Je n'ai qu'une chose à te dire…


Je n’ai pas de pays

Quand on parle bien, on dit apatride. Mais ce n’est pas vraiment ça. Je suis française et j’ai de la chance. J’ai « les papiers qu’il faut »,  j’ai « la tête de l’emploi », merci.

Il y a des gens qui traversent le monde pour vivre mieux, certains arrivent en région parisienne et cherchent à s’intégrer. Et ils ne reverront peut-être jamais leur pays. Je commence à comprendre à quel point c’est difficile. On comprend ce que c’est de perdre sa famille et ses amis, de tout laisser derrière soi. On n’imagine pas ce que c’est, perdre une langue, une culture, un  environnement particulier.

La première partie, ce n’est pas moi. Je peux voir ma famille plusieurs fois par an, et mes amis « d’avant » pendant les vacances. Par contre, la seconde …

Je n'ai pas de pays dans Chroniques d'un Gourou Mur

C’est la quatrième année où je n’entends plus ma langue à l’école. Je ne l’entends plus en rentrant chez moi, depuis deux ans. Seulement quelques phrases de temps en temps au téléphone, quelques mots que j’ai appris à mon amoureux. Des textes que je lis, des messages échangés. Et voilà. On nous dit souvent : « N’oublie pas d’où tu viens ». Je me sens déracinée. Je sais d’où je viens et je veux y être. Je veux rentrer « chez moi » mais ce chez moi est abstrait.

Le pire, les enfants, c’est que je ne suis pas à l’étranger. Je parle français, la langue unique de la république Une et Indivisible tous les jours. Me voilà prête à déménager à l’étranger, il me suffira – encore – de changer de langue. Et cette fois-ci, mon entourage saura être compréhensif, j’aurai le statut d’immigrée.

Je suis bretonne et je veux entendre ma langue. Je suis bretonne et je veux rentrer dans mon pays. Mais vous croyez tous que je ne suis jamais partie, que mon pays c’est la France et que c’est bien égal.


Vidéo du soir

La vidéo date de 1978. Elle est en breton, parlé par des étrangers alors c’est plus facile à comprendre. Pour toi qui ne sais pas ce qu’est le breton, écoute et tu sauras que ça ne ressemble pas à ce que tu connais (OK, on retrouve des mots francisés …). Et pour toi, derrière, qui connais le breton, selaou ‘ta, dedennus eo :)

 Pennad-kaoz gant pevar estrañjour brezhoneger : Humphrey Humphreys (kembread), Jaap Koster (izelvroad), Stephen Hewitt (amerikan) ha Makoto Noguchi (japanad). Interview de quatre étrangers qui ont appris le breton et le parlent couramment : un gallois, un hollandais, un américain et un japonais. Ils donnent leurs impressions sur la langue.


Encore un fantasme.

Il y a des mois de ça, nous faisions la connaissance de Bob, un sapiosexuel. Le sapiosexuel est attiré par les personnes intelligentes, et plus si affinités : cultivées, avec un emploi stable, et je suis sûre que s’ils font la cuisine c’est pas de refus.

Maintenant, on commence à se poser des questions sur le monde du numérique, et comment il intervient dans nos vies. Non, je ne veux pas garder le suspense trop longtemps : Bob peut cumuler et devenir un datasexuel. Premièrement, ça fait un peu geek, c’est branché (sans mauvais jeu de mot … quoique si), le datasexuel est encore plus hype que le simple metrosexuel.

datasutra

Pour se fondre dans la masse …

Deuxièmement, ça stimule le mental : Le datasexuel, c’est l’individu que vous trouverez sur les réseaux sociaux, celui qui va observer des tas de profils sur les sites de rencontre et devenir celui que tout le monde désire – statistiquement. C’est la personne qui va, depuis son smartphone à 800 euros, écrire ce que vous voulez lire, et aussi montrer ce que vous voulez voir. Eh oui, le datasexuel prend aussi soin de son apparence (parce que si t’as suivi, il est celui que tout le monde désire, et statistiquement, on désire aussi l’apparence). Et puis d’ailleurs, l’individu (devrais-je dire l’entité ?) datasexuel prend soin de tout ce qu’il fait parce qu’il partage tout sur son twitter, sur instagram, sur tumblr…

Bob a décidé de partager tout ses repas sur Instagram. Et aussi toute la musique qu’il écoute. Enfin, toute la musique que tu écoutes. Parce que non seulement Bob écoute de la musique géniale et mange des trucs super bons et sains, il le fait exactement comme toi tu essaies de faire – c’est d’ailleurs pour cela que tu le suis.

Mais dis, il y a un problème … Bob aime se faire suivre !

 Mais il y a quand même un truc qu’on a perdu de vue. C’est que Bob est exigeant. Bob est toujours sapiosexuel, il aime l’intelligence, et il se sent toujours très seul. En plus d’être ego centré (sérieusement, partage tout ce que tu fais et te faire suivre pour ça ?). Alors, Bob va tomber amoureux de son système d’exploitation (d’où la nécessité de bien connaître son Datasutra, ci-dessus), et inspirer le maaagnifique film Her sorti en 2013 – Bob étant meilleur que tout le monde, il fait de la science fiction dans le passé. Mais Her, c’est juste une histoire de relation à distance.

Bob, t’es con, tu n’as rien inventé, même si tu avais peut être un super smartphone et que ta copine était toujours disponible quand tu l’appelais.

A ce propos, une critique de Her - et je sens que ce film va me courir sur le haricot, les ovaires et les orteils pendant mes prochains cours de sciences humaines … 

Sources :
Quel datasexuel êtes vous ? #
Etes vous datasexuel ? #
Pour l’illustration : Asexual humor #

Pourcentage

Bientôt la rentrée. Dans les écoles d’ingénieurs, les première années arrivent avec leurs affaires, s’installent dans leurs studios et on leur promet que le week-end d’intégration sera le meilleur de leur vie.

Avec eux tombent les chiffres. Combien sont-ils, d’où viennent-ils … Mais combien sont-elles ?

J’ai la chance de vois la vérité à travers un filtre, moi qui suis sur un campus partagé avec une école de commerce. Ici i y a des filles.

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Tiens, une orange qui fait du skate

Mais ailleurs, les campus atteignent difficilement 10%. 20 personnes de sexe féminin dans la marée d’une grande école. Juste 8 dans une autre. Pourtant elles étaient attendues, les nouvelles, dans ces écoles où c’est toujours pareil.

Ces chiffres sont là depuis leur entrée en prépa. Ils émergeaient déjà au passage du bac S. Ça ne devrait pas être le cas pourtant. Même si tout le monde le sait déjà, ce n’est pas une histoire de niveau. Pas une histoire d’hormones ou de règles ou de … je sais pas. Une histoire de « on dit » et d’habitudes, de traditions peut-être. Dîtes moi que vous pousserez vos filles à devenir ingénieur, et ce jusqu’à ce qu’il y ait au moins du 40% – 60% dans les écoles.

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Pour toute la sagesse que ce message contient

Parce qu’à force d’inégalités ici, je me prends dans la gueule là-bas des « mais t’es pas une vraie fille ? » « tu fais de l’informatique, t’as renoncé à ta féminité ? » 

Ce n’est pas NORMAL, arrivés en 2016, qu’à cette rentrée encore il y ait un fossé pareil. *soupir*


Quel engagement ?

Quel engagement ? dans Chroniques d'un Gourou img_2011

A défaut de cultiver mon jardin, qui n’est que mottes de terre sèches et désordre, à défaut de rechercher le bonheur dans les choses simples, en travaillant comme Candide # (quoi que…), j’ai lu. Cet été, j’ai pris le RER, le métro et le train #. Et j’en ai encore pour deux semaines.

Et, sur ces sièges où des millions de derrières se sont posés, où des millions de gens ont transpiré cette semaine, on trouve le temps d’ouvrir un bouquin et d’oublier le monde autour.

Cet été, j’aurais compensé le manque d’engagement et d’action que je me reproche # par de la lecture — par de la culture.

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Je t’ai déjà parlé de Effondrement # . C’est celui qui m’a pris le plus de temps, parce qu’en plus d’être un pavé, c’est pas une histoire qu’on raconte, c’est l’Histoire qu’on questionne.

Une de mes grandes victoires, un accomplissement peut-être, c’est 1984. Si tu regardes la présentation que j’ai faite de moi l’année dernière # , tu vois qu’il est dans une liste privilégiée (OK, Effondrement l’était aussi). De plus, c’est le premier bouquin que j’ai lu en anglais (on ne s’en doute pas en regardant la tranche, sauf que… regarde : ce n’est pas imprimé dans le même sens. Ah, ces anglais !), et je l’ai bien vécu.

A part que je ne me suis pas encore tout à fait réconciliée avec « Ce qui fait de nous des humains, c’est l’amour » et autres dérivés, c’est bien un livre « culte », beaucoup de monde en a entendu parler, a entendu parler de Big Brother, de Newspeak (ou « novlangue »). C’est un bon livre, qui ne laisse pas sans réaction (pendant la lecture comme à la fin).

Prévert et Charb, je les ai lus fin juin. Le Petit traité d’intolérance, je le recommande chaudement, il m’a vraiment beaucoup fait rire. Tu sais, ce rire que tu n’arrives pas à retenir, mais tu sais que tu es dans un train, qu’il n’y a  pas un bruit et que les gens vont se demander ce que tu fais. Ce rire où tu serres les dents pour ne pas déranger tes voisins mais ça déforme ton visage, et ça tes voisins ont dû le remarquer encore plus.

Prévert, c’est beau. Parfois c’est cru, méchant, cynique. Aussi engagé, anticlérical, ou juste bizarre. Et avec ça, il te donne envie de vivre, envie de croire à l’amour.

 

Et puis il y a Vallès (… # qu’est belle comme un soleil, et qui m’aime pareil que moi j’aime…), Vallès qui écrit la deuxième moitié du XIXème autour d’un personnage, et ce personnage c’est lui. L’enfant, Le Bachelier et L’insurgé, c’est l’autobiographie romancée de ce gars, ce qui l’autorise à ne pas vraiment écrire une autobiographie. Je suis en train de lire l’Insurgé.

Parfois, il m’agace profondément, avec ses idées de révolutionnaire lettré, qui se permet de choisir qui est digne d’être « le peuple » et qui ne l’est pas. Prenons le chapitre XIV, Le Bachelier :

« Le peuple ! Où est donc le peuple ici ?

Ces meneurs de bateaux, ces porteurs de cottes, ces Bas-Bretons en veste de toile crottée, ces paysans du voisinage en habit de drap vert, tout cela n’est pas le peuple ! « 

Eh bien mon grand, on comprend pourquoi tes idées de révolutionnaire n’ont pas pris partout, on comprend pourquoi ces idéaux de Jacobins puissent être rejetés. Tu veux te battre pour le peuple, mais seulement le peuple qui te plaît. Seulement quelques parisiens et quelques paysans du coin où tu es né. Bref.

Il y a aussi du bon, tiens :

« Des femmes partout – Grand signe !

Quand les femmes s’en mêlent, quand la ménagère pousse son homme, quand elle arrache le drapeau noir qui flotte sur la marmite pour le planter entre deux pavés, c’est que le soleil se lèvera sur une ville en révolte » (XV, L’insurgé).

OK, la femme est une ménagère avec une marmite, mais j’aime bien cette image tout de même.

Ces livres, ce sont un morceau d’histoire qu’on ne connaît pas toujours bien, l’histoire du second empire et d’une révolution ratée. Des jeunes qui font de la politique, s’emportent et veulent se battre, en se figurant ça aujourd’hui ça fait tout drôle. On y apprend aussi tout plein de noms, je sais maintenant qui était le mec qui a donné son nom à la rue où j’habite, pareil pour quelques stations de métro.

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Je n’ai pas la prétention de me lever pour aller jeter des pavés. Je n’ai pas celle du poète engagé qui lutte avec du papier. Je ne suis pas celle qui empêcherait un régime autoritaire et liberticide de se mettre en place, ni celle qui sauvera notre société d’un effondrement possible. Je ne vais pas vous faire rire.

Ces livres le font. Ces livres ont en eux l’espoir que quelqu’un ou quelque chose le fera. Ces livres transmettent l’espoir de quelque chose de beau, je crois.

 

En attendant, je vais cultiver ce jardin de terre sèche pour manger du persil demain.


Blanche neige (Lecture)

Aujourd’hui, un conseil de lecture :

Effondrement, Jared Diamond.

Ce livre était un conseil de Arte, à la suite d’un documentaire dont je me souviens assez peu sur une grande société disparue. J’ai envie de dire sur l’empire Khmer, mais le livre n’en parle pas.

Jared Diamond nous raconte le destin de plusieurs sociétés anciennes qui se sont effondrées. Autrement dit, où tout le monde à péri ou a fui ce qui fut un grand centre de civilisation. Les sociétés, à des époques et des endroits très différents, s’effondrent de façon similaires. Bon, il n’y a pas mille façons de décliner, surtout à la fin… Bref, via l’étude de différents aspects de ces sociétés, JD définit cinq facteurs qui expliquent le déclin, l’effondrement. Ces facteurs sont toujours présents dans nos sociétés contemporaines, de manière plus ou moins prononcées, et vous l’aurez deviné : on se demande si nos sociétés, voire notre société va s’effondrer. Notre société parce qu’à l’heure de la mondialisation, nous sommes une sorte d’île dans l’océan qu’est l’univers.

« Si notre société va s’effondrer », c’est un peu direct et un peu faux aussi. A final il y a une douzaine de facteurs qui font qu’on pourrait s’effondrer. Ce livre est une mise en garde mais aussi une base de connaissances pour éviter de reproduire les erreurs du passé. 

Ce qui est marquant, c’est qu’on nous fait toute une histoire avec les gaz à effet de serre, mais c’est … la partie émergée de l’iceberg si j’ose dire. Les problèmes majeurs sont la déforestation, la surpopulation, la surexploitation des terres, la gestion de l’eau (oui, même il y a mille ans).

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En lisant ce livre, j’ai appris beaucoup de choses, au hasard : vous saviez que vers l’an mille, dans les canyons à l’est des états Unis, il y a eu un peuple nombreux qui a construit des villes de maisons de quatre étages ? J’ai appris des choses sur le génocide au Rwanda. J’ai vu certains aspects de la culture Maya (enfin, de ce qui a pu rester après que ces imbéciles de colons européens aient brûlé les livres qu’ils ont trouvés). Parfois je me suis dit que je voudrais apprends ça à des enfants, parfois je me suis dit que décidément notre espèce doit s’éteindre (ça, plus souvent).

Je vous conseille donc ce modeste pavé, et si vous aimez ce genre de lecture, je vous conseille aussi le précédent de la série : « De l’inégalité parmi les sociétés » (je vous en parlerai peut-être un jour aussi).

Au fait : Je ne suis pas responsable du titre de cet article. J’ai juste demandé une idée de titre et je vis avec des trolls ;)


Boulot métro dodo

Boulot métro dodo dans Chroniques d'un Gourou

Voilà une bonne expression de parisien (dont j’ai changé l’ordre des mots, elle me va mieux comme ça). Celle qui me faisait doucement sourire, comment peut-on ne pas avoir de vie à ce point ?D’accord, peut-être les métiers physiques. Oui, c’est une expression de travailleur à l’usine.

Ça fait maintenant un mois que je prends les transports parisiens matin et soir. Quand je rentre, je mange, je regarde une série et je dors. Le matin, je me réveille 25 minutes avant de partir prendre le RER. Et voilà.

Non, je n’ai pas vu que M. Valls a utilisé trois fois l’article 49-3.
Non, je n’ai pas remarqué que l’état d’urgence était encore prolongé.
Le 14 juillet, j’ai quand même vu qu’il y avait eu un « acte terroriste ».
Non, je n’ai pas vu qu’en Turquie le président affirme sa position de dictateur.
Non, je n’ai pas vu que lui aussi instaure un état d’urgence pour justifier le non respect des droits de l’homme.
Non, je n’ai pas accédé à d’autres médias que Le Monde …

Il y a plusieurs types de routines, et parmi elles il y a celles qui nuisent à l’intellect et à la réflexion citoyenne. Le terme de temps de cerveau disponible est plutôt adapté.

Mais quoi, en rentrant je mange et je regarde une série ? Une série. Qui n’est pas Utopia. Qui laisse ma réflexion en pause encore un peu, puis je dors, puis je lis dans le RER. Où est mon temps de cerveau disponible ? Seulement dans mon bouquin du RER. Et encore, c’est canalisé par le bouquin. Réfléchir m’angoisse. Je n’ai pas le temps alors je retarde l’échéance.

Oui, quoi, j’ai vu les nouvelles. Et non je ne dis rien. J’y penserais plus tard. Mais pu…rée, plus tard ce sera trop tard !

Et quand le soir, une fois tous mes écrans éteints, je mets accidentellement mon cerveau en route, je me sens mal. Je ne comprends pas pourquoi, je cherche des raisons débiles, je trouve les choses impossibles et me dis que ce sont les solutions à mes problèmes. Puis je m’endors, je me réveille, RER, bureau informatique, RER, manger, dormir. « On verra ce week-end ».

Je ne sais pas si le problème est que je le prends comme un fatalité alors que j’ai le choix ou que justement les choix sont affreusement restreints.


Pause

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Des mots
Des phrases
Des lettres
Des chouettes, des brillantes
Mettre de l’encre sur du papier et espérer que ça fixe les choses
Ça ne fixe que l’encre sur le papier.
Ça rassure.
Ça détourne la peur
La redirige un peu
L’envoie ailleurs.
Mais un jour on y arrivera, ailleurs, et on la retrouvera,
La peur.
Peut-être.
 
Écrire sans raison
Sans but
Ou par nécessité
On en perd le sens
Le rythme,
Le but
On s’y perd.
 
Je me suis perdue – ça n’était pas nécessaire.

Les gardiens, la paix

Deux policiers ont été tués à leur domicile parce qu’ils étaient policiers #. 50 personnes de la communauté LGBT ont été tuées parce qu’elles étaient de la communauté LGBT #. Des supporters de foot se tapent dessus parce qu’il faut bien un moyen de célébrer l’esprit sain du sport. Je vais plutôt parler des premiers, là.
Cela fait des mois que les « forces de l’ordre » ont du boulot sur plusieurs terrains. Il y a l’état d’urgence, il y a d’autres attentats, il y a l’euro de foot, des tensions à Calais entre immigrés. Il y a le gouvernement qui veut passer des lois que du monde trouve injuste. Question en l’air : que devient Nuit Debout ?
Fin avril déjà c’était limite. M’interrogeant sur les violences policières devenant trop importantes (en Bretagne notamment), je suis tombée sur l’article du monde disant qu’ils étaient fatigués. Fin avril, ils disaient que l’euro de foot, « intouchable » parce que trop médiatique, pourrait être de trop. Aujourd’hui, le gouvernement envisage l’interdiction de manifester. Déjà que l’état d’urgence a été prolongé…

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Manifestants à Rennes

Comme on dit souvent avec un peu de peur ou d’espoir dans le regard, « il se passe quelque chose », à grande échelle. On se croirait dans les années 20-30, quand il y avait des révolutions, des utopies, des régimes totalitaires qui s’installaient. Aujourd’hui, le monde est violent. Que ce soient les attentats, les gens qui se battent sans raisons, les manifestants qui perdent un œil par tirs de flash-balls faisant face aux CRS qui finissent parfois, eux aussi, blessés. Que ce soient des reculs identitaires, communautaires ou des élans de protestation contre des grands projets inutiles. (Attention, je les mets côte à côte mais il y en a que je soutiens et d’autres qui m’indignent)
Ouais, vous savez peut être que je suis de ceux qui, comme Siné, conseillent : « Si vous hésitez, dites-vous bien qu’ils sont payés pour recevoir des coups, alors que vous ne l’êtes pas ! » #. Mais il y a du monde qui fait flic (peut-être pas CRS, j’ai du mal avec les nuances de bleu) pour combattre le crime. Ils pensent qu’ils vont changer les choses et on les case dans des bureaux à remplir des dossiers de plaintes pour agression. Quand ils trouvent un présumé coupable, ils doivent lui faire signer une décharge pour pouvoir aller le chercher chez lui. Bref, si c’est le cas c’est pas encourageant. Alors parfois, on entend parler de dérives, souvent, il doit y avoir des perquisitions chez des innocents parce qu’ils ont peur, ils en ont marre, l’effet de groupe… Je ne sais pas. Je n’ai plus la source mais ça arrive, les abus.

Les mots perdent leur sens (#). Les ordres reçus ne sont probablement pas les ordres attendus, et pour éviter les débordements on met des papiers, des dossiers, des déclarations comme intermédiaires. Mais quand on étouffe on n’a de choix que se débattre pour avoir de l’air. C’est violent et c’est un réflexe.

Alors, soyons prêts à quelque chose. Ou à éviter quelque chose. Mais n’ayons pas peur, pas trop, c’est ce « qu’ils » veulent. Eric Hazan écrit : « Si nous voulons qu’elle vienne, cette fin libératrice, il faut nous organiser dès maintenant comme si elle avait déjà eu lieu ». Alors voilà, dis-toi qu’il y a eu une révolution, il faut maintenant construire le monde de demain. (Ceci suppose que les révolutions sont destructrices, mais tu feras comme s’il n’y avait rien)

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Manifestants anti-nazis en Allemagne, mars 2016


L’organe qui pompe ton sang

L'organe qui pompe ton sang dans Chroniques d'un Gourou RonaAmour
Extrait d’un article de Ronia. Je vous invite à le lire si vous êtes intéressés par la vie des gens (c’est un article très personnel – et touchant/vrai/je ne sais pas).

Alors voilà. On a tendance à beaucoup dire que c’était mieux avant. On a tendance à ne pas trop accepter la nouveauté, même si de loin ça a l’air chouette. La dialectique, le mal nécessaire, au fond on les évite. C’est juste l’argument des autres. T’es sûre que tu veux changer ? C’est déjà bien comme ça non ?

Et puis il y a la conception de l’amour, pardon je n’ai pas mis la majuscule, qui est supposée avoir changé avec le temps. Je crois qu’il y a un malentendu. En fait, ce qui a tendance à m’agacer, c’est que n’importe l’endroit où tu trouves des références à l’amour, l’état amoureux, c’est un peu toujours la même chose. Quand l’époque change, le vocabulaire change un peu, que ça soit du théâtre ou des bouquins. Ou ta grand-mère qui te raconte sa jeunesse.

D’accord (d’accord !), il n’y a pas vraiment de définition et ce qui revient est de l’ordre de l’inexplicable, du surnaturel. Avec des conséquences physiques. (Des conséquences physiques supeeeeer bizarres, quand on tombe amoureux, d’ailleurs)

Ce qui est vexant (moi, ça me vexe), c’est que quelque soit l’époque où on te décrit on couple, au delà d’être toujours pareil, on se rend compte que c’est pareil pour nous. Et moi je veux cultiver ma différence alors je veux que rien en moi ne soit pareil que les autres. Bref. Toi qui lis, tu es d’accord que c’est un peu pareil ? Ou alors tu as réussi à trouver un moyen pour que ta vie soit exceptionnelle et c’est un secret que tu ne veux pas partager ?

Et à ce moment là, quand j’entends/lis/devine cette phrase « L’amour, c’est plus ce que c’était » ou alors « De nos jours, les gens ne savent pas ce que c’est l’amour » je me dis qu’il y a un malentendu. Oui j’ai déjà écrit ce mot je tourne en rond. C’est indépendant du temps, et c’en est presque dommage, alors qu’avez vous à vous plaindre ? Ce qui a changé, c’est qu’il y a la contraception, et surtout une certaine libération des mœurs (n’est ce pas ?), qui fait que plein de gens baisent quand ils veulent – Excusez moi de ce terme cru, c’est compliqué de trouver un terme qui me plaît. Et je ne vois pas pourquoi, là, on dirait que c’était mieux avant.

Je ne vois pas pourquoi une personne qui choppe en soirée peut encore aujourd’hui se faire traiter de salope (oui, cette personne est souvent de sexe féminin), et ça pour le coup c’était pas mieux avant. Parce que ce genre de remarques c’est pas pour défendre la beauté et la pureté de l’amour. Aujourd’hui, ce qui a changé, c’est qu’on fait la différence entre le truc bizarre qui fait que des gens sont amoureux et que les gens aient envie/besoin d’avoir des relations sexuelles – c’est mieux comme terme ? Modulo les couples ou seule une personne est dans le cas « truc bizarre », je ne vois pas le problème.

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“You will always hold a special place in the organ that pumps my blood. I will remember you fondly, my turtle duck.” -Eska

 

Y a t il quelque chose qui te choque dans ce que j’ai écrit ? C’est incomplet ? Dis moi :)


Rassemblement, vraiment ?

Un article du Monde parlait récemment des commissions féministes mises en place, où seules les « meufs et minorités de genre » sont acceptées. Et cela pose des problèmes.
Ce n’est pas la première fois que ce genre de chose est mise en place, c’est même plutôt courant à chaque fois qu’un mouvement social est prolongé de cette façon. La dernière fois que j’en ai entendu parler, c’était une initiative prise sur la ZAD de Notre-Dame des Landes. On me dit au loin que ça a même été théorisé il y a 40 ans. Tiens donc.  Puisqu’il y a des gens ouverts aux alternatives, les minorités osent s’affirmer, et donc se différencier.

… et donc se mettre à part.

Est-ce une bonne solution pour être accepté.e.s ?

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Il existe une importance sociale à la non-mixité, celle qui a fait qu’aux états-unis, pendant le mouvement pour les droits civiques, les noirs se séparaient des blancs pour discuter entre eux de l’oppression, et ainsi ne pas faire de peine aux « bons » blancs qui les soutenaient. Ce n’est donc pas non plus un moyen d’exclure les blancs, pour une fois que c’est eux, parce qu’en fait noirs et blancs étaient mobilisés pour la même chose.
Créer un espace où les « dominés peuvent prendre conscience des pratiques d’oppression » (bah, je n’aime pas constater l’injustice quand elle est dite « dominants contre dominés »),  c’est aussi censé n’être qu’une étape. On espère ne plus en avoir besoin après.

Mais voilà, les gens ne sont pas contents. Soit, en voulant l’éviter, on fait tout de même de la peine aux « bons » hommes cisgenres, soit on renforce le sentiment d’exclusions de certain.e.s (du style moi, qui ne comprend pas vraiment comment les choses peuvent avancer si on ne s’adresse pas aux « dominant » que je hais ce mot).

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Encore cette image, que je l’aime, qu’elle est pratique !

Après, au delà de l’exclusion et tout, c’est pratique parce que ça libère la parole. Et sinon, ça rappelle aux gens que les inégalités existent encore. Quand ces commissions écoutent qui prend la parole, on remarque que moins de femmes prennent la parole. Soit qu’elles sont moins nombreuses, soit qu’elles « souhaitent moins prendre la parole ».

Et puis ça permet de remarquer, à travers les réactions des gens, qu’il y ceux qui ont seulement envie de pouvoir participer au débat – qui ne veulent pas « être dépossédés du débat », et puis il y a les autres qui s’avèrent être plutôt réactionnaires (oui, j’ai pris une cible facile, et ce parce que je n’ai pas envie d’aller traîner sur des sites avec de vrais réactionnaires, ça risquerait de m’énerver).


Vide d’air

Je dénigre les gens qui racontent leur vie parce que je n’assume pas ce que je fais. Je crois.
« Mais qui lit la vie des gens ? » « C’est du voyeurisme ! »
… Non, je ne lis pas vos blogs pour augmenter mon score au griffor. Le voyeurisme, c’est pas mon truc. D’ailleurs, j’arrête de lire quand ça devient gênant, parce que là, sérieux, il y a des choses qui n’ont d’intérêt pour personne (Oh, quelle violence dans mes propos. Il faut de tout pour faire un monde, je concède). Mais je lis vos blogs parce qu’ils m’intéressent. Il y a toujours quelque chose à comprendre ou à apprendre.
Tout ça pour dire, attention, je vais raconter ma vie.

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Putain du coup je sais plus ce que je voulais dire. Mince. Il y a cette histoire (glauque) de conception de l’amour (glauque) en rapport avec le film vu hier, il y a l’alcool que je vais me mettre à haïr mais pourtant je suis curieuse. Il y a les violences policières et la nuit debout et mon manque d’engagement, il y a un balcon où j’ai planté du persil. Il y a le vide, de temps en temps, trop souvent. Il y a le temps qui manque, ou qui tombe dans le vide.
Tu n’est pas voyeur.se, tu lis juste des choses que j’estime pas importantes. Tu lis seulement des choses que j’écris comme ça.
Bientôt je vais écrire des choses pertinentes, j’espère.

Excusez moi.


Le tournant

Image de prévisualisation YouTube

Non, ce n’est pas ton adblock qui déconne, j’ai juste mis une pub en début d’un article.

Regarde cette publicité : c’est AXE qui, après avoir mis en valeur souvent les hommes virils stéréotypés et dévalorisé les femmes (un peu de machisme, c’est pas viril ?), se rattrape. Enfin, on dirait qu’ils se rattrapent.

Je crois qu’on retrouve cette tendance ailleurs aussi : après avoir essayé de conditionner les gens, leur imposer un idéal (et donc un produit), on les présente comme leur propre idéal : « soyez vous-mêmes ». Tout ça, encore, pour vendre un produit, mais de façon tout à fait différente.

Alors : est-ce vraiment un vrai tournant, une lutte contre les stéréotypes et pour la tolérance ? Ou alors est-ce cynique, à seul but de vendre encore, puisque l’ancienne méthode n’est plus efficace ?


Critique : la faute au langage ?

Une amie anglophone, plus précisément trilingue, nous disait un jour que le français manquait de beaucoup de termes. Qu’il y a des mots uniques dans cette langues pour lesquels l’anglais donne un paquet de synonymes pas vraiment synonymes. Les nuances sont subtiles mais nécessaires. A cela, on peut opposer que les « synonymes » français ne sont juste pas employés dans le langage courant. Pourtant ils existent. Cette langue est utilisée pour faire de la littérature, et pas qu’un peu, ça serait dommage qu’elle soit pauvre.

Toujours est il que parfois, les mots sont ambigus. Et que quand ils sont inscrits dans la loi, il ne vaudrait mieux pas qu’ils soient compris de travers.

Que dit on quand on parle d’égalité ? Fait-on bien la différence entre l’égalité stricte, mathématique et l’égalité entre les individus ? Et c’est quoi, l’égalité entre les individus ?

D’ailleurs, est-ce qu’on utilise le bon mot, là ?

L’égalité, c’est la notion de similitude/d’équivalence (mais attention, en maths les trois sont carrément différents). C’est l’absence de toute discrimination. C’est l’uniformité, la régularité quand on compare des éléments.

L’autre mot intéressant, c’est l’équité. « Une forme d’égalité », de juste traitement. L’idée de justice naturelle, dans le domaine de l’éthique. Appelle à impartialité, à la notion de bien commun. S’oppose à l’arbitraire. Sa racine latine, c’est la même que pour égalité.

…C’était la minute définition, sponsorisée par le Larousse # et Wikipedia #.

Par ici, quand on cherche à voir l’absence de toute discrimination on le fait pour établir la justice, donc l’impartialité. On croît parler d’équité en prononçant le mot « égalité ». Pourtant, il n’est question dans les textes et dans le langage que d’égalité. Et c’est là-dessus que se fait l’interprétation.

Intéressons nous à deux cas pratiques qui me tiennent à cœur

1) Égalité Homme/Femme

C’est l’argument qui divise les féministes. Est-ce qu’on considère qu’il existe des différences de genre ? Hommes et femmes sont différents du fait de leur constitution physique, c’est visible. Ils ne sont pas égaux dans le sens où ils possèdent des attributs physiques différents. Alors, que doivent revendiquer les féministes ? Est-ce que les femmes doivent adopter les manières et apparences des hommes, ou alors doivent-elles continuer à avoir une apparence qualifiée de « féminine », à affirmer leur différence ? 

Les différences d’apparence n’impliquent en aucun cas la nécessité d’une différence de traitement. Elles ne justifient pas de discrimination au niveau des droits.

Alors non, à mon avis, l’égalité homme/femme qui est revendiquée par les féministes n’implique pas de masquer (voire de nier) les différences physiques (mentales, comportementales si elles existent) entre les deux genres.

 L’abstraction intervient là où il faut voir au delà de la notion/du statut d’homme ou de femme, c’est niais voire évident mais on est des humains. Et ici l’égalité au sens de similitude s’applique.

2) Langues et cultures minoritaires

L’article premier de la constitution française donne :

- l’égalité devant la loi de tout citoyen, sans distinction d’origine

- la France est une république une et indivisible.

On y garantit l’égalité et la solidarité des peuples qui composent la République

Par ailleurs, l’union européenne dispose d’une charte : Charte européenne des langues régionales et minoritaires. En France, elle a été signée mais jamais ratifiée (pour les illettrés comme moi qui ont du mal avec les mots barbares : ratifier c’est reconnaître comme vrai/valide). En effet, « la langue de la République est le français », et donc cette charte ne convient pas au principe d’égalité des citoyens devant la loi » (Conseil constitutionnel).

Pourtant, il me paraît que dans le cadre de la justice naturelle, il est plutôt important de respecter la culture de chacun. Ne pas reconnaître une langue (minoritaire), ne pas la rendre accessible pour un peuple donné n’apparaît pas comme démocratique (… à mon avis). Mais, les langue minoritaires s’identifient à une partie de « la singularité irréductible de l’âme d’un peuple » chère aux particularistes (opposants à l’idéologie des Lumières).

Il serait rationnel d’adopter une langue commune à tous, mais c’est une attaque à la liberté individuelle que de refuser à un peuple d’employer sa propre langue.

Critique : la faute au langage ?  dans Chroniques d'un Gourou brest_derri%25C3%25A8remonobjectif_mercheddieub
Deux en un. Avec luminosité bizarre (nuit américaine ? Genre j’ai de la culture ?)

         DONC.

Le mot utilisé est celui d’égalité. Dans l’idéal des Lumières, il tend vers l’équité (si j’ai bien compris : parce que c’est ce principe d’équité qui a l’air cool). Dans les fait, lors de l’application de ces idées lumineuses il est question de rationalité stricte, l’égalité mathématique : être pareil.

Les gens, faites-moi part de vos désaccords, critiques aussi, pour me faire réfléchir (comme un miroir)   :D

Et puis, il y avait longtemps : une chanson à texte.

 


Codes

Aujourd’hui, un appel à l’aide. En toute simplicité.

Codes dans Chroniques d'un Gourou Sterenn_2
Avec un t-shirt en dessous ? Et un jean ? Outrage !

Mise en situation : j’aime mon originalité. Je tiens à rester à l’écart des codes vestimentaires instables de la mode. Je le vis bien.
Sauf que … j’appréhende beaucoup le milieu professionnel, sérieux, celui où on doit « s’habiller bien » pour chercher — et trouver — un stage ou un emploi.
Je ne connais pas les codes. J’ai peur d’être à côté de la plaque. Je me sens mal quand je porte une chemise. Ceci est un appel à l’aide : blogueuses (mode) de tous pays, que dois-je faire ?

Minute testostérone : si j’étais un mec, j’aurais déjà acheté un costard-cravate classique, j’aurais peut être hésité entre du bleu foncé et du gris anthracite, mais je crois que ça se serait trouvé.

Cette semaine, j’ai acheté une veste. Elle me paraît classe, mais déjà je doute : professionnel ou soirée ? A quelques détails près, si j’arrive en tenue de soirée à un forum de recrutement, je vais me sentir mal. Mais si je ne sais pas faire la différence, c’est que les détails … ne sont des détails.

Autre chose : il va falloir que je trouve un vêtement (on m’a dit « pantalon noir », c’est pas vague ça ?) à associer à cette veste.

Et dire que ce genre de détail peut m’empêcher de me rendre à un salon. Je crois que le monde m’en veut.

Tu as un conseil ?


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