Je n'ai qu'une chose à te dire…


Archive des tags

Articles taggués avec reflechir :

Le paradoxe des soldes ou la tristesse de l’homme

Hier soir, sortant du parc voisin, j’ai entendu un couple se disputer. Par couple j’entends deux personnes, et il se trouve qu’il y en avait une de chaque sexe (et genre, très probablement). La personne de genre féminin se plaignait innocemment de ne pas avoir les moyens de faire les soldes, quand monsieur a commencé à lui expliquer que elle, si elle voulait, elle avait des jeans à cinq euros et des débardeurs à moins que ça. Alors que lui, ne pas avoir les moyens, il connaît bien : pour se procurer un jean décent il faut allonger au moins trente euros quand on est un homme.

Ce n’est pas la première fois que j’ai ouï dire de ce « problème », on y a droit au moins à chaque fois qu’il y a des soldes, sinon quand monsieur essaie de consoler madame par rapport à sa condition merdique de femme : « toi au moins tu peux t’acheter des vêtements moins cher ».

Cela soulève plusieurs questions.

  • Déjà, est-ce que ça rattrape le harcèlement, les clichés, les écarts de salaire, les écarts pour tout le reste, le fait d’avoir des vêtements moins cher ?

  • Il se passe que les femmes sont bien des victimes de la mode, sans jeu de mot, on se retrouve souvent jugées sur l’apparence, est-ce que la société de consommation ne nous doit pas au moins quelques réductions quand monsieur n’a besoin que d’un costard pour les mariages, les enterrements, les entretiens d’embauche et autres joyeusetés ?

  • Qui a décidé que les femmes devaient être victimes de la mode plus que les hommes ? (Ils le sont aussi, la société de consommation n’allait pas se priver d’une moitié de l’humanité)

  • Différence de prix veut souvent dire différence de qualité. Mais c’est pas grave, parce que les femmes changent souvent d’habits. Et d’avis aussi, tiens. Eeeeeet on revient à l’éternel problème du consentement, n’est-ce pas ?

On peut par ailleurs déplorer que les hommes se refilent moins leurs vêtements entre eux. Dans les friperies et autres, on trouve une majorité de vêtements féminins.

 Le paradoxe des soldes ou la tristesse de l'homme dans Chroniques d'un Gourou 082-trunklog-stock#

Tout ça pour dire qu’on avait de quoi réfléchir à partir d’un banal événement saisonnier : la période des soldes.

 

Et vous, vous êtes vous disputés récemment avec des personnes du genre opposé au sujet des exigences vestimentaires que vous supportez ? Vous sentez vous conditionné.e ? (Pour ma part, j’ai toujours peur du jugement des autres …)


Les pieds dans la toile

Politiques sécuritaires et surveillance partout.
Les smart cities, bijoux de la technologie de demain, sont les tours d’immeubles d’hier, et le concierge au chômage est devenu un hologramme.
Les retombées du militaire sur le civil n’ont jamais été aussi proches.
Oh ! Oui, la finance est bien plus dangereuse que les armes. Il n’y a pas que des kurdes qui meurent, il y a aussi des sans abris qui gèlent !

afp-mossoul2
Touche d’humour – Les populations civiles fuient Mossoul, AFP.

Je ne suis pas complotiste, je vois les dessus des icebergs qui fondent, les dessous des icebergs qui se cachent encore mais qui remontent. Mon boulot, c’est d’oublier tout ça. De ne garder que le bijou et la technologie, d’oublier le chômage. Alors j’oublie. Mais en attendant je vois arriver au galop les poneys de la fin de la liberté d’expression – j’entends l’expression sans retombées. C’est déjà trop tard, tu les as vues les photos sur facebook quand elles chargent ? La reconnaissance d’objets dans les images est vraiment performante. Nous sommes capables de faire des algorithmes qui reconnaissent mieux les visages que les humains. Nous ne sommes pas capables de nous cacher, mon identité virtuelle l’est tellement que vous savez tous qui je suis.
Et naïvement, je répète que « je » n’existe pas sur internet. Tiens donc.

Moi aussi je voudrais fuir, tout oublier et me construire une matrice sur mesure où on pourra être anarchistes sans s’entre tuer. Où on pourra élever des moutons et des arbres. Ha-ha. Faire un métier qui me plaît et n’avoir rien à cacher. Avoir l’impression de faire quelque chose de bien pour le monde. Pourvoir communiquer sans craindre. Craindre le « on » qui n’est même pas palpable.
Mais pour communiquer il faut aller où sont les gens… Naïve aussi, de croire qu’en communiquant sur le grand réseau, certes pas tout à fait connexe mais quand même, je pourrais me faire entendre. Je crie dans un gros tas de poussière, ouais ! Et j’éternue après.
Apparemment, il y a des liens qui seraient déréférencés. Pas que les liens vers les terroristes, mais aussi vers les médecines alternatives – laissez donc les gens qui veulent se soigner avec des tisanes préparer leurs tisanes !

Je suis une hippie au mauvais endroit.
J’irai bien hurler sur du papier, il faudra attendre avant qu’il ne devienne de la poussière : pour l’instant le climat est encore suffisamment sec et froid. Comme moi.

A Yoeur.

lol g pa lu


Et l’amour ?

Ah ouais. Déjà le titre de l’article est niais.

– Rappelons que cet article est intimement lié au précédent

Donc, nous avons ci-dessus l’étape première de la procédure : s’excuser (presque).

 On pourrait étendre ceci à l’amitié. Je ne sais pas toi, mais ça me fait pleurer de dire « je t’aime » aux gens. Pourtant, ça n’a pas l’air compliqué, ce sont des gens que je côtoie (ou que j’ai côtoyé) beaucoup, souvent, qui doivent se douter déjà que je les apprécie. Eh bien je ne sais pas leur dire que je les apprécie. Je peux, sans problème, les envoyer chier si quelque chose ne va pas (d’autant plus si je les apprécie beaucoup, curieusement – désolée).

C’est pas exactement pareil pour l’amoureux, précisons ici que je ne place aucunement l’état amoureux au-dessus de l’amitié, mais s’attacher à quelqu’un peut entraîner des crises de panique. Donc pas mieux. Plus … incisif. Intime.

Et l'amour ? dans Chroniques d'un Gourou tumblr_o2npsoevYS1slpi32o1_500

J’ai trouvé ça sur un tumblr.

 

Il se passe que ça ne se fait pas de dire aux gens qu’on les aime. Même en suivant la procédure, même en s’excusant avant et après, même en ramenant des exemples et preuves concrets. Il ne faut pas parce que ça effraie les gens. Et après, ils partent, et c’est triste. A la limite, ça peut passer si tu as bien bu avant de sorte à garantir que personne ne s’en souviendra le lendemain. Je me permets de préciser que je ne suis jamais saoûle, donc je me rappelle, merci. Donc moi, qui ai besoin de mille et une garanties avant de commencer quoi que ce soit (pas dans tous les domaines, d’ailleurs, mais bref), je passe pour une vieille fragile qui commence par « je t’aime » parce que je n’ai pas compris que le je t’aime on le jette à la fin.

Alors, en amitié je reste distante et froide, comme j’en ai l’habitude. En amour, le je t’aime au début est une mise en garde, voilà.

Fuyez tous, j’ai déjà ce qu’il me faut !

Mais pareil, au fond ça m’inquiète toujours un peu, si ça se trouve j’ai mal fait, si ça se trouve ma procédure n’est pas la bonne, j’ai déjà du mal avec le théories en général d’un côté et les sentiments de l’autre, et là on me pond une théorie sur les sentiments. Des sentiments, déjà niais par définition (je croyais), qu’il faut manipuler sans être niais, sans laisser paraître de fragilité.

 moral dans Chroniques d'un Gourou

Spoiler alert ! Encore Izumi.

Donc, je propose qu’on arrête avec ces trucs qualifiés de niais. On a déjà du mal individuellement à gérer ces choses, alors si le groupe, la société impose ses lois par-dessus, on n’est pas rendus.

(De même, tu as le droit (et le gauche) de recracher ces pseudos conseils sur ton voisin – à condition de bien choisir le voisin !)


Précarité ou sécurité

Les outils que nous utilisons pour se regarder nous persuadent petit à petit que les autres ne changeront pas.

Cette semaine, j’ai assisté à une conférence de Clair Michalon. Vous trouverez une partie de ce que j’ai écouté dans la vidéo en bas de l’article, je la recommande, c’est intéressant : Mr Michalon nous propose en effet un nouvel outil pour appréhender l’Autre : une échelle précarité/sécurité, où le placement de chacun est relatif, finalement très différente de l’échelle pauvreté/richesse à laquelle on pourrait penser. Il développe ensuite autour de cet outil ce qu’est la culture, la tradition.

Il y a quelque chose qui n’est pas abordé dans la vidéo du dessous (je l’ai écouté 3h pas 15mn), c’est la situation des femmes, dans le monde, suivant le placement sur l’échelle précarité/sécurité et les époques. Je n’ai pas été d’accord sur tout mais le point de vue est intéressant.

Plaçons-nous dans un contexte ultra précaire. Ce qui importe, c’est la survie du groupe, au profit de l’individu, puisque dans ce contexte se tromper c’est mourir. Alors, pour maintenir le groupe à long terme, la solution est de se reproduire. Étant donné qu’il faut peu d’hommes pour procréer, la survie du groupe ne dépend que du nombre de femmes, par conséquent on protège les femmes. Jusque là ce n’est pas grand chose, on a juste le « les femmes et les enfants d’abord ! » qui retentit quand un bateau coule. Limite, on pourrait nourrir un peu mieux les femmes mais ça ne se voit plus aujourd’hui.

Au bout d’un moment, il se passe quand même un truc, c’est que les humains se battent. Ils se font la guerre – et ce pour la survie de leur groupe, on va dire. Et là, on envoie les hommes se battre, parce que les femmes garantissent la survie du groupe. Tout va encore bien, mais puisque ce sont les hommes qui vont se faire tuer ils demandent le droit de choisir où et quand ils se battent.

Choisir où et quand on se bat, ça s’appelle le pouvoir.

Et à partir de ce moment là, quand les hommes ont le pouvoir et se séparent du groupe pour aller combattre, vivent entre eux quand ils partent en campagne, vient la séparation des hommes et des femmes. Loin des femmes naît la frustration des hommes. En revenant vers les femmes, les hommes frustrés deviennent violents (et c’est là que je ne suis pas d’accord) donc on décide de protéger les femmes. On les laisse à part, on les cache, on les voile, parce que les hommes ont des pulsions, tu vois. Et c’est un cercle vicieux. Ce qu’il faut retenir c’est que ce schéma est le même quelque soit l’endroit (et dans une moindre mesure, l’époque), tant que l’on se place sur le côté précaire de l’échelle.

courrierinternational2

(Courrier International)

Sur le côté sécurisé de l’échelle, celui où l’enjeu n’est pas de survivre mais d’avoir du pouvoir d’achat, il importe peu d’être un homme ou une femme, donc les statuts homme/femme vont avoir tendance à converger.

Et maintenant, on se demande pourquoi les droits des femmes reculent partout, entre autres aux États-Unis avec leur président qui impose aux ONG de choisir entre exister (être financées) et proposer un service de planning familial aux femmes #.  Le message de la conférence était que si on n’apprend pas à voir, à écouter les autres, on va se mettre à glisser du côté précaire de l’échelle. Nous sommes de plus en plus nombreux sur Terre, il va falloir cohabiter et partager les ressources. Pas gagner plus mais vivre mieux.  

A méditer.

 

Image de prévisualisation YouTube


#GOBonheur

Le grand oral du bonheur, c’était jeudi 8 décembre. Les résultats de l’enquête sur le bonheur des jeunes, avec pas seulement les données brutes mais aussi les corrélations intéressantes.

Le but de l’enquête, c’était d’évaluer le bonheur des jeunes, ainsi que ce qui fait le bonheur des jeunes.

Le lieu du grand oral a été choisi en lien avec ce qui ressortait de l’enquête : rendez vous dans un vieil amphi au Grands Voisins, hôpital désaffecté dans le centre de Paris. En fait d’hôpital, c’est une ancienne maternité, je sais pas si c’est cool ou glauque … Les grands Voisins, c’est maintenant un lieu de dialogue et de partage, on se croirait dans un projet d’éco-village, il y a des couleurs, des paroles et des plantes partout.

 

Pour arriver à l’amphi, il a fallu traverser le lieu, en suivant des ballons. On avait tous 8 ans et on allait à l’anniversaire d’un copain. En arrivant, on a même le droit à un cocktail sans alcool, et à des capotes vegan … Que du bonheur.

En arrivant par là, on se dit que mince, les 50 000 jeunes interrogés par l’enquête sont tous des hippies qui mangent du houmous à la betterave (essayez, c’est bon). Et si vous souhaitez protester, alors laissez moi vous dire que pour cette enquête, Génération Cobayes a travaillé avec de « vrais » sociologues en faisant bien attention aux questions pour pas que ça soit trop fermé.

La méthodologie de l’enquête :

  1.  Phase exploratoire qualitative réalisée de janvier à mars 2016 : on va voir des jeunes, et on leur pose des questions ouvertes sur le bonheur (leur bonheur, leur avis sur le bonheur). On en ressort des grands axes, des thèmes.
  2.  Conception puis diffusion du questionnaire via un site internet dédié, du 1er septembre au 31 octobre 2016
  3.  53 000 jeunes répondent en ligne sur la base du volontariat
  4.  Analyse et tri de l’effectif en un échantillon statistiquement représentatif des 18-35 ans. Parce que les calculs ne sont pas faits sur les données brutes, par exemple il y a une plus grande proportion de bac +4 dans les répondants que dans la vraie vie, alors on rend l’échantillon représentatif.

Image de prévisualisation YouTube

Bon, vous pouvez avoir accès aux 200 pages de résultats sur le site.

J’ai bien aimé la façon dont les résultats ont été présentés. J’ai envie de dire : réaliste mais positif. Il n’a pas été question de corrélations pour différencier le bonheur des femmes de celui des hommes, il n’a pas été question de terrorisme mais plutôt de montée des extrêmes en politique, peu d’évocation de la sécurité et plus de vivre ensemble.

Les 18-35 ans (et je pense, surtout les 18-25 ans) sont plutôt définis comme une génération du travailler moins pour gagner moins, qui veulent construire la société de demain sans faire (du tout) confiance aux représentants politiques, sans savoir comment non plus, et en privilégiant leur santé donc leur cadre de vie.

 

Aspect intéressant : pendant la soirée, le mot-dièse (oui c’est hashtag, je sais, mais ici on parle français) #GOBonheur sur Twitter a fleuri un peu partout, mais ne connaissant pas twitter je ne peux pas dire si c’est bien. Ça a juste eu l’air beaucoup.

Quatre youtubeurs et quatre décideurs politiques étaient présents. Tous les partis avaient été conviés à l’oral du bonheur, mais seuls les verts et le front de gauche (à moins que ça ait changé de nom) étaient présents. Sinon, il y avait le responsable (je sais pas le poste exact) du service civique et Laurent Berger, de la CFDT.


Quel engagement ?

Quel engagement ? dans Chroniques d'un Gourou img_2011

A défaut de cultiver mon jardin, qui n’est que mottes de terre sèches et désordre, à défaut de rechercher le bonheur dans les choses simples, en travaillant comme Candide # (quoi que…), j’ai lu. Cet été, j’ai pris le RER, le métro et le train #. Et j’en ai encore pour deux semaines.

Et, sur ces sièges où des millions de derrières se sont posés, où des millions de gens ont transpiré cette semaine, on trouve le temps d’ouvrir un bouquin et d’oublier le monde autour.

Cet été, j’aurais compensé le manque d’engagement et d’action que je me reproche # par de la lecture — par de la culture.

1984_m10 conscience dans Chroniques d'un Gourou

Je t’ai déjà parlé de Effondrement # . C’est celui qui m’a pris le plus de temps, parce qu’en plus d’être un pavé, c’est pas une histoire qu’on raconte, c’est l’Histoire qu’on questionne.

Une de mes grandes victoires, un accomplissement peut-être, c’est 1984. Si tu regardes la présentation que j’ai faite de moi l’année dernière # , tu vois qu’il est dans une liste privilégiée (OK, Effondrement l’était aussi). De plus, c’est le premier bouquin que j’ai lu en anglais (on ne s’en doute pas en regardant la tranche, sauf que… regarde : ce n’est pas imprimé dans le même sens. Ah, ces anglais !), et je l’ai bien vécu.

A part que je ne me suis pas encore tout à fait réconciliée avec « Ce qui fait de nous des humains, c’est l’amour » et autres dérivés, c’est bien un livre « culte », beaucoup de monde en a entendu parler, a entendu parler de Big Brother, de Newspeak (ou « novlangue »). C’est un bon livre, qui ne laisse pas sans réaction (pendant la lecture comme à la fin).

Prévert et Charb, je les ai lus fin juin. Le Petit traité d’intolérance, je le recommande chaudement, il m’a vraiment beaucoup fait rire. Tu sais, ce rire que tu n’arrives pas à retenir, mais tu sais que tu es dans un train, qu’il n’y a  pas un bruit et que les gens vont se demander ce que tu fais. Ce rire où tu serres les dents pour ne pas déranger tes voisins mais ça déforme ton visage, et ça tes voisins ont dû le remarquer encore plus.

Prévert, c’est beau. Parfois c’est cru, méchant, cynique. Aussi engagé, anticlérical, ou juste bizarre. Et avec ça, il te donne envie de vivre, envie de croire à l’amour.

 

Et puis il y a Vallès (… # qu’est belle comme un soleil, et qui m’aime pareil que moi j’aime…), Vallès qui écrit la deuxième moitié du XIXème autour d’un personnage, et ce personnage c’est lui. L’enfant, Le Bachelier et L’insurgé, c’est l’autobiographie romancée de ce gars, ce qui l’autorise à ne pas vraiment écrire une autobiographie. Je suis en train de lire l’Insurgé.

Parfois, il m’agace profondément, avec ses idées de révolutionnaire lettré, qui se permet de choisir qui est digne d’être « le peuple » et qui ne l’est pas. Prenons le chapitre XIV, Le Bachelier :

« Le peuple ! Où est donc le peuple ici ?

Ces meneurs de bateaux, ces porteurs de cottes, ces Bas-Bretons en veste de toile crottée, ces paysans du voisinage en habit de drap vert, tout cela n’est pas le peuple ! « 

Eh bien mon grand, on comprend pourquoi tes idées de révolutionnaire n’ont pas pris partout, on comprend pourquoi ces idéaux de Jacobins puissent être rejetés. Tu veux te battre pour le peuple, mais seulement le peuple qui te plaît. Seulement quelques parisiens et quelques paysans du coin où tu es né. Bref.

Il y a aussi du bon, tiens :

« Des femmes partout – Grand signe !

Quand les femmes s’en mêlent, quand la ménagère pousse son homme, quand elle arrache le drapeau noir qui flotte sur la marmite pour le planter entre deux pavés, c’est que le soleil se lèvera sur une ville en révolte » (XV, L’insurgé).

OK, la femme est une ménagère avec une marmite, mais j’aime bien cette image tout de même.

Ces livres, ce sont un morceau d’histoire qu’on ne connaît pas toujours bien, l’histoire du second empire et d’une révolution ratée. Des jeunes qui font de la politique, s’emportent et veulent se battre, en se figurant ça aujourd’hui ça fait tout drôle. On y apprend aussi tout plein de noms, je sais maintenant qui était le mec qui a donné son nom à la rue où j’habite, pareil pour quelques stations de métro.

fleurs10 Culture

Je n’ai pas la prétention de me lever pour aller jeter des pavés. Je n’ai pas celle du poète engagé qui lutte avec du papier. Je ne suis pas celle qui empêcherait un régime autoritaire et liberticide de se mettre en place, ni celle qui sauvera notre société d’un effondrement possible. Je ne vais pas vous faire rire.

Ces livres le font. Ces livres ont en eux l’espoir que quelqu’un ou quelque chose le fera. Ces livres transmettent l’espoir de quelque chose de beau, je crois.

 

En attendant, je vais cultiver ce jardin de terre sèche pour manger du persil demain.


Boulot métro dodo

Boulot métro dodo dans Chroniques d'un Gourou

Voilà une bonne expression de parisien (dont j’ai changé l’ordre des mots, elle me va mieux comme ça). Celle qui me faisait doucement sourire, comment peut-on ne pas avoir de vie à ce point ?D’accord, peut-être les métiers physiques. Oui, c’est une expression de travailleur à l’usine.

Ça fait maintenant un mois que je prends les transports parisiens matin et soir. Quand je rentre, je mange, je regarde une série et je dors. Le matin, je me réveille 25 minutes avant de partir prendre le RER. Et voilà.

Non, je n’ai pas vu que M. Valls a utilisé trois fois l’article 49-3.
Non, je n’ai pas remarqué que l’état d’urgence était encore prolongé.
Le 14 juillet, j’ai quand même vu qu’il y avait eu un « acte terroriste ».
Non, je n’ai pas vu qu’en Turquie le président affirme sa position de dictateur.
Non, je n’ai pas vu que lui aussi instaure un état d’urgence pour justifier le non respect des droits de l’homme.
Non, je n’ai pas accédé à d’autres médias que Le Monde …

Il y a plusieurs types de routines, et parmi elles il y a celles qui nuisent à l’intellect et à la réflexion citoyenne. Le terme de temps de cerveau disponible est plutôt adapté.

Mais quoi, en rentrant je mange et je regarde une série ? Une série. Qui n’est pas Utopia. Qui laisse ma réflexion en pause encore un peu, puis je dors, puis je lis dans le RER. Où est mon temps de cerveau disponible ? Seulement dans mon bouquin du RER. Et encore, c’est canalisé par le bouquin. Réfléchir m’angoisse. Je n’ai pas le temps alors je retarde l’échéance.

Oui, quoi, j’ai vu les nouvelles. Et non je ne dis rien. J’y penserais plus tard. Mais pu…rée, plus tard ce sera trop tard !

Et quand le soir, une fois tous mes écrans éteints, je mets accidentellement mon cerveau en route, je me sens mal. Je ne comprends pas pourquoi, je cherche des raisons débiles, je trouve les choses impossibles et me dis que ce sont les solutions à mes problèmes. Puis je m’endors, je me réveille, RER, bureau informatique, RER, manger, dormir. « On verra ce week-end ».

Je ne sais pas si le problème est que je le prends comme un fatalité alors que j’ai le choix ou que justement les choix sont affreusement restreints.


Critique : la faute au langage ?

Une amie anglophone, plus précisément trilingue, nous disait un jour que le français manquait de beaucoup de termes. Qu’il y a des mots uniques dans cette langues pour lesquels l’anglais donne un paquet de synonymes pas vraiment synonymes. Les nuances sont subtiles mais nécessaires. A cela, on peut opposer que les « synonymes » français ne sont juste pas employés dans le langage courant. Pourtant ils existent. Cette langue est utilisée pour faire de la littérature, et pas qu’un peu, ça serait dommage qu’elle soit pauvre.

Toujours est il que parfois, les mots sont ambigus. Et que quand ils sont inscrits dans la loi, il ne vaudrait mieux pas qu’ils soient compris de travers.

Que dit on quand on parle d’égalité ? Fait-on bien la différence entre l’égalité stricte, mathématique et l’égalité entre les individus ? Et c’est quoi, l’égalité entre les individus ?

D’ailleurs, est-ce qu’on utilise le bon mot, là ?

L’égalité, c’est la notion de similitude/d’équivalence (mais attention, en maths les trois sont carrément différents). C’est l’absence de toute discrimination. C’est l’uniformité, la régularité quand on compare des éléments.

L’autre mot intéressant, c’est l’équité. « Une forme d’égalité », de juste traitement. L’idée de justice naturelle, dans le domaine de l’éthique. Appelle à impartialité, à la notion de bien commun. S’oppose à l’arbitraire. Sa racine latine, c’est la même que pour égalité.

…C’était la minute définition, sponsorisée par le Larousse # et Wikipedia #.

Par ici, quand on cherche à voir l’absence de toute discrimination on le fait pour établir la justice, donc l’impartialité. On croît parler d’équité en prononçant le mot « égalité ». Pourtant, il n’est question dans les textes et dans le langage que d’égalité. Et c’est là-dessus que se fait l’interprétation.

Intéressons nous à deux cas pratiques qui me tiennent à cœur

1) Égalité Homme/Femme

C’est l’argument qui divise les féministes. Est-ce qu’on considère qu’il existe des différences de genre ? Hommes et femmes sont différents du fait de leur constitution physique, c’est visible. Ils ne sont pas égaux dans le sens où ils possèdent des attributs physiques différents. Alors, que doivent revendiquer les féministes ? Est-ce que les femmes doivent adopter les manières et apparences des hommes, ou alors doivent-elles continuer à avoir une apparence qualifiée de « féminine », à affirmer leur différence ? 

Les différences d’apparence n’impliquent en aucun cas la nécessité d’une différence de traitement. Elles ne justifient pas de discrimination au niveau des droits.

Alors non, à mon avis, l’égalité homme/femme qui est revendiquée par les féministes n’implique pas de masquer (voire de nier) les différences physiques (mentales, comportementales si elles existent) entre les deux genres.

 L’abstraction intervient là où il faut voir au delà de la notion/du statut d’homme ou de femme, c’est niais voire évident mais on est des humains. Et ici l’égalité au sens de similitude s’applique.

2) Langues et cultures minoritaires

L’article premier de la constitution française donne :

- l’égalité devant la loi de tout citoyen, sans distinction d’origine

- la France est une république une et indivisible.

On y garantit l’égalité et la solidarité des peuples qui composent la République

Par ailleurs, l’union européenne dispose d’une charte : Charte européenne des langues régionales et minoritaires. En France, elle a été signée mais jamais ratifiée (pour les illettrés comme moi qui ont du mal avec les mots barbares : ratifier c’est reconnaître comme vrai/valide). En effet, « la langue de la République est le français », et donc cette charte ne convient pas au principe d’égalité des citoyens devant la loi » (Conseil constitutionnel).

Pourtant, il me paraît que dans le cadre de la justice naturelle, il est plutôt important de respecter la culture de chacun. Ne pas reconnaître une langue (minoritaire), ne pas la rendre accessible pour un peuple donné n’apparaît pas comme démocratique (… à mon avis). Mais, les langue minoritaires s’identifient à une partie de « la singularité irréductible de l’âme d’un peuple » chère aux particularistes (opposants à l’idéologie des Lumières).

Il serait rationnel d’adopter une langue commune à tous, mais c’est une attaque à la liberté individuelle que de refuser à un peuple d’employer sa propre langue.

Critique : la faute au langage ?  dans Chroniques d'un Gourou brest_derri%25C3%25A8remonobjectif_mercheddieub
Deux en un. Avec luminosité bizarre (nuit américaine ? Genre j’ai de la culture ?)

         DONC.

Le mot utilisé est celui d’égalité. Dans l’idéal des Lumières, il tend vers l’équité (si j’ai bien compris : parce que c’est ce principe d’équité qui a l’air cool). Dans les fait, lors de l’application de ces idées lumineuses il est question de rationalité stricte, l’égalité mathématique : être pareil.

Les gens, faites-moi part de vos désaccords, critiques aussi, pour me faire réfléchir (comme un miroir)   :D

Et puis, il y avait longtemps : une chanson à texte.

 


Le mec au hasard dans la rue

… dans la rue, la nuit.
Mercredi 21h, je sors de chez moi plutôt hésitante, je dois rejoindre un apéro sur le campus, mais j’ai pas le cœur à ça. Et puis il fait froid dehors. Après une centaine de mètres, je ralentis le pas, je me demande qui je pourrais appeler pour qu’on me motive à y aller, sinon je fais demi-tour. Je ne trouve pas d’idée — ils sont occupés, ils ne vont pas me répondre. Et là, le mec qui passait devant moi pour rentrer chez lui s’arrête, me regarde, me dit ‘bonsoir !’
Je me tourne, je dis bonsoir aussi, je recommence à « réfléchir ». Non, vraiment, je ne sais pas si je fais demi tour ou non.

Le mec au hasard dans la rue dans Chroniques d'un Gourou#

- Bonsoir !
Oui, j’ai déjà entendu ça. Tiens, je te re-réponds pour la peine.
Et le voilà qui s’approche de moi. « Tu habites ici ? » « Tu es toute seule ? » Putain, que cette question m’agace. Tu vois du monde autour de moi, là ? Non ? Ben au sens propre du terme, tu vois, je suis toute seule. Et ça ne me dérange pas. Et je ne te demande pas d’y « remédier », loin de là. Toi qui passes par ici, sache qu’il ne faut pas me demander si je suis « toute seule » pour amorcer une conversation.
Quoique.
Je n’envoie pas chier les gens. Je leur parle quand même. Je suis grande. Je crois que je peux me défendre. Il y a « quelque chose » qui me protège.
Je lui explique que je vais rejoindre des gens, eh oui je remédie toute seule à ma solitude. Mon prénom est original. Je ne viens pas d’ici, je fais mes études … oui, si tu veux, à l’université. Interlude : l’aspect physique. « Tu doutes de ta beauté ? »
C’est pas ça. Seulement, c’est mal placé de faire de telles remarques. Je te rappelle, tu es un inconnu croisé dans la rue la nuit, qui m’aborde parce qu’il a remarqué que j’étais hésitante. Peut-être même qu’il a vu que mes yeux étaient rouges. Alors non, je ne vais pas te remercier, et je ne prends pas ça comme un compliment.
- Tu ne veux pas qu’on marche 5-10 minutes ?
Alors non, il fait froid, j’hésite à rentrer, je ne vais pas en plus marcher dans le froid vers je ne sais où avec un inconnu. Du coup, maintenant que j’y pense, on me dit toujours que c’est pas prudent d’aller au campus toute seule…
- Je vais par là. On peut marcher par là si tu veux.
Non, loin de moi l’idée d’utiliser les gens croisés au hasard dans la rue. Mais s’ils insistent…

Je suis transparente

Outre le fait que l’inconnu ait détecté à distance que je me sentais mal à ce moment-là, il se vend comme une personne patiente, se portant à l’aide des enfants turbulents (pas moi) et des gens nerveux (moi). Parce que j’ai l’air un peu distante, quand même, c’est bizarre.
- Je peux toucher tes cheveux ?
Mh…Non ? Rappelons pour le n-ième fois que t’es un inconnu. Et, dis, ça ne fait pas de moi une personne distante ça. Jusque une fille normale qui est déjà bien inconsciente de se faire accompagner dans Evry par n’importe qui.
Je ne me souviens pas exactement, mais il a été question de peur. Tu as peur — De quoi as tu peur ?
Autre défaut : je crois que je parle beaucoup. Et que toute info sur moi ne m’apparaît pas confidentielle.

Bonne à marier

Beurgl.
Quelle expression dégueulasse. Elle n’a pas été prononcée, sinon cet article aurait été pour moi l’occasion de vous annoncer mon premier meurtre.
Mais c’est tout comme, ça se passe toujours pareil (voir ) : Tu voudras combien d’enfants ? – Non. Pas d’enfants. – Tu as quel âge ? – Ne me dis pas que je vais changer d’avis. – Tu penses aux femmes stériles qui sont tristes ? – Ne me dis pas non plus que c’est égoïste. – Oui, c’est égoïste !
En fait si, j’aurais pu annoncer mon premier meurtre. Je suis vraiment trop gentille.
S’en suit une conversation sur le choix. Je veux avoir le choix. Et puis il y a trop d’enfants qui crèvent la dalle. Je ne veux pas en générer d’autres. Il y a trop de monde sur cette terre. Je vais éviter d’aller dans le trop radical en te disant que je suis pour l’extinction de la race humaine, et que cette façon est la meilleure.

PS : Regardez Utopia.

L’inconnu marque un point en disant que ça dépendra de l’homme employé à la conception des éventuels enfants (mon vocabulaire – alerte instrumentalisation – je rigole voyons). Je suis d’accord : on ne se reproduit pas seul. Même les escargots qui sont hermaphrodites ont besoin d’être deux. J’ai certes aidé l’inconnu en disant que « je veux que mon corps serve ». Ouh purée, quand j’y pense, c’est de la provocation aussi (deuxième alerte instrumentalisation).
Cela dit, l’inconnu n’a pas marqué de point pour lui, et cette réflexion je me la suis faite il y a plusieurs années déjà.
Je rappelle à l’individu qu’il n’obtiendra rien de moi. Encore moins un gamin, hé !

La foi

Nous voilà devant le portique qui nous me sépare du campus. Merci mec, grâce à toi je ne me suis pas faite agresser. Du coup adieu hein, tu ne crois pas au hasard, je ne crois pas qu’on se recroisera.
[Morceaux de conversation inutiles]
- Tu crois en dieu ?
- Je crois en moi.
Essai d’explication rapide : il y a l’esprit, il y a des morceaux d’esprit en chacun de nous. (J’ai hésité à mettre une majuscule à « Esprit »).
- Tu sais qui t’a créée ?
- Mes parents.
- Et tes parents ?
- Mes grands parents.
Je vais devoir te parler de tout mon arbre généalogique ou bien ? L’évolution, on en parle ?
- Tu as la bible ?
- J’ai lu la Genèse. J’ai vomi. Bref. Oui, je sais, « au commencement il n’y avait rien« .
Et puis je n’aurais pas dû lui dire que j’avais peur tout à l’heure. Parce que la peur, c’est quand tu n’as pas la foi. Tu n’accompliras jamais rien sans la foi. Tu n’affronteras que tes peurs. Avec la foi, tu peux accomplir des choses merveilleuses. Genre passer le portique sans même avoir de badge.
Mec, tu ne passeras pas ce portique.
Et je ne te donnerai pas mon numéro.
Tu n’as pas assez la foi, on dirait.

Voulait-il me draguer ou me convertir ? En tout cas je le remercie, j’ai passé une bonne soirée après.
Et puis ça m’a permis de parler encore une fois de ces choses récurrentes, pas intéressantes et qui pourtant semblent tracasser le monde entier, que sont la reproduction et la religion.

 


Lézard de vivre

 

 

J’ai vu ce tweet le même jour que l’article de Bettasplendens, que j’ai commenté. Et comme ici c’est mon blog, il va être question de ma vie – que c’est ego-centré, la vache !

Donc, encore une histoire de sexualité, mais surtout une histoire d’étiquettes : il y a celles que la société te colle, il y a celles que tu colles aux gens, et il y a toutes les autres. Dans « toutes les autres », il y a bien souvent celle que tu juges adaptée à toi. Mais pas toujours.  Dans le cas de Betta (si j’ai bien compris), et de beaucoup d’autres gens, l’étiquette adaptée a été trouvée et elle voudrait que ça soit reconnu par tout le monde (en tous cas ceux que ça intéresse).

Moi, je ne veux pas d’étiquette, et bien que le fait de pouvoir tout définir précisément (on t’a déjà parlé de genre fluide ?) soit un plus, mon genre et mon orientation sexuelle ne devraient pas être votre problème. D’ailleurs, les personnes pour qui l’étiquette par défaut convient ne se posent même pas la question, et nous non plus, on ne leur pose pas de question (une fille, ressemble à une fille, qui est attirée de façon amoureuse et sexuelle par des garçons, bah c’est une hétéro, voilà). Sauf dans les milieux où on se pose des question, là ce sont des Cis (et je perçois ce terme de façon un peu péjorative)

Bouh, que c’est compliqué déjà. Je devrais faire comme Koppa et mettre des couleurs partout.

 Je ne veux pas d’étiquette parce que …

- Je ne suis pas sûre de celle qu’il faudrait me coller
- Ça ne me dérange pas que les gens se trompent
- J’aime que les gens se trompent
- Comme ça je fais ce que je veux
- Et puis on ne contrôle pas trop quand on tombe amoureux
(ni quand on tombe ami, mais on s’en fout, c’est super chouette !)

Ceux qui ont besoin de la bonne étiquette le font par rapport à leur entourage (dans les cas que j’ai observés). En fait, c’est que leur famille (ou autres) leur attribue un genre/une orientation qui n’est pas la leur, et que ces personnes n’ont pas envie de mentir – ne veulent pas mentir – à quoi bon cacher une vérité dont on n’a pas honte ?

Lézard de vivre dans Chroniques d'un Gourou bolin
Eh oui, en vrai c’est simple !

Je ne veux pas d’étiquette parce que j’ai de la chance. Parce que si demain, j’arrive chez mes parents avec mon copain/ma copine , ils ne me jugeront pas en face sur mon orientation (même s’ils peuvent croire à une tentative de provocation pas sérieuse). D’ailleurs, tiens, je ne sais pas ce qu’ils jugeraient en premier.

Pour finir, cette chanson qui est très belle et dont je ne connais toujours pas les paroles et je vais y remédier.

# sur la fluidité de genre

…Ouais d’accord, je me pose trop de questions.


J’avais prévu de rater

Aujourd’hui, j’ai triché. Il y a, dans un coin de ma chambre, un paquet de lettres et de feuilles volantes plus ou moins destinées à être lues par « moi plus tard » ; aujourd’hui j’ai ouvert l’enveloppe « pour toi, quand tu seras majeure et vaccinée – après 2015 ? »
Oui, je suis majeure depuis un certain temps maintenant (je m’octroie le droit de parler comme une vieille, aussi), mais cette lettre était destinée à moi-de-plus-de-18-ans. C’est un papier écrit en 2011, et à cette période, se dire qu’un jour j’aurais 20 ans devait paraître grandiose : effrayant et intriguant.

J’ai triché car nous ne sommes pas après 2015. J’ai juste eu 20 ans, et pour moi un anniversaire c’est la fin d’un année, nous sommes donc après ma 20ème année, allez c’était une petite triche de rien du tout.
Dans cette lettre, je raconte quelques inquiétudes, des questions que je me pose. Je stagne un moment sur la procréation : non Sterenn, tu n’auras pas d’enfants.

Puis vient mon projet d’études post-bac. Nous sommes fin 2011, je suis en première, et notre prof principale veut vraiment que nous ayons des idées, si ce n’est un projet. A ce moment-là, je sais déjà que je veux tenter la prépa scientifique, ce truc obscur où apparemment on en chie, pour faire une école d’ingénieurs après. Mais ça, je ne l’écris pas tout de suite. Ce que j’écris, c’est que dans le cadre de mes études en fac d’histoire, j’irai sûrement faire un échange Erasmus. C’est en tournant la page qu’il est écrit que j’entrerai en fac d’histoire après échec de ma prépa.

J'avais prévu de rater dans Chroniques d'un Gourou f11-highres

Ce n’est pas grand-chose, mais mon projet d’études est plus détaillé à partir du moment où j’ai raté ma prépa.

Alors, pourquoi je n’ai pas arrêté ?
Pourquoi fallait-il que j’imagine un échec pour mon premier choix ?

Ce n’est pas grand-chose, mais heureusement que je n’ai pas ouvert cette lettre à moi même en février dernier : je me serais inscrite en fac de lettres.

 


Mobilisations.

Mobilisations. dans Chroniques d'un Gourou
 
Le 11 novembre 2015, des milliers de personnes ont défilé dans las rues de Kaboul, portant les sept cercueils de victimes de l’ei. Selon la journaliste Taran Khan, « c’était un moment remarquable de solidarité et de résistance, la démonstration puissante de la colère du peuple afghan face à la haine et à la violence qui détruit la société”.
#Courier International

Aujourd’hui, parlons de droits de l’homme dans le pays éponyme. Je ne sais pas pour toi, mais cela fait bien une semaine que je vois défiler des articles intitulés : « La France prévient officiellement qu’elle ne respectera peut-être pas les droits de l’Homme » (#Bastamag), « La France prévoit d’enfreindre les droits de l’homme »(#Figaro), « la France envisage de déroger à la Convention européenne des droits de l’homme »(#Le Monde)…
A la veille de la COP21, la plus grande conférence sur le climat jamais organisée, et le plus grand sommet jamais accueilli pas la France, les personnes touchées par ce non-respect des droits de l’homme sont assez loin du type « terroriste », elles sont plutôt de type « ZADiste ». En effet, le droit de manifester est passé à la trappe, alors que tout sommet sur le climat de grande ampleur est critiquable et critiqué par les écolos de tous horizons.

Pourquoi des manifestations ?

La coalition climat résume la situation en disant que comme les conférences précédentes, « les négociations qui se tiendront dans le cadre de la COP21, si elles sont une étape nécessaire, ne seront pas suffisantes pour sauver le climat ». Un mouvement pour la justice climatique ne peut dès lors n’être que mené par des citoyens… Et ces citoyens veulent se faire entendre, car ils ont des choses à dire ! Je ne citerai que la lutte contre les grands projets inutiles imposés (GPII) : enfouissement de déchets nucléaires à Bure, aéroport à Notre dame des Landes, technopole à Agen, ligne LGV Lyon-Turin… L’organisation d’un sommet pour le climat par la France ne remet en cause aucun de ces projets, au contraire. « Tant qu’on voudra préserver la société industrielle de croissance, les négociations telles que celles de l’ONU n’aboutiront à aucun résultat » #. Généralement, beaucoup dénoncent de « fausses solutions »#.

Événements

L’état d’urgence est la suite logique des événements du 13 Novembre. Il est normal que la sécurité soit renforcée en présence de telles menaces. Il est clair que les attentats ne sont pas une manipulation gigantesque en vue de bloquer quelques écolos pendant une conférence mondiale.

Maiiiiis le fait que ça soit arrivé donne des excuses à nos autorités pour cibler une population très éloignée de daesh. Quoique, le président de la FNSEA les a bien qualifiés de « djihadistes verts », non ?

AntiCOP29_Nov

(Ouhla, il y a beaucoup trop de mot-clés dans cet article. Je ne me suis pas renseignée pour la liberté d’expression, est elle enfreinte aussi en ces temps sombres ?)

Sans ça, le 22 novembre dernier, des gens ont manifesté en soutien aux migrants. Ceux là ne sont ni écolos ni terroristes, mais on nous informe qu’étant donné l’interdiction de manifester, 58 personnes encourent jusqu’à six mois d’emprisonnement et une amende de 7 500 euros #.
Et aujourd’hui, une manifestation anti-cop21 de plusieurs milliers de personnes se voit être sévèrement réprimée par les forces de police. Des grenades lancées sur les manifestants et plusieurs centaines d’arrestations. #

OK, ils étaient prévenus : je crois que tout le monde est au courant de l’état d’urgence… Mais la mesure étant exceptionnelle, le pays ayant une grande tradition de la manifestation, comment se rendre compte que oui, en effet les droits de l’homme ne sont pas respectés, autrement qu’en allant sur le terrain ?

Des conseils, au cas où tu voudrais te lancer dans une manif toi aussi : # #
Ou si tu ne sais pas ce qu’est un Zadiste
 
Et, pour une note plus joyeuse enfin, -ça va devenir une tradition- Deiz ha bloaz laouen, Solenn P. !

L’admiration du refus de l’ordre, sans apologie du désordre.

La plupart des gens, les gens normaux, feraient n’importe quoi pour éviter une bagarre.
L'admiration du refus de l'ordre, sans apologie du désordre.  dans Chroniques d'un Gourou anigif_enhanced-buzz-30272-1389370774-15
Fight Club
 

 Le nez dans mon agenda plein de couleurs et de texte, j’observe l’ordre tranquille des choses. Tout se succède gentiment, la nuit vient trop tôt et le réveil l’arrête brusquement. L’agenda se termine bientôt, et j’en rachèterai un. Le temps de l’installation dans une communauté autonome en Irlande n’est pas encore venu, et pourtant …

C’est tentant, de trancher avec les habitudes. D’un coup, fermer cet agenda et partir avec un sac à dos, partir en stop en disant « je vais là où il y a la mer ». Mieux : « on va là où il y a la mer« .
Plus généralement, c’est l’inhabituel qui tente. Peu de gens se revendiquent comme « tout à fait normaux »… Dans mon entourage. Hier encore, on me disait « je ne veux pas être comme tout le monde ». On ne veut pas être personne, nous sommes des personnes. Et puis on cultive notre différence, on appuie sur les traits qui marquent (c’est l’auto-dérision qui marque !). Comment se ferait-on remarquer sinon ?
Je promène un cube de bois, tu te promènes avec une bûche dans un bois. Son autocollant est à l’envers, et lui là-bas il ne joue pas du piano, mais de l’orgue. Je marche pieds nus, nous parlons une autre langue tout à coup, et à côté elle n’a l’air de rien comme ça mais elle ne pense pas du tout comme toi. Tu te trompes sur mon orientation sexuelle. J’entretiens l’ambiguïté. Je parle ouvertement de choses qui vous gênent, vous voulez me gêner plus, ça ne marche pas comme ça. Et pourquoi cet air ahuri, cette voix changeante ? Je rêve ou tu as pris un sens interdit, mais tu n’as même pas de voiture ?
Pas seulement se faire remarquer, aussi gagner de la confiance en soi. Aussi gagner l’approbation de son propre ego ? Se faire plaisir en renversant les codes de nos propres habitudes. Ma vaisselle sera dépareillée ! On n’y gagne rien en vrai, surtout si les assiettes ne s’empilent pas bien, comment tu les ranges ? Mais je te l’accorde, c’est classe. Mais c’est parce que c’est moi. Avec le même argument, on pourrait aussi te dire que c’est vraiment con.
L’entropie, c’est classe. Et le prof de probabilités, quand il définit l’entropie comme « le bordel maximum« , est-ce qu’il ne veut pas casser notre idée du professeur qui parle toujours bien ? Il augmente l’entropie de son amphi du matin et je parierais bien une demi-pastèque que ça lui plaît beaucoup. Parce qu’il ne fait pas ça naturellement. L’autre demi-pastèque pour le fait qu’il ne dirait pas ça naturellement.
Donc, l’entropie, c’est attirant pour pas mal de monde. Je ne crois pas pourtant que nos vies soient toutes insignifiantes. Je ne pense pas non pus qu’on ait tous besoin de jouer un personnage un peu fou. Non, nous sommes un peu fous ; nous nous attirons parce que nous aimons la nouveauté.

Dis, tu ne t’es jamais présenté en disant que tu étais différent ?
Tu ne t’es jamais dit qu’au fond on était tous pareils ?

enhanced-buzz-19857-1389374773-7 réfléchir dans Chroniques d'un Gourou

Vous n’êtes pas exceptionnels. Vous n’êtes pas un flocon de neige merveilleux et unique. Vous êtes faits de la même substance organique pourrissante que tout le reste. Nous sommes la merde de ce monde, prête à servir à tout.
Fight club encore

Et c’est angoissant d’être tous pareils. Il est probable que nous ayons tous à prouver que nous ne pouvons pas être remplacés.

En vrai on ne le prouve pas, on le sait. Personne ne peut être remplacé.


Changement de base

Considérations mathématiques sur ma vie. 

Changement de base dans Chroniques d'un Gourou tumblr_nr8qm2BbgP1ted1sho1_1280#

Au début, je voulais parler de changement de dimension, mais en vrai rien, d’un point de vue extérieur, n’a changé. Seulement ma perception (et tu verras par là # ou ici # que ça m’a tracassée – comme un nain). Il y a des dimensions, prenons n=5 (au-delà ça devient vraiment dur à suivre), et il y a comment on les exploite. On les exploite toutes, c’est aussi pourquoi « changement de dimension » n’était pas satisfaisant. Exemples : je me suis pris un mur, j’ai exploité les 3 dimensions de l’espace. J’ai tellement dormi que j’ai loupé un cours de l’après-midi, j’ai exploité la dimension (4) du temps et la cinquième si c’est celle du rêve.

La base n’est pas orthonormée, j’entends pas là qu’on ne donne pas le même poids à toutes les dimensions. D’accord, pour largeur et hauteur on ne fera pas de jaloux. Mais la cinquième dimension, dans ma base, était négligeable devant les autres. Disons que le projeté de ma vie (aïe !) sur la cinquième dimension était – et est sans doute encore un peu – très petit par rapport au reste (espace et temps).

J’ai décidé de rêver. J’ai décidé que puisque je n’ai plus autant de temps pour dormir, j’allais augmenter le poids donné à la cinquième dimension dans ma base. Après tout, le rêve est indépendant du temps. 


Le mec au hasard dans le RER

Au hasard, j’ai demandé à cette personne si le RER allait bien où je voulais. Au hasard, je me suis installée dans un wagon presque vide et quand il est venu me parler j’ai continué la conversation. On ne peut pas déterminer le discours de chaque personne dans les transports d’île de France, on ne pet pas en faire une moyenne, ni même en trouver les grandes lignes. Surtout que moi, je ne suis pas d’ici et je pense que ça se voit. Peut-être que cette personne avec qui j’ai discuté était prise au hasard dans une population RER C – fin de journée. Son discours servira pour les autres, tant que je n’ai pas rencontré d’autres personnes au hasard pour contrebalancer son point de vue.

Le mec au hasard dans le RER dans Chroniques d'un Gourou Cascata-Skogafoss-Islanda_600x450

Approche tout à fait classique, du moins facile au vu de ma sale gueule : dure journée, hein ?  Fatiguant, la vie ? Bref, quelque chose comme ça. Moi, oui, je suis fatiguée : je réponds « oui ». Il s’avère que ce mec bosse dur, trois emplois dont au moins un au noir, bâtiment, ménages, « commerce » (j’ai des doutes quant à la signification du dernier). Ah non, je n’ai pas ce mérite, moi je fais encore mes études. T’as quel âge, 20 ans ? Oui, presque. Oui, après mes études je chercherai un travail.  Oui, j’ai un copain – de quoi je me mêle ? Et comment tu as amené cette question ?

Il me dit qu’il vaut mieux avoir une femme/une compagne/un compagnon français, « là ça va » parce que ça travaille, ça ramène de l’argent. Parce que la vie est chère, que rien qu’avec le loyer et les charges type électricité et abonnement téléphonique, il reste juste de quoi manger. Parce que la femme à la maison elle va demander des sous à son mari mais il lui reste, quoi, dix euros ? Lui n’a pas de copine ni de femme. Lui, il cherche.

Il m’a demandé plusieurs fois : « et à la fin, on a quoi ? ». On parlait bas parce qu’on était dans le wagon, je t’avoue que je ne comprenais pas tout du premier coup, alors on est partis au niveau des portes. « A la fin », c’est « 75 ans, la retraite ». Rien que cette affirmation, purée que c’est triste. Il m’a déjà dit que travailler comme couvreur au noir, ça veut dire pas d’échafaudage, ça veut dire tu tombes t’es mort. Ou sérieusement handicapé, et sans assurance (on s’en doutait). Ah oui ça gagne bien mieux que les ménages, mais c’est dangereux. Et maintenant il me dit que tout ça se finit à 75 ans. Qu’à 72 ans, si t’es toujours en vie, t’es susceptible d’encore monter sur les toits. Et donc, si tu arrives à 75 ans, il y a la retraite.

« A la fin », est-ce que tu restes en France ? Non, la vie est moins chère ailleurs. Encore faut-il recevoir une éventuelle retraite française. « Donne-moi le prix d’une maison à la Martinique ». Il m’a donné (puisque je ne trouvais pas) le prix d’une maison en Bretagne. Les maisons auxquelles on pense ne doivent pas être les mêmes. Nos façons de dépenser une retraite non plus. Il y a un décalage entre : je me tue au boulot avec un salaire de merde et je paye une maison luxueuse avec des employés pour faire le ménage dedans. (Malheureusement, ça ne fonctionne pas au mérite.) …Et puis je prends le taxi aussi, tiens. Après, il te reste 100 euros sur les 400 de la retraite. Pour les cigarettes ou l’hôpital  ? Je pense qu’il veut illustrer un « pas assez », un choix forcé. En vrai, la question ne se pose pas, si ?

***

Et il y a sa conception du couple, du mariage, des enfants (parce que concevoir des enfants, c’est intéressant). Je ne voulais pas faire d’article féministe ou apparenté (il y a des gens à qui ça fait peur : bouh !). Il m’arrive de faire d’autres choses, en fait. Là, je risque de retomber dans le thème, pourtant il n’est question que de société. Société et coutumes, habitudes, idées reçues.

« Par exemple, tu te maries avec moi ». Par exemple … Exemple beaucoup employé par monsieur. Tss. Plusieurs théories intéressantes à retenir : 1.Si tu ne fais pas d’enfants, je cherche une autre femme. Est-ce que tu reste célibataire ? Non, parce que 2.*Dessine un sexe féminin avec ses mains* Deux fois par semaine ! Si si, ou alors tu as un problème dans la tête. Aussi, 3. La loi t’interdit de travailler avant que tes enfants aient trois ans.

« Quoi, tu ne penses pas avoir d’enfants avant 25 ans ? Et quand vas-tu te marier ? » Il aurait pu croiser une personne « normale » qui veut deux enfants un jour. Alors que moi,  comment te dire ? Je veux planter des arbres. Et je ne pense pas que monsieur soit ouvert à cette idée. Déjà que « les enfants » se sont transformés en « un fils » pour lui au long de son discours, j’aurais pu vouloir des gosses, être un pissenlit et pourtant ne pas être d’accord avec lui.

En fait, il posait le fait d’être quittée par son mari comme un drame (deux fois par semaine !) alors que c’est pas choquant (dans sa vision des choses en tous cas) : en effet, le mari est celui qui arrive après que ton copain se soit lassé de toi. Disons que tu te maries par dépit, parce qu’il faut des enfants. Et même ces fameuses deux fois par semaine ne sont plus un argument, puisqu’il m’a dit qu’une fois les enfants faits, le mari se détourne de sa femme. Alors, on se découvre un problème dans la tête ?

tumblr_n1gj9mriZE1rpnp2go3_250 études dans Chroniques d'un Gourou

Quand je suis descendue du RER, il m’a dit qu’on pouvait se rappeler. Je ne connais pas son nom, encore moins son numéro, c’est la personne au hasard dans le RER, peut-être que j’en verrai d’autres.


L'EPS au lycée français de ... |
hoyosxavier |
profdoc |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | MA LIVE
| BLEACH vs DBZ vs ONE PIECE
| ASIA SUKIDA