Je n'ai qu'une chose à te dire…


Le parcours

Depuis que j’ai quitté le lycée, j’ai suivi une voie et je ne l’ai pas quittée. J’ai été cette personne docile qui suit les panneaux, ou qui à défaut, continue tout droit.

A l’approche de chaque nouvelle étape, quand vient la fin – le diplôme, le concours, l’examen – j’ai fantasmé la suite, j’ai projeté mon désir de repos et mon envie de reconnaissance.

A chaque nouvelle étape, le bout de la route est dans la brume.

Tout ce repos, tous ces accomplissements que j’ai fantasmés, ce ne sont que d’autres morceaux du chemin. Et sur ce chemin, j’avance contre le vent, ou contre le courant.

Ça aussi, je l’ai rêvé : enfin, arriver sur une voie tranquille où tout deviendrait simple. Après tout, ça a été difficile avant.

Le parcours dans Chroniques d'un Gourou jardin10

Mais je ne suis pas satisfaite. Le calme est tellement passager. La facilité est toujours un mensonge.

J’ai encore le vent de face et pourtant le contexte a changé, et pourtant je suis encore sur une énième « dernière ligne droite ». C’est fatiguant.

Hier, j’ai rédigé des lettres de motivation, refait mon CV, pour m’engager dans la prochaine « dernière ligne droite ». Tant que la suite est dans la brume, elle m’intrigue, elle m’attire, elle me motive encore.

 

Et puis, je ne voudrais pas que cette brume se lève. C’est déjà assez de parfois se demander si toutes ces étapes passées ont un sens, un intérêt. Lire ailleurs que les gens comme moi, qui ont un chemin tout tracé, ont une vie bien trop simple. Oui, parfois je me déteste d’avoir choisi cette vie trop simple tellement elle est compliquée.

 

Je ne sais pas quand je pourrais souffler.


Toi aussi, nettoie tes organes

C’est facile de se nettoyer la peau et les dents, et pourtant même pour ça on galère toujours un peu. Et si mes dents jaunissent quand même ? Et si ma peau devient sèche ? Grasse ? Les deux (oui c’est possible) ?

Alors là il y a une pluie de conseils et de recommandations dès qu’on se pose l’ombre d’une de ces questions. Parfois contradictoires. Ou sous la forme d’évidences : sur la peau mets de l’huile végétale (et stop la cigarette), et pour tes dents arrête de fumer, de boire du café.

Oui mais bon. Parfois tu ne fumes déjà pas, tu n’as jamais bu de café, tu te trempes dans l’huile tous les matins et rien ne va. Parfois, ce n’est pas avec la peau ou les dents que tu as un problème, et de la même façon, tu n’es pas adapté.e aux solutions, simplement parce que tu les appliques déjà. Ou alors les solutions ne sont pas suffisantes. Ou alors on t’a carrément prescrit un traitement médical et il ne fonctionne pas.

Alors parfois, il y a une solution toute simple qu’on n’a juste pas voulu te donner, et à ce propos j’ai lu ce témoignage en deux parties #1 et #2 qui est très évocateur. (Je m’y suis retrouvée, un peu, mais les solutions là non plus ne s’appliquent pas). Sinon, il reste la bouée de sauvetage, le « de toutes façons ça ne peut pas être pire » ou « ça peut pas faire de mal » (quand on est optimiste) :

Nettoyer ses organes !

Toi aussi, nettoie tes organes dans Chroniques d'un Gourou img_2014

Mon petit kit de survie

Premièrement, le vinaigre de cidre. J’ai un peu menti sur le traitement médical qui ne fonctionne pas parce qu’en fait, boire du vinaigre m’a été conseillé par un médecin. La consigne est simple : Une cuillère à soupe de vinaigre dans un verre d’eau chaude, le soir pour moi.

Attention, un excès de vinaigre peut fatiguer le foie, mais une ou deux cuillères à soupe ne vous feront pas de mal – dans le doute consultez un médecin, mais à mon humble avis c’est moins pire que du cubi de supermarché aux soirées étudiantes. J’ai exécuté les ordres de mon médecin, donc, et suis partie à la recherche des bienfaits du vinaigre de cidre. Voici une liste non exhaustive :

  • Le vinaigre de cidre pur favorise le nettoyage de l’organisme et l’élimination des toxines grâce à son acidité,

  • Il détruit les mauvaises bactéries, absorbe le trop plein d’acides de l’estomac, régénère la flore intestinale, lutte contre la constipation, combat les flatulences et aide à résorber les intoxications alimentaires

  • Il nettoie le canal urinaire et réduit les risques d’infection des reins

  • Il aide à stabiliser la tension artérielle et à équilibrer le pH du sang.

  • En détruisant les graisses, il aide à la perte de poids.

  • Il soulage les crampes musculaires. Il s’utilise en gargarisme (2 c. à c. de vinaigre de cidre dans 1/3 de tasse d’eau tiédie) et contre les inflammations buccales et les maux de gorge.

  • En inhalation (2 à 3 c. à s. de vinaigre de cidre dans un bol d’eau bouillante), il combat les migraines et les maux de tête.

  • Pris au coucher, le vinaigre agit comme un calmant léger contre la nervosité

Deuxièmement, le citron. Encore un truc acide, donc attention à votre foie s’il est fragile. Et attention les dents aussi. Apparemment c’est un truc un peu connu, la cure de citron. Il y a plusieurs façons de la faire, le plus simple est de prendre un verre d’eau tiède avec le jus d’un demi citron tous les matins (à jeun). Pour le citron, on peut aller très loin (voir le lien en bas), parce que la consommation d’agrumes préviendrait le cancer. En gros, on a : 

  • Renforcement du système immunitaire (vitamine C)

  • Digestion facilitée (aussi grâce à l’eau tiède)

  • Peau plus belle (parce que élimination des toxines parce que digestion++)

  • Réhydratation profonde

  • Élimination des graisses (y compris lutte contre le choléstérol)

Bon, ça fait deux semaines que je suis sur le vinaigre et une sur le citron, ça serait trop rapide de vous raconter les effets sur le long terme. Cela dit, j’ai eu une super pêche cette semaine (19 km de course à pieds et stage commencé – liste non exhaustive là aussi). En tous cas, comme je le disais, je n’ai pas d’autres solutions pour mes désagréments santé, alors je teste.

Sources : vinaigre, citron, choucroute (bonus !)

PS : l’huile essentielle d’arbre à thé (présente aussi sur la photo), c’est aussi en bonus, renseignez vous, c’est aussi un truc utile – par contre faîtes plus gaffe qu’avec du vinaigre ou du citron, niveau foie.


Ce que #metoo a changé dans ma tête

C’est « dans ma tête » parce que je n’ai ni les compétences ni la prétention de vous raconter ce que ça a changé globalement. Pas non plus le courage et le temps, d’ailleurs. La vague de réaction s’est assez calmée j’ai l’impression (modulo ça), il aura fallu essuyer une tribune et son « service après-vente » (j’emprunte l’expression à Melgane), il aura fallu réaliser qu’une femme sur deux a été agressée – et c’est sans doute le plus dur, je sais pas vous mais il y a plein de femmes dans mes ami.e.s, ma famille, et je tiens assez à elles pour que ce chiffre (une femme sur deux) me mette en colère.

Ce n’était pas évident au début de remarquer l’importance du mouvement. Je me souviens vaguement des quelques articles au sujet d’actrices agressées qui témoignaient. Je me suis dit « tiens, encore un gars qui profite de situations hiérarchiques, de rapports de domination ». J’ai vaguement su qu’il se passait un truc sur Twitter, avec beaucoup d’actrices. Puis, j’ai vu sur mon mur facebook (oui, je vais peu sur twitter) un témoignage ponctué de #metoo, provenant d’une connaissance. Un homme pour le coup, mais ça ne change pas ma réaction – étonnée – quant aux personnes normales qui témoignent à leur tour. Puis c’est allé très vite, on s’est mis à en parler, en quelques semaines c’était presque « banal » de dire que les femmes étaient beaucoup victimes d’agression à caractère sexuel et sexiste.

C’était une bonne nouvelle, mais en même temps on a pu voir beaucoup d’autruches. Quelques mois avant ce soulèvement, cette libération de la parole, il y avait eu dans mon établissement une pétition pour dénoncer le comportement du corps enseignant. Déjà, des témoignages anonymes, pour dénoncer le comportement de personnes anonymes (alors non, ce n’est pas de la délation, merci). Les réactions hostiles étaient toutes pleines de soumission, parce que les enseignant.e.s possèdent la connaissance et nous ne sommes là pour tout accepter, nous n’aurions pas le droit de contester quoi que ce soit. La pétition a tout de même été envoyée à la direction, qui a surtout agi pour éviter que cela ne s’ébruite. Avec #metoo, l’autrice de la pétition a voulu relancer l’affaire, savoir quels seraient les moyens mis en œuvre, et c’est là qu’arrivent les autruches. Comme quoi, le mouvement de #metoo était suffisamment important, ça y est on a bien compris que les femmes sont des victimes (alors non, on n’est plus réductible à de faibles victimes si on ose prendre la parole), lâchez nous avec vos histoires. C’est comme si on n’avait plus le droit de s’indigner parce que « c’est bon, on sait ».

Ce que #metoo a changé dans ma tête dans Chroniques d'un Gourou ello-a10
ello – azizazaza

Pour ce qui est des réactions des moins concerné.e.s (c’est pas genré d’être concerné, si ? Mais je vais mettre « ceux » pour faire plus simple) On a eu droit dans un premier temps à #notallmen, ah ce fameux … Not all women non plus, rassurez-vous ! Il y a ceux qui sont déjà féministes (je suis de celles qui pensent qu’un homme peut être féministe), ceux qui n’avaient pas réalisé que leurs sœurs, leurs amies avaient une vie un peu plus compliquée que ce que l’on croit et qui se sont renseignés. Il y a aussi ceux qui crient à la délation, qui ont peur de retrouver un jour une photo d’eux sur les réseaux sociaux avec marqué en dessous « agresseur », pas seulement parce qu’ils ne sont pas nets, non, mais parce qu’il y a des agissements sexistes tellement ancrés dans la société, que si les femmes commencent tout juste à les remarquer, les hommes ont encore du chemin, avec toute la bonne volonté qu’ils peuvent y mettre.

Dans un premier temps j’ai compati avec ces hommes, ceux qui disent « je n’ose même plus adresser la parole à une femme, c’est affreux ». J’ai compati avec ceux qui ont peur de cette prétendue délation, parce que oui, éventuellement, une hypothétique femme qui se sent pousser des hypothétiques ailes pourrait l’accuser à tort d’une agression et éventuellement gagner le procès.

Puis, je me suis dit que tous les jours, quand je croise un homme dans la rue, quand j’adresse la parole à quelqu’un qui me demande son chemin, quand je laisse un sourire sur mon visage et que les gens peuvent le voir, j’ai peur. Je me demande si j’agis comme il faut. Si je n’ai pas l’air « trop gentille », si je ne suis pas « un peu désirable » quand même. Quand je vais courir, je m’assure que mes vêtements ne sont pas « trop moulants ». Heureusement que je ne fais pas de natation… Alors, je me ravise sur toute la pitié que j’ai pu avoir pour ces hommes inquiets. Il est temps de comprendre ce qu’est la peur, et entre nous, vous ne risquez pas grand-chose. A part quelques boutons dus au stress, à part une boule au ventre le matin, à part de regarder vos pieds au lieu de l’horizon quand vous marchez dans la rue.

Aujourd’hui, je me pose encore des tas de questions inutiles avant de sortir de chez moi (même si pour l’instant c’est plutôt « est-ce raisonnable de mettre un cinquième pull sous mon troisième manteau »), mais je relativise. Je me dis que je ne suis pas la seule qui devrait de méfier du monde, et que j’ai la chance de savoir que l’on vit dans un monde biaisé. Je me dis que je ne veux pas tomber du côté obscur de la haine, et que tout le monde mérite qu’on lui explique ce qui ne va pas. Nous sommes tou.te.s victimes du patriarcat, même les plus sombres connards de twitter et des commentaires sous les articles de presse en ligne. Nous avons tou.te.s à gagner en se posant de bonnes questions, et surtout en s’écoutant. Aujourd’hui, je regarde devant moi quand je marche dans la rue, je ne regarde plus mes pieds. Je vois les gens comme des gens, pas des agresseurs potentiels. Les gens en face n’ont pas changé depuis #metoo, mais moi je suis beaucoup plus confiante.

Et pour vous ? Quelque chose a changé ?

01/03 : Article sélectionné par Inspilla :D


Juste sensibles

J’attends de lire le témoignage meurtri d’une personne qui ne ressentirait rien. Qui souffrirait de son décalage avec le monde parce que les émotions des autres sont pour elle un mystère, et un frein pour tout le monde. Je voudrais lire ce que pense cette personne qui répète des « prenez sur vous » et des « c’est juste dans ta tête ». Cette personne qui parfois n’en peut plus de son entourage vacillant plus pour des mots que dans une tempête en mer.

C’est un peu nous tous et personne à la fois. On peut s’exaspérer nous-mêmes à être trop émotif.ve.s. On peut souffrir des émotions des autres, tant par empathie que par ricochet.

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Source

Je vois beaucoup parler d’hypersensibles ces jours-ci. Sur la blogosphère en quelques mois, j’ai dû en voir passer une dizaine sans les chercher (En voici deux que j’ai retenus : ici et ). Je suis entre la surprise et l’agacement, parce que ce qui est décrit c’est à la fois moi et pas moi. C’est beaucoup mon entourage et en même temps pas vraiment.

Une chose ressort de tout ça : on est un peu des handicapés émotionnels. On s’est cognés trop fort notre petit cœur dans la cour de récré ou à la maison, on a bloqué notre cerveau dans la case « surtout, ne pleure pas devant les autres ». Cela peut donner l’air insensible ou avoir l’effet inverse, donner des gens qui pleurent sans raison à force de tout retenir. J’ai envie de crier à tout le monde qu’une personne qui pleure n’est pas faible, qu’une personne qui s’énerve n’est pas hystérique (quel genre avez-vous assigné à ces deux personnes ?), qu’on ne réagit pas tous pareil mais au fond, quelque part dans l’iceberg de nos émotions, on réagit forcément toujours un peu. Je pense que l’hypersensible est une personne qui nous rappelle à tou.te.s que ça ne tourne pas rond, ce qu’on vit. Qu’un jour ou l’autre, les personnes « juste sensibles comme il faut » vont craquer aussi.

 

Qui a/est vraiment une anomalie ? La personne de l’intro ou les milliers d’hypersensibles qu’on croise tous les jours ?

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Ça parle d’handicapés émotionnels.
Par contre il y a quelques fautes d’orthographe dans le texte, désolée – pas trouvé d’autres versions

Se reproduire au bon endroit

Dans un précédent article,  je vous parlais de l’état de l’environnement, du déclassement des diplômes, de la course à l’innovation qui ne mène pas forcément loin.

Parce qu’on innove et on croît pour se faire des thunes, mais une fois assez gros, on vient avec une vocation humaniste. Je crois qu’ils ont vraiment l’impression de changer le monde vers le mieux, ces dirigeants.

En fin d’article, je vous bombardais de liens (par exemple celui ci) sur la dégradation de l’environnement, mais aussi sur la démographie. Vous savez probablement que les enfants, la maternité, les humains trop nombreux, ça me préoccupe. Mais là ça n’avait pas vraiment de rapport, pourquoi j’ai mis tous ces liens ? Parce que je les trouvais pertinents, en fait.

Je reviens vers vous pour un sujet qui aurait plus de rapport avec la choucroute. En fin d’année, on dresse tout plein de bilans statistiques, et un constat a été fait : on s’inquiète de la baisse de la fertilité (du nombre d’enfants par femme en fait) en Europe, et en particulier en France où pourtant le chiffre est un des plus élevés en Europe, avec l’Irlande (mais eux, c’est parce qu’ils sont catholiques, mvoyez ?). On se pose des questions, est-ce qu’il pourrait y avoir un baby-boom qu’on n’a pas prévu, parce que là on a une population qui vieillit — et qui va payer nos retraites !? Et c’est là qu’on en vient aux articles partagés à la volée l’autre jour : on s’inquiétait d’une population mondiale en hausse, globalement. « Est-ce que la planète va le supporter », « comment dire aux pauvres de cesser de se reproduire » (peut-être de façon moins méprisante mais le cœur y est parfois), etc.

Alors tu vois où je veux en venir : il y a trop de pauvres au tiers-monde, mais plus assez d’européens. Et quand la force vive de ces pauvres vient demander à être des européens, on leur dit non, parce qu’on nous a raconté ces histoires de « grand remplacement ». Les gars, des jeunes pour payer vos retraites sur un plateau d’argent (en fait sur des bateaux surchargés qui souvent coulent, et même une fois à terre c’est pas la joie) et vous faîtes la fine bouche ?

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Yemen. Image Courrier International, Novembre 2017

Et sinon, pour celles et ceux qui veulent se reproduire en France, rappelons qu’il y a des violences obstétriques qui traînent dans les hôpitaux, que le nombre de vaccins augmentent et il y a des parents que ça dérange, et qu’on nous fait croire qu’il faut avoir deux salaires d’ingénieur pour avoir les moyens d’arrêter sa pilule.

 —

Pour ma part, à choisir, je préfère parrainer un jeune immigré pour lui payer des cours de français et de maths, et à nous deux on paiera pour la retraite de nos parents.

 


Un journal intime

Tu sais, à force de lire tout plein de billets où on raconte son mode de vie, ses choix et ses tracas, j’ai un peu envie de faire pareil. Je me dis que sans doute, il y aura bien un.e lecteurice dans le tas qui me prendra en exemple, qui pourra dire « l’autre jour, j’ai lu l’article d’une personne qui mangeait des trucs chelou, qui s’habillait comme une bucheronne, qui ratait son permis et s’énervait sur des détails, j’ai trouvé ça amusant et je suis content.e que ce genre de personnes existent, tu ne trouves pas ? « .  Et même sans ça, je pourrais m’imaginer que c’est le cas. Je pourrais me dire qu’en racontant mes erreurs j’éviterai à d’autres de les faire.

Je pourrais aussi raconter à quel point je me sens en décalage avec le monde (en fait non, je suis juste trop normale pour vous). A quel point j’aime certaines personnes, à quel point j’en déteste d’autres (genre je déteste des gens), à quel point ma famille me donne des choses à raconter. Raconter pourquoi j’ai envie de rire ou de pleurer, raconter mon prochain voyage à deux arrêts de bus de chez moi.

On écrivait beaucoup sur l’anonymat des blogueuses.rs il y a quelques mois, bah moi j’ai pas vraiment l’impression d’être anonyme et je ne veux pas. Mais je le voudrais pour d’autres choses. Je ne comprends pas vraiment cette propension qu’on a sur cette blogosphère à vouloir étaler sa vie dans les moindres détails … Ça nous rassure ? Ça nous valorise ? Ça nous encourage à faire des choses qu’au départ, nous n’osions pas vraiment ? Mais pourquoi est-ce que j’aimerais parfois être cette personne impersonnelle et inconnue dont d’autres inconnu.e.s connaissent la vie ?

Je ferais pas mieux de payer des séances de psy ?

PS : malgré tout, je continue d’aimer être la voyeuse de vos blogs…

MauvaiseCompagnie
Parce qu’on est souvent un peu comme ça …
# Source

Une tribune ou l’expression du deuil inachevé

Avant de vous parler de l’actualité, laissez-moi vous rappeler les cinq (ou 7, ça dépend de la source) étapes du deuil. Après le choc (étape une), vient le déni, puis la colère, puis le marchandage, et enfin l’acceptation. Et après on meurt en paix. Ah oui, c’étaient les 5 phases de deuil pour une personne en fin de vie. Enfin, ça s’adapte pour d’autres cas, comme le deuil d’un être cher, de son couple, de son travail … On peut rajouter la douleur en étape 2 et la reconstruction en avant-dernier, ce qui fait 7 étapes.

Une tribune ou l'expression du deuil inachevé dans Chroniques d'un Gourou alexa-mazzarello-223406#

Sans transition, la tribune des 100 femmes demandant une liberté d’importuner [pour les hommes], soi disant au nom de la liberté sexuelle, publiée mardi dans Le Monde, m’a mise hors de moi. 

« Cette justice expéditive [de #balancetonporc] a déjà ses victimes, des hommes sanctionnés dans l’exercice de leur métier, contraints à la démission, etc., alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses « intimes » lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’était pas réciproque » ? Où ça des victimes ? Et d’où on devrait « envisager [les frotteurs du métro] comme l’expression d’une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement » ?

Pourtant, je commençais ma lecture de la tribune avec intérêt, car elle se présentait comme la tribune des « femmes qui ne se reconnaissent pas dans un féminisme qui prend le visage de la haine des hommes et de la sexualité« . Je pensais qu’il allait s’agir des aberrations de certains groupes marginaux qui vont interdire des pièces de théâtre classiques (et même là il y a de quoi discuter), ou de celles.eux qui demandent qu’on interdise le « Madame » car il y aurait un possessif (pardon mais Monsieur c’est pareil). Quelle ne fut pas ma surprise de voir qu’en fait, cette tribune s’occupait de minimiser toute agression subie par une femme, leur enjoignant de ne pas faire leur fragiles quand même, c’est abusé de pleurer comme ça sur les réseaux sociaux alors que vous avez juste été un peu violées (16% des femmes et 5% des hommes déclarent avoir subi des viols ou des tentatives de viols au cours de leur vie, source, au fait, et je ne vous donne pas les chiffres des agressions)(Ça fait une probabilité non nulle que sur les 100 signataires on en ait … 16 ?).

Puis, il y a la raison de mon article, après avoir eu droit en plus aux réactions de défense de différentes signataires de la fameuse tribune. Les plus remarquables sont « on peut jouir lors d’un viol » (Brigitte Lahaie, mercredi 10 janvier, sur le plateau de BFM-TV), et « Je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée parce que je pourrais témoigner que du viol on s’en sort » (Catherine Millet, source).

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Je mets une image de pluie parce qu’il faut laisser couler sa colère comme l’eau. Sinon … on reste en colère.

En fait, ces femmes seraient dans un genre de deuil, à la phase déni. Il y a eu le choc, il y a longtemps, quand elles ont constaté qu’il existait des inégalités. Quand, peut-être, elles auraient été agressées verbalement ou physiquement (allez si, je te mets une stat : 1 femme sur 2 a déjà été victime de violences sexuelles, source), un second choc. La phase 2 est le déni. Je comprends ce déni et je dois encore avoir un pied dedans : il s’agit de se dire que non, puisque nous ne pouvons pas accepter ça, alors nous ferons comme si ces inégalités, cet état de fait n’existent pas. Après tout, nous avons les mêmes droits que les hommes, surtout ici en France, et surtout maintenant, en 2018.

Vient ensuite la phase de la colère. Pourquoi nous ? Nous ne sommes pas des victimes pourtant. Je suis une femme forte, il est hors de question que je dénonce un système qui me fait paraître faible, même s’il existe. Toutes ces féministes, toutes ces libératrices de la parole, là, elles me font paraître faible, et c’est à cause des gens comme ça qu’on reste les victimes.

Ou alors nous en sommes à la phase de marchandage : si on remettait en question notre façon de nous habiller, si on changeait nos habitudes, peut-être qu’on serait moins impactées par cet état de fait. Ou alors si on prenait « le côté des hommes » ? Si on se mettait à défendre les victimes d’un « certain féminisme » ? (coucou les signataires) Si on dédramatisait parce que quand même, être l’objet sexuel que quelqu’un c’est sympa ? (je n’invente pas grand-chose, au fait vous pouvez lire la tribune qui est par là si vous accédez : tribune)

Phase de dépression : je ne crois pas que nos 100 signataires en soient arrivées là, et si elles pleurent c’est parce que certaines chaînes veulent faire sensation (ici). Ce n’est pas non plus en les accusant de tout le mal du monde qu’elles tomberont dans cette phase, ça risque plutôt de les faire rétrograder. C’est possible par contre, à mon avis, de dire qu’on est dans cette phase de dépression quand on passe plus de deux heures par jour à lire des témoignages de personnes qui ont subi des agressions. Même si dans mon cas ça me met en colère ou ça me donne la nausée (c’est quelle phase la nausée ?) et je ne tiens pas une heure. 

Phase d’acceptation : en fait, les inégalités existent, mais nous ne sommes pas obligé.e.s de rester des victimes. En plus, il n’y a pas une opposition homme/femme, mais le patriarcat qui est un dispositif tordu où des mécanismes de domination sont à l’œuvre. Nous pouvons dénoncer ces inégalités après avoir compris qu’elles existent. Nous pouvons vivre une vie décente et éduquer les générations à venir pour que les petites filles et les petits garçons ne soient pas tout de suite plongés dans des rôles prédéfinis et inégalitaires (et pas apprendre à nos filles à se méfier des garçons, c’est malsain pour les deux genres).

Je pense aussi être loin de cette fameuse phase d’acceptation, et je ne vous dis pas DU TOUT qu’il faudrait accepter les inégalités pour atteindre l’éveil. Cela dit, je ne sais pas vraiment ce qu’elle serait, cette phase idéale ou tout le monde est heureux est respectueux de l’autre, soyez indulgent.e.s.

Je dis seulement que, malgré tout le mal que je pense de cette tribune, et surtout des réactions des signataires ensuite,  j’ai l’espoir que nous sommes tous dans le même bateau, il faudrait juste pouvoir discuter avec ces femmes blanches cis. Elles sont seulement à la phase déni ou colère, ou marchandage.  

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C’est tout ce que ça m’inspire…

PS : pour l’argument que les agresseurs sont probablement en grande misère sexuelle, on montre que 75% des agresseurs ont en fait une vie sexuelle active #.

Pour les phases du déni : #

(EDIT) Quelques réactions à la tribune : # , #, #

Pour Le Monde qui veut se justifier d’avoir publié cette tribune : #


Câlins gratuits

Câlins gratuits dans Chroniques d'un Gourou 73bf6d7656#

Il n’y a pas si longtemps, ça ne m’attirait pas l’attention. Mais là quand, même, ça commence à faire beaucoup de « relations sexuelles » que l’on change en « câlin ».

Je comprends qu’il y ait un tabou autour de ce qui a trait au sexe, que ce soit pour nommer des parties de son corps ou pour décrire des actions. On a tendance à déformer ce qu’on dit pour rendre ça plus acceptable. J’aurais d’ailleurs pu, à l’inverse, faire un petit article avec mon avis sur le kamasutra : pourquoi donner des noms à tout plein de positions ? Quand c’est du yoga je comprends parce qu’on peut prendre des cours en groupe mais là … ?

Enfin voilà, je trouve qu’on pourrait faire un effort sur les mots qu’on emploie.

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# Monsieur ici aurait fait plus de 2000 câlins grâce à cette affiche ! Comme quoi, un simple compliment …

Comme pour les enfants à qui on dit qu’ils ont « un zizi » alors qu’ils ont des organes génitaux complexes, dire qu’on se fait des câlins pour faire les bébés (ou pour se faire du bien, les bébés c’est le mal), c’est un peu raccourci. Et c’est ambigu : je fais des câlins à mes sœurs et à mes ami.e.s. Des gens que je ne connais que de vue peuvent venir me faire des câlins. Des inconnu.e.s alcoolisé.e.s en festival parfois aussi, mais pas trop parce que tu sais, j’ai un peu peur des gens. Eh bien crois le ou non, tous ces gens ne portent pas de préservatif à ce moment-là (ou peut-être l’inconnu.e du festival, mais je ne lui ai pas demandé parce que ça aurait pu le gêner) !

Et, s’il faut parler de sexe, alors oui, on peut avoir une relation sexuelle avec quelqu’un avant ou après lui avoir fait un câlin. Mais là aussi c’est trompeur de dire « câlin » à la place de « relation sexuelle », parce qu’on pourrait croire qu’on n’a pas l’un sans l’autre … C’est un peu comme se faire des bisous en fait. On ne voudrait pas mélanger tendresse et sexe, si ?

Ouais si, ça serait bien. Rien que pour savoir quoi dire quand on parle de relations sexuelles, est-ce que Lucien et George ont fait l’amour cet après midi, ou est-ce qu’ils ont baisé, ou serait-ce George qui s’est tapé.e Lucien ? Notez l’usage subtil du prénom George, parce que Alex ou Dominique c’est trop classique

Au fait tant que j’y pense, allez faire un tour par-là pour des informations et des cadeaux : #


Le progrès

Toi aussi, tu te dis parfois « j’ai pas le temps pour ces bêtises », et c’est à ce moment là qu’un flot ininterrompu de caractères vient inonder ton logiciel de traitement de texte ?

Le progrès dans Chroniques d'un Gourou milada-vigerova-61030#

J’ai commencé à lire « La révolte des premiers de la classe » et ça m’a fait penser à plusieurs choses.

Le fait que dans les écoles d’ingé (celle où je suis au moins), on remarque que « le marché du travail n’a jamais été aussi tendu depuis 25 ans », et ce sont les chiffres qui parlent, ce n’est plus le moment de nous rassurer avec les chiffres du chômage (il y en a certains que ça rassure ?). Est-ce que ce marché du travail est tendu parce que les gens n’y restent pas ? Oh non, bien sûr, il y a aussi le fait que le numérique est en plein essor, que les besoins technologiques pour supporter l’applicatif grandissant sont énormes. Il y a cette course à l’échalote où on fuit quelque chose et on ne veut pas s’avouer ce que c’est. Il y a la table du chapelier fou (si tu lis bien c’est ma deuxième référence à Alice au Pays des Merveilles), à laquelle nous sommes tous assis, et quand on finit le thé et les gâteaux devant nous on passe à la chaise suivante. Ce n’est pas moi qui le dis aujourd’hui, c’est Norbert Wiener - le père de la cybernétique - en 1954. Il y a des scientifiques qui se réveillent à ce sujet depuis quelques semaines, et des dirigeants qui, peut-être, vont se mettre à brasser de l’air dans le bon sens.

Mais quand même. Dans ce livre, La révolte des premiers de la classe, il est écrit que les diplômés de l’enseignement supérieur ont un sentiment de vacuité, d’aliénation. Les professions dites « intellectuelles » le sont de moins en moins. Alors est-ce que cette course à l’innovation applicative a-t-elle un sens ? (Ma réponse est non, j’ai parlé de course à l’échalote, enfin…). Et la course à l’innovation technologique qui la supporte a-t-elle une autre raison d’être que de supporter la précédente ? Je veux dire, si c’était le cas, les diplômés ne se sentiraient-ils pas utiles ?

… Il y a autre chose. Ces gens que l’on trouve dans le livre ont eu une sorte de « révélation » après quelques années en entreprise ou à la fin de leurs études. Moi je suis déjà un peu défaitiste et je n’ai pas fini mes études. J’ai envie de servir à quelque chose mais toutes ces informations en paquets me découragent.

Je veux croire que mes études ont un sens. Je veux participer à réduire la consommation énergétique qu’ont nos réseaux (3% à 10% de la dépense d’énergie mondiale, selon les sources !). Mais au fond je ferais mieux d’éteindre ce PC, de résilier ma box fibre, d’arrêter complètement de manger de la viande (?)

 dans Informations
Songkhla (Thaïlande). 30 novembre. Photo AFP

Quelques références pour cet article :

Climat en PLS : L’appel des scientifiques en novembre, le mode de développement occidental en cause
Les enfants sont un vrai faux problème : bientôt 10 milliards sur Terre, la natalité des plus pauvres n’est pas le problème
 L’alimentation et le mode de vie en question : la végéphobie
« Les dirigeants qui brassent de l’air dans le bon sens », à suivre … Macron, aujourd’hui
(PS : l’abonnement au Monde c’est pas si cher et je trouve que ça vaut le coup – oui j’ai eu les 6 mois pour 1€)

Vendez moi ce crayon !

Pour vendre quelque chose, il faut attirer l’attention. On nous apprend ça, le « pitch », pour dire en quelque mots pourquoi notre interlocuteur doit continuer à écouter, pour lui faire croire que la suite va l’intéresser. Globalement, on raconte une histoire, on pose une question, ou on prend un sujet d’actualité.

Récemment, une équipe de publicité s’est probablement constituée chez Jean Paul Gaultier pour vendre un nouveau parfum. Enfin, pas seulement pour le vendre, mais pour dessiner la bouteille, englober tout ça dans un scénario qui rendrait ce truc vendable. Voilà ce qu’ils ont trouvé :

Vendez moi ce crayon !  dans Chroniques d'un Gourou

Comment te dire … Tout y est : comme pour la plupart des publicités pour un parfum ou une voiture, on a la femme peu vêtue au regard de braise ; on a le sujet d’actualité dont tout le monde parle ou a entendu parler récemment. On a donc une affiche qui attire l’attention, bravo.

Je suis déçue cependant (ok, j’étais déjà déçue de base, je n’aime pas les pubs de parfum). S’ils font du parfum, ils font de la chimie, et s’ils font de la chimie ils doivent savoir qu’il y a des réactifs qu’on ne met pas ensemble, sinon … ça réagit. Suis-je la seule que ça choque ? Qu’on n’ait pas relu leur copie ?  « Euh, les gars, je crois que vous avancez en terrain glissant », non, eux ils ont voulu y aller pied dedans, et en accentuant les détails.

 » I, too, wanted to cause a scandal ! »

Sérieusement ? Ta clientèle est au courant du scandale Weistein, ou de l’ampleur de #metoo, ou de la libération de la parole des personnes qui ont subi des agressions, et toi tu veux miser sur le fait que ta clientèle aussi, elle veut qu’on parle d’elle ? Soit c’est à interpréter comme « il y a mieux que des agressions pour faire parler de soi » (ouais sérieux elles saoulent à dire qu’on leur fait du mal, elles vont pas porter plainte en plus ?), soit comme « vous aussi, vous allez sentir tellement bon qu’on va vous agresser » (ok je pars loin).

Bref, cette publicité est partout et ça m’énerve.


Quatre mois avec Freelectics

Je suis entrée dans la secte…

Quatre mois avec Freelectics dans Chroniques d'un Gourou HEADER#

Freeletics, ou FL pour les intimes. Il s’agit d’un ensemble d’applications sportives, pour s’entraîner facilement chez soi sans équipement et en « peu de temps » (enfin dans le cas de l’appli Freeletics Bodyweight – entraînement au poids du corps). J’en ai brièvement parlé au début de cet été d’ailleurs #.

Pourquoi tu nous parles d’une appli de sport ?

Parce que je me suis laissée prendre au jeu. Je le disais en juin : un chrono qui défile, des barres de progression pour comparer aux précédents entraînements, la compétition en bref. Mais la compétition contre soi-même, ce qui est d’autant plus prenant. Donc : j’ai commencé parce que je voulais essayer pour rire et finalement quatre mois après j’y suis encore. On verra éventuellement plus bas pourquoi j’ai voulu continuer.

Alors, ça marche ?

Ouep. C’est un peu comme tout, « il faut prendre le temps » et on arrive à des résultats. Je n’ai pas de photo avant/après vraiment frappante à montrer, parce que je ne savais pas ce qui allait changer, et je n’ai pas écouté l’appli qui me disait « Avant de commencer votre première séance d’entraînement, prenez une photo de vous de plain-pied. Au cours des prochaines semaines, vous serez étonné(e) de la façon dont votre corps va changer »

J’ai cru que j’allais juste voir des abdos apparaître au bout d’un certain temps. Finalement, ce ne sont pas les abdos qui impressionnent, mais les biceps/quadriceps qui sortent de nulle part et prennent du volume – et on ne s’en rend pas vraiment compte en photo. Je peux aussi vous affirmer joyeusement que j’ai pris 5kg de masse musculaire parce que j’ai pris 5kg depuis et que je ne retrouve pas le gras.

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Juillet — Septembre : un abdal a poussé
(il y a un abdo plus visible que les autres qui atteste d’une probable mauvaise technique quelque part …)

Combien ça coûte ?

Ahmaisoui, j’ai osé payer pour une application que j’utilisais « juste pour rire » ! En fait, j’ai utilisé la version gratuite pendant un mois, parce qu’il y a quand même de quoi faire. Puis, en août, leur équipe de marketing qui parle comme une secte (« C’est le début de tout ce que vous avez toujours voulu. Commencez dès maintenant« ) a proposé un jeu où on gagne des cadeaux (le #coachChallenge #transformationdigitale), alors en deux jours et un code de réduction -30% j’ai sorti la carte bancaire. 24,49 euros pour 3 mois.

J’ai pas trop envie de me justifier, mais quand même : je ne regrette pas. Je n’aurais pas voulu payer beaucoup plus mais là, honnêtement, même avec du recul, je ne regrette pas.

C’était vraiment pour de rire ?

Je ne crois pas que j’aurais dépensé 30 balles juste pour le fun, quand même. Il se trouve que l’été dernier, j’étais arrivée à un niveau de mollassitude considérable, je me sentais toute flasque et somnolente. Oui, je sais, c’est l’anémie. Parlant d’anémie, ma sœur m’avait sagement soufflé que j’avais peut-être un manque de faire au-delà du manque de fer. Alors, étant en vacances cet été, j’ai su ce qu’il me restait à essayer.

Le résultat est donné au-dessus : j’ai pris 5kg de muscles, je me sens forte et je peux monter des escaliers sans m’essouffler.  Je crois aussi que je cours mieux qu’avant (plus longtemps, et pas seulement quand je suis sur les nerfs).

Et maintenant ?

Maintenant, mon abonnement payant s’est arrêté. Le retour à la version gratuite est un peu triste quand on s’est habitué au complet, mais je compte continuer à m’entretenir sans forcer, aller courir régulièrement et peut-être tester d’autres applications (gratuites). Je compte essayer le yoga aussi.

Aussi, lors du CoachChallenge, j’ai obtenu une version d’essai gratuite du coach FL Nutrition, donc j’expérimente (à ce propos, l’appli est gratuite mais les ingrédients sont plus coûteux que les habituelles pâtes-carbo étudiantes).

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Me voilà fin prête pour faire des photos #bodypositive dont je me moquais en juin dernier
 

Souvenir d’enfance

En période de forte affluence dans les transports, impossible de bouquiner tranquille, impossible même de placer un livre de poche entre deux personnes debout. J’ai donc pris l’habitude d’écouter des podcasts. Et, puisque ce n’est que le début, je me limite à une seule « radio » pour l’instant :

Je ne sais pas si ce générique te dit quelque chose. C’est celui d’une émission qui a disparu de la radio publique depuis plusieurs années déjà, mais qui a aussi écumé les époques. Et cette émission, ce générique, cette voix, me rappellent des moments particuliers de mon enfance. C’est le moment où je rentrais de l’école, j’allais vite poser mon cartable et ma maman allait vite allumer le petit poste de radio. S’il y avait le temps, je mangeais mon goûter dans la cuisine, mais après ce fameux générique il ne fallait plus faire de bruit. Enfin, après ce fameux générique c’était aussi C’est pas Sorcier à la télé, alors …

C’est con tu me diras : c’est bien plus que ça une émission à la radio. C’est aussi pour ça qu’aujourd’hui, j’en écoute des archives.

Souvenir d'enfance dans Chroniques d'un Gourou danslediplodoctobre

En ce mois d’octobre 2017, il y a plusieurs anniversaires spéciaux que cette radio de gauchistes nous rappelle : les 50 ans de la mort de Che Guevara, et, si toi aussi « Octobre 17″ te met la puce à l’oreille, les 100 ans de la révolution d’Octobre en Russie. Enfin pour l’instant, je te propose surtout la série sur le Che. Oui ce sont des archives, les nouvelles émissions sont réservées aux abonnés, l’abonnement est payant (2€ par mois pour les étudiants), parce qu’il faut bien payer les journalistes. Je vous conseille cet abonnement tout de même, si ce n’est pour égayer vos trajets quotidiens.

Et si vous avez eu cette enfance où on prend le goûter pendant que Là bas commence, vous aurez peut-être comme moi quelques frissons et des sensations qui vous reviennent, l’odeur de la cuisine, le bruit du boulevard par la fenêtre, le chocolat chaud trop chaud. On en oublie presque qu’on est écrasé entre 5 personnes moites pendant que d’autres poussent encore pour rentrer dans le wagon.

Dans 5 ans, je vous raconterais sans doute que réécouter ces podcasts me rappelle l’odeur âcre du RER B.

Au fait, le lien vers l’émission dont j’ai extrait le générique


Le joyeux conformisme

Depuis longtemps, régulièrement, je cherche à déstabiliser les gens. Gentiment, avec des allusions ou des comportements, des vêtements et des questions. Juste pour montrer que je suis différente.

Mais depuis quelque temps, ça ne prend plus. Ce n’est plus drôle, ça y est, je suis bizarre et c’est plié. Alors, laisse-moi te dire deux trois trucs :

Je fais des activités qui plaisent aussi aux gens de mon âge. Tu crois toujours que j’ai pas vu Game of Thrones, et puis d’ailleurs tu te demandes si c’est pas malsain que je regarde les scènes violentes, et si ça me donnait des idées ? Ça surprend quand j’ai un verre d’alcool à la main, bien plus que l’éternelle tasse de thé. Ah, t’es pas végétarienne ? L’autre jour, j’ai même ouvert un compte instagram, wah l’autre, je croyais que tu n’aurais jamais fini de lire et d’accepter les conditions générales d’utilisation ! Manquerait plus que je mette une robe et du maquillage, ça ferait faire quelques AVC dans mon entourage …

Le joyeux conformisme dans Chroniques d'un Gourou ello-optimized-74d8c093
« Lardons », huile sur toile, @christopheberle sur ello

Soyons sérieux, objectifs et surtout observateurs. Rien n’a trop changé. Il y a seulement des détails à accentuer. Mais essayez vous même : le choc du « je suis comme toi » est plus violent que celui originel de l’original.


Blog : Pourquoi ne pas recommencer ?

Le mois dernier, j’ai vu apparaître le blog KillKarma dans mon fil d’actualités. Il se trouve que je suivais déjà cette blogueuse, sur son ancien blog. Elle nous explique ici # les raisons du changement de blog. Il faut beaucoup de courage, à mon avis, pour laisser un blog où on a inscrit un morceau de sa vie et recommencer. Même quand il ne concerne pas directement sa vie. Il faut avoir des projets, de l’ambition ou au moins des idées pour repartir sur quelque chose de neuf où on n’a pas encore posé de repères. J’ai d’ailleurs voulu commenter l’article mais oubliant régulièrement mes identifiants wordpress(Du coup si tu me lis, Karma, sache que ton ancien blog déjà était chouette, et je suis très contente de découvrir le nouveau).

Alors … Pourquoi pas moi ?

Bah oui, s’il faut du courage et que changer de blog est un acte de bravoure dans ma petite tête, pourquoi je ne cours pas le faire ? Figurez vous que j’ai changé de blog, en 2010. Dans ma (très) jeunesse, j’ai raconté ma vie sur la plateforme Blogger (avant que ça ne soit google, rendez vous compte).

Et non, je n’arrive pas à changer de blog. Je ne vois pas l’intérêt puisque je suis encore d’accord avec ce que j’ai raconté avant. J’aime relire les articles vieux de plus de deux ans.

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C’est toujours très chouette de s’envoyer des fleurs … Ici, l’élément important est « le fil conducteur, c’est moi ».

Cela pose d’ailleurs des questions de temps en temps : est-ce que je n’essaie pas sans arrêt de me conformer à ce que j’étais plutôt que de me laisser aller sans arrières pensées vers l’avenir ?

C’est vrai que je m’en voudrais beaucoup si je qualifiais n’importe lequel de mes actes d’erreur de jeunesse. On le voit en lisant ce blog ici-même, cette crainte, ce reproche à l’avance revient souvent.

J’aime penser que tout ce que j’ai pu penser à 13, 14 ans est ce qui a construit celle que je suis aujourd’hui. Que les erreurs n’en étaient pas vraiment, à partir du moment où je les ai comprises ou assumées. Cela expliquerai pourquoi chaque échec fait paniquer… Jusqu’à ce que je ne le considère plus comme un échec. (Rassure toi, il me reste quelques échecs à résoudre)

 

Par conséquent, j’ai voulu référencer tout ce qu’on trouve sur ce blog. (C’est déjà fait pour les musiques présentes dans les articles, ici #) Voyons à quel point je vous ai livré ma vie, non ne prends pas la peine de discuter avec moi, le fil de ma pensée est en ligne.

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Ça remplit une feuille recto verso, avec quelques mots clés pour chaque article. Je ne me suis pas fiée aux mots clés que j’attribue aux articles à la publication, parce qu’il y en a tellement que j’en oublie.

Je n’ai pas donné mon âge avant cette année ou la précédente, pourtant on peut le suivre facilement. Déjà, on a affaire à une ado #, puis on sait qu’elle passe le brevet (presque) #, qu’elle arrive au lycée #, qu’elle passe le bac #. On sait aussi que c’est la filière scientifique #.

Aussi, je dis « elle » parce que la langue française impose le genre #, mais aussi parce qu’en 2012 l’autoportrait est de genre féminin #, la photo est remplie de filles #, et on traite de sexisme ordinaire # #. En 2013 je ne peux pas me présenter à un prix réservé aux filles #.

 Blog : Pourquoi ne pas recommencer ? dans Chroniques d'un Gourou ello-optimized-d4b436fc
Not Applicable @notapplicable  – ello – vêtements « non gender biased »

On a affaire à quelqu’un qui découvre le monde avec deux points de vue : un sur la citoyenneté (périodes électorales traçables, de la surprise # à la blasitude #), la mobilisation, l’engagement politique (féminisme # # #, désobéissance civile # # et informations # # #) et écolo (au départ vécu # puis suivi #, puis l’éloignement # # # # #) ; l’autre sur internet #, la communication #, la technologie (les risques à nuancer #, les peurs infondées des gens # # #). Les deux se rejoignent ensuite. On peut y ajouter le troisième point de vue sur la condition féminine, dérivant vers à la fois le conditionnement (summer body # # # et société de consommation # # #) et l’orientation sexuelle (les cases et appellations # # # #).

Pour ce qui est de la communication, il y a la découverte de la blogosphère #. On cherche un peu au hasard #, on trouve quelques blogs intéressants (coucou lullabys, erys, msdd13, qui pour la plupart n’ont plus de blog aujourd’hui), puis en avril 2015 je découvre la plateforme hellocoton avec ma colocataire #. Le changement est visible : des tags # #, des interactions entre blogs #, des articles plus axés « racontage de vie » (typiquement celui que je suis en train d’écrire) # #.

En 2013 et en 2014, je voyage # et je rencontre des gens #. Puis, je rencontre les gens de mon entourage et je tombe amie # #. Je cultive ma différence et j’observe #. Je m’intéresse à la religion, que je rejetais par défaut # #.

A partir de 2014, je commence à avoir peur # #. Plus le temps passe, plus je partage mes angoisses sur le blog #. Manque de confiance en soi ou manque de personnes à qui se confier, à voir #. Les inconnus que brasse le web sont devenus mes confidents. Tu m’étonnes que je sois un livre ouvert #. J’essaie même de l’assumer # #. En 2016, mon pays me manque, et même si ça s’est retrouvé plus tôt # # #, ça devient explicite # #.

Une touche de positif quand même, ce blog est celui d’une personne qui apprécie les bonheurs simples # # # # #. Qui se pose des questions stupides et parle du temps qu’il fait #  # #. Qui fait des blagues fermées et de la cuisine # # #.

Tout n’a pas été cité, mais comme je l’écris dans l’article de présentation : les vieux articles sont donc valables. Déplorons tout de même les vidéos et images manquantes, les liens morts … Ce blog est vieux.

ello-optimized-f24919b2 dans Chroniques d'un Gourou
@phigun sur ello

Alors voilà, petite rétrospective sur mon blog. Sans me vanter, je suis assez fière de moi : j’ai produit du contenu assumable.

… Jusqu’à quand ?

Ne vaudrait-il pas mieux que je prenne tout ça, que je le range dans une boîte d’archives et que je le relise de temps en temps, comme je viens de le faire ?

De cette façon, je n’aurais pas à me justifier devant 6 années d’opinions à chaque nouvel article que j’écris. De cette façon, je pourrais avancer en choisissant de nouvelles règles. Redessiner les frontières. Changer la mise en page. Mais je n’ose pas. Ces 6 années sont tellement collées à moi …

 


Le paradoxe des soldes ou la tristesse de l’homme

Hier soir, sortant du parc voisin, j’ai entendu un couple se disputer. Par couple j’entends deux personnes, et il se trouve qu’il y en avait une de chaque sexe (et genre, très probablement). La personne de genre féminin se plaignait innocemment de ne pas avoir les moyens de faire les soldes, quand monsieur a commencé à lui expliquer que elle, si elle voulait, elle avait des jeans à cinq euros et des débardeurs à moins que ça. Alors que lui, ne pas avoir les moyens, il connaît bien : pour se procurer un jean décent il faut allonger au moins trente euros quand on est un homme.

Ce n’est pas la première fois que j’ai ouï dire de ce « problème », on y a droit au moins à chaque fois qu’il y a des soldes, sinon quand monsieur essaie de consoler madame par rapport à sa condition merdique de femme : « toi au moins tu peux t’acheter des vêtements moins cher ».

Cela soulève plusieurs questions.

  • Déjà, est-ce que ça rattrape le harcèlement, les clichés, les écarts de salaire, les écarts pour tout le reste, le fait d’avoir des vêtements moins cher ?

  • Il se passe que les femmes sont bien des victimes de la mode, sans jeu de mot, on se retrouve souvent jugées sur l’apparence, est-ce que la société de consommation ne nous doit pas au moins quelques réductions quand monsieur n’a besoin que d’un costard pour les mariages, les enterrements, les entretiens d’embauche et autres joyeusetés ?

  • Qui a décidé que les femmes devaient être victimes de la mode plus que les hommes ? (Ils le sont aussi, la société de consommation n’allait pas se priver d’une moitié de l’humanité)

  • Différence de prix veut souvent dire différence de qualité. Mais c’est pas grave, parce que les femmes changent souvent d’habits. Et d’avis aussi, tiens. Eeeeeet on revient à l’éternel problème du consentement, n’est-ce pas ?

On peut par ailleurs déplorer que les hommes se refilent moins leurs vêtements entre eux. Dans les friperies et autres, on trouve une majorité de vêtements féminins.

 Le paradoxe des soldes ou la tristesse de l'homme dans Chroniques d'un Gourou 082-trunklog-stock#

Tout ça pour dire qu’on avait de quoi réfléchir à partir d’un banal événement saisonnier : la période des soldes.

 

Et vous, vous êtes vous disputés récemment avec des personnes du genre opposé au sujet des exigences vestimentaires que vous supportez ? Vous sentez vous conditionné.e ? (Pour ma part, j’ai toujours peur du jugement des autres …)


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