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Le paradoxe des soldes ou la tristesse de l’homme

Hier soir, sortant du parc voisin, j’ai entendu un couple se disputer. Par couple j’entends deux personnes, et il se trouve qu’il y en avait une de chaque sexe (et genre, très probablement). La personne de genre féminin se plaignait innocemment de ne pas avoir les moyens de faire les soldes, quand monsieur a commencé à lui expliquer que elle, si elle voulait, elle avait des jeans à cinq euros et des débardeurs à moins que ça. Alors que lui, ne pas avoir les moyens, il connaît bien : pour se procurer un jean décent il faut allonger au moins trente euros quand on est un homme.

Ce n’est pas la première fois que j’ai ouï dire de ce « problème », on y a droit au moins à chaque fois qu’il y a des soldes, sinon quand monsieur essaie de consoler madame par rapport à sa condition merdique de femme : « toi au moins tu peux t’acheter des vêtements moins cher ».

Cela soulève plusieurs questions.

  • Déjà, est-ce que ça rattrape le harcèlement, les clichés, les écarts de salaire, les écarts pour tout le reste, le fait d’avoir des vêtements moins cher ?

  • Il se passe que les femmes sont bien des victimes de la mode, sans jeu de mot, on se retrouve souvent jugées sur l’apparence, est-ce que la société de consommation ne nous doit pas au moins quelques réductions quand monsieur n’a besoin que d’un costard pour les mariages, les enterrements, les entretiens d’embauche et autres joyeusetés ?

  • Qui a décidé que les femmes devaient être victimes de la mode plus que les hommes ? (Ils le sont aussi, la société de consommation n’allait pas se priver d’une moitié de l’humanité)

  • Différence de prix veut souvent dire différence de qualité. Mais c’est pas grave, parce que les femmes changent souvent d’habits. Et d’avis aussi, tiens. Eeeeeet on revient à l’éternel problème du consentement, n’est-ce pas ?

On peut par ailleurs déplorer que les hommes se refilent moins leurs vêtements entre eux. Dans les friperies et autres, on trouve une majorité de vêtements féminins.

 Le paradoxe des soldes ou la tristesse de l'homme dans Chroniques d'un Gourou 082-trunklog-stock#

Tout ça pour dire qu’on avait de quoi réfléchir à partir d’un banal événement saisonnier : la période des soldes.

 

Et vous, vous êtes vous disputés récemment avec des personnes du genre opposé au sujet des exigences vestimentaires que vous supportez ? Vous sentez vous conditionné.e ? (Pour ma part, j’ai toujours peur du jugement des autres …)


Précarité ou sécurité

Les outils que nous utilisons pour se regarder nous persuadent petit à petit que les autres ne changeront pas.

Cette semaine, j’ai assisté à une conférence de Clair Michalon. Vous trouverez une partie de ce que j’ai écouté dans la vidéo en bas de l’article, je la recommande, c’est intéressant : Mr Michalon nous propose en effet un nouvel outil pour appréhender l’Autre : une échelle précarité/sécurité, où le placement de chacun est relatif, finalement très différente de l’échelle pauvreté/richesse à laquelle on pourrait penser. Il développe ensuite autour de cet outil ce qu’est la culture, la tradition.

Il y a quelque chose qui n’est pas abordé dans la vidéo du dessous (je l’ai écouté 3h pas 15mn), c’est la situation des femmes, dans le monde, suivant le placement sur l’échelle précarité/sécurité et les époques. Je n’ai pas été d’accord sur tout mais le point de vue est intéressant.

Plaçons-nous dans un contexte ultra précaire. Ce qui importe, c’est la survie du groupe, au profit de l’individu, puisque dans ce contexte se tromper c’est mourir. Alors, pour maintenir le groupe à long terme, la solution est de se reproduire. Étant donné qu’il faut peu d’hommes pour procréer, la survie du groupe ne dépend que du nombre de femmes, par conséquent on protège les femmes. Jusque là ce n’est pas grand chose, on a juste le « les femmes et les enfants d’abord ! » qui retentit quand un bateau coule. Limite, on pourrait nourrir un peu mieux les femmes mais ça ne se voit plus aujourd’hui.

Au bout d’un moment, il se passe quand même un truc, c’est que les humains se battent. Ils se font la guerre – et ce pour la survie de leur groupe, on va dire. Et là, on envoie les hommes se battre, parce que les femmes garantissent la survie du groupe. Tout va encore bien, mais puisque ce sont les hommes qui vont se faire tuer ils demandent le droit de choisir où et quand ils se battent.

Choisir où et quand on se bat, ça s’appelle le pouvoir.

Et à partir de ce moment là, quand les hommes ont le pouvoir et se séparent du groupe pour aller combattre, vivent entre eux quand ils partent en campagne, vient la séparation des hommes et des femmes. Loin des femmes naît la frustration des hommes. En revenant vers les femmes, les hommes frustrés deviennent violents (et c’est là que je ne suis pas d’accord) donc on décide de protéger les femmes. On les laisse à part, on les cache, on les voile, parce que les hommes ont des pulsions, tu vois. Et c’est un cercle vicieux. Ce qu’il faut retenir c’est que ce schéma est le même quelque soit l’endroit (et dans une moindre mesure, l’époque), tant que l’on se place sur le côté précaire de l’échelle.

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(Courrier International)

Sur le côté sécurisé de l’échelle, celui où l’enjeu n’est pas de survivre mais d’avoir du pouvoir d’achat, il importe peu d’être un homme ou une femme, donc les statuts homme/femme vont avoir tendance à converger.

Et maintenant, on se demande pourquoi les droits des femmes reculent partout, entre autres aux États-Unis avec leur président qui impose aux ONG de choisir entre exister (être financées) et proposer un service de planning familial aux femmes #.  Le message de la conférence était que si on n’apprend pas à voir, à écouter les autres, on va se mettre à glisser du côté précaire de l’échelle. Nous sommes de plus en plus nombreux sur Terre, il va falloir cohabiter et partager les ressources. Pas gagner plus mais vivre mieux.  

A méditer.

 

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Pourcentage

Bientôt la rentrée. Dans les écoles d’ingénieurs, les première années arrivent avec leurs affaires, s’installent dans leurs studios et on leur promet que le week-end d’intégration sera le meilleur de leur vie.

Avec eux tombent les chiffres. Combien sont-ils, d’où viennent-ils … Mais combien sont-elles ?

J’ai la chance de vois la vérité à travers un filtre, moi qui suis sur un campus partagé avec une école de commerce. Ici i y a des filles.

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Tiens, une orange qui fait du skate

Mais ailleurs, les campus atteignent difficilement 10%. 20 personnes de sexe féminin dans la marée d’une grande école. Juste 8 dans une autre. Pourtant elles étaient attendues, les nouvelles, dans ces écoles où c’est toujours pareil.

Ces chiffres sont là depuis leur entrée en prépa. Ils émergeaient déjà au passage du bac S. Ça ne devrait pas être le cas pourtant. Même si tout le monde le sait déjà, ce n’est pas une histoire de niveau. Pas une histoire d’hormones ou de règles ou de … je sais pas. Une histoire de « on dit » et d’habitudes, de traditions peut-être. Dîtes moi que vous pousserez vos filles à devenir ingénieur, et ce jusqu’à ce qu’il y ait au moins du 40% – 60% dans les écoles.

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Pour toute la sagesse que ce message contient

Parce qu’à force d’inégalités ici, je me prends dans la gueule là-bas des « mais t’es pas une vraie fille ? » « tu fais de l’informatique, t’as renoncé à ta féminité ? » 

Ce n’est pas NORMAL, arrivés en 2016, qu’à cette rentrée encore il y ait un fossé pareil. *soupir*


Rassemblement, vraiment ?

Un article du Monde parlait récemment des commissions féministes mises en place, où seules les « meufs et minorités de genre » sont acceptées. Et cela pose des problèmes.
Ce n’est pas la première fois que ce genre de chose est mise en place, c’est même plutôt courant à chaque fois qu’un mouvement social est prolongé de cette façon. La dernière fois que j’en ai entendu parler, c’était une initiative prise sur la ZAD de Notre-Dame des Landes. On me dit au loin que ça a même été théorisé il y a 40 ans. Tiens donc.  Puisqu’il y a des gens ouverts aux alternatives, les minorités osent s’affirmer, et donc se différencier.

… et donc se mettre à part.

Est-ce une bonne solution pour être accepté.e.s ?

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Il existe une importance sociale à la non-mixité, celle qui a fait qu’aux états-unis, pendant le mouvement pour les droits civiques, les noirs se séparaient des blancs pour discuter entre eux de l’oppression, et ainsi ne pas faire de peine aux « bons » blancs qui les soutenaient. Ce n’est donc pas non plus un moyen d’exclure les blancs, pour une fois que c’est eux, parce qu’en fait noirs et blancs étaient mobilisés pour la même chose.
Créer un espace où les « dominés peuvent prendre conscience des pratiques d’oppression » (bah, je n’aime pas constater l’injustice quand elle est dite « dominants contre dominés »),  c’est aussi censé n’être qu’une étape. On espère ne plus en avoir besoin après.

Mais voilà, les gens ne sont pas contents. Soit, en voulant l’éviter, on fait tout de même de la peine aux « bons » hommes cisgenres, soit on renforce le sentiment d’exclusions de certain.e.s (du style moi, qui ne comprend pas vraiment comment les choses peuvent avancer si on ne s’adresse pas aux « dominant » que je hais ce mot).

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Encore cette image, que je l’aime, qu’elle est pratique !

Après, au delà de l’exclusion et tout, c’est pratique parce que ça libère la parole. Et sinon, ça rappelle aux gens que les inégalités existent encore. Quand ces commissions écoutent qui prend la parole, on remarque que moins de femmes prennent la parole. Soit qu’elles sont moins nombreuses, soit qu’elles « souhaitent moins prendre la parole ».

Et puis ça permet de remarquer, à travers les réactions des gens, qu’il y ceux qui ont seulement envie de pouvoir participer au débat – qui ne veulent pas « être dépossédés du débat », et puis il y a les autres qui s’avèrent être plutôt réactionnaires (oui, j’ai pris une cible facile, et ce parce que je n’ai pas envie d’aller traîner sur des sites avec de vrais réactionnaires, ça risquerait de m’énerver).


Critique : la faute au langage ?

Une amie anglophone, plus précisément trilingue, nous disait un jour que le français manquait de beaucoup de termes. Qu’il y a des mots uniques dans cette langues pour lesquels l’anglais donne un paquet de synonymes pas vraiment synonymes. Les nuances sont subtiles mais nécessaires. A cela, on peut opposer que les « synonymes » français ne sont juste pas employés dans le langage courant. Pourtant ils existent. Cette langue est utilisée pour faire de la littérature, et pas qu’un peu, ça serait dommage qu’elle soit pauvre.

Toujours est il que parfois, les mots sont ambigus. Et que quand ils sont inscrits dans la loi, il ne vaudrait mieux pas qu’ils soient compris de travers.

Que dit on quand on parle d’égalité ? Fait-on bien la différence entre l’égalité stricte, mathématique et l’égalité entre les individus ? Et c’est quoi, l’égalité entre les individus ?

D’ailleurs, est-ce qu’on utilise le bon mot, là ?

L’égalité, c’est la notion de similitude/d’équivalence (mais attention, en maths les trois sont carrément différents). C’est l’absence de toute discrimination. C’est l’uniformité, la régularité quand on compare des éléments.

L’autre mot intéressant, c’est l’équité. « Une forme d’égalité », de juste traitement. L’idée de justice naturelle, dans le domaine de l’éthique. Appelle à impartialité, à la notion de bien commun. S’oppose à l’arbitraire. Sa racine latine, c’est la même que pour égalité.

…C’était la minute définition, sponsorisée par le Larousse # et Wikipedia #.

Par ici, quand on cherche à voir l’absence de toute discrimination on le fait pour établir la justice, donc l’impartialité. On croît parler d’équité en prononçant le mot « égalité ». Pourtant, il n’est question dans les textes et dans le langage que d’égalité. Et c’est là-dessus que se fait l’interprétation.

Intéressons nous à deux cas pratiques qui me tiennent à cœur

1) Égalité Homme/Femme

C’est l’argument qui divise les féministes. Est-ce qu’on considère qu’il existe des différences de genre ? Hommes et femmes sont différents du fait de leur constitution physique, c’est visible. Ils ne sont pas égaux dans le sens où ils possèdent des attributs physiques différents. Alors, que doivent revendiquer les féministes ? Est-ce que les femmes doivent adopter les manières et apparences des hommes, ou alors doivent-elles continuer à avoir une apparence qualifiée de « féminine », à affirmer leur différence ? 

Les différences d’apparence n’impliquent en aucun cas la nécessité d’une différence de traitement. Elles ne justifient pas de discrimination au niveau des droits.

Alors non, à mon avis, l’égalité homme/femme qui est revendiquée par les féministes n’implique pas de masquer (voire de nier) les différences physiques (mentales, comportementales si elles existent) entre les deux genres.

 L’abstraction intervient là où il faut voir au delà de la notion/du statut d’homme ou de femme, c’est niais voire évident mais on est des humains. Et ici l’égalité au sens de similitude s’applique.

2) Langues et cultures minoritaires

L’article premier de la constitution française donne :

- l’égalité devant la loi de tout citoyen, sans distinction d’origine

- la France est une république une et indivisible.

On y garantit l’égalité et la solidarité des peuples qui composent la République

Par ailleurs, l’union européenne dispose d’une charte : Charte européenne des langues régionales et minoritaires. En France, elle a été signée mais jamais ratifiée (pour les illettrés comme moi qui ont du mal avec les mots barbares : ratifier c’est reconnaître comme vrai/valide). En effet, « la langue de la République est le français », et donc cette charte ne convient pas au principe d’égalité des citoyens devant la loi » (Conseil constitutionnel).

Pourtant, il me paraît que dans le cadre de la justice naturelle, il est plutôt important de respecter la culture de chacun. Ne pas reconnaître une langue (minoritaire), ne pas la rendre accessible pour un peuple donné n’apparaît pas comme démocratique (… à mon avis). Mais, les langue minoritaires s’identifient à une partie de « la singularité irréductible de l’âme d’un peuple » chère aux particularistes (opposants à l’idéologie des Lumières).

Il serait rationnel d’adopter une langue commune à tous, mais c’est une attaque à la liberté individuelle que de refuser à un peuple d’employer sa propre langue.

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Deux en un. Avec luminosité bizarre (nuit américaine ? Genre j’ai de la culture ?)

         DONC.

Le mot utilisé est celui d’égalité. Dans l’idéal des Lumières, il tend vers l’équité (si j’ai bien compris : parce que c’est ce principe d’équité qui a l’air cool). Dans les fait, lors de l’application de ces idées lumineuses il est question de rationalité stricte, l’égalité mathématique : être pareil.

Les gens, faites-moi part de vos désaccords, critiques aussi, pour me faire réfléchir (comme un miroir)   :D

Et puis, il y avait longtemps : une chanson à texte.

 


Un partage : témoignage

Bettasplendens vient de publier un article sur le féminisme chez les hommes. Des gens viennent de manifester contre la taxe tampon. Une campagne contre le harcèlement dans les transports en commun a été lancée par le gouvernement et ce n’est pas trop tôt, au vu des nombreux témoignages glauques qui fleurissaient sur le net. Bref, un peu de revendication d’égalité entre les sexes (oui, « féminisme » ça pique il paraît), ça peut pas faire de mal.

Maintenant, mise en contexte :
Un jour, il y a fort fort longtemps, j’ai créé une catégorie « informations« . Cela signifie, dans une dimension parallèle, qu’il s’agit d’une catégorie de « copier-coller », parce que si je vous mets juste un lien vous n’allez pas forcément cliquer. Là c’est important, donc voici sous vos yeux ébahis : un article en provenance du blog « Alors voilà ». C’est un témoignage. Et peut-être que vous l’avez déjà vu parce qu’il a été partagé partout et je vis dans une caverne donc je ne suis pas au courant …

 Les choses que je sais et celles que je ne saurai jamais.

Je sais que je suis un homme de 30 ans, blond, blanc, cis-genre, médecin, socialement bien intégré, et je sais que je jouis sans le savoir de privilèges nombreux qui ne sont en aucun cas le fait d’un mérite quelconque.
Quand j’ai demandé aux femmes qui m’entourent ce qu’était le sexisme, ce qu’était « factuellement » le sexisme, je me suis rendu compte, pour la première fois de ma vie, des mille et une petites choses qui concourent à mes privilèges. Je sens déjà que certaines femmes vont rire, et que les plus féministes d’entre elles grinceront des dents. Mais je leur demande la même indulgence qu’on octroie à cet enfant qui découvre la non existence du Père Noël ou à cet autre qui tombe des nues et s’aperçoit que, non, ce n’est pas une bonne fée qui vient subtiliser la dent sous l’oreiller pour la remplacer par une pièce de 1€…
D’ailleurs, pardon pour elles, mais ce texte s’adresse avant tout aux hommes. Aux hommes qui ne savent pas et qui ne sauront jamais.
Je ne sais pas et je ne saurai jamais ce qu’on ressent quand le vendeur du magasin de bricolage regarde l’homme qui m’accompagne pour répondre à MA question concernant MA salle de bain.
Je ne sais pas et je ne saurai jamais ce qu’on ressent quand la maîtresse d’école s’adresse systématiquement à la maman quand il s’agit de parler des enfants. Ou la colère sourde dans mes tripes de femme violée quand un expert psychiatre dira d’un accusé en cour d’assises : « c’est un dérapage, un acte d’opportunité ».
Je ne connais pas et je ne connaîtrai jamais l’indignation d’entendre qualifiée de « caprice » ma volonté de garder mon nom de jeune fille, ou ce qu’on ressent quand le maire de la troisième ville de France parle de ses collègues élus masculins en termes de « compétences », mais évoque la nouvelle élue à l’agglomération en s’exclamant « jolie, en plus ! ».
Je ne sais pas et je ne saurai jamais l’envie brûlante d’expliquer au notaire que non, vraiment non, quand il y a écrit sur le papier officiel « Mme et M [prénom-nom du mari] » moi, en tant que femme, je n’apparais pas. Qu’éprouve-t-on lorsqu’il vous répond : « Mais allons, madame, c’est PAREIL ! » ? Je ne le sais pas et je ne le saurai jamais.
(Et je ne parle même pas des chéquiers… Les femmes comprendront, les hommes pas du tout…)
Je ne sais pas et ne saurai jamais ce que c’est que de vivre dans une société où la plupart des insultes et des jurons sont liés à mon sexe de femme. « Con, connasse, Salope, va te faire foutre, putain, pute, va te faire enculer, enculée, pétasse,  » autant de mots de tous les jours qui me rappellent ma condition de pénétrée et la suprématie du pénétrant. (Rajoutons les PD, tarlouze, tante, etc.). ET TOUT LE MONDE TROUVE CELA NORMAL ?!?!?
Je sais, cependant, que plus j’accumulerai de conquêtes féminines plus je serai un tombeur, mais je ne saurai jamais ce que ça fait de se faire traiter de chaudasse, ou salope, parce que je suis une femme et que je prétends aux mêmes droits à la sensualité que les hommes. Je sais aussi, la honte induite et idiote, que j’ai ressentie petit garçon quand on m’a dit : « arrête de pleurer comme une fille ! ». Alors, ça pleure comment une fille ? Avec ou sans les larmes ? Avec ou sans les yeux ? Est-ce que ça hoquette ? Est-ce que ça renifle ? (Sérieux, c’est une vraie question ça…)
Je ne sais pas et je ne saurai jamais que, pour chercher des informations sur mes impôts, je les trouverai en réalité sous le numéro fiscal de mon mari.
De même, on ne m’a jamais demandé : « Et le bébé c’est pour quand ? » au cours d’un entretien d’embauche. On ne me fait pas payer mes rasoirs trois fois plus cher parce qu’ils sont bleus ou des Stabilo parce qu’ils sont spécialement faits pour les hommes.
On ne me regarde pas de travers quand je dis ne pas vouloir d’enfant. On ne me dis pas : « tu as une ampoule grillée sur ta voiture, il faut que ta femme s’en occupe ». Cependant, je sais qu’on me regarde avec approbation quand je dis que je repasse le linge, comme si c’était un exploit. (Et merde, la porcherie est partagée, on est plusieurs à vivre dedans, non ?)
Je ne sais pas et je ne saurai jamais le rire salace du policier qui prend la plainte pour viol de ma compagne lesbienne et murmure à son collègue : « Pour une fois qu’elle avait un vrai pénis entre les jambes ! »
Je ne sais pas et je ne saurai jamais l’envie de frapper mes interlocuteurs quand, étant mariée avec deux enfants, j’accepterai un super job bien payé à 400 km de chez moi et que je m’entendrai dire : « Comment tu vas faire avec les enfants ? »
Parce que ÇA, on ne le dit JAMAIS à un homme.
Je ne sais pas et je ne saurai jamais pourquoi à l’école on insiste toujours pour appeler d’abord la maman plutôt que le papa quand la fillette vomit. Je ne sais pas je ne saurai jamais pourquoi, dans les magasins, on trouve toutes les tailles pour les hommes, mais rien au-dessus du 44 pour les femmes. Parce que « les grosses, c’est moche, elles vont sur le net », alors que les hommes avec de l’embonpoint c’est le pouvoir et la force de l’âge ! Amen !
Je sais (et je me souviens) de l’indignité d’un chef aux Urgences prétendant de toute sa puissante voix virile que non, l’excision est une coutume locale et qu’on « se doit de la respecter parce que ça rend la femme respectable ».
Je ne sais pas et je ne saurai jamais ce que ça fait de réduire mon indignation d’être humain à un simple désordre hormonal en un réducteur et lapidaire : « T’as tes ragnagnas, ou quoi ? », digne successeur du « T’as un trouble hystérique, ou quoi » du 19 ieme siècle. (Pour les tordus de philo : « Le sexisme c’est emprisonner quelqu’un à l’extérieur de ce qu’il est. » Vous avez 4 heures.)
Est-ce que je suis en colère quand, étant une femme travaillant dans un pays européen, j’apprends que depuis le lundi 2 novembre au soir, je ne suis plus payée ? (Oui, oui, en Europe, un employé femme gagne en effet en moyenne 16 % de moins qu’un employé homme. Rapporté sur 365 jours, c’est comme si elles étaient rémunérées cinquante-neuf jours DE MOINS par an !) Je crois que oui, je serais en colère. Très en colère.
Je ne sais pas et je ne saurai jamais ce qu’on ressent quand, alors que je suis chef d’entreprise et qu’une discussion devient pointilleuse avec un client, celui-ci demande à parler au patron.
« C’est moi le patron ! CONNARD ! »
(mais qu’est-ce qu’IL a celui-là ? IL a ses ragnagnas, ou quoi ?)
Je ne sais pas et ne saurai jamais ce que c’est de devoir assumer SEULE, dans mon corps et dans mon porte-monnaie, le poids de la contraception de mon COUPLE.
Je ne sais pas et je ne saurai jamais ce qu’on ressent quand soudain, dans l’avion, alors que je suis à ma place, l’hôtesse de l’air vient m’expliquer que je dois changer de place car je suis près de l’issue de secours et qu’il faut un homme à cette place. Je ne sais pas et je ne saurai jamais ce que ça fait de se faire traiter de sale pute parce que je porte une jupe, et que non, cela ne veut pas dire que j’ai envie de baiser (et quand bien même !), mais que simplement je me sens bien en jupe ou belle, ou les deux, et que tout être humain a le droit d’être bien dans sa peau et de se sentir beau. Je ne sais pas et je ne saurai jamais la colère d’avoir un doctorat et de pourtant devoir affronter des gens qui persistent à voir en moi une assistante, une secrétaire, une infirmière, une aide-soignante, enfin bref, tout ce qui n’est pas un docteur (je ne dévalorise en aucun cas ces métiers, simplement le fait qu’ils soient, dans l’imaginaire collectif, réservés aux femmes). Je sais, cependant, qu’il est difficile de trouver un déguisement de docteur pour ma nièce, quand seuls des déguisements d’infirmière sont proposés aux petites filles, et de docteur aux petits garçons. Je sais, aussi, que dire d’une enfant « c’est un garçon manqué », c’est dire étymologiquement que l’enfant est ratée. Je sais aussi que le sexisme c’est consacrer spécialement une journée par an aux droits de la femme et aucune à ceux de l’homme avec un h minuscule (oui, il y a une ironie désabusée dans cette phrase.) Le sexisme c’est aussi (surtout ???) la femme qui aura lu ce gros pavé jusque-là et qui se demandera si tout cela EST vraiment du sexisme. Oui, je sais, au fond de moi, que le sexisme, le vrai, celui qui a gagné je veux dire, c’est cette femme, seule devant ce texte, en train de se dire que, finalement, tout cela « ce n’est pas si grave »…
Je pourrais continuer indéfiniment la liste des choses que je sais et celle des choses que je ne sais pas et que je ne saurai jamais. Alors j’incite le lecteur de ce texte à demander aux femmes qui l’entourent ce qui, pour elles, est le sexisme. Le sexisme pragmatique, j’entends. Factuel. Tangible. Quotidien. Palpable dans le réel. Où est-il ? Qui est-il ? Comment agit-il ? Parce que non, définitivement non, quand on est un homme, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses qu’on ne voit pas, qu’on ne sait pas. Et qu’on ne saura jamais. Demandez aux femmes autour de vous, renseignez-vous, croquez la pilule rouge ! Et si vous vous décidiez à changez votre point de vue, à prendre la place de l’autre ? C’est comme ça que les révolutions arrivent : on commence par changer sa manière de regarder le monde, puis un jour voilà que le monde entier a changé.

Baptiste Beaulieu ©

À partager avec vos amis. Un maximum. Pour que les choses changent.

Un article du blog « Alors Voilà », venez nous découvrir sur : http://www.alorsvoila.com

Article flemme, facilité ? Nein. Au fait, merci d’avoir lu jusqu’ici. Je voulais partager ce témoignage parce que je le trouve sympa. Je le trouve assez complet, parfois un peu exagéré, et c’est d’ailleurs là que je me demande : suis-je de celles qui se disent « ce n’est pas si grave » ? Ai-je de la chance ou suis-je insensible aux conneries dans cette société ?

Je suis de celles qui pensent que les hommes sont aussi plus victimes de l’inégalité entre les sexes que ce que l’on croit, et là … Il n’en parle pas. Alors je vais guetter les commentaires sur l’article de Bettasplendens.

Un partage : témoignage dans Informations E2-Harcelement-Abribus-Decaux-1185x1750-HD


Le mec au hasard dans le RER

Au hasard, j’ai demandé à cette personne si le RER allait bien où je voulais. Au hasard, je me suis installée dans un wagon presque vide et quand il est venu me parler j’ai continué la conversation. On ne peut pas déterminer le discours de chaque personne dans les transports d’île de France, on ne pet pas en faire une moyenne, ni même en trouver les grandes lignes. Surtout que moi, je ne suis pas d’ici et je pense que ça se voit. Peut-être que cette personne avec qui j’ai discuté était prise au hasard dans une population RER C – fin de journée. Son discours servira pour les autres, tant que je n’ai pas rencontré d’autres personnes au hasard pour contrebalancer son point de vue.

Le mec au hasard dans le RER dans Chroniques d'un Gourou Cascata-Skogafoss-Islanda_600x450

Approche tout à fait classique, du moins facile au vu de ma sale gueule : dure journée, hein ?  Fatiguant, la vie ? Bref, quelque chose comme ça. Moi, oui, je suis fatiguée : je réponds « oui ». Il s’avère que ce mec bosse dur, trois emplois dont au moins un au noir, bâtiment, ménages, « commerce » (j’ai des doutes quant à la signification du dernier). Ah non, je n’ai pas ce mérite, moi je fais encore mes études. T’as quel âge, 20 ans ? Oui, presque. Oui, après mes études je chercherai un travail.  Oui, j’ai un copain – de quoi je me mêle ? Et comment tu as amené cette question ?

Il me dit qu’il vaut mieux avoir une femme/une compagne/un compagnon français, « là ça va » parce que ça travaille, ça ramène de l’argent. Parce que la vie est chère, que rien qu’avec le loyer et les charges type électricité et abonnement téléphonique, il reste juste de quoi manger. Parce que la femme à la maison elle va demander des sous à son mari mais il lui reste, quoi, dix euros ? Lui n’a pas de copine ni de femme. Lui, il cherche.

Il m’a demandé plusieurs fois : « et à la fin, on a quoi ? ». On parlait bas parce qu’on était dans le wagon, je t’avoue que je ne comprenais pas tout du premier coup, alors on est partis au niveau des portes. « A la fin », c’est « 75 ans, la retraite ». Rien que cette affirmation, purée que c’est triste. Il m’a déjà dit que travailler comme couvreur au noir, ça veut dire pas d’échafaudage, ça veut dire tu tombes t’es mort. Ou sérieusement handicapé, et sans assurance (on s’en doutait). Ah oui ça gagne bien mieux que les ménages, mais c’est dangereux. Et maintenant il me dit que tout ça se finit à 75 ans. Qu’à 72 ans, si t’es toujours en vie, t’es susceptible d’encore monter sur les toits. Et donc, si tu arrives à 75 ans, il y a la retraite.

« A la fin », est-ce que tu restes en France ? Non, la vie est moins chère ailleurs. Encore faut-il recevoir une éventuelle retraite française. « Donne-moi le prix d’une maison à la Martinique ». Il m’a donné (puisque je ne trouvais pas) le prix d’une maison en Bretagne. Les maisons auxquelles on pense ne doivent pas être les mêmes. Nos façons de dépenser une retraite non plus. Il y a un décalage entre : je me tue au boulot avec un salaire de merde et je paye une maison luxueuse avec des employés pour faire le ménage dedans. (Malheureusement, ça ne fonctionne pas au mérite.) …Et puis je prends le taxi aussi, tiens. Après, il te reste 100 euros sur les 400 de la retraite. Pour les cigarettes ou l’hôpital  ? Je pense qu’il veut illustrer un « pas assez », un choix forcé. En vrai, la question ne se pose pas, si ?

***

Et il y a sa conception du couple, du mariage, des enfants (parce que concevoir des enfants, c’est intéressant). Je ne voulais pas faire d’article féministe ou apparenté (il y a des gens à qui ça fait peur : bouh !). Il m’arrive de faire d’autres choses, en fait. Là, je risque de retomber dans le thème, pourtant il n’est question que de société. Société et coutumes, habitudes, idées reçues.

« Par exemple, tu te maries avec moi ». Par exemple … Exemple beaucoup employé par monsieur. Tss. Plusieurs théories intéressantes à retenir : 1.Si tu ne fais pas d’enfants, je cherche une autre femme. Est-ce que tu reste célibataire ? Non, parce que 2.*Dessine un sexe féminin avec ses mains* Deux fois par semaine ! Si si, ou alors tu as un problème dans la tête. Aussi, 3. La loi t’interdit de travailler avant que tes enfants aient trois ans.

« Quoi, tu ne penses pas avoir d’enfants avant 25 ans ? Et quand vas-tu te marier ? » Il aurait pu croiser une personne « normale » qui veut deux enfants un jour. Alors que moi,  comment te dire ? Je veux planter des arbres. Et je ne pense pas que monsieur soit ouvert à cette idée. Déjà que « les enfants » se sont transformés en « un fils » pour lui au long de son discours, j’aurais pu vouloir des gosses, être un pissenlit et pourtant ne pas être d’accord avec lui.

En fait, il posait le fait d’être quittée par son mari comme un drame (deux fois par semaine !) alors que c’est pas choquant (dans sa vision des choses en tous cas) : en effet, le mari est celui qui arrive après que ton copain se soit lassé de toi. Disons que tu te maries par dépit, parce qu’il faut des enfants. Et même ces fameuses deux fois par semaine ne sont plus un argument, puisqu’il m’a dit qu’une fois les enfants faits, le mari se détourne de sa femme. Alors, on se découvre un problème dans la tête ?

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Quand je suis descendue du RER, il m’a dit qu’on pouvait se rappeler. Je ne connais pas son nom, encore moins son numéro, c’est la personne au hasard dans le RER, peut-être que j’en verrai d’autres.


Le Cas Cis

Le Cas Cis dans Chroniques d'un Gourou tumblr_nskdncgHA91ted1sho1_1280 #

Hier, j’étais chez le médecin, et surtout, avant, j’étais dans la salle d’attente du médecin. Tout comme le dentiste ou … le dentiste, le médecin généraliste est abonné à des magazines scientifiques type Voici, voilà, et j’en passe. Mon médecin propose entre autres Paris Match, Ouest-France (ce qui donne à la pile de revues un aspect bordélique à souhaits – essayez de replier proprement un journal que vous venez de lire), et enfin Psychologies magazine.

Dans Psychologies, il y a une rubrique formidable où les gens posent des questions à une psy, avec une partie spécialement dédiée aux enfants (moins de 12 ans je crois). C’est après le sordide épisode de « Comment expliquer à ma mère que je n’aime pas que mon oncle me viole ? » que j’ai trouvé la question d’une fille de 6 ans : Je voudrais être un garçon.

Oooh, trop mimi, une fille de 6 ans qui ne veut pas être une fille ! Est-ce qu’à 6 ans, je ne voulais plus être une fille ? Est-ce que ça m’a pris plus tard ? Toujours est-il que je m’identifie à cette gamine (plus qu’à celle qui a une famille sordide, dieu dame nature merci). Évidemment, j’ai été déçue de la réponse.

Il est vrai que ça serait mal placé d’annoncer à la petite fille – ainsi qu’à ses parents – qu’il existe des traitements hormonaux, des opérations chirurgicales, pour remédier à son problème. Après tout, c’est une petite fille, on ne sais pas si elle est trans, ses parents ne savent même pas ce que c’est, au secours, c’est peut-être un problème mental. Après tout, ils ont recours au magazine Psychologies et pas à un suivi psychologique digne de ce nom (#lapsychalalyseauraitpuchangermavie).

Attention, je ne dénigre pas le magazine en question – ni ses lecteurs – , qui est quand même assez complet et diversifié, je l’ai préféré à Paris Match pour attendre mon tour, et puis ma mère et ma sœur le lisent à la maison.

Toutefois, dire à cet enfant : « Tu ne peux rien y faire, c’est impossible de naître une deuxième fois dans un  autre corps », ça lui casse le mythe de la réincarnation, et ça lui casse le mythe de « la gentille psy va te rassurer ». D’accord, un psy n’est pas destiné à entretenir des mythes, pourtant je trouve qu’avec les enfants, il vaut mieux les amener à se poser des questions et à réfléchir par eux-mêmes (d’ailleurs, pas seulement avec les enfants), plutôt que de leur asséner une vérité indiscutable avant de développer une réponse.

De plus, la suite de la réponse de la psy m’a également agacée. Trop de clichés à mon goût.

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Tu veux être un garçon car tu préfères le corps de ton frère ? Tu sais, avoir un sexe externe c’est pas forcément le top.

Parce que c’est bien connu, vouloir être un garçon c’est vouloir un pénis. Vas-y que je te calque un fantasme masculin sur une petite fille. D’ailleurs, peut-être même pas un fantasme masculin. Je ne sais pas comment l’appeler. Mais garçon = pénis, c’est un peu rapide. On ne naît pas garçon, on le devient ! Ou peut-être qu’à la naissance, il y a ceux qui ont un pénis et ceux qui n’en ont pas. C’est d’ailleurs comme ça qu’on fait la différence à la maternité, mais je ne crois pas que la fillette demandait à ce qu’on lui trouve un pénis quand elle est sortie de sa maman.

A croire que la psy a vu : « Je veux être un garçon » =  « Changez mon acte de naissance et assignez-moi un sexe masculin »

 

Le corps féminin est formidable, tu peux faire des bébés avec, et ça les garçons en sont jaloux.

Ça ne se discute pas, les femmes (les personnes avec un corps de femme) peuvent effectivement être enceintes pour la plupart. Les garçons qui sont jaloux, pourquoi pas, ça peut être intéressant de faire l’expérience d’être enceinte et ils ne peuvent pas la faire.

Mais toujours pareil, « femme = corps de femme« , zut ! Être psy ne nécessite sans doute pas la connaissance parfaite de la définition du cisgenre, mais savoir faire la différence entre sexe assigné à la naissance, identité personnelle, corps, ça fait partie des outils pour mieux s’exprimer.

Quand on ne veut pas être une fille, l’argument « mais siiii, tu feras tout plein d’enfants » ne fonctionne pas très bien, croyez-moi. Comme si faire ce qui correspond au sexe biologique – assigné à la naissance (il y a une nuance entre les deux, mais ça devient trop compliqué)- allait permettre à l’identité personnelle de s’aligner avec. 

 Féminisme dans Chroniques d'un Gourou

Ne soyons pas aussi extrêmes que l’Odieux Connard l’entend, mais les mots existent, utilisons-les !
(Si tu as le temps, l’image est un lien vers un article plutôt génial)
 

 Même s’il est possible que cet enfant ait voulu un sexe de garçon, il est bien plus probable qu’elle ait voulu être de sexe masculin.  Plus précisément, de genre masculin.

D’ailleurs, je t’invite à faire cet effort : quand il y a « sexe » dans une phrase, essaie de remplacer par « genre », c’est parfois plus adéquat, et ça évite les confusions. Bon, parfois, tu peux laisser « sexe »… (Quoi, ta copine est accro au genre ?)

On dit que c’est autour de 4 ans que l’on fait la différence entre garçon et fille. Pourtant, à l’école, on ne se promène pas à poil, donc la différence ne se fait pas a priori sur le sexe interne ou externe. Sur quoi se fait la distinction ? Quand mon neveu lui demandait, ma sœur lui a expliqué que les filles avaient les cheveux plus longs que les garçons. J’ai connu ma sœur avec des cheveux très courts (moins de 10 cm) pendant plusieurs années, pourtant elle est restée plus féminine que la plupart des métalleux du Motocultor. Enfin, elle est restée une femme, quoi. Et elle a même eu un enfant (quel corps formidable !).

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Motocultor festival. Que j’aime ce nom. J’ai d’abord voulu mettre une photo plus « cliché », mais j’ai préféré celle-ci.

Je ne sais pas sur quels critères les enfants s’assignent un genre. Je sais juste qu’ils n’aiment pas qu’on se trompe.

Des idées ?

(T’as le droit de me dire aussi que je pars trop loin et qu’en fait avoir un pénis, c’est cool. Juste : dis moi pourquoi)


Comment assassiner nos enfants. En 3 parties.

Aujourd’hui : l’avortement. Abortion, pour les internationalistes, pour ceux qui voudraient voyager en ne parlant qu’une langue — et en parlant de l’Interruption Volontaire de Grossesse.

(Autant que les voyages forment la jeunesse plutôt que la grossesse, mais bon…)

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Ma digarezit tudoù, met un dibab isikis am eus graet evit an pennad-mañ. En effet, loin de moi l’idée de frimer, mais cet article est à l’état d’ébauche dans mon esprit depuis mon dernier cours d’anglais. Du coup, j’y ai pensé… en anglais.

During our last (last this year) english lesson, someone exposed his point of view about abortion and it shocked me. I was shocked for many reasons. First, it is not an easy thing to shock me… I can get irritated very easily, but I try to keep being open. When it comes to abortion or womens’ rights, beware !

Sérieux, dans n’importe quel cas général, quand il s’agit de donner des libertés aux autres, quand on n’est pas concernés, pourquoi s’y opposer ? Chers réacs, je vous laisse celle-là: je parle ici d’un sujet où il y a une vie innocente en jeu, indignez-vous !

I was shocked because as well as the teacher, it is a guy of my age who opposed abortion. I thought young people were more open to that kind of things, though… Well, he didn’t really opposed it:

« I think this should be enabled for girls who were raped, and that anyway abortion should remain at the woman’s own expense »

(He didn’t say it exactly this way, he is allowed to complain about it).

En gros : L’avortement autorisé pour les femmes violées / L’avortement à la charge de la femme qui avorte.

So, this is not opposition. Only a big huge high restriction. Yet, it raises many different issues. One single point of view reflecting how conservative are (some of) the young…

Comment assassiner nos enfants. En 3 parties. dans Chroniques d'un Gourou gif-batman-joker-guy-with-a-plan.0

Emaon o vont da cheñch yezh adarre. Penaos lakaat troidigezhioù hep hiraat re ar pennad ?

PREMIÈRE IDÉE. Puisqu’on veut laisser l’avortement accessible (uniquement) aux femmes violées, on entend par là:

« Tandis que l’avortement est un crime évitable, le viol est, lui, ancré et inévitable »

Rappel: je ne suis pas d’accord avec ce gars.

On ne le dit pas, on n’entend jamais ce genre de propos. Mais avouez que c’est dans l’imaginaire commun. La prostitution est le plus vieux métier du monde, et le viol s’est fait sa place dans la société, c’est trop tard pour l’en sortir. C’est peut être vrai: nous sommes des animaux. Peut-être qu’on réfléchit, mais il y en a chez qui ça fonctionne mal (ça fonctionne mâle ?). Certes.

Mais le viol constitue un crime:  c’est un truc pas bien, c’est sale, c’est méchant, ça abîme les gens. C’est pour ça que ça fait partie des tortures de guerre, parce que c’est bien dégueulasse, et ça concerne tout le monde (près de 25% des prisonniers [oui, des mecs] états-uniens victimes de viol selon wikipedia !).

Et … ça serait moins grave que l’avortement. Je suis d’accord que faire avorter des gens de force ressemble drôlement à un crime. MAIS Autoriser l’avortement ce n’est pas forcer des gens à le faire. Et c’est réglementé.  (Est-ce que le viol peut être réglementé ? Non !).

C’est ce qui indignait le professeur d’anglais: que l’avortement puisse être considéré comme un droit fondamental des femmes…

 

DEUXIÈME IDÉE. Un droit fondamental ou un caprice ?

« L’avortement, c’est une solution de facilité ».

Celle- là, on l’entend souvent. Par exemple, le programme de notre parti d’extrême droite national dit que « le libre choix pour les femmes doit pourvoir être celui de ne pas avorter » (programme électoral, page 37). Bien tourné (il y a libre et choix, ça fait cool). En fait, ce n’est PAS facile !! Les femmes n’avortent pas parce qu’elles ont la flemme de prendre la pilule. Souvent, elles prennent déjà la pilule et tombent quand même enceintes. Les femmes n’avortent pas pour leur plaisir. Ce sont ces personnes, je l’ai déjà dit plus haut: les personnes réfléchissent.  Elles avortent parce qu’elles ont réfléchi, après y avoir réfléchi, en réfléchissant… En fait, l’avortement peut être assez rapide et sans douleur (quand on s’y prend assez tôt), ou alors douloureux, pour le corps et l’esprit, et avec pas de chance on peut tomber sur un réac’ pour l’échographie qui vous dit: « oh regardez, il bouge ! » Pour la culpabilisation, c’est sympa.

 

TROISIÈME IDÉE. Aux États unis, il y a eu autant d’avortements depuis Roe v Wade qu’il y a de sud-Africains. Argument choquant !

Rendez-vous compte, tout ces morts ?

Non, il n’y a pas eu de morts. Et justement… What if these children were born ? (oh, une réminiscence…) Pareil en France, on nous dit avec une tête d’enterrement que 220 000 IVG ont lieu chaque année. Mais c’est cool les gens ! Regardez-moi tous ces chômeurs en moins !

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Soyons précis.

Sérieux, on est en train de se rendre compte qu’en fait de la population vieillissante qu’on nous avait prédite, les naissances des années 2000 sont un baby-boom. Il y a plein de jeunes pour payer vos retraites, les gens.

Pour ce qui est de la population de l’Afrique du sud « manquante » aux états unis… Si tous ces enfants avaient vécu, ils auraient été 31% d’obèses (doctissimo), et je ne sais pas si un obèse mange plus que quelqu’un en bonne santé, mais sûrement plus qu’un somalien. Et puisqu’il n’y a pas de production infinie dans un monde fini, ça aurait fait un manque de bouffe pour l’équivalent de l’Afrique du sud toute entière ! Ça en fait, de la famine.

Je me permets d’ajouter que ce pseudo-manque ne déséquilibre pas la société, contrairement au manque de femmes en Inde: avortement sélectif, mais pas que: brûler des filles prêtes à se marier, ça vous tente ?

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Non, personne ne court brûler des femmes parce que leur famille n’a pas de dot (ou pour une toute autre raison, d’ailleurs). Parce qu’il faut RÉFLÉCHIR. En attendant, méfiez-vous du Guerrier en colère qui sommeille en moi.

J’aimerais conclure par des souhaits machiavéliques. Je souhaite à ce gars de mettre sa copine enceinte. Parce que la question de l’avortement ne sera pas seulement le problème de cette éventuelle copine, mais bien aussi le sien.

Je souhaite aussi que, malgré l’horreur que cela inspire à mon professeur d’anglais, l’avortement devienne et reste un droit fondamental. Et accessible (tant qu’on y est). Parce qu’il ne suffit pas d’aller loin dans l’espace et dans le temps pour que les libertés foutent le camp… 


Un peu d’action dans ce monde de fous.

J’ai une colle de physique à préparer. J’ai quelques DM à faire puis à rendre. Il y a des concours dans 7 mois. Pourtant… Pourtant je suis une mauvaise élève. J’ai osé ouvrir Mozilla, et ce pas uniquement pour me rendre sur ma page d’accueil qui est désormais celle-ci.  J’ai regardé une vidéo de 11 minutes et 47 secondes. Pour ma bonne conscience, celle-ci est en anglais. Ah, quand même…

Emma Watson est quelqu’un de bien. Non, je ne la connais pas personnellement, mais je me permets de la juger: elle a trop la classe. Je pense que cette vidéo va vite fait être vue par beaucoup de monde, en tous cas il y a du monde que va partager, j’ose espérer que du monde va sacrifier 11 minutes 47 » pour tout écouter. Je crois que ça en vaut la peine, parce que … c’est clair, c’est beau, c’est précis.

Image de prévisualisation YouTube 

« The more I’ve spoken about feminism the more I have realized that fighting for women’s rights has too often become synonymous with man hating.« 

Ouais, le féminisme est un terme que les gens ne veulent plus utiliser.  Et la haine est à la mode. Si on se met à avoir la haine des mots en plus… En ce moment, en France, les gens ne vont même plus utiliser « genre ». Parce que c’est devenu une théorie, et une théorie c’est forcément mal. « Egalité » est devenu pour certains groupes réactionnaires, un synonyme de harcèlement sexuel organisé dans les écoles. J’exagère à peine. Des gens, dans ce même pays, on manifesté pour garder les clichés de soumission et autres. En Espagne, on ne peut plus avorter … Bref. Il devient urgent de faire quelque chose, parce qu’on constate qu’une liberté n’est jamais vraiment acquise, et les gens se focalisent bêtement sur des mots.

« If you still hate the word, it is not the word that is important, it’s the idea and the ambition behind it. »

Et c’est pour ça que j’aime ce discours. C’est un appel à agir. Et quel qu’il soit (avec quelques restrictions tout de même), un appel à agir est motivant. Il y en a qui attendent la révolution intérieure de chacun. Je ne doute pas du fait qu’une telle révolution sera efficace et impressionnante. Je doute seulement du fait qu’elle arrive à temps. Si le temps n’est pas linéaire, si tout n’est que construction de l’esprit, je veux quand même avoir une vie sympa.

« Ask yourself, if not me, who? If not now, when ?« 

J’aime les appels à agir. J’aime le mouvement. Non, je ne me lance pas dans une période bisounours et je ne vais pas continuer avec un « J’aime les entreprises », quelle que soit la langue employée.

« We don’t often talk about men being imprisoned by gender stereotypes« 

Je ne suis pas assez masculine pour témoigner, mais je crois bien qu’elle ne dit pas ça au hasard. Et puis les gars, ce n’est pas parce qu’elle veut vous victimiser comme de vulgaires faibles. (Comment ça je suis encore dans le cliché ?)

Et moins sérieusement, s’il y avait eu la couture, la cuisine et les enfants dans les tâches typiquement masculines, je pense que j’aurais été beaucoup plus intéressée. Secrètement, j’ai voulu apprendre la couture, j’ai voulu savoir cuisiner. Mais je suis trop préoccupée par ces idées reçues. Ne voulant pas correspondre à l’image que la société me renvoie, je me suis fermé des portes. Résultat: je sais faire des pâtes. Je peux aussi mettre une pizza surgelée dans un four. Par contre, pour ce qui est des enfants… J’ai envie de vous renvoyer à cet article.

De façon plus efficace, vous pouvez aller là (c’est un peu le but de la vidéo) : http://www.heforshe.org/

Au fait, je pense rester une fille. Les changements de sexes impliquent une prise d’hormones trop importante. Je n’ai toujours pas trouvé le moyen d’être asexuée. Et puis après tout, c’est peut-être bien d’être une fille ! (Mais pas une femme, s’il vous plaît, je ne veux pas être une femme…)


Être en dehors

Une femme libre, ça n’existe pas. C’est comme Dieu, c’est une idée, c’est  quelque chose de pas incarné. C’est un idéal qu’on voudrait atteindre. En généralisant, on peut dire que les hommes libres, ils n’existent pas non plus. Mais pour ce qui est du pouvoir, si on pense liberté comme pouvoir, si être libre c’est faire, alors les femmes sont plus moins libres que les hommes. Le meilleur statut paraît être celui d’escargot, mais c’est un autre sujet. Apparemment, je ne suis pas touchée. Pas directement, pas officiellement, mais c’est tellement proche.

Sterenn 

1936, une guerre civile en Espagne, sauf erreur de ma part, et aucune intervention de la France malgré la possibilité, sauf erreur de ma part. Aujourd’hui, ou hier, même si c’est bientôt noël et que du coup la vie est belle, j’aimerais savoir comment faire pour intervenir en Espagne, et aider à remettre une loi qui autorise l’avortement. On ne peut pas reposer sur des acquis, parce que même les acquis sont éphémères. Même une supposée, prétendue liberté est éphémère. Comme l’art, comme la beauté, mais ici il n’y a rien de beau, rien de grand, rien de quoi on peut être fier. Et bien que la honte puisse être considérée comme mauvaises, arme des faibles contre les forts, ici c’est justifié: interdire l’avortement aujourd’hui dans un pays qui l’a autorisé hier est une honte. Et quoi d’autre qu’un recul ?

J’ai peur. En tant qu’être humain, en tant qu’enfant encore innocent, en tant que bientôt adulte, je ne veux pas vivre dans un monde où je suis seule face à des horreurs contre lesquelles je ne puis rien. Oui, seul, on ne peut rien. Parce que la raison est en panne, parce que la réflexion est en grève, et parce que la grève qui a du sens a perdu sa force, se battre seul pour des droits est possible. Les gens ne se battent plus pour leurs droits, ils préfèrent se battre contre ceux des autres. C’est tellement plus facile de gommer que de dessiner.

J’ai encore peur. La lâcheté elle-même ne me sauverait pas, et la politique du moins pire ne semble plus intéresser grand-monde. Voter pour des idées ? D’accord, mais de vote blanc, d’accord mais de vote blanc… Il n’est PAS reconnu ! Que de gâchis de paperasses électorales si personne ne les lit, ou plutôt s’il n’y a rien de consistant à lire, rien de sensé ? Il n’y a plus d’idées en politique, seulement des gens. C’est ce qu’on croit. On a oublié les idées.

Pour info: Rue89, Le Monde.


Prix de la vocation scientifique et technique des filles.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Prix de la vocation scientifique et technique des filles.

Annulation pour 2013

  • Dans la perspective de relancer une dynamique positive autour de la mixité des métiers, le prix de la vocation scientifique et technique des jeunes filles (PVST) a été annulé par un arrêté du 4 janvier 2013, publié au journal officiel du 25 janvier.
  • Une nouvelle action, visant une prise en compte globale de la mixité filles-garçons et l’instauration durable dans les établissements d’une démarche collective, va être mise en œuvre.

Elle s’inscrira dans le cadre de la convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif, qui engage cinq ministères autour de mesures concrètes pour acquérir et transmettre une culture de l’égalité entre les sexes, renforcer l’éducation au respect mutuel et à l’égalité filles/garçons et la promotion d’une mixité plus forte des filières de formation et à tous les niveaux d’étude.

Le nouveau dispositif remplaçant le PVST devrait être mis en place pour l’année scolaire 2013-2014.

... Je me suis fait fouzhet. Ce prix existait l’année dernière, sera remis en place l’année prochaine, mais pour moi, pas grand-chose. D’autant que j’avais sûrement des chances. Zut.


Femme au foyer

Cela fait 3 jours que ma mère est partie de la maison. 2 jours que ma sœur ainsi que son copain ont bougé vers l’est. 2 jours aussi qu’il n’y a plus que mon père et moi à la maison ! Hier, le père de mon neveu passe et me demande: « Du coup, c’est toi qui fait la cuisine ? » J’aurais aimé qu’il me demande « comment ça va » ou qu’il ne dise rien. C’est si important de faire la cuisine ? Mouais. C’est vrai que j’adore manger et que pour moi un repas c’est très important. Je suis avant tout un estomac !! *va se cacher* Du coup, je lui réponds que non.

Aujourd’hui, ma grand-mère appelle. Elle voudrait parler à un de mes parents, je lui dis que ma mère n’est pas là. « Alors, tu fait la cuisine ? » Euh… Mais pourquoi c’est primordial que tout le monde sache si je fais la popote ? « Ou alors c’est Papa ? » « Un peu les deux ». Oui, cette fois je suis pas fière de dire que je ne fais pas la cuisine. Je m’excuse: je ne ferais pas une bonne épouse.

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