Je n'ai qu'une chose à te dire…


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Tous à poil

Au début, on partait plus pour un titre comme « Ode à la nudité », mais j’étais pas d’humeur.

Il y a deux semaines, nous jouions au volley et faisions du yoga dans un parc de Munich avec des amis. Mais, pour être un peu plus tranquille, certains avaient proposé de s’installer dans la partie nudiste. Alors oui, ça fait un drôle d’effet d’être assis.es dans l’herbe avec autour des vieux allemands nus. Il y avait aussi un couple de jeunes mais plus loin, alors nous avons eu droit au spectacle amusant d’un homme vêtu uniquement de chaussettes hautes faisant des jongles avec un ballon de foot et s’essayant au poirier.

Cela dit, il ne se donnait pas en spectacle. Il y avait certes quelque chose de provoquant, une sorte de défi dans le fait de tenter des positions bizarres et de beaucoup se mouvoir. Ce n’était pas le comportement du nudiste à la plage qui fait juste le trajet eau – serviette et qui se laisse bronzer tranquillement, c’était plutôt notre comportement à nous de jeunes avec un ballon et des envies de tester le yoga. Il ne se donnait pas en spectacle parce qu’il restait dans son coin, nous n’étions pas obligé.e.s de regarder. J’ai d’ailleurs ri de le voir faire le poirier nu et en chaussettes, puis je suis retournée à mes occupations.

Tous à poil dans Chroniques d'un Gourou IMG_20180414_1546080%2B%25282%2529

Nous en avons discuté avec une amie, elle disait qu’il est dommage que le corps soit autant sexualisé, parce que ce genre de comportement devient gênant et il ne devrait pas. Pour ma part, j’avais interprété la chose à l’envers (comme le mec, huhu) : avec ce genre de comportement, on ne perçoit plus le corps comme « sexualisé ». Nous n’avons pas eu la même éducation ni le même cadre, c’est donc tout à fait normal que notre rapport au corps – à celui des autres – soit différent. Je ne saurais pas retranscrire tout ce qu’elle a dit et ce n’est pas mon rôle, mais voici mon point de vue :

Le corps peut être désirable sans être sexualisé

A l’adolescence, je n’étais pas occupée à draguer, ni à être draguée. Ma sexualité était un truc « qui viendrait plus tard », ça ne m’inquiétait pas et m’intéressait peu. Pourtant, je regardais les gens, j’analysais l’harmonie des corps sans trop comprendre ni structurer. Juste des fois, je me disais que telle personne était jolie, que tel corps était désirable – non pas pour entrer en contact avec, mais plutôt parce que j’aurais aimé l’essayer, vivre un instant avec cet autre corps et apprécier d’avoir des épaules plus larges, des jambes plus musclées, un torse sur lequel une chemise n’aurait pas l’air d’un torchon. Et même aujourd’hui, où j’ai une sexualité, c’est toujours plus ou moins le cas. 

Le corps peut ne pas être désirable, dans ce cas autant ne pas le sexualiser

Je l’ai dit, il y avait un couple de jeunes parmi les nudistes, et ils étaient loin. Autour de nous, que des hommes vieux et plein de plis. Sans vouloir surjouer la déception, je dirais seulement que la vue de ces corps nus n’a rien éveillé de particulier en moi, sinon le rire de la surprise. En discutant, j’ai pensé à ce qui pouvait mettre les autres mal à l’aise : l’association corps-sexualité rend les choses beaucoup moins fun. L’espace d’un instant, j’ai associé l’idée de sexualité à ces corps vieux et nus, ça a été tout de suite glauque. C’est sociétal je pense : on dit « un vieux pervers » et on a du mal à s’imaginer une sexualité « normale » chez les personnes âgées. En tant que fille puis femme, c’est des hommes un peu âgés et un peu seuls qu’on m’a dit de me méfier, et c’est ainsi que dans notre esprit le vieux nu devient l’agresseur : restons serein.e.s et détachons la sexualité de leur corps, ça rassure.

Des nudistes – qui ne sont pas des exhibitionnistes, cela n’a rien d’oppressif

Ils illustrent d’ailleurs un idéal, celui de se contreficher (quelle belle tournure) du regard des autres, et celui de s’accepter suffisamment pour montrer son corps. Montrer son corps peut être thérapeutique (je ne crois pas que ça soit la bonne tournure là par contre), certain.e.s ont parfois recours à la photo de nu pour s’accepter, s’aimer, se trouver beau.lle. Du point de vue de l’observateur – pas du voyeur – je trouve ça intéressant dans la mesure où le corps ne sera pas mis en scène, il est juste vivant, visible, véritable (En Vérité ce Velouté de Verbiage Vire Vraiment au Verbeux #), et on relativise.

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Des pieds nus

Il y aurait encore pas mal de choses à dire, notamment comme je l’ai évoqué : la relation au corps qui change avec l’éducation qu’on a eue, mais aussi se demander ce qui motive à faire du nudisme parce que c’est quand même quelque chose de se promener nu dans un parc plein de monde – pas comme aller bronzer dans son jardin tranquillou, l’envie de pouvoir se passer de jugement sur son corps avant d’être vieux (eh oui, si ces vieux plein de plis étaient tout à coup moins vieux et moins pliés ? Seraient-ils prêts à passer sous les yeux de tout ce monde ?), ou bien se poser la question de « pourquoi seulement des vieux et pas des vieilles ? »

Et bien sûr, si tu veux réagir : ça te dérangerait toi, de faire du volley sur une pelouse nudiste ?

 


Liberté ou expression

J’ai de nouveaux ennemis, ou de nouveaux moulins à combattre, ou alors il faut à nouveau que je me calme.

Depuis des mois, peut-être des années, il y a des choses qui se disent de moins en moins, il faut appliquer cette pseudo bienséance - s’excuser avant de s’affirmer, feindre l’humour pour s’exprimer. Donc déjà, j’ai appris à tourner en dérision mes convictions pour pouvoir en parler.

Mais aujourd’hui je bloque. Je me heurte aux murs des convictions des autres d’une part, de la lutte contre les fausses informations de l’autre. J’en ai déjà parlé, c’est un problème philosophique, la recherche de la vérité. Donc bien sûr, on compte sur les médias – et sur n’importe quel individu – pour rapporter des faits réels (la réalité, elle, ne change pas), mais ensuite on se retrouve bien embêtés avec tout ce qui requiert de l’interprétation, tout ce qui embarque un peu d’opinion.

Liberté ou expression dans Chroniques d'un Gourou ello-optimized-f519f6d0
Ello, @stuz0r

Cela fait déjà un certain temps que j’oppose mes convictions à mon avenir #. Si j’hésite à partir manifester parce qu’un potentiel employeur pourrait trouver des photos de moi, si j’hésite à poster un article parce qu’un collègue pourrait tomber dessus, si j’hésite à noter sur mon CV qui je me suis investie dans une association LGBT et féministe.

J’ai la sensation que l’étau se resserre. Alors que certains vont revendiquer leur droit à un racisme décomplexé (je ne sais plus l’expression qu’ils utilisent), ici j’ai juste envie de tout renverser autour de moi et de pouvoir à nouveau respirer.

Je voudrais juste partager ce qui pour moi est un évidence mais pour les autres c’est une hérésie.


Je deviens narcissique

On nous avait prévenus : pensons à nous, concentrons-nous sur notre bonheur, il faut s’aimer pour pouvoir aimer les autres, il faut être bien dans sa peau pour pouvoir supporter le poids du monde.

Il faut prendre le temps pour te cuisiner des repas parfaitement adaptés à ta morphologie et à ton but dans la vie. Il faut faire plusieurs activités sportives régulières. Tout cela évidemment, dans le but d’avoir une vie sociale épanouissante au possible et un corps de rêve.

Je deviens narcissique dans Chroniques d'un Gourou ello-optimized-ac89a415

« Transient Sculpture » by Neal Grundy, @inag on ello.co

J’ai rayé la case de la vie sociale épanouissante pour un temps. J’ai cru que je n’en avais pas besoin. Je continue à croire que je peux m’en passer. Et voilà : j’ai modifié mon alimentation et je mange encore symboliquement de la viande au moins une fois par mois pour ne pas tomber dans la case « végétarien.ne », j’ai commencé à suivre un programme de préparation à un semi-marathon alors que je n’ai pas prévu de courir un semi-marathon (enfin maintenant, j’en cherche un). En parallèle, je suis un programme de musculation au poids du corps de 12 semaines pour « voir mon corps se transformer ».

Est-ce que j’en ai vraiment besoin ou même envie ? Je m’efforce de ne pas y penser. Mais quand j’y pense, je me sens comme un pur produit de la société de consommation. Je suis les tendances et obtiens de quoi m’inventer une vie. Cette façon d’ »apprendre à s’aimer » est tout à fait biaisée : je regarde, en effet, mon corps se « transformer », et ça me rend fière. Et ça me donne envie d’aller plus loin. Mais ce n’est pas de moi que je suis fière, ce n’est probablement pas ma personne qui reçoit de l’amour – mon amour. Je regarde une projection dans la glace. Je suis Narcisse qui va tomber dans l’eau.

Il fallait bien que je trouve à m’occuper, ici où je connais peu de monde et où je ne parle même pas la langue. Mais c’est un peu une impasse – si je m’occupe autant, je rencontrerai peu de monde et je n’apprendrai pas la langue. Je reste là, à regarder mon image que je travaille, et je tente de m’en satisfaire.

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@esdanielbarreto

Dîtes, comment on arrête d’être un produit, quand-est-ce qu’on fait face à nos émotions ?


Le parcours

Depuis que j’ai quitté le lycée, j’ai suivi une voie et je ne l’ai pas quittée. J’ai été cette personne docile qui suit les panneaux, ou qui à défaut, continue tout droit.

A l’approche de chaque nouvelle étape, quand vient la fin – le diplôme, le concours, l’examen – j’ai fantasmé la suite, j’ai projeté mon désir de repos et mon envie de reconnaissance.

A chaque nouvelle étape, le bout de la route est dans la brume.

Tout ce repos, tous ces accomplissements que j’ai fantasmés, ce ne sont que d’autres morceaux du chemin. Et sur ce chemin, j’avance contre le vent, ou contre le courant.

Ça aussi, je l’ai rêvé : enfin, arriver sur une voie tranquille où tout deviendrait simple. Après tout, ça a été difficile avant.

Le parcours dans Chroniques d'un Gourou jardin10

Mais je ne suis pas satisfaite. Le calme est tellement passager. La facilité est toujours un mensonge.

J’ai encore le vent de face et pourtant le contexte a changé, et pourtant je suis encore sur une énième « dernière ligne droite ». C’est fatiguant.

Hier, j’ai rédigé des lettres de motivation, refait mon CV, pour m’engager dans la prochaine « dernière ligne droite ». Tant que la suite est dans la brume, elle m’intrigue, elle m’attire, elle me motive encore.

 

Et puis, je ne voudrais pas que cette brume se lève. C’est déjà assez de parfois se demander si toutes ces étapes passées ont un sens, un intérêt. Lire ailleurs que les gens comme moi, qui ont un chemin tout tracé, ont une vie bien trop simple. Oui, parfois je me déteste d’avoir choisi cette vie trop simple tellement elle est compliquée.

 

Je ne sais pas quand je pourrais souffler.


Ce que #metoo a changé dans ma tête

C’est « dans ma tête » parce que je n’ai ni les compétences ni la prétention de vous raconter ce que ça a changé globalement. Pas non plus le courage et le temps, d’ailleurs. La vague de réaction s’est assez calmée j’ai l’impression (modulo ça), il aura fallu essuyer une tribune et son « service après-vente » (j’emprunte l’expression à Melgane), il aura fallu réaliser qu’une femme sur deux a été agressée – et c’est sans doute le plus dur, je sais pas vous mais il y a plein de femmes dans mes ami.e.s, ma famille, et je tiens assez à elles pour que ce chiffre (une femme sur deux) me mette en colère.

Ce n’était pas évident au début de remarquer l’importance du mouvement. Je me souviens vaguement des quelques articles au sujet d’actrices agressées qui témoignaient. Je me suis dit « tiens, encore un gars qui profite de situations hiérarchiques, de rapports de domination ». J’ai vaguement su qu’il se passait un truc sur Twitter, avec beaucoup d’actrices. Puis, j’ai vu sur mon mur facebook (oui, je vais peu sur twitter) un témoignage ponctué de #metoo, provenant d’une connaissance. Un homme pour le coup, mais ça ne change pas ma réaction – étonnée – quant aux personnes normales qui témoignent à leur tour. Puis c’est allé très vite, on s’est mis à en parler, en quelques semaines c’était presque « banal » de dire que les femmes étaient beaucoup victimes d’agression à caractère sexuel et sexiste.

C’était une bonne nouvelle, mais en même temps on a pu voir beaucoup d’autruches. Quelques mois avant ce soulèvement, cette libération de la parole, il y avait eu dans mon établissement une pétition pour dénoncer le comportement du corps enseignant. Déjà, des témoignages anonymes, pour dénoncer le comportement de personnes anonymes (alors non, ce n’est pas de la délation, merci). Les réactions hostiles étaient toutes pleines de soumission, parce que les enseignant.e.s possèdent la connaissance et nous ne sommes là pour tout accepter, nous n’aurions pas le droit de contester quoi que ce soit. La pétition a tout de même été envoyée à la direction, qui a surtout agi pour éviter que cela ne s’ébruite. Avec #metoo, l’autrice de la pétition a voulu relancer l’affaire, savoir quels seraient les moyens mis en œuvre, et c’est là qu’arrivent les autruches. Comme quoi, le mouvement de #metoo était suffisamment important, ça y est on a bien compris que les femmes sont des victimes (alors non, on n’est plus réductible à de faibles victimes si on ose prendre la parole), lâchez nous avec vos histoires. C’est comme si on n’avait plus le droit de s’indigner parce que « c’est bon, on sait ».

Ce que #metoo a changé dans ma tête dans Chroniques d'un Gourou ello-a10
ello – azizazaza

Pour ce qui est des réactions des moins concerné.e.s (c’est pas genré d’être concerné, si ? Mais je vais mettre « ceux » pour faire plus simple) On a eu droit dans un premier temps à #notallmen, ah ce fameux … Not all women non plus, rassurez-vous ! Il y a ceux qui sont déjà féministes (je suis de celles qui pensent qu’un homme peut être féministe), ceux qui n’avaient pas réalisé que leurs sœurs, leurs amies avaient une vie un peu plus compliquée que ce que l’on croit et qui se sont renseignés. Il y a aussi ceux qui crient à la délation, qui ont peur de retrouver un jour une photo d’eux sur les réseaux sociaux avec marqué en dessous « agresseur », pas seulement parce qu’ils ne sont pas nets, non, mais parce qu’il y a des agissements sexistes tellement ancrés dans la société, que si les femmes commencent tout juste à les remarquer, les hommes ont encore du chemin, avec toute la bonne volonté qu’ils peuvent y mettre.

Dans un premier temps j’ai compati avec ces hommes, ceux qui disent « je n’ose même plus adresser la parole à une femme, c’est affreux ». J’ai compati avec ceux qui ont peur de cette prétendue délation, parce que oui, éventuellement, une hypothétique femme qui se sent pousser des hypothétiques ailes pourrait l’accuser à tort d’une agression et éventuellement gagner le procès.

Puis, je me suis dit que tous les jours, quand je croise un homme dans la rue, quand j’adresse la parole à quelqu’un qui me demande son chemin, quand je laisse un sourire sur mon visage et que les gens peuvent le voir, j’ai peur. Je me demande si j’agis comme il faut. Si je n’ai pas l’air « trop gentille », si je ne suis pas « un peu désirable » quand même. Quand je vais courir, je m’assure que mes vêtements ne sont pas « trop moulants ». Heureusement que je ne fais pas de natation… Alors, je me ravise sur toute la pitié que j’ai pu avoir pour ces hommes inquiets. Il est temps de comprendre ce qu’est la peur, et entre nous, vous ne risquez pas grand-chose. A part quelques boutons dus au stress, à part une boule au ventre le matin, à part de regarder vos pieds au lieu de l’horizon quand vous marchez dans la rue.

Aujourd’hui, je me pose encore des tas de questions inutiles avant de sortir de chez moi (même si pour l’instant c’est plutôt « est-ce raisonnable de mettre un cinquième pull sous mon troisième manteau »), mais je relativise. Je me dis que je ne suis pas la seule qui devrait de méfier du monde, et que j’ai la chance de savoir que l’on vit dans un monde biaisé. Je me dis que je ne veux pas tomber du côté obscur de la haine, et que tout le monde mérite qu’on lui explique ce qui ne va pas. Nous sommes tou.te.s victimes du patriarcat, même les plus sombres connards de twitter et des commentaires sous les articles de presse en ligne. Nous avons tou.te.s à gagner en se posant de bonnes questions, et surtout en s’écoutant. Aujourd’hui, je regarde devant moi quand je marche dans la rue, je ne regarde plus mes pieds. Je vois les gens comme des gens, pas des agresseurs potentiels. Les gens en face n’ont pas changé depuis #metoo, mais moi je suis beaucoup plus confiante.

Et pour vous ? Quelque chose a changé ?

01/03 : Article sélectionné par Inspilla :D


Juste sensibles

J’attends de lire le témoignage meurtri d’une personne qui ne ressentirait rien. Qui souffrirait de son décalage avec le monde parce que les émotions des autres sont pour elle un mystère, et un frein pour tout le monde. Je voudrais lire ce que pense cette personne qui répète des « prenez sur vous » et des « c’est juste dans ta tête ». Cette personne qui parfois n’en peut plus de son entourage vacillant plus pour des mots que dans une tempête en mer.

C’est un peu nous tous et personne à la fois. On peut s’exaspérer nous-mêmes à être trop émotif.ve.s. On peut souffrir des émotions des autres, tant par empathie que par ricochet.

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Source

Je vois beaucoup parler d’hypersensibles ces jours-ci. Sur la blogosphère en quelques mois, j’ai dû en voir passer une dizaine sans les chercher (En voici deux que j’ai retenus : ici et ). Je suis entre la surprise et l’agacement, parce que ce qui est décrit c’est à la fois moi et pas moi. C’est beaucoup mon entourage et en même temps pas vraiment.

Une chose ressort de tout ça : on est un peu des handicapés émotionnels. On s’est cognés trop fort notre petit cœur dans la cour de récré ou à la maison, on a bloqué notre cerveau dans la case « surtout, ne pleure pas devant les autres ». Cela peut donner l’air insensible ou avoir l’effet inverse, donner des gens qui pleurent sans raison à force de tout retenir. J’ai envie de crier à tout le monde qu’une personne qui pleure n’est pas faible, qu’une personne qui s’énerve n’est pas hystérique (quel genre avez-vous assigné à ces deux personnes ?), qu’on ne réagit pas tous pareil mais au fond, quelque part dans l’iceberg de nos émotions, on réagit forcément toujours un peu. Je pense que l’hypersensible est une personne qui nous rappelle à tou.te.s que ça ne tourne pas rond, ce qu’on vit. Qu’un jour ou l’autre, les personnes « juste sensibles comme il faut » vont craquer aussi.

 

Qui a/est vraiment une anomalie ? La personne de l’intro ou les milliers d’hypersensibles qu’on croise tous les jours ?

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Ça parle d’handicapés émotionnels.
Par contre il y a quelques fautes d’orthographe dans le texte, désolée – pas trouvé d’autres versions

Se reproduire au bon endroit

Dans un précédent article,  je vous parlais de l’état de l’environnement, du déclassement des diplômes, de la course à l’innovation qui ne mène pas forcément loin.

Parce qu’on innove et on croît pour se faire des thunes, mais une fois assez gros, on vient avec une vocation humaniste. Je crois qu’ils ont vraiment l’impression de changer le monde vers le mieux, ces dirigeants.

En fin d’article, je vous bombardais de liens (par exemple celui ci) sur la dégradation de l’environnement, mais aussi sur la démographie. Vous savez probablement que les enfants, la maternité, les humains trop nombreux, ça me préoccupe. Mais là ça n’avait pas vraiment de rapport, pourquoi j’ai mis tous ces liens ? Parce que je les trouvais pertinents, en fait.

Je reviens vers vous pour un sujet qui aurait plus de rapport avec la choucroute. En fin d’année, on dresse tout plein de bilans statistiques, et un constat a été fait : on s’inquiète de la baisse de la fertilité (du nombre d’enfants par femme en fait) en Europe, et en particulier en France où pourtant le chiffre est un des plus élevés en Europe, avec l’Irlande (mais eux, c’est parce qu’ils sont catholiques, mvoyez ?). On se pose des questions, est-ce qu’il pourrait y avoir un baby-boom qu’on n’a pas prévu, parce que là on a une population qui vieillit — et qui va payer nos retraites !? Et c’est là qu’on en vient aux articles partagés à la volée l’autre jour : on s’inquiétait d’une population mondiale en hausse, globalement. « Est-ce que la planète va le supporter », « comment dire aux pauvres de cesser de se reproduire » (peut-être de façon moins méprisante mais le cœur y est parfois), etc.

Alors tu vois où je veux en venir : il y a trop de pauvres au tiers-monde, mais plus assez d’européens. Et quand la force vive de ces pauvres vient demander à être des européens, on leur dit non, parce qu’on nous a raconté ces histoires de « grand remplacement ». Les gars, des jeunes pour payer vos retraites sur un plateau d’argent (en fait sur des bateaux surchargés qui souvent coulent, et même une fois à terre c’est pas la joie) et vous faîtes la fine bouche ?

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Yemen. Image Courrier International, Novembre 2017

Et sinon, pour celles et ceux qui veulent se reproduire en France, rappelons qu’il y a des violences obstétriques qui traînent dans les hôpitaux, que le nombre de vaccins augmentent et il y a des parents que ça dérange, et qu’on nous fait croire qu’il faut avoir deux salaires d’ingénieur pour avoir les moyens d’arrêter sa pilule.

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Pour ma part, à choisir, je préfère parrainer un jeune immigré pour lui payer des cours de français et de maths, et à nous deux on paiera pour la retraite de nos parents.

 


Un journal intime

Tu sais, à force de lire tout plein de billets où on raconte son mode de vie, ses choix et ses tracas, j’ai un peu envie de faire pareil. Je me dis que sans doute, il y aura bien un.e lecteurice dans le tas qui me prendra en exemple, qui pourra dire « l’autre jour, j’ai lu l’article d’une personne qui mangeait des trucs chelou, qui s’habillait comme une bucheronne, qui ratait son permis et s’énervait sur des détails, j’ai trouvé ça amusant et je suis content.e que ce genre de personnes existent, tu ne trouves pas ? « .  Et même sans ça, je pourrais m’imaginer que c’est le cas. Je pourrais me dire qu’en racontant mes erreurs j’éviterai à d’autres de les faire.

Je pourrais aussi raconter à quel point je me sens en décalage avec le monde (en fait non, je suis juste trop normale pour vous). A quel point j’aime certaines personnes, à quel point j’en déteste d’autres (genre je déteste des gens), à quel point ma famille me donne des choses à raconter. Raconter pourquoi j’ai envie de rire ou de pleurer, raconter mon prochain voyage à deux arrêts de bus de chez moi.

On écrivait beaucoup sur l’anonymat des blogueuses.rs il y a quelques mois, bah moi j’ai pas vraiment l’impression d’être anonyme et je ne veux pas. Mais je le voudrais pour d’autres choses. Je ne comprends pas vraiment cette propension qu’on a sur cette blogosphère à vouloir étaler sa vie dans les moindres détails … Ça nous rassure ? Ça nous valorise ? Ça nous encourage à faire des choses qu’au départ, nous n’osions pas vraiment ? Mais pourquoi est-ce que j’aimerais parfois être cette personne impersonnelle et inconnue dont d’autres inconnu.e.s connaissent la vie ?

Je ferais pas mieux de payer des séances de psy ?

PS : malgré tout, je continue d’aimer être la voyeuse de vos blogs…

MauvaiseCompagnie
Parce qu’on est souvent un peu comme ça …
# Source

Une tribune ou l’expression du deuil inachevé

Avant de vous parler de l’actualité, laissez-moi vous rappeler les cinq (ou 7, ça dépend de la source) étapes du deuil. Après le choc (étape une), vient le déni, puis la colère, puis le marchandage, et enfin l’acceptation. Et après on meurt en paix. Ah oui, c’étaient les 5 phases de deuil pour une personne en fin de vie. Enfin, ça s’adapte pour d’autres cas, comme le deuil d’un être cher, de son couple, de son travail … On peut rajouter la douleur en étape 2 et la reconstruction en avant-dernier, ce qui fait 7 étapes.

Une tribune ou l'expression du deuil inachevé dans Chroniques d'un Gourou alexa-mazzarello-223406#

Sans transition, la tribune des 100 femmes demandant une liberté d’importuner [pour les hommes], soi disant au nom de la liberté sexuelle, publiée mardi dans Le Monde, m’a mise hors de moi. 

« Cette justice expéditive [de #balancetonporc] a déjà ses victimes, des hommes sanctionnés dans l’exercice de leur métier, contraints à la démission, etc., alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses « intimes » lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’était pas réciproque » ? Où ça des victimes ? Et d’où on devrait « envisager [les frotteurs du métro] comme l’expression d’une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement » ?

Pourtant, je commençais ma lecture de la tribune avec intérêt, car elle se présentait comme la tribune des « femmes qui ne se reconnaissent pas dans un féminisme qui prend le visage de la haine des hommes et de la sexualité« . Je pensais qu’il allait s’agir des aberrations de certains groupes marginaux qui vont interdire des pièces de théâtre classiques (et même là il y a de quoi discuter), ou de celles.eux qui demandent qu’on interdise le « Madame » car il y aurait un possessif (pardon mais Monsieur c’est pareil). Quelle ne fut pas ma surprise de voir qu’en fait, cette tribune s’occupait de minimiser toute agression subie par une femme, leur enjoignant de ne pas faire leur fragiles quand même, c’est abusé de pleurer comme ça sur les réseaux sociaux alors que vous avez juste été un peu violées (16% des femmes et 5% des hommes déclarent avoir subi des viols ou des tentatives de viols au cours de leur vie, source, au fait, et je ne vous donne pas les chiffres des agressions)(Ça fait une probabilité non nulle que sur les 100 signataires on en ait … 16 ?).

Puis, il y a la raison de mon article, après avoir eu droit en plus aux réactions de défense de différentes signataires de la fameuse tribune. Les plus remarquables sont « on peut jouir lors d’un viol » (Brigitte Lahaie, mercredi 10 janvier, sur le plateau de BFM-TV), et « Je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée parce que je pourrais témoigner que du viol on s’en sort » (Catherine Millet, source).

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Je mets une image de pluie parce qu’il faut laisser couler sa colère comme l’eau. Sinon … on reste en colère.

En fait, ces femmes seraient dans un genre de deuil, à la phase déni. Il y a eu le choc, il y a longtemps, quand elles ont constaté qu’il existait des inégalités. Quand, peut-être, elles auraient été agressées verbalement ou physiquement (allez si, je te mets une stat : 1 femme sur 2 a déjà été victime de violences sexuelles, source), un second choc. La phase 2 est le déni. Je comprends ce déni et je dois encore avoir un pied dedans : il s’agit de se dire que non, puisque nous ne pouvons pas accepter ça, alors nous ferons comme si ces inégalités, cet état de fait n’existent pas. Après tout, nous avons les mêmes droits que les hommes, surtout ici en France, et surtout maintenant, en 2018.

Vient ensuite la phase de la colère. Pourquoi nous ? Nous ne sommes pas des victimes pourtant. Je suis une femme forte, il est hors de question que je dénonce un système qui me fait paraître faible, même s’il existe. Toutes ces féministes, toutes ces libératrices de la parole, là, elles me font paraître faible, et c’est à cause des gens comme ça qu’on reste les victimes.

Ou alors nous en sommes à la phase de marchandage : si on remettait en question notre façon de nous habiller, si on changeait nos habitudes, peut-être qu’on serait moins impactées par cet état de fait. Ou alors si on prenait « le côté des hommes » ? Si on se mettait à défendre les victimes d’un « certain féminisme » ? (coucou les signataires) Si on dédramatisait parce que quand même, être l’objet sexuel que quelqu’un c’est sympa ? (je n’invente pas grand-chose, au fait vous pouvez lire la tribune qui est par là si vous accédez : tribune)

Phase de dépression : je ne crois pas que nos 100 signataires en soient arrivées là, et si elles pleurent c’est parce que certaines chaînes veulent faire sensation (ici). Ce n’est pas non plus en les accusant de tout le mal du monde qu’elles tomberont dans cette phase, ça risque plutôt de les faire rétrograder. C’est possible par contre, à mon avis, de dire qu’on est dans cette phase de dépression quand on passe plus de deux heures par jour à lire des témoignages de personnes qui ont subi des agressions. Même si dans mon cas ça me met en colère ou ça me donne la nausée (c’est quelle phase la nausée ?) et je ne tiens pas une heure. 

Phase d’acceptation : en fait, les inégalités existent, mais nous ne sommes pas obligé.e.s de rester des victimes. En plus, il n’y a pas une opposition homme/femme, mais le patriarcat qui est un dispositif tordu où des mécanismes de domination sont à l’œuvre. Nous pouvons dénoncer ces inégalités après avoir compris qu’elles existent. Nous pouvons vivre une vie décente et éduquer les générations à venir pour que les petites filles et les petits garçons ne soient pas tout de suite plongés dans des rôles prédéfinis et inégalitaires (et pas apprendre à nos filles à se méfier des garçons, c’est malsain pour les deux genres).

Je pense aussi être loin de cette fameuse phase d’acceptation, et je ne vous dis pas DU TOUT qu’il faudrait accepter les inégalités pour atteindre l’éveil. Cela dit, je ne sais pas vraiment ce qu’elle serait, cette phase idéale ou tout le monde est heureux est respectueux de l’autre, soyez indulgent.e.s.

Je dis seulement que, malgré tout le mal que je pense de cette tribune, et surtout des réactions des signataires ensuite,  j’ai l’espoir que nous sommes tous dans le même bateau, il faudrait juste pouvoir discuter avec ces femmes blanches cis. Elles sont seulement à la phase déni ou colère, ou marchandage.  

germai10 Féminisme
C’est tout ce que ça m’inspire…

PS : pour l’argument que les agresseurs sont probablement en grande misère sexuelle, on montre que 75% des agresseurs ont en fait une vie sexuelle active #.

Pour les phases du déni : #

(EDIT) Quelques réactions à la tribune : # , #, #

Pour Le Monde qui veut se justifier d’avoir publié cette tribune : #


Câlins gratuits

Câlins gratuits dans Chroniques d'un Gourou 73bf6d7656#

Il n’y a pas si longtemps, ça ne m’attirait pas l’attention. Mais là quand, même, ça commence à faire beaucoup de « relations sexuelles » que l’on change en « câlin ».

Je comprends qu’il y ait un tabou autour de ce qui a trait au sexe, que ce soit pour nommer des parties de son corps ou pour décrire des actions. On a tendance à déformer ce qu’on dit pour rendre ça plus acceptable. J’aurais d’ailleurs pu, à l’inverse, faire un petit article avec mon avis sur le kamasutra : pourquoi donner des noms à tout plein de positions ? Quand c’est du yoga je comprends parce qu’on peut prendre des cours en groupe mais là … ?

Enfin voilà, je trouve qu’on pourrait faire un effort sur les mots qu’on emploie.

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# Monsieur ici aurait fait plus de 2000 câlins grâce à cette affiche ! Comme quoi, un simple compliment …

Comme pour les enfants à qui on dit qu’ils ont « un zizi » alors qu’ils ont des organes génitaux complexes, dire qu’on se fait des câlins pour faire les bébés (ou pour se faire du bien, les bébés c’est le mal), c’est un peu raccourci. Et c’est ambigu : je fais des câlins à mes sœurs et à mes ami.e.s. Des gens que je ne connais que de vue peuvent venir me faire des câlins. Des inconnu.e.s alcoolisé.e.s en festival parfois aussi, mais pas trop parce que tu sais, j’ai un peu peur des gens. Eh bien crois le ou non, tous ces gens ne portent pas de préservatif à ce moment-là (ou peut-être l’inconnu.e du festival, mais je ne lui ai pas demandé parce que ça aurait pu le gêner) !

Et, s’il faut parler de sexe, alors oui, on peut avoir une relation sexuelle avec quelqu’un avant ou après lui avoir fait un câlin. Mais là aussi c’est trompeur de dire « câlin » à la place de « relation sexuelle », parce qu’on pourrait croire qu’on n’a pas l’un sans l’autre … C’est un peu comme se faire des bisous en fait. On ne voudrait pas mélanger tendresse et sexe, si ?

Ouais si, ça serait bien. Rien que pour savoir quoi dire quand on parle de relations sexuelles, est-ce que Lucien et George ont fait l’amour cet après midi, ou est-ce qu’ils ont baisé, ou serait-ce George qui s’est tapé.e Lucien ? Notez l’usage subtil du prénom George, parce que Alex ou Dominique c’est trop classique

Au fait tant que j’y pense, allez faire un tour par-là pour des informations et des cadeaux : #


Le paradoxe des soldes ou la tristesse de l’homme

Hier soir, sortant du parc voisin, j’ai entendu un couple se disputer. Par couple j’entends deux personnes, et il se trouve qu’il y en avait une de chaque sexe (et genre, très probablement). La personne de genre féminin se plaignait innocemment de ne pas avoir les moyens de faire les soldes, quand monsieur a commencé à lui expliquer que elle, si elle voulait, elle avait des jeans à cinq euros et des débardeurs à moins que ça. Alors que lui, ne pas avoir les moyens, il connaît bien : pour se procurer un jean décent il faut allonger au moins trente euros quand on est un homme.

Ce n’est pas la première fois que j’ai ouï dire de ce « problème », on y a droit au moins à chaque fois qu’il y a des soldes, sinon quand monsieur essaie de consoler madame par rapport à sa condition merdique de femme : « toi au moins tu peux t’acheter des vêtements moins cher ».

Cela soulève plusieurs questions.

  • Déjà, est-ce que ça rattrape le harcèlement, les clichés, les écarts de salaire, les écarts pour tout le reste, le fait d’avoir des vêtements moins cher ?

  • Il se passe que les femmes sont bien des victimes de la mode, sans jeu de mot, on se retrouve souvent jugées sur l’apparence, est-ce que la société de consommation ne nous doit pas au moins quelques réductions quand monsieur n’a besoin que d’un costard pour les mariages, les enterrements, les entretiens d’embauche et autres joyeusetés ?

  • Qui a décidé que les femmes devaient être victimes de la mode plus que les hommes ? (Ils le sont aussi, la société de consommation n’allait pas se priver d’une moitié de l’humanité)

  • Différence de prix veut souvent dire différence de qualité. Mais c’est pas grave, parce que les femmes changent souvent d’habits. Et d’avis aussi, tiens. Eeeeeet on revient à l’éternel problème du consentement, n’est-ce pas ?

On peut par ailleurs déplorer que les hommes se refilent moins leurs vêtements entre eux. Dans les friperies et autres, on trouve une majorité de vêtements féminins.

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Tout ça pour dire qu’on avait de quoi réfléchir à partir d’un banal événement saisonnier : la période des soldes.

 

Et vous, vous êtes vous disputés récemment avec des personnes du genre opposé au sujet des exigences vestimentaires que vous supportez ? Vous sentez vous conditionné.e ? (Pour ma part, j’ai toujours peur du jugement des autres …)


Les pieds dans la toile

Politiques sécuritaires et surveillance partout.
Les smart cities, bijoux de la technologie de demain, sont les tours d’immeubles d’hier, et le concierge au chômage est devenu un hologramme.
Les retombées du militaire sur le civil n’ont jamais été aussi proches.
Oh ! Oui, la finance est bien plus dangereuse que les armes. Il n’y a pas que des kurdes qui meurent, il y a aussi des sans abris qui gèlent !

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Touche d’humour – Les populations civiles fuient Mossoul, AFP.

Je ne suis pas complotiste, je vois les dessus des icebergs qui fondent, les dessous des icebergs qui se cachent encore mais qui remontent. Mon boulot, c’est d’oublier tout ça. De ne garder que le bijou et la technologie, d’oublier le chômage. Alors j’oublie. Mais en attendant je vois arriver au galop les poneys de la fin de la liberté d’expression – j’entends l’expression sans retombées. C’est déjà trop tard, tu les as vues les photos sur facebook quand elles chargent ? La reconnaissance d’objets dans les images est vraiment performante. Nous sommes capables de faire des algorithmes qui reconnaissent mieux les visages que les humains. Nous ne sommes pas capables de nous cacher, mon identité virtuelle l’est tellement que vous savez tous qui je suis.
Et naïvement, je répète que « je » n’existe pas sur internet. Tiens donc.

Moi aussi je voudrais fuir, tout oublier et me construire une matrice sur mesure où on pourra être anarchistes sans s’entre tuer. Où on pourra élever des moutons et des arbres. Ha-ha. Faire un métier qui me plaît et n’avoir rien à cacher. Avoir l’impression de faire quelque chose de bien pour le monde. Pourvoir communiquer sans craindre. Craindre le « on » qui n’est même pas palpable.
Mais pour communiquer il faut aller où sont les gens… Naïve aussi, de croire qu’en communiquant sur le grand réseau, certes pas tout à fait connexe mais quand même, je pourrais me faire entendre. Je crie dans un gros tas de poussière, ouais ! Et j’éternue après.
Apparemment, il y a des liens qui seraient déréférencés. Pas que les liens vers les terroristes, mais aussi vers les médecines alternatives – laissez donc les gens qui veulent se soigner avec des tisanes préparer leurs tisanes !

Je suis une hippie au mauvais endroit.
J’irai bien hurler sur du papier, il faudra attendre avant qu’il ne devienne de la poussière : pour l’instant le climat est encore suffisamment sec et froid. Comme moi.

A Yoeur.

lol g pa lu


Et l’amour ?

Ah ouais. Déjà le titre de l’article est niais.

– Rappelons que cet article est intimement lié au précédent

Donc, nous avons ci-dessus l’étape première de la procédure : s’excuser (presque).

 On pourrait étendre ceci à l’amitié. Je ne sais pas toi, mais ça me fait pleurer de dire « je t’aime » aux gens. Pourtant, ça n’a pas l’air compliqué, ce sont des gens que je côtoie (ou que j’ai côtoyé) beaucoup, souvent, qui doivent se douter déjà que je les apprécie. Eh bien je ne sais pas leur dire que je les apprécie. Je peux, sans problème, les envoyer chier si quelque chose ne va pas (d’autant plus si je les apprécie beaucoup, curieusement – désolée).

C’est pas exactement pareil pour l’amoureux, précisons ici que je ne place aucunement l’état amoureux au-dessus de l’amitié, mais s’attacher à quelqu’un peut entraîner des crises de panique. Donc pas mieux. Plus … incisif. Intime.

Et l'amour ? dans Chroniques d'un Gourou tumblr_o2npsoevYS1slpi32o1_500

J’ai trouvé ça sur un tumblr.

 

Il se passe que ça ne se fait pas de dire aux gens qu’on les aime. Même en suivant la procédure, même en s’excusant avant et après, même en ramenant des exemples et preuves concrets. Il ne faut pas parce que ça effraie les gens. Et après, ils partent, et c’est triste. A la limite, ça peut passer si tu as bien bu avant de sorte à garantir que personne ne s’en souviendra le lendemain. Je me permets de préciser que je ne suis jamais saoûle, donc je me rappelle, merci. Donc moi, qui ai besoin de mille et une garanties avant de commencer quoi que ce soit (pas dans tous les domaines, d’ailleurs, mais bref), je passe pour une vieille fragile qui commence par « je t’aime » parce que je n’ai pas compris que le je t’aime on le jette à la fin.

Alors, en amitié je reste distante et froide, comme j’en ai l’habitude. En amour, le je t’aime au début est une mise en garde, voilà.

Fuyez tous, j’ai déjà ce qu’il me faut !

Mais pareil, au fond ça m’inquiète toujours un peu, si ça se trouve j’ai mal fait, si ça se trouve ma procédure n’est pas la bonne, j’ai déjà du mal avec le théories en général d’un côté et les sentiments de l’autre, et là on me pond une théorie sur les sentiments. Des sentiments, déjà niais par définition (je croyais), qu’il faut manipuler sans être niais, sans laisser paraître de fragilité.

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Spoiler alert ! Encore Izumi.

Donc, je propose qu’on arrête avec ces trucs qualifiés de niais. On a déjà du mal individuellement à gérer ces choses, alors si le groupe, la société impose ses lois par-dessus, on n’est pas rendus.

(De même, tu as le droit (et le gauche) de recracher ces pseudos conseils sur ton voisin – à condition de bien choisir le voisin !)


Précarité ou sécurité

Les outils que nous utilisons pour se regarder nous persuadent petit à petit que les autres ne changeront pas.

Cette semaine, j’ai assisté à une conférence de Clair Michalon. Vous trouverez une partie de ce que j’ai écouté dans la vidéo en bas de l’article, je la recommande, c’est intéressant : Mr Michalon nous propose en effet un nouvel outil pour appréhender l’Autre : une échelle précarité/sécurité, où le placement de chacun est relatif, finalement très différente de l’échelle pauvreté/richesse à laquelle on pourrait penser. Il développe ensuite autour de cet outil ce qu’est la culture, la tradition.

Il y a quelque chose qui n’est pas abordé dans la vidéo du dessous (je l’ai écouté 3h pas 15mn), c’est la situation des femmes, dans le monde, suivant le placement sur l’échelle précarité/sécurité et les époques. Je n’ai pas été d’accord sur tout mais le point de vue est intéressant.

Plaçons-nous dans un contexte ultra précaire. Ce qui importe, c’est la survie du groupe, au profit de l’individu, puisque dans ce contexte se tromper c’est mourir. Alors, pour maintenir le groupe à long terme, la solution est de se reproduire. Étant donné qu’il faut peu d’hommes pour procréer, la survie du groupe ne dépend que du nombre de femmes, par conséquent on protège les femmes. Jusque là ce n’est pas grand chose, on a juste le « les femmes et les enfants d’abord ! » qui retentit quand un bateau coule. Limite, on pourrait nourrir un peu mieux les femmes mais ça ne se voit plus aujourd’hui.

Au bout d’un moment, il se passe quand même un truc, c’est que les humains se battent. Ils se font la guerre – et ce pour la survie de leur groupe, on va dire. Et là, on envoie les hommes se battre, parce que les femmes garantissent la survie du groupe. Tout va encore bien, mais puisque ce sont les hommes qui vont se faire tuer ils demandent le droit de choisir où et quand ils se battent.

Choisir où et quand on se bat, ça s’appelle le pouvoir.

Et à partir de ce moment là, quand les hommes ont le pouvoir et se séparent du groupe pour aller combattre, vivent entre eux quand ils partent en campagne, vient la séparation des hommes et des femmes. Loin des femmes naît la frustration des hommes. En revenant vers les femmes, les hommes frustrés deviennent violents (et c’est là que je ne suis pas d’accord) donc on décide de protéger les femmes. On les laisse à part, on les cache, on les voile, parce que les hommes ont des pulsions, tu vois. Et c’est un cercle vicieux. Ce qu’il faut retenir c’est que ce schéma est le même quelque soit l’endroit (et dans une moindre mesure, l’époque), tant que l’on se place sur le côté précaire de l’échelle.

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(Courrier International)

Sur le côté sécurisé de l’échelle, celui où l’enjeu n’est pas de survivre mais d’avoir du pouvoir d’achat, il importe peu d’être un homme ou une femme, donc les statuts homme/femme vont avoir tendance à converger.

Et maintenant, on se demande pourquoi les droits des femmes reculent partout, entre autres aux États-Unis avec leur président qui impose aux ONG de choisir entre exister (être financées) et proposer un service de planning familial aux femmes #.  Le message de la conférence était que si on n’apprend pas à voir, à écouter les autres, on va se mettre à glisser du côté précaire de l’échelle. Nous sommes de plus en plus nombreux sur Terre, il va falloir cohabiter et partager les ressources. Pas gagner plus mais vivre mieux.  

A méditer.

 

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#GOBonheur

Le grand oral du bonheur, c’était jeudi 8 décembre. Les résultats de l’enquête sur le bonheur des jeunes, avec pas seulement les données brutes mais aussi les corrélations intéressantes.

Le but de l’enquête, c’était d’évaluer le bonheur des jeunes, ainsi que ce qui fait le bonheur des jeunes.

Le lieu du grand oral a été choisi en lien avec ce qui ressortait de l’enquête : rendez vous dans un vieil amphi au Grands Voisins, hôpital désaffecté dans le centre de Paris. En fait d’hôpital, c’est une ancienne maternité, je sais pas si c’est cool ou glauque … Les grands Voisins, c’est maintenant un lieu de dialogue et de partage, on se croirait dans un projet d’éco-village, il y a des couleurs, des paroles et des plantes partout.

 

Pour arriver à l’amphi, il a fallu traverser le lieu, en suivant des ballons. On avait tous 8 ans et on allait à l’anniversaire d’un copain. En arrivant, on a même le droit à un cocktail sans alcool, et à des capotes vegan … Que du bonheur.

En arrivant par là, on se dit que mince, les 50 000 jeunes interrogés par l’enquête sont tous des hippies qui mangent du houmous à la betterave (essayez, c’est bon). Et si vous souhaitez protester, alors laissez moi vous dire que pour cette enquête, Génération Cobayes a travaillé avec de « vrais » sociologues en faisant bien attention aux questions pour pas que ça soit trop fermé.

La méthodologie de l’enquête :

  1.  Phase exploratoire qualitative réalisée de janvier à mars 2016 : on va voir des jeunes, et on leur pose des questions ouvertes sur le bonheur (leur bonheur, leur avis sur le bonheur). On en ressort des grands axes, des thèmes.
  2.  Conception puis diffusion du questionnaire via un site internet dédié, du 1er septembre au 31 octobre 2016
  3.  53 000 jeunes répondent en ligne sur la base du volontariat
  4.  Analyse et tri de l’effectif en un échantillon statistiquement représentatif des 18-35 ans. Parce que les calculs ne sont pas faits sur les données brutes, par exemple il y a une plus grande proportion de bac +4 dans les répondants que dans la vraie vie, alors on rend l’échantillon représentatif.

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Bon, vous pouvez avoir accès aux 200 pages de résultats sur le site.

J’ai bien aimé la façon dont les résultats ont été présentés. J’ai envie de dire : réaliste mais positif. Il n’a pas été question de corrélations pour différencier le bonheur des femmes de celui des hommes, il n’a pas été question de terrorisme mais plutôt de montée des extrêmes en politique, peu d’évocation de la sécurité et plus de vivre ensemble.

Les 18-35 ans (et je pense, surtout les 18-25 ans) sont plutôt définis comme une génération du travailler moins pour gagner moins, qui veulent construire la société de demain sans faire (du tout) confiance aux représentants politiques, sans savoir comment non plus, et en privilégiant leur santé donc leur cadre de vie.

 

Aspect intéressant : pendant la soirée, le mot-dièse (oui c’est hashtag, je sais, mais ici on parle français) #GOBonheur sur Twitter a fleuri un peu partout, mais ne connaissant pas twitter je ne peux pas dire si c’est bien. Ça a juste eu l’air beaucoup.

Quatre youtubeurs et quatre décideurs politiques étaient présents. Tous les partis avaient été conviés à l’oral du bonheur, mais seuls les verts et le front de gauche (à moins que ça ait changé de nom) étaient présents. Sinon, il y avait le responsable (je sais pas le poste exact) du service civique et Laurent Berger, de la CFDT.


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