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Ce que #metoo a changé dans ma tête

C’est « dans ma tête » parce que je n’ai ni les compétences ni la prétention de vous raconter ce que ça a changé globalement. Pas non plus le courage et le temps, d’ailleurs. La vague de réaction s’est assez calmée j’ai l’impression (modulo ça), il aura fallu essuyer une tribune et son « service après-vente » (j’emprunte l’expression à Melgane), il aura fallu réaliser qu’une femme sur deux a été agressée – et c’est sans doute le plus dur, je sais pas vous mais il y a plein de femmes dans mes ami.e.s, ma famille, et je tiens assez à elles pour que ce chiffre (une femme sur deux) me mette en colère.

Ce n’était pas évident au début de remarquer l’importance du mouvement. Je me souviens vaguement des quelques articles au sujet d’actrices agressées qui témoignaient. Je me suis dit « tiens, encore un gars qui profite de situations hiérarchiques, de rapports de domination ». J’ai vaguement su qu’il se passait un truc sur Twitter, avec beaucoup d’actrices. Puis, j’ai vu sur mon mur facebook (oui, je vais peu sur twitter) un témoignage ponctué de #metoo, provenant d’une connaissance. Un homme pour le coup, mais ça ne change pas ma réaction – étonnée – quant aux personnes normales qui témoignent à leur tour. Puis c’est allé très vite, on s’est mis à en parler, en quelques semaines c’était presque « banal » de dire que les femmes étaient beaucoup victimes d’agression à caractère sexuel et sexiste.

C’était une bonne nouvelle, mais en même temps on a pu voir beaucoup d’autruches. Quelques mois avant ce soulèvement, cette libération de la parole, il y avait eu dans mon établissement une pétition pour dénoncer le comportement du corps enseignant. Déjà, des témoignages anonymes, pour dénoncer le comportement de personnes anonymes (alors non, ce n’est pas de la délation, merci). Les réactions hostiles étaient toutes pleines de soumission, parce que les enseignant.e.s possèdent la connaissance et nous ne sommes là pour tout accepter, nous n’aurions pas le droit de contester quoi que ce soit. La pétition a tout de même été envoyée à la direction, qui a surtout agi pour éviter que cela ne s’ébruite. Avec #metoo, l’autrice de la pétition a voulu relancer l’affaire, savoir quels seraient les moyens mis en œuvre, et c’est là qu’arrivent les autruches. Comme quoi, le mouvement de #metoo était suffisamment important, ça y est on a bien compris que les femmes sont des victimes (alors non, on n’est plus réductible à de faibles victimes si on ose prendre la parole), lâchez nous avec vos histoires. C’est comme si on n’avait plus le droit de s’indigner parce que « c’est bon, on sait ».

Ce que #metoo a changé dans ma tête dans Chroniques d'un Gourou ello-a10
ello – azizazaza

Pour ce qui est des réactions des moins concerné.e.s (c’est pas genré d’être concerné, si ? Mais je vais mettre « ceux » pour faire plus simple) On a eu droit dans un premier temps à #notallmen, ah ce fameux … Not all women non plus, rassurez-vous ! Il y a ceux qui sont déjà féministes (je suis de celles qui pensent qu’un homme peut être féministe), ceux qui n’avaient pas réalisé que leurs sœurs, leurs amies avaient une vie un peu plus compliquée que ce que l’on croit et qui se sont renseignés. Il y a aussi ceux qui crient à la délation, qui ont peur de retrouver un jour une photo d’eux sur les réseaux sociaux avec marqué en dessous « agresseur », pas seulement parce qu’ils ne sont pas nets, non, mais parce qu’il y a des agissements sexistes tellement ancrés dans la société, que si les femmes commencent tout juste à les remarquer, les hommes ont encore du chemin, avec toute la bonne volonté qu’ils peuvent y mettre.

Dans un premier temps j’ai compati avec ces hommes, ceux qui disent « je n’ose même plus adresser la parole à une femme, c’est affreux ». J’ai compati avec ceux qui ont peur de cette prétendue délation, parce que oui, éventuellement, une hypothétique femme qui se sent pousser des hypothétiques ailes pourrait l’accuser à tort d’une agression et éventuellement gagner le procès.

Puis, je me suis dit que tous les jours, quand je croise un homme dans la rue, quand j’adresse la parole à quelqu’un qui me demande son chemin, quand je laisse un sourire sur mon visage et que les gens peuvent le voir, j’ai peur. Je me demande si j’agis comme il faut. Si je n’ai pas l’air « trop gentille », si je ne suis pas « un peu désirable » quand même. Quand je vais courir, je m’assure que mes vêtements ne sont pas « trop moulants ». Heureusement que je ne fais pas de natation… Alors, je me ravise sur toute la pitié que j’ai pu avoir pour ces hommes inquiets. Il est temps de comprendre ce qu’est la peur, et entre nous, vous ne risquez pas grand-chose. A part quelques boutons dus au stress, à part une boule au ventre le matin, à part de regarder vos pieds au lieu de l’horizon quand vous marchez dans la rue.

Aujourd’hui, je me pose encore des tas de questions inutiles avant de sortir de chez moi (même si pour l’instant c’est plutôt « est-ce raisonnable de mettre un cinquième pull sous mon troisième manteau »), mais je relativise. Je me dis que je ne suis pas la seule qui devrait de méfier du monde, et que j’ai la chance de savoir que l’on vit dans un monde biaisé. Je me dis que je ne veux pas tomber du côté obscur de la haine, et que tout le monde mérite qu’on lui explique ce qui ne va pas. Nous sommes tou.te.s victimes du patriarcat, même les plus sombres connards de twitter et des commentaires sous les articles de presse en ligne. Nous avons tou.te.s à gagner en se posant de bonnes questions, et surtout en s’écoutant. Aujourd’hui, je regarde devant moi quand je marche dans la rue, je ne regarde plus mes pieds. Je vois les gens comme des gens, pas des agresseurs potentiels. Les gens en face n’ont pas changé depuis #metoo, mais moi je suis beaucoup plus confiante.

Et pour vous ? Quelque chose a changé ?

01/03 : Article sélectionné par Inspilla :D


Une tribune ou l’expression du deuil inachevé

Avant de vous parler de l’actualité, laissez-moi vous rappeler les cinq (ou 7, ça dépend de la source) étapes du deuil. Après le choc (étape une), vient le déni, puis la colère, puis le marchandage, et enfin l’acceptation. Et après on meurt en paix. Ah oui, c’étaient les 5 phases de deuil pour une personne en fin de vie. Enfin, ça s’adapte pour d’autres cas, comme le deuil d’un être cher, de son couple, de son travail … On peut rajouter la douleur en étape 2 et la reconstruction en avant-dernier, ce qui fait 7 étapes.

Une tribune ou l'expression du deuil inachevé dans Chroniques d'un Gourou alexa-mazzarello-223406#

Sans transition, la tribune des 100 femmes demandant une liberté d’importuner [pour les hommes], soi disant au nom de la liberté sexuelle, publiée mardi dans Le Monde, m’a mise hors de moi. 

« Cette justice expéditive [de #balancetonporc] a déjà ses victimes, des hommes sanctionnés dans l’exercice de leur métier, contraints à la démission, etc., alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses « intimes » lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’était pas réciproque » ? Où ça des victimes ? Et d’où on devrait « envisager [les frotteurs du métro] comme l’expression d’une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement » ?

Pourtant, je commençais ma lecture de la tribune avec intérêt, car elle se présentait comme la tribune des « femmes qui ne se reconnaissent pas dans un féminisme qui prend le visage de la haine des hommes et de la sexualité« . Je pensais qu’il allait s’agir des aberrations de certains groupes marginaux qui vont interdire des pièces de théâtre classiques (et même là il y a de quoi discuter), ou de celles.eux qui demandent qu’on interdise le « Madame » car il y aurait un possessif (pardon mais Monsieur c’est pareil). Quelle ne fut pas ma surprise de voir qu’en fait, cette tribune s’occupait de minimiser toute agression subie par une femme, leur enjoignant de ne pas faire leur fragiles quand même, c’est abusé de pleurer comme ça sur les réseaux sociaux alors que vous avez juste été un peu violées (16% des femmes et 5% des hommes déclarent avoir subi des viols ou des tentatives de viols au cours de leur vie, source, au fait, et je ne vous donne pas les chiffres des agressions)(Ça fait une probabilité non nulle que sur les 100 signataires on en ait … 16 ?).

Puis, il y a la raison de mon article, après avoir eu droit en plus aux réactions de défense de différentes signataires de la fameuse tribune. Les plus remarquables sont « on peut jouir lors d’un viol » (Brigitte Lahaie, mercredi 10 janvier, sur le plateau de BFM-TV), et « Je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée parce que je pourrais témoigner que du viol on s’en sort » (Catherine Millet, source).

alex-jones-10816 actualités dans Chroniques d'un Gourou
Je mets une image de pluie parce qu’il faut laisser couler sa colère comme l’eau. Sinon … on reste en colère.

En fait, ces femmes seraient dans un genre de deuil, à la phase déni. Il y a eu le choc, il y a longtemps, quand elles ont constaté qu’il existait des inégalités. Quand, peut-être, elles auraient été agressées verbalement ou physiquement (allez si, je te mets une stat : 1 femme sur 2 a déjà été victime de violences sexuelles, source), un second choc. La phase 2 est le déni. Je comprends ce déni et je dois encore avoir un pied dedans : il s’agit de se dire que non, puisque nous ne pouvons pas accepter ça, alors nous ferons comme si ces inégalités, cet état de fait n’existent pas. Après tout, nous avons les mêmes droits que les hommes, surtout ici en France, et surtout maintenant, en 2018.

Vient ensuite la phase de la colère. Pourquoi nous ? Nous ne sommes pas des victimes pourtant. Je suis une femme forte, il est hors de question que je dénonce un système qui me fait paraître faible, même s’il existe. Toutes ces féministes, toutes ces libératrices de la parole, là, elles me font paraître faible, et c’est à cause des gens comme ça qu’on reste les victimes.

Ou alors nous en sommes à la phase de marchandage : si on remettait en question notre façon de nous habiller, si on changeait nos habitudes, peut-être qu’on serait moins impactées par cet état de fait. Ou alors si on prenait « le côté des hommes » ? Si on se mettait à défendre les victimes d’un « certain féminisme » ? (coucou les signataires) Si on dédramatisait parce que quand même, être l’objet sexuel que quelqu’un c’est sympa ? (je n’invente pas grand-chose, au fait vous pouvez lire la tribune qui est par là si vous accédez : tribune)

Phase de dépression : je ne crois pas que nos 100 signataires en soient arrivées là, et si elles pleurent c’est parce que certaines chaînes veulent faire sensation (ici). Ce n’est pas non plus en les accusant de tout le mal du monde qu’elles tomberont dans cette phase, ça risque plutôt de les faire rétrograder. C’est possible par contre, à mon avis, de dire qu’on est dans cette phase de dépression quand on passe plus de deux heures par jour à lire des témoignages de personnes qui ont subi des agressions. Même si dans mon cas ça me met en colère ou ça me donne la nausée (c’est quelle phase la nausée ?) et je ne tiens pas une heure. 

Phase d’acceptation : en fait, les inégalités existent, mais nous ne sommes pas obligé.e.s de rester des victimes. En plus, il n’y a pas une opposition homme/femme, mais le patriarcat qui est un dispositif tordu où des mécanismes de domination sont à l’œuvre. Nous pouvons dénoncer ces inégalités après avoir compris qu’elles existent. Nous pouvons vivre une vie décente et éduquer les générations à venir pour que les petites filles et les petits garçons ne soient pas tout de suite plongés dans des rôles prédéfinis et inégalitaires (et pas apprendre à nos filles à se méfier des garçons, c’est malsain pour les deux genres).

Je pense aussi être loin de cette fameuse phase d’acceptation, et je ne vous dis pas DU TOUT qu’il faudrait accepter les inégalités pour atteindre l’éveil. Cela dit, je ne sais pas vraiment ce qu’elle serait, cette phase idéale ou tout le monde est heureux est respectueux de l’autre, soyez indulgent.e.s.

Je dis seulement que, malgré tout le mal que je pense de cette tribune, et surtout des réactions des signataires ensuite,  j’ai l’espoir que nous sommes tous dans le même bateau, il faudrait juste pouvoir discuter avec ces femmes blanches cis. Elles sont seulement à la phase déni ou colère, ou marchandage.  

germai10 Féminisme
C’est tout ce que ça m’inspire…

PS : pour l’argument que les agresseurs sont probablement en grande misère sexuelle, on montre que 75% des agresseurs ont en fait une vie sexuelle active #.

Pour les phases du déni : #

(EDIT) Quelques réactions à la tribune : # , #, #

Pour Le Monde qui veut se justifier d’avoir publié cette tribune : #


Les pieds dans la toile

Politiques sécuritaires et surveillance partout.
Les smart cities, bijoux de la technologie de demain, sont les tours d’immeubles d’hier, et le concierge au chômage est devenu un hologramme.
Les retombées du militaire sur le civil n’ont jamais été aussi proches.
Oh ! Oui, la finance est bien plus dangereuse que les armes. Il n’y a pas que des kurdes qui meurent, il y a aussi des sans abris qui gèlent !

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Touche d’humour – Les populations civiles fuient Mossoul, AFP.

Je ne suis pas complotiste, je vois les dessus des icebergs qui fondent, les dessous des icebergs qui se cachent encore mais qui remontent. Mon boulot, c’est d’oublier tout ça. De ne garder que le bijou et la technologie, d’oublier le chômage. Alors j’oublie. Mais en attendant je vois arriver au galop les poneys de la fin de la liberté d’expression – j’entends l’expression sans retombées. C’est déjà trop tard, tu les as vues les photos sur facebook quand elles chargent ? La reconnaissance d’objets dans les images est vraiment performante. Nous sommes capables de faire des algorithmes qui reconnaissent mieux les visages que les humains. Nous ne sommes pas capables de nous cacher, mon identité virtuelle l’est tellement que vous savez tous qui je suis.
Et naïvement, je répète que « je » n’existe pas sur internet. Tiens donc.

Moi aussi je voudrais fuir, tout oublier et me construire une matrice sur mesure où on pourra être anarchistes sans s’entre tuer. Où on pourra élever des moutons et des arbres. Ha-ha. Faire un métier qui me plaît et n’avoir rien à cacher. Avoir l’impression de faire quelque chose de bien pour le monde. Pourvoir communiquer sans craindre. Craindre le « on » qui n’est même pas palpable.
Mais pour communiquer il faut aller où sont les gens… Naïve aussi, de croire qu’en communiquant sur le grand réseau, certes pas tout à fait connexe mais quand même, je pourrais me faire entendre. Je crie dans un gros tas de poussière, ouais ! Et j’éternue après.
Apparemment, il y a des liens qui seraient déréférencés. Pas que les liens vers les terroristes, mais aussi vers les médecines alternatives – laissez donc les gens qui veulent se soigner avec des tisanes préparer leurs tisanes !

Je suis une hippie au mauvais endroit.
J’irai bien hurler sur du papier, il faudra attendre avant qu’il ne devienne de la poussière : pour l’instant le climat est encore suffisamment sec et froid. Comme moi.

A Yoeur.

lol g pa lu


La bienséance

Soyez vous-mêmes !
Osez l’originalité !
N’ayez pas peur du changement !
Ayez de la personnalité,
Soyez sociables, allez vers les gens.
Ayez un avis sur les choses.
Reprenez donc confiance en vous,
Cessez de procrastiner !
Et gardez le sourire.

C’est beau, les recommandations qui nous pleuvent dessus. Et nous qui les buvons avidement, c’est beau aussi, tiens. Pourquoi est-ce qu’on y croit, hein ? Parce que le monde n’est pas comme ça. Parce que nous ne sommes pas comme ça. Parce que dès que tu vas essayer de dire « il faut croire en la solidarité » (j’ai du mal à trouver les mots, j’ai pas l’habitude), on va te regarder avec des yeux ronds « Waaah l’autre, tu te crois chez les bisounours wesh ! »

Capture
Des patates zadisto-anarcho-bisounours

On est pas là pour avoir l’air gentils, tout de suite on devient de gros naïfs, des hippies-bobo-aracho-niais. Alors, si jamais te vient l’idée – réfléchie – que l’entraide ça peut fonctionner, il y a une procédure à suivre (et crois moi, écoute autour de toi, on la retrouve) :

  1. D’abord, s’excuser (brièvement, sinon on te le reproche) parce que tu es sur le point de dire une énormité.
  2. Énoncer l’énormité, mais ne pas le dire sur un ton trop assuré (rappelons que c’est une énormité) : « Ouais, j’ai entendu dire que dans certains coins reculés, des gens sont autonomes en énergie »
  3. Puis, avoir préparé quelques exemples. Au moins 4 ou 5, parce que seulement un c’est forcément un fake, deux tu as du bol, trois on t’a aidé…
  4. Éventuellement, se justifier : Ah mais non, je ne suis pas comme les enfants qui défendent les animaux parce qu’ils sont mignons ! Parce que oui, se justifier passe souvent par décrédibiliser d’autres (les enfants on peut-être très envie de défendre les animaux et sans que vous ne le sachiez, ils militent déjà à Greenpeace)
  5. Si tu es pris de court, avoir un sujet de conversation différent déjà préparé. Vous en pensez quoi sinon, de la pêche dans le pacifique ? (c’t'un piège, attention)
Il vaut mieux ne pas paraître trop naïf.
Pas trop niais.
Rester critique.
Douter de tout, on n’est jamais trop prudents.
Éviter d’être trop gentil.le
Ne pas s’énerver, on risquerait de croire que ça te tient à cœur.

Alors moi, je me pose une question. Est-ce qu’en ayant peur comme ça d’être jugé pour ses convictions, ses idées, ses suppositions, on arrêterait pas juste de regarder ailleurs ? Est-ce que les étapes 1, 3, et 4 de toute personne qui se respecte qui émet un avis, ne vont-elles pas décourager une autre personne qui croyait vraiment à une alternative quelconque, par exemple le végétarisme, parce que c’est quand même pas habituel, je risquerais de choquer mon entourage, ils ne vont plus me voir de la même façon ?

Cette putain de manie qu’on a de dire « T’es sûr.e que c’est vrai ? Tu penses pas que ça marche deux ans et après tout le monde se fout sur la gueule ? Tu vas devenir anémique ! Vous n’y arriverez jamais, vous n’être pas assez nombreux ! Après tout, ce ne sont que 40 hectares perdus dans la nature, non ? Il y a des riches et des pauvres, c’est comme ça. Ça sert à rien de voter » est peut-être un frein aux initiatives naissantes, aux éventuelles améliorations de notre cadre de vie, à une timide marche vers l’égalité (l’équité, pardon).

pi-and-i

Laissons les gens espérer, croire en quelque chose si ça leur fait du bien.

Et s’il vous plaît, arrêtez de vous justifier et de vous excuser à chaque fois que vous commencez à penser que peut être, les humains peuvent être bons.

 (Ce sont, j’en suis consciente, des recommandations stupides que vous pouvez ajouter aux autres, que vous pouvez boire avidement ou recracher sur votre voisin.)

Et je remets cette chanson à texte parce qu’ici aussi, elle a sa place (PS : elle se trouve dans un article précédent)

Les gardiens, la paix

Deux policiers ont été tués à leur domicile parce qu’ils étaient policiers #. 50 personnes de la communauté LGBT ont été tuées parce qu’elles étaient de la communauté LGBT #. Des supporters de foot se tapent dessus parce qu’il faut bien un moyen de célébrer l’esprit sain du sport. Je vais plutôt parler des premiers, là.
Cela fait des mois que les « forces de l’ordre » ont du boulot sur plusieurs terrains. Il y a l’état d’urgence, il y a d’autres attentats, il y a l’euro de foot, des tensions à Calais entre immigrés. Il y a le gouvernement qui veut passer des lois que du monde trouve injuste. Question en l’air : que devient Nuit Debout ?
Fin avril déjà c’était limite. M’interrogeant sur les violences policières devenant trop importantes (en Bretagne notamment), je suis tombée sur l’article du monde disant qu’ils étaient fatigués. Fin avril, ils disaient que l’euro de foot, « intouchable » parce que trop médiatique, pourrait être de trop. Aujourd’hui, le gouvernement envisage l’interdiction de manifester. Déjà que l’état d’urgence a été prolongé…

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Manifestants à Rennes

Comme on dit souvent avec un peu de peur ou d’espoir dans le regard, « il se passe quelque chose », à grande échelle. On se croirait dans les années 20-30, quand il y avait des révolutions, des utopies, des régimes totalitaires qui s’installaient. Aujourd’hui, le monde est violent. Que ce soient les attentats, les gens qui se battent sans raisons, les manifestants qui perdent un œil par tirs de flash-balls faisant face aux CRS qui finissent parfois, eux aussi, blessés. Que ce soient des reculs identitaires, communautaires ou des élans de protestation contre des grands projets inutiles. (Attention, je les mets côte à côte mais il y en a que je soutiens et d’autres qui m’indignent)
Ouais, vous savez peut être que je suis de ceux qui, comme Siné, conseillent : « Si vous hésitez, dites-vous bien qu’ils sont payés pour recevoir des coups, alors que vous ne l’êtes pas ! » #. Mais il y a du monde qui fait flic (peut-être pas CRS, j’ai du mal avec les nuances de bleu) pour combattre le crime. Ils pensent qu’ils vont changer les choses et on les case dans des bureaux à remplir des dossiers de plaintes pour agression. Quand ils trouvent un présumé coupable, ils doivent lui faire signer une décharge pour pouvoir aller le chercher chez lui. Bref, si c’est le cas c’est pas encourageant. Alors parfois, on entend parler de dérives, souvent, il doit y avoir des perquisitions chez des innocents parce qu’ils ont peur, ils en ont marre, l’effet de groupe… Je ne sais pas. Je n’ai plus la source mais ça arrive, les abus.

Les mots perdent leur sens (#). Les ordres reçus ne sont probablement pas les ordres attendus, et pour éviter les débordements on met des papiers, des dossiers, des déclarations comme intermédiaires. Mais quand on étouffe on n’a de choix que se débattre pour avoir de l’air. C’est violent et c’est un réflexe.

Alors, soyons prêts à quelque chose. Ou à éviter quelque chose. Mais n’ayons pas peur, pas trop, c’est ce « qu’ils » veulent. Eric Hazan écrit : « Si nous voulons qu’elle vienne, cette fin libératrice, il faut nous organiser dès maintenant comme si elle avait déjà eu lieu ». Alors voilà, dis-toi qu’il y a eu une révolution, il faut maintenant construire le monde de demain. (Ceci suppose que les révolutions sont destructrices, mais tu feras comme s’il n’y avait rien)

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Manifestants anti-nazis en Allemagne, mars 2016


Rassemblement, vraiment ?

Un article du Monde parlait récemment des commissions féministes mises en place, où seules les « meufs et minorités de genre » sont acceptées. Et cela pose des problèmes.
Ce n’est pas la première fois que ce genre de chose est mise en place, c’est même plutôt courant à chaque fois qu’un mouvement social est prolongé de cette façon. La dernière fois que j’en ai entendu parler, c’était une initiative prise sur la ZAD de Notre-Dame des Landes. On me dit au loin que ça a même été théorisé il y a 40 ans. Tiens donc.  Puisqu’il y a des gens ouverts aux alternatives, les minorités osent s’affirmer, et donc se différencier.

… et donc se mettre à part.

Est-ce une bonne solution pour être accepté.e.s ?

Rassemblement, vraiment ? dans Chroniques d'un Gourou 4905846_6_f2c6_a-la-reunion-non-mixte-de-la-commission_8806392976cedf6e3bc3c18c4f9c73e3

Il existe une importance sociale à la non-mixité, celle qui a fait qu’aux états-unis, pendant le mouvement pour les droits civiques, les noirs se séparaient des blancs pour discuter entre eux de l’oppression, et ainsi ne pas faire de peine aux « bons » blancs qui les soutenaient. Ce n’est donc pas non plus un moyen d’exclure les blancs, pour une fois que c’est eux, parce qu’en fait noirs et blancs étaient mobilisés pour la même chose.
Créer un espace où les « dominés peuvent prendre conscience des pratiques d’oppression » (bah, je n’aime pas constater l’injustice quand elle est dite « dominants contre dominés »),  c’est aussi censé n’être qu’une étape. On espère ne plus en avoir besoin après.

Mais voilà, les gens ne sont pas contents. Soit, en voulant l’éviter, on fait tout de même de la peine aux « bons » hommes cisgenres, soit on renforce le sentiment d’exclusions de certain.e.s (du style moi, qui ne comprend pas vraiment comment les choses peuvent avancer si on ne s’adresse pas aux « dominant » que je hais ce mot).

 actualités dans Informations

Encore cette image, que je l’aime, qu’elle est pratique !

Après, au delà de l’exclusion et tout, c’est pratique parce que ça libère la parole. Et sinon, ça rappelle aux gens que les inégalités existent encore. Quand ces commissions écoutent qui prend la parole, on remarque que moins de femmes prennent la parole. Soit qu’elles sont moins nombreuses, soit qu’elles « souhaitent moins prendre la parole ».

Et puis ça permet de remarquer, à travers les réactions des gens, qu’il y ceux qui ont seulement envie de pouvoir participer au débat – qui ne veulent pas « être dépossédés du débat », et puis il y a les autres qui s’avèrent être plutôt réactionnaires (oui, j’ai pris une cible facile, et ce parce que je n’ai pas envie d’aller traîner sur des sites avec de vrais réactionnaires, ça risquerait de m’énerver).


Le son du coq dans le lointain

 Je voulais écrire autre chose. Mais voilà, les autres parlent toujours mieux que moi.

Bien sûr que ce n’est pas « le son du coq », mais bien « le chant du coq ». Tiré d’une chanson qui date de 2010, ça résonne jusqu’ici. Tout résonne. Alors, si on faisait un petit article musique ?

Je n’aime pas les gens qui mettent de la musique sur leurs pages. Le son d’un ordinateur n’est pas le son de bonnes enceintes. Et puis écouter des bouts de morceaux de musiques sur internet … Mh. Je ne fais pas ça. Mais peut-être que toi, tu le fais ! Alors voilà ce que je propose.

Qu’est-ce que vous en pensez ?

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Quand le .plot n’est pas suivi d’un .show() …  C’est joli, non ?

Bref. Il y a plein de musiques bien (que je trouve bien) dont j’aimerais te faire part. Il y a celles qui ont un sens pour moi, et celles qui ont un sens en ce moment.

Ce week-end (je n’aime pas ce mot. On n’est pas en angleterre ou aux états unis ! Donc: An dibenn-sizhun-mañ… ou alors En cette fin de semaine) par exemple, tâchez d’entretenir notre porcherie nationale.

Ou plutôt de ne pas l’entretenir. Enfin, vous m’avez comprise: « Soyez là, soyez présents, et empêchez-les !« 

Certains vous diront qu’il n’y a pas de problème: soit parce que c’est un parti politique comme les autres, soit parce que le pourcentage change, mais le nombre de sympathisants non. Je crois qu’il y a aussi une part inconsciente d’autruche: on voit que quelque chose ne va pas (à mon avis, ça ne va pas !), et on se dit que ce n’est qu’une construction. Que les gens sont mécontents mais que ça va passer. On serre les dents et on regarde les résultats tomber… Pourvu qu’ils ne nous tombent pas dessus ! Quel pouvoir avons-nous, de toutes façons ?

Je suis donc sceptique, telle une fosse. Mais avant tout: je suis !

Je suis le champ de bataille et le guerrier
Je suis le laboureur et la tranchée
Je suis l’exceptionnel et je suis des millions
Je suis l’embuscade, je suis la révolution

Ça, c’est pour avoir la pêche. La pêche comme en français, pas le « pech haben » des allemands, non, pas besoin de musique pour celui-là. Au contraire: la musique, c’est chouette ! Je mets aussi le morceau ? En fait, le site ne veut pas de ma musique. Pas le bon format. En revanche, ça avait marché il y a un an, je te redirige donc vers la fin de cet article

Bon. Ensuite vient la raison de cet article. Ou plutôt la raison du changement de destination, je ne sais pas comment dire.. Celui du titre ! Attention, ici il s’agit de l’intérêt des paroles, du texte, pas spécialement de la voix. Problème si tu veux de la musique, ici c’est plutôt du déclamé. Je te mets quelques paroles après si tu ne veux pas écouter. (Vazy comment c’est mis en valeur ! Quel non-talent.)

Au libre échange du néant
A chacun son bon mot bien sûr
C’est la liberté d’être con
La liberté d’être ignorant
Tous égaux dans le carnaval
Je sais mon ami ça fait mal
C’est la liberté d’expression
C’est la liberté d’expression
Pour clamer à tous les faubourgs
Surtout à tous les râteliers
Nos faiblesses et puis nos discours
Sur nos tristes identités.

Actualités, je disais. Siné, dans sa zone du 4 mars, parle de l’après-Charlie. Je crois que les mots « Laïcité » et « Liberté d’expression » sont détournés par certains. (N’en déplaise à ma prof d’allemand, je continue par ailleurs à croire en la bonté humaine, mais oui il se passe aussi des choses pas bien). Si t’as la flemme de cliquer, en gros c’est l’avocat du tristement célèbre hebdomadaire qui s’est plaint d’un article satirique … Parce qu’au nom de sa liberté d’expression, le autres ont le droit de se taire ? Voir aussi une mini-zone de Février. Et puis si tu ne veux toujours pas cliquer, voici la magnifique calligraphie de ce mourant tenace :

Le son du coq dans le lointain dans Chroniques d'un Gourou EXTRAIT-ZONE-SINE

Zone de Siné — Mars 2015

Et puis encore quelques paroles:

Salut toi mon étoile au loin
L’illuminé de nos chemins
S’éclairera bientôt je sais
Si l’on n’en perd pas le parfum
Vigilance à tous nos esprits
Et feu de tous les journalismes
Puisque toujours il faut combattre
Des nouveaux temples
Les fascismes.

L’illuminé de nos chemins. C’est beau, non ? C’est bête, mais avec un prénom comme le mien, j’ai bien envie de m’identifier à un quelconque illuminé (enfin, l’étoile au loin plutôt). Pas au sens d’être éveillé, ou de je ne sais quelle sagesse. Non, juste la personne étrange que l’on croise,  celle que d’innocentes personnes vous prendre pour un communiste au détour d’un chemin, puis pour une indépendantiste, peut-être pour quelqu’un qui n’a pas d’avis… Surtout pour une asociale. J’espère que tu m’aimes bien quand même.

http://www.icone-gif.com/icone/animaux/oiseaux/download/aimaux-oiseaux-038.ico

…à 02:25 « Comment te dire mais de nos jours, les féministes manquent de couilles ! »

Ça, c’était en 2010. Maintenant nous avons HeForShe :D

Et … Voici ce que je voulais mettre au début ! Aussi une histoire d’identification. D’abord, c’est un conseil: le hard rock, ça aide plus qu’on ne le pense. C’est presque sûrement une coïncidence, mais depuis que j’écoute Airbourne, Accept (et un peu AC/DC, mais après Accept, c’est tout mou. Je ne parle plus de The Answer…), j’ai des notes au-dessus de la moyenne en physique. Ne pas trop s’emballer pour autant: ça n’a aucun effet sur les maths.

(Je l’avais en meilleure qualité, mais là aussi: pas accepté par mon hébergeur. Tant pis pour vous.)

Pourquoi identification ? Parce que j’en ai deux sur trois. Par « Bad » , je n’entends pas « méchante » mais « mauvaise ». Dans mon cas, c’est mauvaise en maths. Les deux autres caractéristiques sont subjectives. Mais quand j’ai les cheveux propres, je suis blonde. Si, si !

Moralité : cette musique est cool. Il y avait longtemps que je n’en avais pas écouté, en décembre dernier j’en étais aux chansons à texte qui me faisaient pleurer, il était temps que je retrouve un peu de violence, que dis-je, d’énergie !

AvatarKorras3

Et s’il te manque un peu de folie, en voici (c’est bonus !!) : 

Et un article pour voir Dominique avec des cheveux, puis un lien vers la version audio de 12 heures !

 


L’article de Janvier

Voici un article de bonne année. Un article du mois de Janvier.

C’est d’ailleurs un article bon anniversaire Priya, Maxime et Eglantine, mais je ne vais pas le faire en votre nom: vous perdriez en crédibilité.

Ce mois-ci, j’ai récupéré quelques morceaux d’internet, alors ceci est un article fourre-tout… Et c’est aussi un article ou je vais te tutoyer, parce que ça ferait pompeux de vouvoyer ici. Merci donc de ne pas s’offusquer (haha).

Ceci pourrait être de mauvais goût. Si je te demandais juste d’oublier tout ce à quoi ça a pu se rattacher, et voir ce petit dessin juste comme un truc qui dit : « Je souhaite une bonne année le 31″ ?

chhebd

Ouais, non. Difficile.

Donc voilà, ce mois ci il y a eu plein de monde à changer momentanément de prénom. Les photos de profil sur unréseausocialqu’onnenommeplus ont affiché « je suis charlie » pendant à peu près deux semaines. J’ai compté, la plupart sont restées dix jours.

Et puis, je vais pas te raconter comment des gens ont voulu récupérer, comment maintenant on ne jure que par la laïcité, comment ça a ou faire écran de fumée pour envoyer une énorme loi macron au parlement (t’as entendu parler du secret des affaires ?).

On peut d’ailleurs trouver dans les commentaires du Monde des idées géniales pour lutter contre la violence. Par exemple: la violence (simplement)

commentaireLeMonde25-01Charlie

…Il fallait y penser.

 

Aussi, on n’évite plus les remarques « islamophobes »… Et du coup, quand j’ai vu cette annonce, ça m’a beaucoup fait rire:

barbus

T’as vu, les barbus ont la cote en ce moment ! Ah, c’est quand même un bon point. J’ai entendu des reportages sur des musulmans qui se rasaient pour ne pas se faire agresser après les attentats, ceux là ne devaient pas être au courant qu’il fallait absolument qu’on sorte avec eux !

Ces évènements auront au moins poussé les ados à la réflexion:

enceinte

C’est vrai quoi, la France atteint des records de fertilité en ce moment (on a un espèce de baby-boom des années 2000 en fait), alors faîtes vous poser des stérilets !

Voilà pour les actualités. Si tu veux, voici un reportage (25mn) sur la loi Macron #. Oui, ça fait deux fois que j’en parle dans cet article, l’article précédent en parlait aussi: oui, cette loi me tracasse.

Sinon, pour tes sentiments chéris, voici une charmante jeune fille qui nous propose d’aimer une page:

fote

(Oui, j’utilise fb en Breton).

La description de cette page est plutôt compliquée à comprendre. J’ai dû la lire deux fois. En attendant, après avoir écrit « aime » autant de fois, elle ne sait toujours pas conjuguer, accorder, bref, son orthographe est une véritable plaie.

Sur ce: bonne année, bonne santé, bon appétit.

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