Je n'ai qu'une chose à te dire…


Mobilisations.

Mobilisations. dans Chroniques d'un Gourou
 
Le 11 novembre 2015, des milliers de personnes ont défilé dans las rues de Kaboul, portant les sept cercueils de victimes de l’ei. Selon la journaliste Taran Khan, « c’était un moment remarquable de solidarité et de résistance, la démonstration puissante de la colère du peuple afghan face à la haine et à la violence qui détruit la société”.
#Courier International

Aujourd’hui, parlons de droits de l’homme dans le pays éponyme. Je ne sais pas pour toi, mais cela fait bien une semaine que je vois défiler des articles intitulés : « La France prévient officiellement qu’elle ne respectera peut-être pas les droits de l’Homme » (#Bastamag), « La France prévoit d’enfreindre les droits de l’homme »(#Figaro), « la France envisage de déroger à la Convention européenne des droits de l’homme »(#Le Monde)…
A la veille de la COP21, la plus grande conférence sur le climat jamais organisée, et le plus grand sommet jamais accueilli pas la France, les personnes touchées par ce non-respect des droits de l’homme sont assez loin du type « terroriste », elles sont plutôt de type « ZADiste ». En effet, le droit de manifester est passé à la trappe, alors que tout sommet sur le climat de grande ampleur est critiquable et critiqué par les écolos de tous horizons.

Pourquoi des manifestations ?

La coalition climat résume la situation en disant que comme les conférences précédentes, « les négociations qui se tiendront dans le cadre de la COP21, si elles sont une étape nécessaire, ne seront pas suffisantes pour sauver le climat ». Un mouvement pour la justice climatique ne peut dès lors n’être que mené par des citoyens… Et ces citoyens veulent se faire entendre, car ils ont des choses à dire ! Je ne citerai que la lutte contre les grands projets inutiles imposés (GPII) : enfouissement de déchets nucléaires à Bure, aéroport à Notre dame des Landes, technopole à Agen, ligne LGV Lyon-Turin… L’organisation d’un sommet pour le climat par la France ne remet en cause aucun de ces projets, au contraire. « Tant qu’on voudra préserver la société industrielle de croissance, les négociations telles que celles de l’ONU n’aboutiront à aucun résultat » #. Généralement, beaucoup dénoncent de « fausses solutions »#.

Événements

L’état d’urgence est la suite logique des événements du 13 Novembre. Il est normal que la sécurité soit renforcée en présence de telles menaces. Il est clair que les attentats ne sont pas une manipulation gigantesque en vue de bloquer quelques écolos pendant une conférence mondiale.

Maiiiiis le fait que ça soit arrivé donne des excuses à nos autorités pour cibler une population très éloignée de daesh. Quoique, le président de la FNSEA les a bien qualifiés de « djihadistes verts », non ?

AntiCOP29_Nov

(Ouhla, il y a beaucoup trop de mot-clés dans cet article. Je ne me suis pas renseignée pour la liberté d’expression, est elle enfreinte aussi en ces temps sombres ?)

Sans ça, le 22 novembre dernier, des gens ont manifesté en soutien aux migrants. Ceux là ne sont ni écolos ni terroristes, mais on nous informe qu’étant donné l’interdiction de manifester, 58 personnes encourent jusqu’à six mois d’emprisonnement et une amende de 7 500 euros #.
Et aujourd’hui, une manifestation anti-cop21 de plusieurs milliers de personnes se voit être sévèrement réprimée par les forces de police. Des grenades lancées sur les manifestants et plusieurs centaines d’arrestations. #

OK, ils étaient prévenus : je crois que tout le monde est au courant de l’état d’urgence… Mais la mesure étant exceptionnelle, le pays ayant une grande tradition de la manifestation, comment se rendre compte que oui, en effet les droits de l’homme ne sont pas respectés, autrement qu’en allant sur le terrain ?

Des conseils, au cas où tu voudrais te lancer dans une manif toi aussi : # #
Ou si tu ne sais pas ce qu’est un Zadiste
 
Et, pour une note plus joyeuse enfin, -ça va devenir une tradition- Deiz ha bloaz laouen, Solenn P. !

L’admiration du refus de l’ordre, sans apologie du désordre.

La plupart des gens, les gens normaux, feraient n’importe quoi pour éviter une bagarre.
L'admiration du refus de l'ordre, sans apologie du désordre.  dans Chroniques d'un Gourou anigif_enhanced-buzz-30272-1389370774-15
Fight Club
 

 Le nez dans mon agenda plein de couleurs et de texte, j’observe l’ordre tranquille des choses. Tout se succède gentiment, la nuit vient trop tôt et le réveil l’arrête brusquement. L’agenda se termine bientôt, et j’en rachèterai un. Le temps de l’installation dans une communauté autonome en Irlande n’est pas encore venu, et pourtant …

C’est tentant, de trancher avec les habitudes. D’un coup, fermer cet agenda et partir avec un sac à dos, partir en stop en disant « je vais là où il y a la mer ». Mieux : « on va là où il y a la mer« .
Plus généralement, c’est l’inhabituel qui tente. Peu de gens se revendiquent comme « tout à fait normaux »… Dans mon entourage. Hier encore, on me disait « je ne veux pas être comme tout le monde ». On ne veut pas être personne, nous sommes des personnes. Et puis on cultive notre différence, on appuie sur les traits qui marquent (c’est l’auto-dérision qui marque !). Comment se ferait-on remarquer sinon ?
Je promène un cube de bois, tu te promènes avec une bûche dans un bois. Son autocollant est à l’envers, et lui là-bas il ne joue pas du piano, mais de l’orgue. Je marche pieds nus, nous parlons une autre langue tout à coup, et à côté elle n’a l’air de rien comme ça mais elle ne pense pas du tout comme toi. Tu te trompes sur mon orientation sexuelle. J’entretiens l’ambiguïté. Je parle ouvertement de choses qui vous gênent, vous voulez me gêner plus, ça ne marche pas comme ça. Et pourquoi cet air ahuri, cette voix changeante ? Je rêve ou tu as pris un sens interdit, mais tu n’as même pas de voiture ?
Pas seulement se faire remarquer, aussi gagner de la confiance en soi. Aussi gagner l’approbation de son propre ego ? Se faire plaisir en renversant les codes de nos propres habitudes. Ma vaisselle sera dépareillée ! On n’y gagne rien en vrai, surtout si les assiettes ne s’empilent pas bien, comment tu les ranges ? Mais je te l’accorde, c’est classe. Mais c’est parce que c’est moi. Avec le même argument, on pourrait aussi te dire que c’est vraiment con.
L’entropie, c’est classe. Et le prof de probabilités, quand il définit l’entropie comme « le bordel maximum« , est-ce qu’il ne veut pas casser notre idée du professeur qui parle toujours bien ? Il augmente l’entropie de son amphi du matin et je parierais bien une demi-pastèque que ça lui plaît beaucoup. Parce qu’il ne fait pas ça naturellement. L’autre demi-pastèque pour le fait qu’il ne dirait pas ça naturellement.
Donc, l’entropie, c’est attirant pour pas mal de monde. Je ne crois pas pourtant que nos vies soient toutes insignifiantes. Je ne pense pas non pus qu’on ait tous besoin de jouer un personnage un peu fou. Non, nous sommes un peu fous ; nous nous attirons parce que nous aimons la nouveauté.

Dis, tu ne t’es jamais présenté en disant que tu étais différent ?
Tu ne t’es jamais dit qu’au fond on était tous pareils ?

enhanced-buzz-19857-1389374773-7 réfléchir dans Chroniques d'un Gourou

Vous n’êtes pas exceptionnels. Vous n’êtes pas un flocon de neige merveilleux et unique. Vous êtes faits de la même substance organique pourrissante que tout le reste. Nous sommes la merde de ce monde, prête à servir à tout.
Fight club encore

Et c’est angoissant d’être tous pareils. Il est probable que nous ayons tous à prouver que nous ne pouvons pas être remplacés.

En vrai on ne le prouve pas, on le sait. Personne ne peut être remplacé.


Un partage : témoignage

Bettasplendens vient de publier un article sur le féminisme chez les hommes. Des gens viennent de manifester contre la taxe tampon. Une campagne contre le harcèlement dans les transports en commun a été lancée par le gouvernement et ce n’est pas trop tôt, au vu des nombreux témoignages glauques qui fleurissaient sur le net. Bref, un peu de revendication d’égalité entre les sexes (oui, « féminisme » ça pique il paraît), ça peut pas faire de mal.

Maintenant, mise en contexte :
Un jour, il y a fort fort longtemps, j’ai créé une catégorie « informations« . Cela signifie, dans une dimension parallèle, qu’il s’agit d’une catégorie de « copier-coller », parce que si je vous mets juste un lien vous n’allez pas forcément cliquer. Là c’est important, donc voici sous vos yeux ébahis : un article en provenance du blog « Alors voilà ». C’est un témoignage. Et peut-être que vous l’avez déjà vu parce qu’il a été partagé partout et je vis dans une caverne donc je ne suis pas au courant …

 Les choses que je sais et celles que je ne saurai jamais.

Je sais que je suis un homme de 30 ans, blond, blanc, cis-genre, médecin, socialement bien intégré, et je sais que je jouis sans le savoir de privilèges nombreux qui ne sont en aucun cas le fait d’un mérite quelconque.
Quand j’ai demandé aux femmes qui m’entourent ce qu’était le sexisme, ce qu’était « factuellement » le sexisme, je me suis rendu compte, pour la première fois de ma vie, des mille et une petites choses qui concourent à mes privilèges. Je sens déjà que certaines femmes vont rire, et que les plus féministes d’entre elles grinceront des dents. Mais je leur demande la même indulgence qu’on octroie à cet enfant qui découvre la non existence du Père Noël ou à cet autre qui tombe des nues et s’aperçoit que, non, ce n’est pas une bonne fée qui vient subtiliser la dent sous l’oreiller pour la remplacer par une pièce de 1€…
D’ailleurs, pardon pour elles, mais ce texte s’adresse avant tout aux hommes. Aux hommes qui ne savent pas et qui ne sauront jamais.
Je ne sais pas et je ne saurai jamais ce qu’on ressent quand le vendeur du magasin de bricolage regarde l’homme qui m’accompagne pour répondre à MA question concernant MA salle de bain.
Je ne sais pas et je ne saurai jamais ce qu’on ressent quand la maîtresse d’école s’adresse systématiquement à la maman quand il s’agit de parler des enfants. Ou la colère sourde dans mes tripes de femme violée quand un expert psychiatre dira d’un accusé en cour d’assises : « c’est un dérapage, un acte d’opportunité ».
Je ne connais pas et je ne connaîtrai jamais l’indignation d’entendre qualifiée de « caprice » ma volonté de garder mon nom de jeune fille, ou ce qu’on ressent quand le maire de la troisième ville de France parle de ses collègues élus masculins en termes de « compétences », mais évoque la nouvelle élue à l’agglomération en s’exclamant « jolie, en plus ! ».
Je ne sais pas et je ne saurai jamais l’envie brûlante d’expliquer au notaire que non, vraiment non, quand il y a écrit sur le papier officiel « Mme et M [prénom-nom du mari] » moi, en tant que femme, je n’apparais pas. Qu’éprouve-t-on lorsqu’il vous répond : « Mais allons, madame, c’est PAREIL ! » ? Je ne le sais pas et je ne le saurai jamais.
(Et je ne parle même pas des chéquiers… Les femmes comprendront, les hommes pas du tout…)
Je ne sais pas et ne saurai jamais ce que c’est que de vivre dans une société où la plupart des insultes et des jurons sont liés à mon sexe de femme. « Con, connasse, Salope, va te faire foutre, putain, pute, va te faire enculer, enculée, pétasse,  » autant de mots de tous les jours qui me rappellent ma condition de pénétrée et la suprématie du pénétrant. (Rajoutons les PD, tarlouze, tante, etc.). ET TOUT LE MONDE TROUVE CELA NORMAL ?!?!?
Je sais, cependant, que plus j’accumulerai de conquêtes féminines plus je serai un tombeur, mais je ne saurai jamais ce que ça fait de se faire traiter de chaudasse, ou salope, parce que je suis une femme et que je prétends aux mêmes droits à la sensualité que les hommes. Je sais aussi, la honte induite et idiote, que j’ai ressentie petit garçon quand on m’a dit : « arrête de pleurer comme une fille ! ». Alors, ça pleure comment une fille ? Avec ou sans les larmes ? Avec ou sans les yeux ? Est-ce que ça hoquette ? Est-ce que ça renifle ? (Sérieux, c’est une vraie question ça…)
Je ne sais pas et je ne saurai jamais que, pour chercher des informations sur mes impôts, je les trouverai en réalité sous le numéro fiscal de mon mari.
De même, on ne m’a jamais demandé : « Et le bébé c’est pour quand ? » au cours d’un entretien d’embauche. On ne me fait pas payer mes rasoirs trois fois plus cher parce qu’ils sont bleus ou des Stabilo parce qu’ils sont spécialement faits pour les hommes.
On ne me regarde pas de travers quand je dis ne pas vouloir d’enfant. On ne me dis pas : « tu as une ampoule grillée sur ta voiture, il faut que ta femme s’en occupe ». Cependant, je sais qu’on me regarde avec approbation quand je dis que je repasse le linge, comme si c’était un exploit. (Et merde, la porcherie est partagée, on est plusieurs à vivre dedans, non ?)
Je ne sais pas et je ne saurai jamais le rire salace du policier qui prend la plainte pour viol de ma compagne lesbienne et murmure à son collègue : « Pour une fois qu’elle avait un vrai pénis entre les jambes ! »
Je ne sais pas et je ne saurai jamais l’envie de frapper mes interlocuteurs quand, étant mariée avec deux enfants, j’accepterai un super job bien payé à 400 km de chez moi et que je m’entendrai dire : « Comment tu vas faire avec les enfants ? »
Parce que ÇA, on ne le dit JAMAIS à un homme.
Je ne sais pas et je ne saurai jamais pourquoi à l’école on insiste toujours pour appeler d’abord la maman plutôt que le papa quand la fillette vomit. Je ne sais pas je ne saurai jamais pourquoi, dans les magasins, on trouve toutes les tailles pour les hommes, mais rien au-dessus du 44 pour les femmes. Parce que « les grosses, c’est moche, elles vont sur le net », alors que les hommes avec de l’embonpoint c’est le pouvoir et la force de l’âge ! Amen !
Je sais (et je me souviens) de l’indignité d’un chef aux Urgences prétendant de toute sa puissante voix virile que non, l’excision est une coutume locale et qu’on « se doit de la respecter parce que ça rend la femme respectable ».
Je ne sais pas et je ne saurai jamais ce que ça fait de réduire mon indignation d’être humain à un simple désordre hormonal en un réducteur et lapidaire : « T’as tes ragnagnas, ou quoi ? », digne successeur du « T’as un trouble hystérique, ou quoi » du 19 ieme siècle. (Pour les tordus de philo : « Le sexisme c’est emprisonner quelqu’un à l’extérieur de ce qu’il est. » Vous avez 4 heures.)
Est-ce que je suis en colère quand, étant une femme travaillant dans un pays européen, j’apprends que depuis le lundi 2 novembre au soir, je ne suis plus payée ? (Oui, oui, en Europe, un employé femme gagne en effet en moyenne 16 % de moins qu’un employé homme. Rapporté sur 365 jours, c’est comme si elles étaient rémunérées cinquante-neuf jours DE MOINS par an !) Je crois que oui, je serais en colère. Très en colère.
Je ne sais pas et je ne saurai jamais ce qu’on ressent quand, alors que je suis chef d’entreprise et qu’une discussion devient pointilleuse avec un client, celui-ci demande à parler au patron.
« C’est moi le patron ! CONNARD ! »
(mais qu’est-ce qu’IL a celui-là ? IL a ses ragnagnas, ou quoi ?)
Je ne sais pas et ne saurai jamais ce que c’est de devoir assumer SEULE, dans mon corps et dans mon porte-monnaie, le poids de la contraception de mon COUPLE.
Je ne sais pas et je ne saurai jamais ce qu’on ressent quand soudain, dans l’avion, alors que je suis à ma place, l’hôtesse de l’air vient m’expliquer que je dois changer de place car je suis près de l’issue de secours et qu’il faut un homme à cette place. Je ne sais pas et je ne saurai jamais ce que ça fait de se faire traiter de sale pute parce que je porte une jupe, et que non, cela ne veut pas dire que j’ai envie de baiser (et quand bien même !), mais que simplement je me sens bien en jupe ou belle, ou les deux, et que tout être humain a le droit d’être bien dans sa peau et de se sentir beau. Je ne sais pas et je ne saurai jamais la colère d’avoir un doctorat et de pourtant devoir affronter des gens qui persistent à voir en moi une assistante, une secrétaire, une infirmière, une aide-soignante, enfin bref, tout ce qui n’est pas un docteur (je ne dévalorise en aucun cas ces métiers, simplement le fait qu’ils soient, dans l’imaginaire collectif, réservés aux femmes). Je sais, cependant, qu’il est difficile de trouver un déguisement de docteur pour ma nièce, quand seuls des déguisements d’infirmière sont proposés aux petites filles, et de docteur aux petits garçons. Je sais, aussi, que dire d’une enfant « c’est un garçon manqué », c’est dire étymologiquement que l’enfant est ratée. Je sais aussi que le sexisme c’est consacrer spécialement une journée par an aux droits de la femme et aucune à ceux de l’homme avec un h minuscule (oui, il y a une ironie désabusée dans cette phrase.) Le sexisme c’est aussi (surtout ???) la femme qui aura lu ce gros pavé jusque-là et qui se demandera si tout cela EST vraiment du sexisme. Oui, je sais, au fond de moi, que le sexisme, le vrai, celui qui a gagné je veux dire, c’est cette femme, seule devant ce texte, en train de se dire que, finalement, tout cela « ce n’est pas si grave »…
Je pourrais continuer indéfiniment la liste des choses que je sais et celle des choses que je ne sais pas et que je ne saurai jamais. Alors j’incite le lecteur de ce texte à demander aux femmes qui l’entourent ce qui, pour elles, est le sexisme. Le sexisme pragmatique, j’entends. Factuel. Tangible. Quotidien. Palpable dans le réel. Où est-il ? Qui est-il ? Comment agit-il ? Parce que non, définitivement non, quand on est un homme, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses qu’on ne voit pas, qu’on ne sait pas. Et qu’on ne saura jamais. Demandez aux femmes autour de vous, renseignez-vous, croquez la pilule rouge ! Et si vous vous décidiez à changez votre point de vue, à prendre la place de l’autre ? C’est comme ça que les révolutions arrivent : on commence par changer sa manière de regarder le monde, puis un jour voilà que le monde entier a changé.

Baptiste Beaulieu ©

À partager avec vos amis. Un maximum. Pour que les choses changent.

Un article du blog « Alors Voilà », venez nous découvrir sur : http://www.alorsvoila.com

Article flemme, facilité ? Nein. Au fait, merci d’avoir lu jusqu’ici. Je voulais partager ce témoignage parce que je le trouve sympa. Je le trouve assez complet, parfois un peu exagéré, et c’est d’ailleurs là que je me demande : suis-je de celles qui se disent « ce n’est pas si grave » ? Ai-je de la chance ou suis-je insensible aux conneries dans cette société ?

Je suis de celles qui pensent que les hommes sont aussi plus victimes de l’inégalité entre les sexes que ce que l’on croit, et là … Il n’en parle pas. Alors je vais guetter les commentaires sur l’article de Bettasplendens.

Un partage : témoignage dans Informations E2-Harcelement-Abribus-Decaux-1185x1750-HD


Aujourd’hui, de la poésie

Des armes, des chouettes, des brillantes,
Des qu’il faut nettoyer souvent pour le plaisir
Et qu’il faut caresser comme pour le plaisir
L’autre, celui qui fait rêver les communiantes

Des armes bleues comme la terre,
Des qu’il faut se garder au chaud au fond de l’âme,
Dans les yeux, dans le coeur, dans les bras d’une femme,
Qu’on garde au fond de soi comme on garde un mystère

Des armes au secret des jours,
Sous l’herbe, dans le ciel, et puis dans l’écriture,
Des qui vous font rêver très tard dans les lectures,
Et qui mettent la poésie dans les discours.

Des armes, des armes, des armes,
Et des poètes de service à la gâchette
Pour mettre le feu aux dernières cigarettes
Au bout d’un vers français brillant comme une larme.

Des Armes, Léo Ferré (1969)

C’est sans doute un des premiers poèmes que j’ai appris par cœur. L’album « Des visages, des figures » de Noir Désir est sorti le 11 septembre 2001 (quelle date emblématique), et nous l’écoutions dans la voiture à chaque long trajet – chaque semaine mes parents roulaient deux fois deux heures. Un poème mis en musique passe le message du poème, et plus encore. Un poème mis en musique se retient plus facilement, aussi. D’ailleurs, quand tu apprends un poème, n’as-tu pas une mélodie qui l’accompagne en tête ?

Aujourd'hui, de la poésie dans Chroniques d'un Gourou tumblr_mnrhimCNdp1rj8vkao1_1280

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Par curiosité, j’ai voulu lire des analyses de ce texte. Et j’y ai trouvé de quoi compléter un article précédent, Bleu.

Deuxième strophe : « Des armes, bleues comme la terre ». Le bleu est la couleur des artistes, couleur divine (Morbleu !) et couleur de l’amour. D’autres disent couleur de l’amour pour les artistes (tu sais, ces gens un peu différents mais/donc fascinants … Tss. Pour moi ce sont tous ceux qui s’autorisent le rêve, ce sont les autres qui sont différents). Donc oui, le bleu est une couleur chaude. Merci Julie Maroh.  Il y a aussi la dimension spatiale (pas n=3 mais l’exploration de l’espace) puisque le texte date de 1969 : il est tout frais que la Terre est vraiment une planète bleue. Mais cette dernière partie relève possiblement de la sur-interprétation (dans la catégorie : on le dit mais c’est peut-être inconscient même chez l’artiste).

Ce sont les armes qui sont bleues : il y a un rapport amour/haine puisque les armes peuvent aussi être positives ici : la poésie est une arme, les mots sont une arme, les poètes peuvent mettre le feu aux dernières cigarettes [des condamnés à mort].

Le-1er-de-la-classe Couleur dans Chroniques d'un Gourou

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Analyses : # # #

(la dernière est « l’analyse des silences dans les musiques populaires actuelles », que de questions existentielles ! Haha)


Changement de base

Considérations mathématiques sur ma vie. 

Changement de base dans Chroniques d'un Gourou tumblr_nr8qm2BbgP1ted1sho1_1280#

Au début, je voulais parler de changement de dimension, mais en vrai rien, d’un point de vue extérieur, n’a changé. Seulement ma perception (et tu verras par là # ou ici # que ça m’a tracassée – comme un nain). Il y a des dimensions, prenons n=5 (au-delà ça devient vraiment dur à suivre), et il y a comment on les exploite. On les exploite toutes, c’est aussi pourquoi « changement de dimension » n’était pas satisfaisant. Exemples : je me suis pris un mur, j’ai exploité les 3 dimensions de l’espace. J’ai tellement dormi que j’ai loupé un cours de l’après-midi, j’ai exploité la dimension (4) du temps et la cinquième si c’est celle du rêve.

La base n’est pas orthonormée, j’entends pas là qu’on ne donne pas le même poids à toutes les dimensions. D’accord, pour largeur et hauteur on ne fera pas de jaloux. Mais la cinquième dimension, dans ma base, était négligeable devant les autres. Disons que le projeté de ma vie (aïe !) sur la cinquième dimension était – et est sans doute encore un peu – très petit par rapport au reste (espace et temps).

J’ai décidé de rêver. J’ai décidé que puisque je n’ai plus autant de temps pour dormir, j’allais augmenter le poids donné à la cinquième dimension dans ma base. Après tout, le rêve est indépendant du temps. 


Le psy du blog – Le blog du psy.

Ça revient souvent, l’affirmation « pas besoin de psy, j’ai un blog ». Dernièrement ici : #, par exemple. Quand on inverse, « pas besoin de blog, j’ai un psy », on vérifie assez vite que c’est faux : certain.e.s parlent de leur psy sur leur blog. Ou d’un conseiller de vie (ça passe mieux, ‘faut croire. Et puis pas besoin de diplôme pour exercer ça). Mais comme ce n’est pas rigoureux d’inverser les phrases comme ça, je propose de prendre la contraposée : « J’ai besoin d’un psy, donc j’ai un blog » (la virgule dans la première phrase faisait office de « car »). On peut considérer que nous sommes tous névrosés, alors que font ceux qui n’ont pas encore de blog ? Cette affirmation pourrait être mal prise par certaines blogueuses (dans ce cas précisons que la réciproque : « J’ai un blog donc j’ai besoin d’un psy », n’est absolument pas ce que j’affirme ici). Et puis zut, depuis quand « raconter sa vie » = « consulter un psy » ?

Le psy du blog - Le blog du psy.  tumblr_nvex5bMoy91ted1sho1_1280#

J’ai un blog et je suis névrosée. J’ai un blog et je n’y mets pas tous mes espoirs. Défouloir peut être mais je n’y raconte pas ma vie : je raconte ce que je veux. Il y a seulement ce que je veux sur ce blog. (Par contre je ne mens pas..). J’ai un blog mais je sais qu’il faudrait plus que raconter ma vie et éventuellement l’analyser pour soigner mon esprit. Un (bon) psy pourrait m’aider à comprendre. Des lecteurs m’aident « juste » à réfléchir – ce n’est pas leur rôle de trifouiller dans ma vie privée (t’entends ? C’est moi qui décide ! Mouhahaha !) (En vrai ça doit quand même aider, hein). J’ai un blog et il m’aide parfois à réfléchir.

J’ai un blog et c’est fun.


Le mec au hasard dans le RER

Au hasard, j’ai demandé à cette personne si le RER allait bien où je voulais. Au hasard, je me suis installée dans un wagon presque vide et quand il est venu me parler j’ai continué la conversation. On ne peut pas déterminer le discours de chaque personne dans les transports d’île de France, on ne pet pas en faire une moyenne, ni même en trouver les grandes lignes. Surtout que moi, je ne suis pas d’ici et je pense que ça se voit. Peut-être que cette personne avec qui j’ai discuté était prise au hasard dans une population RER C – fin de journée. Son discours servira pour les autres, tant que je n’ai pas rencontré d’autres personnes au hasard pour contrebalancer son point de vue.

Le mec au hasard dans le RER dans Chroniques d'un Gourou Cascata-Skogafoss-Islanda_600x450

Approche tout à fait classique, du moins facile au vu de ma sale gueule : dure journée, hein ?  Fatiguant, la vie ? Bref, quelque chose comme ça. Moi, oui, je suis fatiguée : je réponds « oui ». Il s’avère que ce mec bosse dur, trois emplois dont au moins un au noir, bâtiment, ménages, « commerce » (j’ai des doutes quant à la signification du dernier). Ah non, je n’ai pas ce mérite, moi je fais encore mes études. T’as quel âge, 20 ans ? Oui, presque. Oui, après mes études je chercherai un travail.  Oui, j’ai un copain – de quoi je me mêle ? Et comment tu as amené cette question ?

Il me dit qu’il vaut mieux avoir une femme/une compagne/un compagnon français, « là ça va » parce que ça travaille, ça ramène de l’argent. Parce que la vie est chère, que rien qu’avec le loyer et les charges type électricité et abonnement téléphonique, il reste juste de quoi manger. Parce que la femme à la maison elle va demander des sous à son mari mais il lui reste, quoi, dix euros ? Lui n’a pas de copine ni de femme. Lui, il cherche.

Il m’a demandé plusieurs fois : « et à la fin, on a quoi ? ». On parlait bas parce qu’on était dans le wagon, je t’avoue que je ne comprenais pas tout du premier coup, alors on est partis au niveau des portes. « A la fin », c’est « 75 ans, la retraite ». Rien que cette affirmation, purée que c’est triste. Il m’a déjà dit que travailler comme couvreur au noir, ça veut dire pas d’échafaudage, ça veut dire tu tombes t’es mort. Ou sérieusement handicapé, et sans assurance (on s’en doutait). Ah oui ça gagne bien mieux que les ménages, mais c’est dangereux. Et maintenant il me dit que tout ça se finit à 75 ans. Qu’à 72 ans, si t’es toujours en vie, t’es susceptible d’encore monter sur les toits. Et donc, si tu arrives à 75 ans, il y a la retraite.

« A la fin », est-ce que tu restes en France ? Non, la vie est moins chère ailleurs. Encore faut-il recevoir une éventuelle retraite française. « Donne-moi le prix d’une maison à la Martinique ». Il m’a donné (puisque je ne trouvais pas) le prix d’une maison en Bretagne. Les maisons auxquelles on pense ne doivent pas être les mêmes. Nos façons de dépenser une retraite non plus. Il y a un décalage entre : je me tue au boulot avec un salaire de merde et je paye une maison luxueuse avec des employés pour faire le ménage dedans. (Malheureusement, ça ne fonctionne pas au mérite.) …Et puis je prends le taxi aussi, tiens. Après, il te reste 100 euros sur les 400 de la retraite. Pour les cigarettes ou l’hôpital  ? Je pense qu’il veut illustrer un « pas assez », un choix forcé. En vrai, la question ne se pose pas, si ?

***

Et il y a sa conception du couple, du mariage, des enfants (parce que concevoir des enfants, c’est intéressant). Je ne voulais pas faire d’article féministe ou apparenté (il y a des gens à qui ça fait peur : bouh !). Il m’arrive de faire d’autres choses, en fait. Là, je risque de retomber dans le thème, pourtant il n’est question que de société. Société et coutumes, habitudes, idées reçues.

« Par exemple, tu te maries avec moi ». Par exemple … Exemple beaucoup employé par monsieur. Tss. Plusieurs théories intéressantes à retenir : 1.Si tu ne fais pas d’enfants, je cherche une autre femme. Est-ce que tu reste célibataire ? Non, parce que 2.*Dessine un sexe féminin avec ses mains* Deux fois par semaine ! Si si, ou alors tu as un problème dans la tête. Aussi, 3. La loi t’interdit de travailler avant que tes enfants aient trois ans.

« Quoi, tu ne penses pas avoir d’enfants avant 25 ans ? Et quand vas-tu te marier ? » Il aurait pu croiser une personne « normale » qui veut deux enfants un jour. Alors que moi,  comment te dire ? Je veux planter des arbres. Et je ne pense pas que monsieur soit ouvert à cette idée. Déjà que « les enfants » se sont transformés en « un fils » pour lui au long de son discours, j’aurais pu vouloir des gosses, être un pissenlit et pourtant ne pas être d’accord avec lui.

En fait, il posait le fait d’être quittée par son mari comme un drame (deux fois par semaine !) alors que c’est pas choquant (dans sa vision des choses en tous cas) : en effet, le mari est celui qui arrive après que ton copain se soit lassé de toi. Disons que tu te maries par dépit, parce qu’il faut des enfants. Et même ces fameuses deux fois par semaine ne sont plus un argument, puisqu’il m’a dit qu’une fois les enfants faits, le mari se détourne de sa femme. Alors, on se découvre un problème dans la tête ?

tumblr_n1gj9mriZE1rpnp2go3_250 études dans Chroniques d'un Gourou

Quand je suis descendue du RER, il m’a dit qu’on pouvait se rappeler. Je ne connais pas son nom, encore moins son numéro, c’est la personne au hasard dans le RER, peut-être que j’en verrai d’autres.


R-Entrée (Tag)

Il y a eu la rentrée, il y a aussi autre chose. Ce n’est pas pour rien que je réponds au tag de Dans un monde de grands, c’est aussi ce dont je me rapproche : le monde des grands.

C’est plein de choses banales, plein d’autres choses surprenantes. De l’incohérence, beaucoup de conneries, de quoi se préparer à plonger dans ce qui est sans doute beaucoup trop sérieux pour nous.

Ce n’est pas seulement une n-ième rentrée, c’est une entrée : Coucou !

Et maintenant, je raconte ma vie, sans parler de cuisine :D (C’est tout l’intérêt du Tag…)

 Aimes-tu l’école ?

J’aime l’école. Pour moi, ça a toujours été un tout : les cours, les récrés, les gens, l’environnement. Le logement aussi, et ce bien assez tôt. L’école, depuis que j’ai dix ans, c’est aussi ma maison. C’est l’endroit où sont mes amis, c’est là où je fais mes expériences, c’est là où je teste mes limites. Cela dit, je n’ai pas testé beaucoup de limites… L’école en général est à différencier pour moi de l’endroit où ont lieu les cours.  Je suis à l’étroit dans une classe, je crains l’autorité. L’école, c’est plus que ça. Ce que j’aime, c’est ce que l’on construit à l’école.

 En quelle classe passes-tu ?

Je passe en classe de … Non. J’entre en école d’ingénieurs (youpala yoloyolo !). Je suis une NainA (Comprendre première année).

 Quelle a été ton année préférée ?

L’année de 4ème a été mon année de collège préférée, je crois. C’est celle où j’ai voulu connaître tout le monde, celle où je vivais chez des bisounours, l’année où il n’y avait plus de différences entre les gens : je les aimais, et ils n’avaient pas de raison de me haïr.

Au lycée, j’ai vécu trois années assez différentes. En prépa, deux années incomparables entre elles. Toujours, il y a eu du bon et du mauvais. J’y ai eu des occasions terribles que je n’ai pas su saisir, j’y ai vécu des moments de folie (folie douce, rassure toi) et j’ai reporté les autres bons moments trop loin. Ce sont les années où on nous dit « profite ! » et où on ne sait pas comment profiter, comment rentabiliser ces années puisque après, il paraît qu’on ne s’amusera plus. Puisque qu’après, il paraît que le monde des adultes est morose.

Quelle est ta matière préférée ? Et celle où tu es la plus nulle ?

Ma matière préférée est aussi celle où je suis la plus mauvaise. Alors elle change, puisque je me mets à préférer la matière où je m’en sors mieux. J’ai aimé, j’espère que j’aimerai encore les maths. Mais après une classe de Maths Spé, j’ai tendance à douter… Les maths sont devenus ma matière la plus faible, et de loin. Alors nous verrons.

Cette année, j’ai des cours de sciences humaines à suivre, et vraiment ça me motive beaucoup. Pour ça aussi, nous verrons.

Réponds-tu à tes profs ?

Répondre aux profs, maintenant, c’est plutôt bien vu. Et … non, je n’ai pas assez répondu aux profs ces quelques derniers semestres. Dans ma lointaine jeunesse, je ne répondais pas mal aux profs non plus. J’ai toujours eu peur de l’autorité.

As-tu déjà été déléguée ?

Je n’ai jamais été déléguée de classe, je voulais toujours être la remplaçante. Il y a toujours des choses plus importantes : la gestion du self au lycée, par exemple. Là, j’ai défendu les intérêts de ceux qui vivent à l’école, parce que manger c’est la vie. Là, j’ai demandé du lait bio et local au petit dèj contre de la poudre à l’eau. Là, il y a des magouilles à déceler.

As-tu changé de collège ?

Mes déplacements se sont faits en fonction de mon passage de l’école au collège, du collège au lycée, etc. Je n’ai jamais changé d’établissement en cours de route… La chance d’avoir un parcours tout tracé jusqu’au bac :)

Quel est le poids de ton sac ?

Mon sac est actuellement quasi-vide. Il était inexistant au collège et toujours posé sur des étagères au lycée. Il a connu un pic d’activité en prépa, où il était plutôt lourd – et volumineux. #650nuances de polys !

Mon sac. Avec dessous des chaussures de cross, devant mon agenda de 1ère et des bouquins.
J’ai changé d’agenda depuis.

 Ton sport préféré à l’école ?

Les cours de sports devenaient une activité agréable dès qu’il y était question de sports individuels.

 A quelle heure te couches-tu quand tu a cours le lendemain ?

L’heure à laquelle je me couche le soir augmente avec les années, et entre actuellement dans le domaine du lendemain matin. Ce qui est bien cette année, c’est que l’heure de mon réveil recule – du jamais vu depuis le collège !

 La distance entre ton établissement et ta maison ?

Durant la plus grande partie de ma scolarité, l’établissement scolaire était ma maison.  Donc pas énormément de temps perdu sur le chemin.

Ta popularité ?

La popularité, c’est subjectif. Mais la peur de l’autorité, c’est aussi être impressionnée par tout ceux qui sont un peu trop grandes gueules. C’est donc avoir l’air snob et renfermée auprès d’eux. C’est donc ne pas les côtoyer, sur un commun accord.

Quand je deviens la grande gueule, c’est une autre histoire, et c’est une affaire à suivre…

 Est-ce que tes profs sont bons ?

Et puis bien sûr que mes profs sont bons ! Toutefois, avec les années on se retrouve avec des gens tellement bons dans leur matière qu’ils n’ont pas considéré l’intérêt de la pédagogie… On ne peut pas être bons partout.

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Et puis une photo de ma trousse et de mon agenda. J’aime beaucoup cette trousse, ça change de la chose en plastique moche que j’ai eue pendant des années :)

Le Cas Cis

Le Cas Cis dans Chroniques d'un Gourou tumblr_nskdncgHA91ted1sho1_1280 #

Hier, j’étais chez le médecin, et surtout, avant, j’étais dans la salle d’attente du médecin. Tout comme le dentiste ou … le dentiste, le médecin généraliste est abonné à des magazines scientifiques type Voici, voilà, et j’en passe. Mon médecin propose entre autres Paris Match, Ouest-France (ce qui donne à la pile de revues un aspect bordélique à souhaits – essayez de replier proprement un journal que vous venez de lire), et enfin Psychologies magazine.

Dans Psychologies, il y a une rubrique formidable où les gens posent des questions à une psy, avec une partie spécialement dédiée aux enfants (moins de 12 ans je crois). C’est après le sordide épisode de « Comment expliquer à ma mère que je n’aime pas que mon oncle me viole ? » que j’ai trouvé la question d’une fille de 6 ans : Je voudrais être un garçon.

Oooh, trop mimi, une fille de 6 ans qui ne veut pas être une fille ! Est-ce qu’à 6 ans, je ne voulais plus être une fille ? Est-ce que ça m’a pris plus tard ? Toujours est-il que je m’identifie à cette gamine (plus qu’à celle qui a une famille sordide, dieu dame nature merci). Évidemment, j’ai été déçue de la réponse.

Il est vrai que ça serait mal placé d’annoncer à la petite fille – ainsi qu’à ses parents – qu’il existe des traitements hormonaux, des opérations chirurgicales, pour remédier à son problème. Après tout, c’est une petite fille, on ne sais pas si elle est trans, ses parents ne savent même pas ce que c’est, au secours, c’est peut-être un problème mental. Après tout, ils ont recours au magazine Psychologies et pas à un suivi psychologique digne de ce nom (#lapsychalalyseauraitpuchangermavie).

Attention, je ne dénigre pas le magazine en question – ni ses lecteurs – , qui est quand même assez complet et diversifié, je l’ai préféré à Paris Match pour attendre mon tour, et puis ma mère et ma sœur le lisent à la maison.

Toutefois, dire à cet enfant : « Tu ne peux rien y faire, c’est impossible de naître une deuxième fois dans un  autre corps », ça lui casse le mythe de la réincarnation, et ça lui casse le mythe de « la gentille psy va te rassurer ». D’accord, un psy n’est pas destiné à entretenir des mythes, pourtant je trouve qu’avec les enfants, il vaut mieux les amener à se poser des questions et à réfléchir par eux-mêmes (d’ailleurs, pas seulement avec les enfants), plutôt que de leur asséner une vérité indiscutable avant de développer une réponse.

De plus, la suite de la réponse de la psy m’a également agacée. Trop de clichés à mon goût.

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Tu veux être un garçon car tu préfères le corps de ton frère ? Tu sais, avoir un sexe externe c’est pas forcément le top.

Parce que c’est bien connu, vouloir être un garçon c’est vouloir un pénis. Vas-y que je te calque un fantasme masculin sur une petite fille. D’ailleurs, peut-être même pas un fantasme masculin. Je ne sais pas comment l’appeler. Mais garçon = pénis, c’est un peu rapide. On ne naît pas garçon, on le devient ! Ou peut-être qu’à la naissance, il y a ceux qui ont un pénis et ceux qui n’en ont pas. C’est d’ailleurs comme ça qu’on fait la différence à la maternité, mais je ne crois pas que la fillette demandait à ce qu’on lui trouve un pénis quand elle est sortie de sa maman.

A croire que la psy a vu : « Je veux être un garçon » =  « Changez mon acte de naissance et assignez-moi un sexe masculin »

 

Le corps féminin est formidable, tu peux faire des bébés avec, et ça les garçons en sont jaloux.

Ça ne se discute pas, les femmes (les personnes avec un corps de femme) peuvent effectivement être enceintes pour la plupart. Les garçons qui sont jaloux, pourquoi pas, ça peut être intéressant de faire l’expérience d’être enceinte et ils ne peuvent pas la faire.

Mais toujours pareil, « femme = corps de femme« , zut ! Être psy ne nécessite sans doute pas la connaissance parfaite de la définition du cisgenre, mais savoir faire la différence entre sexe assigné à la naissance, identité personnelle, corps, ça fait partie des outils pour mieux s’exprimer.

Quand on ne veut pas être une fille, l’argument « mais siiii, tu feras tout plein d’enfants » ne fonctionne pas très bien, croyez-moi. Comme si faire ce qui correspond au sexe biologique – assigné à la naissance (il y a une nuance entre les deux, mais ça devient trop compliqué)- allait permettre à l’identité personnelle de s’aligner avec. 

 Féminisme dans Chroniques d'un Gourou

Ne soyons pas aussi extrêmes que l’Odieux Connard l’entend, mais les mots existent, utilisons-les !
(Si tu as le temps, l’image est un lien vers un article plutôt génial)
 

 Même s’il est possible que cet enfant ait voulu un sexe de garçon, il est bien plus probable qu’elle ait voulu être de sexe masculin.  Plus précisément, de genre masculin.

D’ailleurs, je t’invite à faire cet effort : quand il y a « sexe » dans une phrase, essaie de remplacer par « genre », c’est parfois plus adéquat, et ça évite les confusions. Bon, parfois, tu peux laisser « sexe »… (Quoi, ta copine est accro au genre ?)

On dit que c’est autour de 4 ans que l’on fait la différence entre garçon et fille. Pourtant, à l’école, on ne se promène pas à poil, donc la différence ne se fait pas a priori sur le sexe interne ou externe. Sur quoi se fait la distinction ? Quand mon neveu lui demandait, ma sœur lui a expliqué que les filles avaient les cheveux plus longs que les garçons. J’ai connu ma sœur avec des cheveux très courts (moins de 10 cm) pendant plusieurs années, pourtant elle est restée plus féminine que la plupart des métalleux du Motocultor. Enfin, elle est restée une femme, quoi. Et elle a même eu un enfant (quel corps formidable !).

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Motocultor festival. Que j’aime ce nom. J’ai d’abord voulu mettre une photo plus « cliché », mais j’ai préféré celle-ci.

Je ne sais pas sur quels critères les enfants s’assignent un genre. Je sais juste qu’ils n’aiment pas qu’on se trompe.

Des idées ?

(T’as le droit de me dire aussi que je pars trop loin et qu’en fait avoir un pénis, c’est cool. Juste : dis moi pourquoi)


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Puis elle a levé la tête, a vu les nuages et s’est souvenue. Souvenue de ce soir d’hiver, cette nuit de février où elle est partie courir sous les étoiles. Il faisait froid et sec, la route était vide d’humains et de lumière, seul le ciel était l’éclaireur. Elle s’est souvenue les étoiles blanches et froides, elle s’est souvenue la douceur de cette nuit vide, le frais dans les poumons, la boue jusqu’aux chevilles. Accélérer à chaque phare de voiture au loin, à chaque bruit de moteur qui approche, histoire que personne ne la voie – histoire de ne voir personne alors qu’elle porte un short taille 12ans. Tu es sûre que tu veux sortir toute seule la nuit ?

Tout l’intérêt de la nuit froide de février est qu’on est toute seule. Et puis elle se répète souvent « Je suis invincible ». Pas consciemment, mais tout de même. Elle se sent invincible la nuit, elle se sent invincible quand elle court dans la boue. « Je suis invincible » quand elle prend l’avion, quand elle se retrouve seule dans une capitale étrangère. Elle se sent invincible quand elle se promène avec des inconnus, elle se croit invincible quand elle part loger chez un autre inconnu.  Pas face à la feuille blanche ou quadrillée, où « je peux le faire » devient « je vais le faire », pas face au tableau où tout ce qui reste est « je dois le faire ». Et pourtant …

Elle lève la tête et se souvient les étoiles froides de février. Puis se souvient du paquet d’étoiles de la semaine dernière, ce paquet dont sortaient les étoiles filantes.

Étaient-ce les mêmes étoiles ?

Alors que je cours, alors que je marche, alors que tout change autour de moi, ces points blancs restent là. Alors que je me prends pour Jules César, alors que j’écoute de la musique qui me rend nostalgique sans qu’elle ne me rappelle rien, le ciel reste imperturbable et beau.


Ma vie en cloques

Mes articles estivaux seront décidément marqués de « ma vie … ». En effet, si on parle de vacances d’été c’est bien pour y prendre du temps pour soi – en tous cas pour moi.

D’autres auraient appelé cet article « Ce que j’ai aimé depuis fin Juillet ». Dans tous les cas, il risque d’être long et futile

Commençons par un guide pratique de départ en randonnée !

Mise en situation : Vous voulez partir quelque part où c’est joli.

  • Prenez une carte. Repérez des villes pas loin du truc joli en question (ex : la mer)
  • Armez-vous d’un carton et d’un marker noir. Si vous doutez de la bonté humaine ou de votre sex-appeal ou quoi que ce soit d’autre, prenez aussi des markers bleu, vert, rouge pour dessiner des fleurs ou mettre en relief ce que vous aurez écrit en noir.
  • Faire du stop sur une aire de covoit c’est marrant, vous pouvez faire coucou à des gens qui ont payé pour le trajet que vous allez faire gratos
  • Quand le gentil conducteur vous a pris dans son véhicule, précisez : « on va quelque part où il y a [insérez l'endroit joli] « . Avec un peu de chance, lui aussi va à la mer et il vous déposera même sur la plage.

Locquirec

Remise en situation : Vous voulez randonner où c’est joli. Dans le cas de la plage, vous avez le sentier côtier. Dans le cas général et favorable, vous avez un téléphone avec de la batterie et google maps. Dans le cas général et classique, vous avec un sens de l’orientation et une carte. Pour se marrer, peut-être même une boussole.

  • Attention, on ne prend pas un itinéraire pour voiture au pif à l’office du tourisme, vous risquez d’avancer beaucoup moins vite que prévu.
  • Pour randonner, on met des chaussures, c’est plus pratique
  • Pour randonner, on met des chaussures de randonnée, c’est mieux
  • Prévoyez quand même une tente si vous partez pour plusieurs jours. Vous trouverez des campings sur votre chemin si votre endroit joli est touristique. S’il n’est pas touristique, vous trouverez des endroits déserts où vous poser. Une tente, parce que malgré la bonté humaine, votre sex-appeal et malgré tout le reste, vous risquez de ne pas vous faire héberger par la mamie de coin, et il risque de pleuvoir (ou de faire froid) la nuit.
  • Au pire, prévoyez un sac de couchage étanche. Ou allez en Islande, il n’y fait jamais nuit en été, vous n’aurez pas à trouver d’endroit où dormir. 

Mise en situation encore : Vous n’avez pas trop tout suivi. En tous cas pour la partie chaussures, vous avez fait n’importe quoi. Vous rentrez chez vous en boitant grave

Vous posez avec vos panneaux de stop dans votre canapé.
Vous posez avec vos panneaux de stop dans votre canapé.

Poursuivons avec un petit topo : Respecter son corps.

Être capable d’exploits physiques, c’est sympathique. Exploser ses pieds en randonnant n’importe comment, ça l’est moins. Ou faire un malaise pendant un footing rien que pour semer un mec dans une côte, pareil.

PiedI am a warrior ! And I marche on my genoux !

Ce que j’ai aimé depuis fin Juillet

Cet intitulé est décidément bien pratique.

  • Marina. Ouais, spéciale dédicace à la personne qui attendait le plus cet article. 
  • Mon déménagement, ou plus particulièrement la soirée avant. Désolée d’avoir profité de vous les gens, ça n’était pas vraiment prévu. Toujours est-il que vous êtes trop chouettes !
  • Débarquer à Nantes Vigneux et retrouver des gens après une année, et plus si affinités (et moins si j’ai eu de la chance avant).  D’ailleurs, je referais sans doute un article sur l’amitié bientôt, parce que c’est fabuleux ce truc.
  • Être admise dans une école d’ingé. Il y aura sans doute des choses à dire. 
  • Aller se baigner dans la mer à 20h et avoir la plage pour juste moi et ma maman. Regarder les touristes se promener en parka et bottes pendant qu’on nage. S’asseoir dans 20cm d’eau et attendre de se faire renverser par une vague. Regarder les nuages roses, oranges, et le soleil qui se couche en dessous. Ça donne envie d’avoir quelqu’un à aimer de se rouler dans le sable, de courir dans l’eau, d’escalader les blockhaus, de nager jusqu’à Groix, de manger de la salade. En faisant attention, toujours, à ne pas ré-exploser mes pieds.
  • Se déguiser en hippie festivalier, retrouver des amis (après deux semaines) en cherchant un point déchet, crier Pascaaaaaaaal !

Ma vie en cloques dans Chroniques d'un Gourou tumblr_myuql0fPrC1qjozueo6_r1_250

Trugarez Nolwenn :)
  • Attendre avec impatience le prochain festival. Attendre avec impatience puis retrouver d’autres gens. Entre-temps, faire un gâteau, tondre des fougères, nettoyer la cabane des moutons.

Bref, je n’avais pas eu de vacances depuis longtemps. Bref, cette année je ne serais pas sortie du territoire national. Bref, ça fait longtemps que je n’ai pas suivi ce qui se passait -entre autres- sur les autres blogs, je vais avoir trop de choses à lire.

 

 


Ma vie à poêle

Oui, j’étais vraiment obligée de faire ce jeu de mots pourri… Tu sais, pour l’audience, tout ça …

Mise en situation : je suis actuellement dans un appartement vide, vide de quelques unes de mes affaires déjà, vide de ma colocataire surtout, et par conséquent vide de toutes les affaires de ma colocataire.

Aussi, nous passerons sur le fait que je puisse effectivement vivre à poil puisque je suis seule dans cet appart et que c’est l’été.

Dans le cadre primaire de ma survie, j’ai voulu me faire des pâtes un soir. Or, je ne possède pas de casserole. C’est Koppa qui en possédait. J’ai donc entrepris de faire des pâtes à la poêle. Je ne détaillerai pas ici le processus de cuisson des pâtes, c’est la même chose qu’avec une casserole, je t’assure.

Les pâtes étaient cuites, c’est donc une réussite dont je suis fière (il en faut peu…)

Ma vie à poêle dans Chroniques d'un Gourou Pates
La preuve en images !

(L’épisode cup a lui aussi été un succès, bref.)

J’ai voulu pousser l’expérience plus loin, en faisant un gâteau. Ouais, Koppa avait aussi le four, et ça je l’avais oublié, j’avais prévu de faire un gâteau. Donc j’ai fait ce gâteau.

Commençons par annoncer que le corps humain est constitué à 18% de carbone (pourcentage massique) #.

Premièrement, j’ai déterré une recette que j’avais notée au début de l’année, la recette d’un gâteau au citron sans produits laitiers. Comme je suis quelqu’un de très précis, à côté de « mettre 10 cuillerées à soupe de farine dans le saladier », j’ai précisé « ça dépend carrément de la cuillère ». Du coup, j’ai mis 3 cuillères et demi dans mon récipient.

Ensuite, j’ai rajouté « du sucre » (toujours dans la précision). Puisque je n’avais pas de citron, j’ai mis du chocolat en poudre avec. Puis j’ai rajouté les œufs (« deux ou trois ») (deux).


Finalement, j’ai beurré (raté pour le sans produits laitiers) et fariné la poêle, j’ai versé la pâte, j’ai rajouté des palets de chocolat noir dessus, et : tadaam !

 cuisine dans Chroniques d'un Gourou
L’autre poêle, à coté, a fait office de couvercle.

Bon … De quoi ton corps est-il constitué à 18% ?

Bien. Ingérer un gâteau partiellement carbonisé une fois par semaine dans votre vie ne vous tuera pas.

Donc, après un petit quart d’heure de cuisson à feu doux (honte à moi, je n’ai pas non plus noté le temps de cuisson, à défaut d’être précise j’aurais au moins fait un gâteau unique), une douce odeur de cramé est parvenue à moi. J’ai éteint le feu et ai laissé le couvercle fermé (dans une poêle, ça cuit par le bas, il faut bien que le haut cuise aussi – je l’ai laissé au chaud pour faire l’illusion d’un four) (le gâteau n’y a vu que du feu !)

Le dessous est effectivement un peu cramé, mais la poêle n’a rien : c’est a priori mangeable !

 solitude
Cookie mou.
 vacances
Les petites cheminées
Un Pacman mutant !
Alors, pour ce qui est du résultat, gustativement (comment ça ce mot n’existe pas ?) c’est pas mauvais, mais un peu étouffe-chrétien tout de même. Ce soir je vais boire un thé à côté, demain matin fromage blanc, bref il n’y a pas de problème, que des solutions !
*
C’est dans ce genre de situations que l’absence de Koppa devient souhaitable : la pauvre se serait sentie obligée de complimenter mon travail, mais je sais qu’elle m’en aurait laissé les trois quarts … Ou alors ce gâteau ne serait il qu’un prétexte trouvé par mon esprit tordu pour souhaiter cette absence ?
*
Autre constatation : quand je n’ai rien à dire, je parle de cuisine.

Treize étroit

Les technologies sont tellement avancées qu’un programme peut maintenant comprendre des concepts tels que celui de capitale. Exemple : Madrid – Espagne + France = … Paris ! Je me demande ce qu’il répond à « Paris – France + Bretagne »  S’il est sage, il me demandera le domaine de définition.

Toujours est-il que pour faire 13 et 3, il n’y a pas besoin de beaucoup d’expérience pour trouver que ça fait 16. Voilà, c’était une introduction tordue pour un article sur des chansons de Damien Saez (que je prononce 16).

Il est sans doute inutile de rappeler à quel point j’avais adoré son album J’accuse de 2010, ou peut-être que si parce que 2010 c’est un peu loin maintenant. En 2012, il a sorti un triple album : Messina, et pour cet artiste, qui dit triple album dit dépression-parce-que-sa-copine-l’a-quitté ou presque. Rien que ça, ça ne m’avait pas hyper convaincue d’écouter attentivement les 27 titres. Puis, il y a eu l’album de 2013, Miami, et à l’écouter en travers je me suis dit que merde, il ne s’était pas encore remis de sa rupture, ou de sa dépression, ou d’autre chose (je reconnais être dans le cliché, mais c’est tellement plus facile comme ça). En effet, les références sans cesse renouvelées au monde de la prostitution, parce que c’est là qu’on trouve les femmes, ça m’a… convaincue de ne pas écouter plus longtemps.

Treize étroit dans Chroniques d'un Gourou

Ma réaction aux chansons comprenant « J’ai préparé ma carte bleue : J’ai rendez-vous avec les filles » #

J’ai (ré)écouté les 4 albums aujourd’hui (en partant au départ d’un titre plus ancien ici, attention dépression), et oui le premier (le triple) est un album triste. Mais finalement, il n’y a pas que ça, et les femmes sont certes toutes des méchantes, mais pas toutes des putes. Et puis certaines chansons restent engagées, juste que dans une chanson engagée de Saez, il ne faut pas être surpris d’entendre « allez envoie les chattes que je lâche les chiens » #.

Autre chose : Saez aime bien faire des chansons longues, ce qui fait qu’il y a souvent deux chansons différentes par piste. Dans ce cas on a un début tout plat et/ou chanté a capella, puis au bout de deux minutes il trouve une guitare, il la branche, et pouf! de la musique sympa qui bouge. Ce qui explique que partant d’une idée négative, je n’aurais écouté que les débuts des chansons, et me serais vite convaincue de ne pas continuer.

Bref, je te mets ici une chanson que j’ai trouvée sympa.
Parce que c’est poétique, et puis au fond je crois que Saez m’avait manqué.
*

 

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Et puis la pochette de J’accuse.
…Qui avait été censurée parce que les gens ne savent pas lire et donc n’avaient pas vu le « J’accuse » écrit dessus.

Le grand méchant

Le grand méchant dans Chroniques d'un Gourou her-movie-2013-screenshot-los-angeles#
*

Ça y est, on a trouvé un ennemi ! On avait Big brother, on a mainteant Big Data en plus. Dans tous les cas, on s’inquiète d’être pris dans les mailles du net.

Alors oui, il aura suffi seulement de plusieurs décennies pour accumuler des informations sur des milliards de personnes.  Ces milliards de personnes génèrent chaque jour des milliards de données #. Suffisamment d’informations pour développer une intelligence artificielle … On va l’appeler IA dans la suite, parce que tout le monde fait ça (sauf les anglais, ils font tout à l’envers et appellent ça AI), et c’est bien connu : je fais comme tout le monde.
*
A court terme, l’impact de l’IA dépend de celui qui la contrôle. Mais à long terme, il dépendra du fait qu’on puisse la contrôler tout court.
Whereas the short-term impact of AI depends on who controls it, the long-term impact depends on whether it can be controlled at all.

Donc voilà, l’IA fait peur. A l’échelle individuelle, j’ai peur de ne plus me contrôler si je bois trop, à l’échelle mondiale nous avons peur de ne plus pouvoir contrôler ce que nous avons déclenché, si nous nous laissons aller à des inventions démesurées. On retrouve ça dans la mythologie : ne cherchez pas à défier les dieux. Humains, restez humbles ou vous serez détruits. (Pas pour l’alcool, hein)

Un outil performant !

Les programmes savent déjà reconnaître les visages aussi bien que nous (donc bien mieux que moi) (je ne reconnais pas toujours les gens à leur visage), bientôt ils le feront mieux que nous, plus vite. On a réussi à développer des neurones artificiels, et puisqu’on apprend chaque jour de nouvelles choses sur le cerveau, on peut les améliorer chaque jour.
On s’y attendait, ce type de technologies est utilisé par les réseaux sociaux. Parce que c’est par ici que le plus d’informations circulent, et on se doute bien que ce sont les informations qu’on donne qui font la force et l’intérêt du réseau social. En ce moment sont développés des programmes type assistant numérique, qui dépasseront Siri et ses potes, qui sauront détecter l’ironie dans une phrase, qui te connaîtront bien mieux que moi je te connais (ce dernier argument est probablement convaincant, parce qu’il se peut qu’on ne se connaisse pas).
*
youbelonghere
Des réseaux, rien d’autre que des cases de plus en plus nombreuses et précises pour bien nous ranger.
*

Il faut être humain pour être dangereux

Donc voilà, whaou au secours, il existe des programmes tels que ils connaissent ma vie. Mais le programme, il a beau avoir un réseau de neurones artificiels tout neuf et tout bien réglé, il ne te fera aucun mal s’il est tout seul. En tous cas pour l’instant.
Pour l’instant, une machine n’a pas de volonté. Et il est taré, celui qui veut lui en donner. La machine n’a certes pas de morale, elle fonctionne comme elle a été programmée. La machine a un but, un rôle, et elle remplit ce rôle, elle atteint son but. Peu importe la manière. Oui, c’est déjà franchement dangereux quand ce sont des armes qui sont programmées avec « apprentissage profond » (deep learning), et qu’elles reconnaissent leur types de cibles, mais pour l’instant c’est pas vraiment autorisé. Donc pour l’instant, la machine est dangereuse tant qu’elle remplit un rôle dangereux confié par un humain mal intentionné (ou alors par un humain con).
Mon avis est qu‘il faut vraiment être humain pour vouloir dominer le monde. Pourquoi un truc artificiel voudrait-il un anneau pour les contrôler tous ? Pourquoi un poney voudrait-il régner sur toute la terre, asservir les peuples ?
L’IA n’est pas une conscience artificielle. Les humains ont ce truc en plus qui leur donne soif de pouvoir.
Enfin, c’est assez flou. Je dis juste : [les machines de] Matrix, c’est pas pour tout de suite.
*

Lâche tes pop corn

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… Pas Matrix comme dans le film. La caverne de Platon, c’est toujours vrai. Quelle que soit la façon dont on l’interprète, on est toujours plus ou moins libres, plus ou moins éveillés. Sans avoir soif de pouvoir, les gens, vous avez toujours un pouvoir. Même si ça a l’air plutôt mal barré, ceux qui le veulent peuvent changer les choses. Bref.

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Au fait, tu t’en doutais, je n’écris pas cet article comme ça parce que tiens j’ai eu une idée. Récemment, un gars m’a soutenu que, comme cité plus haut, un jour les machines nous surpasseront, et que le big data ça fait peur.

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Quelque chose m’a agacée dans son discours… Je n’ai pas spécialement envie de défendre ce (ceux ?) qui collectent nos données, mais le fait est que nos données sont collectées. Je ne suis pas un machin électronique qui défend sa cause non plus.

Ce qui m’a agacée, c’est la façon dont sont vues « les machines »: des choses qui évoluent indépendamment de nous, des choses qui nous dépassent. Déjà, il n’y a pas que du mal, et il n’y a pas que du nouveau (et arrêtez avec ‘le nouveau, c’est le mal‘) : il y a un déplacement, un changement de médias. La propagande, la censure, la connerie en général, on toujours existé (quel scoop). Donc, comme toujours, il faut arrêter de s’affoler et prendre les choses en main. Si nous ne sommes pas devant Matrix, il se peut que nous soyons dans quelque chose qui y ressemble.

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Les gens, éveillez-vous, au moins engagez vous, lâchez vos pop-corn puisque vous n’êtes pas devant un film mais bien dans le mondé réel. Ceux qui vous surveillent ne sont pas des machines, ils utilisent des machines. Mais internet est aussi un espace libre (les révolutions arabes et les réseaux sociaux, blabla), et puis il y en a une qui dit « ils ont les chiffres, on a le nombre ».

Ne soyons pas spectateurs de l’avènement des machines intelligentes, soyons les acteurs. Une machine, un neurone artificiel est un outil. On ne doit pas avoir peur des outils mais on ne doit pas non plus laisser n’importe qui s’en servir.

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Alors on arrête de se plaindre que toute cette technologie est peut-être dangereuse et on apprend plutôt à s’en servir. Zut.

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gouelanterm

Yihaa !

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Autre chose sinon, dans le film Her (2013), l’intelligence artificielle n’est pas dangereuse pareil. Et là je trouve ça assez réaliste en fait … Avec beaucoup d’informations sur les gens et un programme suffisamment bien développé, on peut toucher ces gens.

Tu tomberais amoureux d’un assistant virtuel, toi ? Il y a bien des gens qui entretiennent des relations épistolaires. Il y a bien des gens qui mentent.

Edit : émission intéressante sur france inter le 19/07, Coder, avec Erwan Kezzar (podcast par ce lien!), plutôt positive, qui rentre bien dans le « on apprend plutôt à s’en servir ». Pokoù !


Le Pape, le Dalaï Lama, et … Keny Arkana

En novembre dernier, je m’interrogeais sur la religion, un peu. J’avais dû étudier le texte d’un homme d’église, et ce texte n’était pas le premier à bousculer l’idée que je me fais des croyants …

Je suis convaincue que la science (celle de nous) ne peut pas tout expliquer, tout a certes un sens mais l’humain n’est pas, je crois, surpuissant (il est surtout très con), et donc ne peut pas tout comprendre. Je pense par exemple qu’on peut avoir besoin de philo pour faire de la physique, et puis un raisonnement scientifique n’a jamais fait de mal à une disserte.

Le pape François m’a paru sympathique assez tôt. Il y a peut-être deux ans, il avait été dans une prison pour laver les pieds des détenus, comme les autres papes avant lui (et puisque je me suis arrêtée à la Genèse dans ma lecture de la bible, je ne sais pas trop à quoi ça correspond). Toujours est-il que cette fois ci, les détenus étaient des femmes, et c’était une première. Donc déjà, j’avais trouvé ça chouette.

Le Pape, le Dalaï Lama, et ... Keny Arkana dans Informations tumblr_mqbohxiyaG1qc1wg1o1_500
Oui, des parapluies. Comme ça. #
 

Non, je ne vais pas me convertir. Mais attends un peu.

Ce matin donc, je regarde les actualités du Monde  (du foot, des anomalies sur le chantier de l’EPR, un maire FN qui veut supprimer une mosquée), de Rue89 (Je vais arrêter de regarder celle-là, il y a peu d’intérêt), puis Basta! qui est un « média indépendant », avec des « journalistes engagés » (encore un truc de communiste !), et eux ont un article sur le pape. En regardant à nouveau, ils ne sont pas les seuls, puisque une nouvelle encyclique est « sortie ».

Dans cette encyclique, il y a 74 fois le mot « écologie » (Ctrl+F : de la fraîcheur dans ma vie), mais c’est parce que je suis bête et que je n’ai pas saisi que c’est une « encyclique sur l’écologie », enfin : sur la « sauvegarde de la maison commune ».

Plus je lis des morceaux de ce truc, plus j’aime ce pape. D’accord, ma connaissance est très limitée, je n’ai jamais lu d’encycliques avant (maintenant j’arrive à écrire ce mot correctement, voilà), la lecture de la Genèse m’a donné envie parfois de vomir, je ne sais pas ce qu’ont fait les autres papes. Mais celui-là est spécial, sinon Basta! n’en parlerait pas …

Il est gentil, il me comprend :

« Je n’ignore pas que, dans les domaines de la politique et de la pensée, certains rejettent avec force l’idée d’un Créateur, ou bien la considèrent comme sans importance [...]. D’autres fois on considère qu’elles sont une sous-culture qui doit seulement être tolérée. Cependant, la science et la religion, qui proposent des approches différentes de la réalité, peuvent entrer dans un dialogue intense et fécond pour toutes deux. » #

Plus haut, j’ai juste voulu dire la même chose avec « philo » à la place de « religion ».  Je l’ai beaucoup moins bien dit, certes. Mais laisse moi flatter un peu mon ego, tu veux ?

Le discours social

« Les pauvres ne sont pas des êtres résignés, ils savent protester, et se révolter. (…) J’espère que le vent de cette protestation deviendra un orage d’espérance. »  #
 

[Keny Arkana : Jeunesse du monde -- Entre ciment et belle étoile] [Paroles]

J’ai déjà fait un parallèle en novembre dernier. Sérieux, « Si dieu le veut bien ça sera les gens simples contre les ordres » ? Alerte croyant ! Puis « Le système capitaliste n’est qu’un prédateur, regarde dans le monde ce qu’il réalise » … Alerte gauchiste ?

La phrase au-dessus est extraite d’un discours du pape François en octobre dernier à l’occasion d’une rencontre mondiale des mouvements populaires.

« Certains, quand je demande pour les pauvres de la terre, un toit et un travail, disent que ‘le Pape est communiste’ ! Ils ne comprennent pas que la solidarité avec les pauvres est la base même des Évangiles. » #
 

Le discours écolo

« Ces situations provoquent les gémissements de sœur terre, qui se joignent au gémissement des abandonnés du monde, dans une clameur exigeant de nous une autre direction. Nous n’avons jamais autant maltraité ni fait de mal à notre maison commune qu’en ces deux derniers siècles. [...]  Il devient indispensable de créer un système normatif qui implique des limites infranchissables et assure la protection des écosystèmes, avant que les nouvelles formes de pouvoir dérivées du paradigme techno-économique ne finissent par raser non seulement la politique mais aussi la liberté et la justice. » #  Paragraphe 53

 Pas seulement écolo, en fait. C’est lié.

 

[Keny Arkana -- Terre mère n'est pas à vendre]

Et, au paragraphe suivant:

« La faiblesse de la réaction politique internationale est frappante. La soumission de la politique à la technologie et aux finances se révèle dans l’échec des Sommets mondiaux sur l’environnement. Il y a trop d’intérêts particuliers, et très facilement l’intérêt économique arrive à prévaloir sur le bien commun et à manipuler l’information pour ne pas voir affectés ses projets. »

 

Je n’ai pas grand-chose à dire, finalement. Je vais passer un peu de temps à tout lire, parce que ce n’est pas aussi concis qu’un tract du front de gauche ! C’est aussi beaucoup plus complet, et … Comment ça c’est pas comparable ? Ouais bon, vous m’agacez.

 

Quand même, dans le 3ème chapitre, un titre comme  » CRISE ET CONSÉQUENCES DE L’ANTHROPOCENTRISME MODERNE », c’est badass !

 

L’être éveillé

Je n’ai pas encore parlé du Dalaï-Lama ici. Juste dans le titre. En fait, c’est que j’aurais eu plus tendance à associer un tel discours écolo à un moine bouddhiste. Finalement, c’est toujours la même chose : amour de son prochain.

Alors, voici un morceau du discours du Dalaï Lama, prononcé à sa remise du prix nobel de la Paix, il y a 26 ans.

« Guerre et paix, destruction ou protection de la nature, violation ou défense des droits de l’homme et des libertés démocratiques, misère ou bien-être matériel, existence ou non de valeurs morales et spirituelles, compréhension ou non à l’égard d’autrui ne constituent pas des phénomènes isolés que l’on peut analyser et aborder séparément les uns des autres. Ils sont en fait interdépendants, à tous les niveaux, et doivent être compris dans cette optique complémentaire. »
[...]
Les jeunes de nombreux pays, notamment dans le Nord de l’Europe, ont demandé avec insistance que l’on mette fin à la destruction de l’environnement menée au nom du progrès économique et qui risquait d’être lourde de conséquences redoutables. Et voilà les dirigeants politiques du monde entier qui commencent à prendre des mesures concrètes pour traiter le problème. #

C’était en 1989 en on croyait que le monde devenait écolo. Ça fait un quart de siècle et il est toujours urgent de faire quelque chose pour de vrai, souviens-toi : « Soumission aux finances = échec des sommets pour l’environnement »

 

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Tenzin est déçu.

Dans tous les cas, à part que Keny Arkana et Jorge Mario Bergoglio soient argentins tous les deux, les trois intervenants dans cet article ont des chances d’être des êtres éveillés. Au moins un petit peu. Peut-être vraiment beaucoup pour Tenzin Gyatso.


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