marat est un révolutionnaire français et député montagnard qui fut assassiné dans sa baignoire en 1793. Et une fois qu’on a cette information, la blague est encore plutôt mauvaise, avoue, tout ça pour un jeu de mots douteux avec du poisson.
 
Bref, morale de l’histoire : ayez pitié de votre pote qui fait des blagues nulles et qui rit tout.e seul.e, c’est peut-être une personne qui réfléchit trop.

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Pour la peine, cette autre blague nulle pour illuminer votre journée (je me surpasse aujourd’hui)

Je suis sportive

Un échappatoire ou un objectif,
Le soulagement et la fatigue, à bout de souffle,
De l’endorphine puis des courbatures.

 

Ma pratique sportive ressort de temps en temps dans les déballages de vie ici, sous forme de bilans et sous forme de doute. J’ai compris très tôt que courir me permettait d’évacuer le stress, de vider ma tête, méditer en quelques sortes. Pas loin derrière, j’ai aussi compris que j’allais avoir souvent besoin d’évacuer du stress.

 

Je suis une coureuse. Parce qu’il suffit d’avoir des chaussures pour ce sport, pas besoin de ballon ou d’amis, pas besoin de payer l’entrée comme pour la piscine, pas besoin d’avoir un équipement coûteux et capricieux comme un vélo (toujours plus capricieux que l’absence d’équipement). Bon, aujourd’hui c’est un peu mentir parce que j’achète des baskets de qualité à renouveler tous les 600 kilomètres en moyenne. Mon truc : les changer en période de soldes ou tomber sur un magasin en déstockage avec des produits à moitié prix.

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2014.

L’intensité de ma pratique sportive est, sans surprise, fonction de mon état d’esprit ou de ma situation. J’ai beaucoup progressé en classes prépa, avec des sorties une à deux fois par semaines, une petite dizaine de kilomètres. J’ai ralenti ensuite, complètement arrêté quand j’ai découvert malgré moi une anémie importante, puis doucement repris en intégrant la muscu au poids de corps (parce qu’il fallait bien renforcer ce petit corps fragile – j’ai d’ailleurs pu reprendre quelques kilos grâce à ça). Cette reprise en juillet 2017 correspond à un mois presque complet de solitude, il fallait que je m’occupe. J’ai ensuite tranquillement maintenu ma forme jusqu’à mon départ en Allemagne cette année.

Je suis partie en Allemagne pour six mois de stage, avec déjà l’objectif d’intensifier le sport. C’est de ce pays que viennent de nombreuses applications « coach » sportives, sans compter que les allemands sont - dans mon imaginaire en tous cas, puis ceux que j’ai rencontrés aussi - plus attentifs à la santé physique et donc plus sportifs qu’en France. C’est soit à cause de ma décision à la base, soit à cause des aléas de la vie, mais je me suis sentie très seule là-bas, malgré plusieurs rencontres super et un ami que je connaissais déjà sur place. Et plus je me sentais seule, plus il fallait que je pense à autre chose - ou à rien du tout - donc je partais courir et faisais des séances de muscu au poids de corps. Ces séances étaient une excuse pour ne pas sortir. Cercle vicieux.

Je m’en voulais de vivre dans le paraître mais c’est facile de s’y raccrocher, quand c’est le positif de mon activité.

 Je suis sportive dans Chroniques d'un Gourou img_2011

Et au fond, il y a les Alpes.

Cette fois-ci, j’ai d’abord perdu du poids, et je me suis inquiétée de façon un peu exagérée. Je ne crois pas m’être recentrée sur mon bonheur, plutôt sur ma coquille. Fini le sport plaisir, le sport santé, bonjour le sport échappatoire, et un peu l’excès aussi, le sport-coquille.

 

Je suis de retour « chez moi », un chez moi relatif mais où j’ai plus de repères. Je ne veux pas que la pratique sportive devienne quelque chose de négatif, ou de dangereux. Alors je me suis inscrite en club. J’espère y recevoir des conseils et du soutien. Et en même temps, je m’aventure dans une toute nouvelle forme de sport : le sport-compétition, le sport faire-un-temps. Alors que déjà sans ça mon ego a toujours été dans cette quête du dépassement.

 

En découvrant les réseaux sociaux de sport et les sportifs sur les réseaux sociaux, et en tentant de m’écouter ou au moins de me comprendre après coup, je crois avoir compris un truc : le sportif qui veut se dépasser, qui partage ses performances, qui expose un corps « parfait » n’est pas là pour te culpabiliser. Il affronte le regard du monde à sa façon, pour probablement se préparer à affronter son propre regard. Les réseaux sociaux et le physique sont deux énormes miroirs et nos sensibilités sont là entre les deux. Mon objectif est de me focaliser sur ce que je veux, ce que je peux. Je vous partage mes performances parce que j’ai besoin d’approbation, parce que c’est ce que j’ai trouvé pour avancer, mais je ne voudrais pas vous culpabiliser. Prenez soin de vous.

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Évolution de la coquille entre juillet 2017 et Aout 2018.
Même si je l’ai « faite » pour de mauvaises raisons, je l’apprécie. Et vue ma condition physique au départ – toute molle – ce changement physique est accessible à beaucoup d’entre nous.

« Le grand retour de l’anti-capitalisme »

Je me suis rendue ce samedi à une rencontre dans le cadre de la cinquième édition du Monde Festival à Paris, avec pour thème « aimer ». Je n’en avais jamais entendu parler, mais puisque depuis le début de cette année je suis abonnée au Monde – grâce à leur offre étudiante à 1€ les six premiers mois (depuis je paye le prix fort mais après tout il n’y a rien de mal à donner de l’argent à des journalistes), la probabilité pour que je sois au courant a augmenté.
J’ai voulu réserver des places pour deux événements, mais je suis restée sur liste d’attente pour « Clitoris, le grand tabou ». Qu’à cela ne tienne, je vais vous raconter « Aimer le capitalisme et les entreprises ? Le grand retour de l’anti-capitalisme » (oui certes, c’est moins sexy comme nom).

Commençons par un aparté : le cadre (!) Les rencontres et débats du festival ont eu lieu à l’opéra Garnier, l’opéra Bastille et aux Bouffes du Nord. Perso, j’ai été à l’opéra Garnier, pas dans la salle d’opéra mais dans le Grand Foyer (la galerie bordée d’un balcon qui donne sur la place de l’Opéra). Mis à part la chaise en plastique sur laquelle j’ai eu du mal à tenir immobile pendant près de deux heures, c’est assez magique de se rendre – gratuitement ! – dans un tel endroit, entrer par la façade, n’avoir que son nom de famille à donner pour avoir une place - behoui j’ai réservé, monter les grandes marches, lever le nez vers les peintures et sculptures et dorures de ce palais Garnier. On s’y sent tellement bobo-hipster-parisien ! Ou juste chanceux de pouvoir visiter des monuments comme ça parce que c’est public.

Il y avait peu de monde à cette « rencontre » (pas vraiment un débat, ni une conférence), animée par le journaliste du Monde Philippe Escande. Les invités étaient Chef d’entreprise, Économiste, Entrepreneure, Philosophe.
En introduction, Pascal Bruckner (le philosophe) nous a parlé d’une nécessaire réappropriation, de défense de l’argent contre son appropriation par les riches. L’argent a existé avant le capitalisme, et c’est tout de même un outil intéressant. Élise Huillery, l’économiste, nous a rappelé une réalité simple qui est la suivante : le capitalisme génère les inégalités. Ce n’est pas un point de vue, c’est mathématique : tant que le rendement du capital sera plus élevé que la croissance, les salaires augmenteront moins vite que le capital, donc celleux qui ne détiennent pas de capital se verront devenir de plus en plus pauvres relativement à ceux qui détiennent du capital (actionnaires, propriétaires). Une solution pour résorber ces inégalités étant de les compenser par une redistribution volontariste (pas besoin, donc et selon elle, d’être anti-capitaliste). Jean-Dominique Senard est PDG du groupe Michelin. Il nous a présenté les différentes formes de capitalisme existantes et souhaitables/raisonnables. Son message est qu’il est « urgent de réinventer un capitalisme responsable« . Enfin, Emmanuelle Duez, auto-entrepreneuse que j’ai déjà eu l’occasion d’écouter dans le cadre de ma scolarité (il y avait quand même une chouette direction des études <3 <3 ), a présenté le problème autrement : comment faire pour que les jeunes aiment l’entreprise ? Parce que si les jeunes n’aiment pas l’entreprise, aujourd’hui, ça se traduit en catastrophe pour l’entreprise. Aujourd’hui, on veut pouvoir adhérer à l’entreprise, y trouver un sens. Et pour la capitalisme, 55% des français pensent que c’est mal mais qu’il n’y a pas d’alternative, alors on espère qu’il changera de tête si on change les entreprise (en gros – et j’ai pas retrouvé la source pour les 55%).

lemond10 capitalisme dans Informations

Parmi les élément intéressants : la conception du capitalisme dans les différentes parties du monde.

Jean Dominique Senard distingue trois capitalismes : le capitalisme d’Etat (en Chine notamment) où le capital est au service des institutions – long terme, le capitalisme anglo-saxon (Amérique du nord et Royaume-Uni) où les actionnaires font pression pour du profit à très court terme, le capitalisme Européen qui est perdu entre les deux. Élise Huillery et Pascal Bruckner expliquent l’indécision du capitalisme européen (et Français) par une « schizophrénie » de l’individu (qui veut consommer bio mais pas aujourd’hui c’est cher, cuisiner à la maison mais pas aujourd’hui pas le temps) qui s’expliquerait entre autres par l’arrière plan historique et religieux : chez les chrétiens, l’enrichissement est mal vu, et chez les Français on a cet héritage de la révolution qui serait plutôt égalitariste par moments : ça freine le capitalisme. En gros, il y a inadéquation entre désirs/capitalisme et raison/décroissance (ce sont mes mots et j’exagère un peu pour faire court, il n’a pas été question de « décroissance » dans cette partie). En comparaison, le capitalisme d’Etat se porte très bien en Chine où il y a toujours eu cette vision à long terme dans le cadre d’une vaste culture et civilisation millénaire  ; le capitalisme anglo-saxon est décomplexé car il se développe dans un terreau (anciennement ?) protestant où être riche c’est être aimé de dieu. Il a aussi été question du communisme dans cet héritage européen, à propos duquel Pascal Bruckner a eu cette phrase amusante : « Le marxisme, c’est le catholicisme adapté à la classe ouvrière » – donc pas d’excuses pour l’Europe communiste.

Élise Huillery souligne aussi les différences de perceptions de la justice et du mérite : si en France la réussite personnelle sera aussi attribuée aux conditions favorables (ou défavorables, dans ce cas on rejette la faute sur autrui), considérée comme une réussite collective le plus souvent, le succès aux Etats-Unis est plutôt auto-attribué. Cela se traduit – entre autres – par une plus forte part de prélèvements obligatoires (les impôts) en France qu’aux USA : l’Etat va limiter la schizophrénie de l’individu en favorisant des « bons choix difficiles » (ici encore, mes mots). Cependant, Emmanuelle Duez est plus convaincue par le pouvoir de l’individu que par celui du collectif, puisqu’on remarque aujourd’hui que les entreprises sont contraintes à changer pour s’adapter aux talents. C’est effectivement ensemble, avec la dimension politique au sens noble du terme (la vie de la cité) qu’on fait plier les organisations, mais c’est une responsabilité à l’échelle individuelle.

Ça a aussi pas mal parlé de communisme, de décroissance, de populismes et d’écologie, d’élections européennes et de différences entre l’Europe du nord et celle du sud (les ex-catholiques vs les ex-protestants, vous l’aurez compris). J’ai pris quelques notes, vous pouvez me poser des questions ;)


La vocation

J’ai trouvé un lien vers cette vidéo sur le blog de 22 v’la Scarlett où je suis arrivée pour une recette de gâteau au chocolat sans gluten. Aucun rapport donc, et son blog est aussi une découverte, bref voici une vidéo que je t’invite à visionner :

Image de prévisualisation YouTube

(Lien ici si ça ne fonctionne pas)

Cette vidéo, ça n’est pas vraiment moi, je ne me sens pas multi-potentialiste ou toute autre appellation. Pas vraiment spécialiste non plus, et si elle m’a mis la puce à l’oreille c’est bien que la question « tu veux faire quoi plus tard » a aussi été une source d’angoisse. Un peu. Peut-être que je le suis et que je ne l’ai pas découvert, peut-être qu’il y a encore une autre nuance à définir.

Je partage pour toi-qui-lis, parce que je connais des gens angoissé.e.s ou un peu perdu.e.s, qui sont des génies mais qui refusent de se l’entendre dire, parce que l’école, la famille ne leur a pas reconnu ce trait. J’espère que cette vidéo va vous donner envie de vous affirmer et d’avoir moins de réticences à être.

Des bisous.


Le choix et le possible

Récemment, je faisais mon quota de voyeurisme (comprendre : je regardais les stories instagram de personnes que je ne connais pas, mais tu sais à force je les apprécie et j’ai même un peu l’impression de les connaître). Une personne a reçu des conseils de la part d’une autre pour l’aider à arrêter de fumer. Le dernier conseil était “pour préparer mon corps à un futur enfant”.

Ma première réaction fut “heureusement qu’on ne me l’a pas dit à moi, ça m’aurait mise en colère”. En effet, je suis mal à l’aise — pour parler calmement — quand il s’agit d’associer femme et enfant. Après tout, on ne fait pas les enfants toutes seules. Une femme n’est pas une machine à enfanter. Je voudrais être un hippocampe ou un escargot. Et puis, l’idée a fait son chemin dans ma tête : il faudrait cesser de tout prendre mal quand il s’agit de maternité, puisque c’est un fait avéré : les femmes ont la capacité de porter des enfants. Pour faire un enfant, il faut d’abord faire un fœtus et le fœtus il vit dans un ventre de femme (de femme cis ou éventuellement d’homme trans, bref, tu m’as comprise).

Le choix et le possible dans Chroniques d'un Gourou tourne10
Le tournesol, il est comme le pissenlit, mais on peut lui manger les graines, alors je l’aime mieux.

Finalement, je pourrais m’énerver de la même façon si on donnait “pour préparer ton corps à la traversée de la Manche” comme motivation à arrêter de fumer. Parce que je n’ai pas prévu de traverser la Manche. Pourtant, avec de l’entraînement et de la motivation, mon corps en est peut-être capable — comme, à peu de choses près, pour faire un gosse.

DONC, ce conseil était bienveillant. Il ne participait ni à l’objectivation des femmes, ni au renforcement du patriarcat. Et c’est peut-être déjà très clair pour toi, mais personnellement j’ai l’impression d’avoir débloqué un petit truc.

Mon corps a des tonnes de possibilités, certaines spécifiques à mon sexe (pas tant que ça à mon genre d’ailleurs, tiens). Ce n’est pas parce que c’est possible que c’est un devoir. Mais ce n’est pas parce que je ne veux pas que je dois nier la possibilité.

(Et toi, quel est ton rapport à ton corps — sexué ou non — et à la parentalité ?)


Le vouloir et le devoir

Je suis perplexe. Le mode de vie désirable c’est celui d’un moine. Il faudrait être en accord avec ses principes jour et nuit, et avoir des principes acceptables. Il faudrait prendre soin de soi et des autres, manger bien, faire du sport, ne pas trop boire ni fumer. Mais il faut être heureux, ne pas trop se plaindre, kiffer la vie de moine.

Et ça, faire le lien entre le mode de vie sain et le bonheur, c’est relégué aux cours de philo de terminale où au fond de la classe, on était trop occupés à digérer les frites du midi pour écouter. C’est un truc de bobo écolo gauchiste frustré ou que sais-je. Et ça, on ne veut pas l’être.

Alors on suit la courbe, on boit et on fume – pas trop hein, juste en soirée – on fait du sexe avec des inconnus, parce que l’amour on croit pas qu’on mérite après tout. Et on culpabilise, parce que sur la trame en arrière-plan, il y a cette vie de moine qui attend. Et, soyons francs: on est nombreux à chercher la spiritualité ou au moins du sens quelque part, là où nos parents dégoûtés par l’institution religieuse l’ont abandonné.e (et quand on compte les prêtres pédophiles, je les en remercie). Alors on trouve des trucs, et on ne sait pas si c’est ça, la vie. Il faut tester, essayer, tout en se traînant ce bonheur affiché comme un fardeau.

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On pourrait en profiter, des bières belges et du sexe des inconnus. On pourrait mais on s’en veut, dès le départ on a pris trop de bière parce qu’on voulait pas se souvenir de l’inconnu le lendemain.

On se réveille dans le pâté, l’illumination c’était pas pour cette fois.

Alors on commence à en avoir marre de ce pâté.

On arrête les soirées.

On achète du brocoli surgelé.

On attend.

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Et à côté, t’as ceux qui vivent dans le paraître parce que leur vie est triste. Je ne dis pas que tous les gens qui s’affichent sont tristes ou ont un problème, il y a des gens qui s’organisent vachement bien et gèrent leur vie comme il faut. Mais bref, il y en a plein qui se perdent un peu quand même. Ou ceux qui sont seuls et qui en profitent pour tenter un truc – comme je l’ai dit, on teste et on essaye. Et ceux là, on pourrait croire qu’ils ont réussi à trouver le mode de vie parfait. Des moines plus ou moins connectés.

On ne voit pas qu’ils sont seuls. On ne sait pas s’ils sont tristes.

On remarque juste qu’ils ne se réveillent pas dans le même pâté.

Alors voilà je suis perplexe : dans tous les cas on va culpabiliser, on culpabilise parce qu’on n’a pas encore trouvé notre truc et qu’on ne sait pas ce que les autres cherchent. C’est comme suivre des gens quand on est perdus parce que si ça se trouve on va au même endroit. On ne va pas au même endroit. Ou alors pas par le même chemin, pas pour les mêmes raisons. On se fait du mal.

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C’est peut-être ultra niais mais faîtes les changements de vie qui vous rendent heureux, pas qui vous donnent l’air heureux. J’ai personnellement du mal à faire la différence. Mais je tente de ne pas insister quand ça ne va pas. Je ne suis pas prête à partir vivre loin de « chez moi ». Je ne sais pas jouer d’un instrument de musique. Je ne gère pas mes émotions. Tant pis, j’apprendrais plus tard. Après tout, j’ai toute ma jeunesse devant moi.

Re-Bref, il est temps que je parte de là où je suis et que j’ouvre une nouvelle page de ma vie, parce que ça fait des mois que je poste des articles navrants. Encore heureux que j’ai pas souvent envie d’écrire ! (Mais merci de me lire quand même, tu sais que ça me fait du bien de raconter ma vie) 


Digital intox

L’autre jour, je te parlais de mon téléphone et à quel point j’en étais devenue dépendante. Cette panne, c’était l’occasion de se rendre compte. Mais là, pour tout te dire, je suis repartie pied dedans, la tête la première, et je me noie. Je suis devenue celle qui actualise le flux d’actualité de toutes ses applications en boucle, que ce soit pour voir la vie de personnes que je ne connais pas ou les messages futiles de gens que je connais. Quand je vois des trucs sympas, j’en profite un instant puis je dégaine mon téléphone pour prendre une photo. Je traîne ensuite à faire défiler les photos, les miennes et celles des autres, mais je ne les trie pas, je ne les range pas, je n’en fais même pas un article de blog parce que ça déjà, ça s’éloigne de l’instantané.

Digital intox dans Chroniques d'un Gourou cieldo10
Ciel d’orage.

Je vais avoir l’air d’une pauvre meuf mais voilà, je crois que ce sont les symptômes de quelqu’un qui va mal. Se perdre dans l’instantané de la vie des autres, ça sonne mal, ça donne l’air malheureux. Se perdre dans l’instantané de la vie des autres qui profitent de l’instant en entier, qui te disent de débrancher, enfin c’est ce qu’ils disent… On n’est qu’une bande de dépressifs à la vie parfaite. Le malheur aux couleurs vives, la cage dorée, bref, j’ai vraiment l’air ingrate là non ?

Ce mois-ci, j’ai tout de même passé de bons moments. Mis à part ces photos trop nombreuses, mon appréhension du futur proche et l’angoisse pour des choses sur lesquelles je n’ai pas prise (coucou la famille, je vous aime quand même). Je n’ai pas tout à fait perdu pied. J’avance dans la vase et ça glisse. Il y a une religion monothéiste qui dit : si tu rencontres des épreuves, c’est que dieu sait que tu peux les surmonter. Il est sympa dieu, mais sa majuscule attendra. Il m’a envoyé vivre la vie que je voulais et me laisse seule face à ça : est-ce ce vraiment ce que tu voulais ?

Alors je rumine cette phrase que m’a lancée l’autre jour un mec en colère : on m’a donné des opportunités que je n’ai pas prises. Je n’ai pas su profiter. J’ai perdu l’occasion. Il n’y a plus qu’à rentrer, oui c’est dommage, peut-être que ça n’était pas pour moi. Après tout, je suis peut-être juste une fille fragile. Ce qui est sûr, c’est que je ne prends pas assez le temps. J’ai le choix de prendre les autres opportunités qui viendront, mais aussi de les laisser passer si je ne suis pas prête. 

Voilà, en ce moment je me reconnais dans presque chaque phrase de ça. J’ai honte de vous avouer que je subis ma vie.


Tous à poil

Au début, on partait plus pour un titre comme « Ode à la nudité », mais j’étais pas d’humeur.

Il y a deux semaines, nous jouions au volley et faisions du yoga dans un parc de Munich avec des amis. Mais, pour être un peu plus tranquille, certains avaient proposé de s’installer dans la partie nudiste. Alors oui, ça fait un drôle d’effet d’être assis.es dans l’herbe avec autour des vieux allemands nus. Il y avait aussi un couple de jeunes mais plus loin, alors nous avons eu droit au spectacle amusant d’un homme vêtu uniquement de chaussettes hautes faisant des jongles avec un ballon de foot et s’essayant au poirier.

Cela dit, il ne se donnait pas en spectacle. Il y avait certes quelque chose de provoquant, une sorte de défi dans le fait de tenter des positions bizarres et de beaucoup se mouvoir. Ce n’était pas le comportement du nudiste à la plage qui fait juste le trajet eau – serviette et qui se laisse bronzer tranquillement, c’était plutôt notre comportement à nous de jeunes avec un ballon et des envies de tester le yoga. Il ne se donnait pas en spectacle parce qu’il restait dans son coin, nous n’étions pas obligé.e.s de regarder. J’ai d’ailleurs ri de le voir faire le poirier nu et en chaussettes, puis je suis retournée à mes occupations.

Tous à poil dans Chroniques d'un Gourou IMG_20180414_1546080%2B%25282%2529

Nous en avons discuté avec une amie, elle disait qu’il est dommage que le corps soit autant sexualisé, parce que ce genre de comportement devient gênant et il ne devrait pas. Pour ma part, j’avais interprété la chose à l’envers (comme le mec, huhu) : avec ce genre de comportement, on ne perçoit plus le corps comme « sexualisé ». Nous n’avons pas eu la même éducation ni le même cadre, c’est donc tout à fait normal que notre rapport au corps – à celui des autres – soit différent. Je ne saurais pas retranscrire tout ce qu’elle a dit et ce n’est pas mon rôle, mais voici mon point de vue :

Le corps peut être désirable sans être sexualisé

A l’adolescence, je n’étais pas occupée à draguer, ni à être draguée. Ma sexualité était un truc « qui viendrait plus tard », ça ne m’inquiétait pas et m’intéressait peu. Pourtant, je regardais les gens, j’analysais l’harmonie des corps sans trop comprendre ni structurer. Juste des fois, je me disais que telle personne était jolie, que tel corps était désirable – non pas pour entrer en contact avec, mais plutôt parce que j’aurais aimé l’essayer, vivre un instant avec cet autre corps et apprécier d’avoir des épaules plus larges, des jambes plus musclées, un torse sur lequel une chemise n’aurait pas l’air d’un torchon. Et même aujourd’hui, où j’ai une sexualité, c’est toujours plus ou moins le cas. 

Le corps peut ne pas être désirable, dans ce cas autant ne pas le sexualiser

Je l’ai dit, il y avait un couple de jeunes parmi les nudistes, et ils étaient loin. Autour de nous, que des hommes vieux et plein de plis. Sans vouloir surjouer la déception, je dirais seulement que la vue de ces corps nus n’a rien éveillé de particulier en moi, sinon le rire de la surprise. En discutant, j’ai pensé à ce qui pouvait mettre les autres mal à l’aise : l’association corps-sexualité rend les choses beaucoup moins fun. L’espace d’un instant, j’ai associé l’idée de sexualité à ces corps vieux et nus, ça a été tout de suite glauque. C’est sociétal je pense : on dit « un vieux pervers » et on a du mal à s’imaginer une sexualité « normale » chez les personnes âgées. En tant que fille puis femme, c’est des hommes un peu âgés et un peu seuls qu’on m’a dit de me méfier, et c’est ainsi que dans notre esprit le vieux nu devient l’agresseur : restons serein.e.s et détachons la sexualité de leur corps, ça rassure.

Des nudistes – qui ne sont pas des exhibitionnistes, cela n’a rien d’oppressif

Ils illustrent d’ailleurs un idéal, celui de se contreficher (quelle belle tournure) du regard des autres, et celui de s’accepter suffisamment pour montrer son corps. Montrer son corps peut être thérapeutique (je ne crois pas que ça soit la bonne tournure là par contre), certain.e.s ont parfois recours à la photo de nu pour s’accepter, s’aimer, se trouver beau.lle. Du point de vue de l’observateur – pas du voyeur – je trouve ça intéressant dans la mesure où le corps ne sera pas mis en scène, il est juste vivant, visible, véritable (En Vérité ce Velouté de Verbiage Vire Vraiment au Verbeux #), et on relativise.

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Des pieds nus

Il y aurait encore pas mal de choses à dire, notamment comme je l’ai évoqué : la relation au corps qui change avec l’éducation qu’on a eue, mais aussi se demander ce qui motive à faire du nudisme parce que c’est quand même quelque chose de se promener nu dans un parc plein de monde – pas comme aller bronzer dans son jardin tranquillou, l’envie de pouvoir se passer de jugement sur son corps avant d’être vieux (eh oui, si ces vieux plein de plis étaient tout à coup moins vieux et moins pliés ? Seraient-ils prêts à passer sous les yeux de tout ce monde ?), ou bien se poser la question de « pourquoi seulement des vieux et pas des vieilles ? »

Et bien sûr, si tu veux réagir : ça te dérangerait toi, de faire du volley sur une pelouse nudiste ?

 


Liberté ou expression

J’ai de nouveaux ennemis, ou de nouveaux moulins à combattre, ou alors il faut à nouveau que je me calme.

Depuis des mois, peut-être des années, il y a des choses qui se disent de moins en moins, il faut appliquer cette pseudo bienséance - s’excuser avant de s’affirmer, feindre l’humour pour s’exprimer. Donc déjà, j’ai appris à tourner en dérision mes convictions pour pouvoir en parler.

Mais aujourd’hui je bloque. Je me heurte aux murs des convictions des autres d’une part, de la lutte contre les fausses informations de l’autre. J’en ai déjà parlé, c’est un problème philosophique, la recherche de la vérité. Donc bien sûr, on compte sur les médias – et sur n’importe quel individu – pour rapporter des faits réels (la réalité, elle, ne change pas), mais ensuite on se retrouve bien embêtés avec tout ce qui requiert de l’interprétation, tout ce qui embarque un peu d’opinion.

Liberté ou expression dans Chroniques d'un Gourou ello-optimized-f519f6d0
Ello, @stuz0r

Cela fait déjà un certain temps que j’oppose mes convictions à mon avenir #. Si j’hésite à partir manifester parce qu’un potentiel employeur pourrait trouver des photos de moi, si j’hésite à poster un article parce qu’un collègue pourrait tomber dessus, si j’hésite à noter sur mon CV qui je me suis investie dans une association LGBT et féministe.

J’ai la sensation que l’étau se resserre. Alors que certains vont revendiquer leur droit à un racisme décomplexé (je ne sais plus l’expression qu’ils utilisent), ici j’ai juste envie de tout renverser autour de moi et de pouvoir à nouveau respirer.

Je voudrais juste partager ce qui pour moi est un évidence mais pour les autres c’est une hérésie.


Je deviens narcissique

On nous avait prévenus : pensons à nous, concentrons-nous sur notre bonheur, il faut s’aimer pour pouvoir aimer les autres, il faut être bien dans sa peau pour pouvoir supporter le poids du monde.

Il faut prendre le temps pour te cuisiner des repas parfaitement adaptés à ta morphologie et à ton but dans la vie. Il faut faire plusieurs activités sportives régulières. Tout cela évidemment, dans le but d’avoir une vie sociale épanouissante au possible et un corps de rêve.

Je deviens narcissique dans Chroniques d'un Gourou ello-optimized-ac89a415

« Transient Sculpture » by Neal Grundy, @inag on ello.co

J’ai rayé la case de la vie sociale épanouissante pour un temps. J’ai cru que je n’en avais pas besoin. Je continue à croire que je peux m’en passer. Et voilà : j’ai modifié mon alimentation et je mange encore symboliquement de la viande au moins une fois par mois pour ne pas tomber dans la case « végétarien.ne », j’ai commencé à suivre un programme de préparation à un semi-marathon alors que je n’ai pas prévu de courir un semi-marathon (enfin maintenant, j’en cherche un). En parallèle, je suis un programme de musculation au poids du corps de 12 semaines pour « voir mon corps se transformer ».

Est-ce que j’en ai vraiment besoin ou même envie ? Je m’efforce de ne pas y penser. Mais quand j’y pense, je me sens comme un pur produit de la société de consommation. Je suis les tendances et obtiens de quoi m’inventer une vie. Cette façon d’ »apprendre à s’aimer » est tout à fait biaisée : je regarde, en effet, mon corps se « transformer », et ça me rend fière. Et ça me donne envie d’aller plus loin. Mais ce n’est pas de moi que je suis fière, ce n’est probablement pas ma personne qui reçoit de l’amour – mon amour. Je regarde une projection dans la glace. Je suis Narcisse qui va tomber dans l’eau.

Il fallait bien que je trouve à m’occuper, ici où je connais peu de monde et où je ne parle même pas la langue. Mais c’est un peu une impasse – si je m’occupe autant, je rencontrerai peu de monde et je n’apprendrai pas la langue. Je reste là, à regarder mon image que je travaille, et je tente de m’en satisfaire.

 ello-optimized-a382d1e8 amour dans Chroniques d'un Gourou

@esdanielbarreto

Dîtes, comment on arrête d’être un produit, quand-est-ce qu’on fait face à nos émotions ?


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