Je n'ai qu'une chose à te dire…


Archive des tags

Articles taggués avec attendre :

Le vouloir et le devoir

Je suis perplexe. Le mode de vie désirable c’est celui d’un moine. Il faudrait être en accord avec ses principes jour et nuit, et avoir des principes acceptables. Il faudrait prendre soin de soi et des autres, manger bien, faire du sport, ne pas trop boire ni fumer. Mais il faut être heureux, ne pas trop se plaindre, kiffer la vie de moine.

Et ça, faire le lien entre le mode de vie sain et le bonheur, c’est relégué aux cours de philo de terminale où au fond de la classe, on était trop occupés à digérer les frites du midi pour écouter. C’est un truc de bobo écolo gauchiste frustré ou que sais-je. Et ça, on ne veut pas l’être.

Alors on suit la courbe, on boit et on fume – pas trop hein, juste en soirée – on fait du sexe avec des inconnus, parce que l’amour on croit pas qu’on mérite après tout. Et on culpabilise, parce que sur la trame en arrière-plan, il y a cette vie de moine qui attend. Et, soyons francs: on est nombreux à chercher la spiritualité ou au moins du sens quelque part, là où nos parents dégoûtés par l’institution religieuse l’ont abandonné.e (et quand on compte les prêtres pédophiles, je les en remercie). Alors on trouve des trucs, et on ne sait pas si c’est ça, la vie. Il faut tester, essayer, tout en se traînant ce bonheur affiché comme un fardeau.

1

On pourrait en profiter, des bières belges et du sexe des inconnus. On pourrait mais on s’en veut, dès le départ on a pris trop de bière parce qu’on voulait pas se souvenir de l’inconnu le lendemain.

On se réveille dans le pâté, l’illumination c’était pas pour cette fois.

Alors on commence à en avoir marre de ce pâté.

On arrête les soirées.

On achète du brocoli surgelé.

On attend.

3

Et à côté, t’as ceux qui vivent dans le paraître parce que leur vie est triste. Je ne dis pas que tous les gens qui s’affichent sont tristes ou ont un problème, il y a des gens qui s’organisent vachement bien et gèrent leur vie comme il faut. Mais bref, il y en a plein qui se perdent un peu quand même. Ou ceux qui sont seuls et qui en profitent pour tenter un truc – comme je l’ai dit, on teste et on essaye. Et ceux là, on pourrait croire qu’ils ont réussi à trouver le mode de vie parfait. Des moines plus ou moins connectés.

On ne voit pas qu’ils sont seuls. On ne sait pas s’ils sont tristes.

On remarque juste qu’ils ne se réveillent pas dans le même pâté.

Alors voilà je suis perplexe : dans tous les cas on va culpabiliser, on culpabilise parce qu’on n’a pas encore trouvé notre truc et qu’on ne sait pas ce que les autres cherchent. C’est comme suivre des gens quand on est perdus parce que si ça se trouve on va au même endroit. On ne va pas au même endroit. Ou alors pas par le même chemin, pas pour les mêmes raisons. On se fait du mal.

4

C’est peut-être ultra niais mais faîtes les changements de vie qui vous rendent heureux, pas qui vous donnent l’air heureux. J’ai personnellement du mal à faire la différence. Mais je tente de ne pas insister quand ça ne va pas. Je ne suis pas prête à partir vivre loin de « chez moi ». Je ne sais pas jouer d’un instrument de musique. Je ne gère pas mes émotions. Tant pis, j’apprendrais plus tard. Après tout, j’ai toute ma jeunesse devant moi.

Re-Bref, il est temps que je parte de là où je suis et que j’ouvre une nouvelle page de ma vie, parce que ça fait des mois que je poste des articles navrants. Encore heureux que j’ai pas souvent envie d’écrire ! (Mais merci de me lire quand même, tu sais que ça me fait du bien de raconter ma vie) 


On n’a plus vingt ans

Dans ma famille, il y a ma grand mère qui se rappelle sa jeunesse à 21 ans, mes parents qui se rappellent leur jeunesse à 18 ans, mes grandes sœurs qui se rappellent leurs seize ans. En toute logique, je pourrais me rappeler de mes quatorze ans comme de l’époque de mes premières fois, de ma liberté, du début de mon chemin vers l’âge adulte.

On n'a plus vingt ans dans Chroniques d'un Gourou img_2018
Se perdre un peu entre le jour et la nuit

C’est d’ailleurs ce qui est arrivé pour des gens de ma génération. Il y a cette dynamique, qui somme toute est une bonne chose : les jeunes sont plus libres, attendre la majorité devient un détail. C’est aussi une dérive : il faut faire cette distinction entre jeune et enfant, et la transition ne se fait pas au même moment pour tout le monde. Je suis peut-être ringarde mais à défaut de les enfermer, laissons les enfants avoir une enfance. Iels auront des poils et des seins bien assez tôt (enfin pas tout le monde pour les seins).

En discutant, en écoutant les gens parler, j’ai remarqué un truc : dans mon entourage, on a vingt ans plus ou moins quelques années. Et on parle comme des vieux, on se rappelle nos jeunes années. Les gens, c’est encore maintenant les jeunes années ! C’est encore maintenant parce qu’on est encore des jeunes du point de vue des réductions, puis aussi et surtout parce que si on décide que tout cela est derrière nous, comment on fait pour vivre sans regrets ? Je préfère faire un truc maintenant plutôt que faire une truc maintenant et me dire que j’aurais dû le faire étant jeune. Oui, il n’y a que le point de vue qui change.

Parce que je n’y peux rien aussi, mais je me sens dépassée. Tous ces gens qui ont tout fait très vite, à l’image de la performance que l’on valorise, les gens qui ont le bac à treize ans, tout ça, ça me fait me sentir en retard. Et pourtant je suis jeune encore. Mais aurais-je le temps de tout faire dans ma jeunesse ? M’engager dans une association, séduire plein de gens, « faire » la Loire à vélo, essayer des drogues, lire l’intégrale de Zola, prendre l’avion, manger des bananes ?  Question subsidiaire : en ai-je besoin ?

La solution que j’ai trouvée est la suivante : décider que ma jeunesse va poser ses bagages ici et repartir plus tard. Qu’elle me laisse vivre. Que je ne sois pas déjà à regretter mes 15 ans où je n’ai rien fait.


Le parcours

Depuis que j’ai quitté le lycée, j’ai suivi une voie et je ne l’ai pas quittée. J’ai été cette personne docile qui suit les panneaux, ou qui à défaut, continue tout droit.

A l’approche de chaque nouvelle étape, quand vient la fin – le diplôme, le concours, l’examen – j’ai fantasmé la suite, j’ai projeté mon désir de repos et mon envie de reconnaissance.

A chaque nouvelle étape, le bout de la route est dans la brume.

Tout ce repos, tous ces accomplissements que j’ai fantasmés, ce ne sont que d’autres morceaux du chemin. Et sur ce chemin, j’avance contre le vent, ou contre le courant.

Ça aussi, je l’ai rêvé : enfin, arriver sur une voie tranquille où tout deviendrait simple. Après tout, ça a été difficile avant.

Le parcours dans Chroniques d'un Gourou jardin10

Mais je ne suis pas satisfaite. Le calme est tellement passager. La facilité est toujours un mensonge.

J’ai encore le vent de face et pourtant le contexte a changé, et pourtant je suis encore sur une énième « dernière ligne droite ». C’est fatiguant.

Hier, j’ai rédigé des lettres de motivation, refait mon CV, pour m’engager dans la prochaine « dernière ligne droite ». Tant que la suite est dans la brume, elle m’intrigue, elle m’attire, elle me motive encore.

 

Et puis, je ne voudrais pas que cette brume se lève. C’est déjà assez de parfois se demander si toutes ces étapes passées ont un sens, un intérêt. Lire ailleurs que les gens comme moi, qui ont un chemin tout tracé, ont une vie bien trop simple. Oui, parfois je me déteste d’avoir choisi cette vie trop simple tellement elle est compliquée.

 

Je ne sais pas quand je pourrais souffler.


Vide d’air

Je dénigre les gens qui racontent leur vie parce que je n’assume pas ce que je fais. Je crois.
« Mais qui lit la vie des gens ? » « C’est du voyeurisme ! »
… Non, je ne lis pas vos blogs pour augmenter mon score au griffor. Le voyeurisme, c’est pas mon truc. D’ailleurs, j’arrête de lire quand ça devient gênant, parce que là, sérieux, il y a des choses qui n’ont d’intérêt pour personne (Oh, quelle violence dans mes propos. Il faut de tout pour faire un monde, je concède). Mais je lis vos blogs parce qu’ils m’intéressent. Il y a toujours quelque chose à comprendre ou à apprendre.
Tout ça pour dire, attention, je vais raconter ma vie.

Vide d'air dans Chroniques d'un Gourou c62e241e-cdfe-48a3-b1c7-5078d7f62ec5

Putain du coup je sais plus ce que je voulais dire. Mince. Il y a cette histoire (glauque) de conception de l’amour (glauque) en rapport avec le film vu hier, il y a l’alcool que je vais me mettre à haïr mais pourtant je suis curieuse. Il y a les violences policières et la nuit debout et mon manque d’engagement, il y a un balcon où j’ai planté du persil. Il y a le vide, de temps en temps, trop souvent. Il y a le temps qui manque, ou qui tombe dans le vide.
Tu n’est pas voyeur.se, tu lis juste des choses que j’estime pas importantes. Tu lis seulement des choses que j’écris comme ça.
Bientôt je vais écrire des choses pertinentes, j’espère.

Excusez moi.


L’urgence est un mythe

Cette tête est pleine de titres, pas seulement ceux qui font rire grassement, mais aussi des morceaux de mots, de phrases derrières lesquels devraient s’accumuler des mots.

Le vide.

La seule semaine où on me demande de faire travailler mon cerveau, je capitule. Je sature à partir de rien. Je suis un circuit oscillateur sans filtre. Je suis un amplificateur de bruit.

J’ai bouffé tout mon temps et j’ai la digestion difficile. Je bouffe mon temps, je ne sais même pas comment. J’ai encore faim.

Il faudrait s’organiser, je peux le faire, je le refuse. J’ai oublié ce que c’était. J’ai oublié comment on fait.

Le refus de l’ordre au plus profond, au plus loin et au moins contrôlable. La peur de l’ordre est toujours là, mais l’ordre a gagné. Il fait son chemin tranquillement, et je fais des ronds dans l’eau sur le côté.  Non, je ne me noierai même pas, il n’y a pas assez de fond.

Il y a la pastèque, il y a ce que tu en fais. Il n’y a plus de pastèques, je n’en ai toujours rien fait. Tout attend. Tout stagne. Dans le frigo il y a des choses qui n’ont rien à y faire. Dehors il fait plus froid que dans mon frigo. Je suis une denrée périssable hors de sa conserve.

Parfois on ne finit pas les choses mais on les laisse traîner. Il y a toujours des graines de tournesol quelque part. Il y a forcément du thé froid dans le fond d’une tasse.

Pas vraiment le vide.

Les restes.

La peur de l’évidence, pas celle de cette semaine, non, plus loin : il y a plusieurs mois déjà.

Tout est à mes pieds et je refuse de ramasser.

Je trébuche mais je refuse de tomber. Je glisse lentement…

Ouais, comme une défection.

Et dire qu’il y a des gens qui sont persuadés que je sais où je vais. Et dire que quelques examens ont réveillé la peur. Et dire que je ne l’ai jamais vaincue cette peur, j’ai juste arrêté de la regarder.

L'urgence est un mythe dans Chroniques d'un Gourou 038-trunklog-stock
Image libre de droits #

L'EPS au lycée français de ... |
hoyosxavier |
profdoc |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | MA LIVE
| BLEACH vs DBZ vs ONE PIECE
| ASIA SUKIDA