Je n'ai qu'une chose à te dire…


On n’a plus vingt ans

Dans ma famille, il y a ma grand mère qui se rappelle sa jeunesse à 21 ans, mes parents qui se rappellent leur jeunesse à 18 ans, mes grandes sœurs qui se rappellent leurs seize ans. En toute logique, je pourrais me rappeler de mes quatorze ans comme de l’époque de mes premières fois, de ma liberté, du début de mon chemin vers l’âge adulte.

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Se perdre un peu entre le jour et la nuit

C’est d’ailleurs ce qui est arrivé pour des gens de ma génération. Il y a cette dynamique, qui somme toute est une bonne chose : les jeunes sont plus libres, attendre la majorité devient un détail. C’est aussi une dérive : il faut faire cette distinction entre jeune et enfant, et la transition ne se fait pas au même moment pour tout le monde. Je suis peut-être ringarde mais à défaut de les enfermer, laissons les enfants avoir une enfance. Iels auront des poils et des seins bien assez tôt (enfin pas tout le monde pour les seins).

En discutant, en écoutant les gens parler, j’ai remarqué un truc : dans mon entourage, on a vingt ans plus ou moins quelques années. Et on parle comme des vieux, on se rappelle nos jeunes années. Les gens, c’est encore maintenant les jeunes années ! C’est encore maintenant parce qu’on est encore des jeunes du point de vue des réductions, puis aussi et surtout parce que si on décide que tout cela est derrière nous, comment on fait pour vivre sans regrets ? Je préfère faire un truc maintenant plutôt que faire une truc maintenant et me dire que j’aurais dû le faire étant jeune. Oui, il n’y a que le point de vue qui change.

Parce que je n’y peux rien aussi, mais je me sens dépassée. Tous ces gens qui ont tout fait très vite, à l’image de la performance que l’on valorise, les gens qui ont le bac à treize ans, tout ça, ça me fait me sentir en retard. Et pourtant je suis jeune encore. Mais aurais-je le temps de tout faire dans ma jeunesse ? M’engager dans une association, séduire plein de gens, « faire » la Loire à vélo, essayer des drogues, lire l’intégrale de Zola, prendre l’avion, manger des bananes ?  Question subsidiaire : en ai-je besoin ?

La solution que j’ai trouvée est la suivante : décider que ma jeunesse va poser ses bagages ici et repartir plus tard. Qu’elle me laisse vivre. Que je ne sois pas déjà à regretter mes 15 ans où je n’ai rien fait.


Le défi d’une vie

Cette semaine, j’ai accompli quelque chose que je pensais impossible depuis longtemps. Vous pouvez dès à présent préparer des messages de félicitations et des encouragements (on ne sait jamais).

Contexte : alors âgée de six ans, je décide qu’il suffit, et que parmi tous les aliments douteux servis à la cantine il y a le pire, la source de tous nos maux : la banane. J’ai décidé de blâmer la cantine parce que c’est vrai que là bas, soit elles étaient trop mûres, soit pas assez, et cela résultait toujours en une texture étrange et peu avenante. C’est, en tous cas, ce que j’ai rapporté à la maison : « je ne veux plus manger de bananes« . Dans la classe, il y avait une autre personne qui n’aimait pas ça, alors j’avais bien le droit de le faire moi aussi.

Sauf que, cette personne a recommencé à en manger au bout de quelques années. Je me sentais assez seule : tout le monde, dans mon entourage, mange des bananes. Et puis vous savez, c’est bon pour la santé. Vitamines A, B1, B2, C, bon anti-anémique (mais c’est parfait pour moi dis donc) parce que continent du fer et du cuivre, contient aussi d’ailleurs potassium et sodium. C’est même recommandé en période de croissance et c’est vrai qu’à l’école, nombreux étaient celleux qui avaient une banane pour le gouter de 10 heures. Moi, j’avais des graines de tournesol – l’addiction, si jeune… Enfin, j’ai tout de même bien grandi et je vous soutiendrai que les pommes sont plus pratiques, parce qu’on peut tout manger (pas de peau visqueuse dégueulasse à jeter) et ça ne s’écrase pas au fond du sac.

Le défi d'une vie dans Chroniques d'un Gourou img_2016

Je n’ai pas trop mal vécu ce caprice alimentaire. Je mange de tout sinon, que ça soit une salade de quinoa aux herbes ou un bon vieux steak-frites, la vie est donc simple. Il reste seulement l’incompréhension des gens (je l’ai déjà dit : bah pourtant, c’est très bon la banane !). Mais récemment, j’ai 1) été contrainte à faire plus gaffe à mon alimentation 2) commencé à faire du sport plus que d’habitude. C’est là que la banane revient à coups de vitamines, de minéraux et de glucides #.

Alors voilà, ça fait 16 ans que je refuse d’en manger, parce que l’odeur, parce que la texture, parce que probablement le goût mais j’avoue je ne m’en souviens pas. Récemment, on (Melgane) m’a dit : il faudrait que chaque jour on tente de faire quelque chose qui nous fait peur. Et on dirait pas comme ça, mais c’est quand même une peur considérable (oui, je suis fragile). Mais c’est une peur stupide et sauf allergie, il serait dommage de la laisser vivre sa vie.

Alors j’ai acheté des bananes.

Sache que j’ai horreur de jeter la nourriture : il n’y a pas de retour arrière possible (!) J’en ai pris une, je l’ai découpée et mise dans un bol (photo ci-dessus). Elle ressemblait encore trop à une banane, et l’odeur était trop celle d’une banane. [Attention recette] J’ai mis du lait végétal à chauffer dans une casserole, j’y ai rajouté des flocons d’avoine et du cacao en poudre, j’ai attendu que ça gonfle puis j’ai rajouté une cuillerée de beurre de cacahuète. J’ai versé ce mélange sur les bananes. J’ai mélangé avec assez de violence pour que les tranches de bananes soient réduites en purée. Plus d’odeur de banane, le chocolat a gagné.

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En vrai c’est bon même si ça a une sale gueule

Le goût qui est resté était surtout un goût sucré, et un peu celui de l’odeur de la banane. C’était particulier, parce que je me suis habituée à décider que je n’aimais pas. Mais c’est seulement la peur de l’inconnu, du différent de d’habitude. Je peux manger de la banane, il y a seulement mon corps qui m’envoie des signaux de surprise type « Mais diantre, que fais tu donc ? »

Alors voilà, c’était ma petite victoire de la semaine. J’ai brisé 16 ans d’abstinence – et ce n’est absolument pas sexuel (sauf pour Freud, ne ramenez pas Freud sur ce blog svp).


Tous à poil

Au début, on partait plus pour un titre comme « Ode à la nudité », mais j’étais pas d’humeur.

Il y a deux semaines, nous jouions au volley et faisions du yoga dans un parc de Munich avec des amis. Mais, pour être un peu plus tranquille, certains avaient proposé de s’installer dans la partie nudiste. Alors oui, ça fait un drôle d’effet d’être assis.es dans l’herbe avec autour des vieux allemands nus. Il y avait aussi un couple de jeunes mais plus loin, alors nous avons eu droit au spectacle amusant d’un homme vêtu uniquement de chaussettes hautes faisant des jongles avec un ballon de foot et s’essayant au poirier.

Cela dit, il ne se donnait pas en spectacle. Il y avait certes quelque chose de provoquant, une sorte de défi dans le fait de tenter des positions bizarres et de beaucoup se mouvoir. Ce n’était pas le comportement du nudiste à la plage qui fait juste le trajet eau – serviette et qui se laisse bronzer tranquillement, c’était plutôt notre comportement à nous de jeunes avec un ballon et des envies de tester le yoga. Il ne se donnait pas en spectacle parce qu’il restait dans son coin, nous n’étions pas obligé.e.s de regarder. J’ai d’ailleurs ri de le voir faire le poirier nu et en chaussettes, puis je suis retournée à mes occupations.

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Nous en avons discuté avec une amie, elle disait qu’il est dommage que le corps soit autant sexualisé, parce que ce genre de comportement devient gênant et il ne devrait pas. Pour ma part, j’avais interprété la chose à l’envers (comme le mec, huhu) : avec ce genre de comportement, on ne perçoit plus le corps comme « sexualisé ». Nous n’avons pas eu la même éducation ni le même cadre, c’est donc tout à fait normal que notre rapport au corps – à celui des autres – soit différent. Je ne saurais pas retranscrire tout ce qu’elle a dit et ce n’est pas mon rôle, mais voici mon point de vue :

Le corps peut être désirable sans être sexualisé

A l’adolescence, je n’étais pas occupée à draguer, ni à être draguée. Ma sexualité était un truc « qui viendrait plus tard », ça ne m’inquiétait pas et m’intéressait peu. Pourtant, je regardais les gens, j’analysais l’harmonie des corps sans trop comprendre ni structurer. Juste des fois, je me disais que telle personne était jolie, que tel corps était désirable – non pas pour entrer en contact avec, mais plutôt parce que j’aurais aimé l’essayer, vivre un instant avec cet autre corps et apprécier d’avoir des épaules plus larges, des jambes plus musclées, un torse sur lequel une chemise n’aurait pas l’air d’un torchon. Et même aujourd’hui, où j’ai une sexualité, c’est toujours plus ou moins le cas. 

Le corps peut ne pas être désirable, dans ce cas autant ne pas le sexualiser

Je l’ai dit, il y avait un couple de jeunes parmi les nudistes, et ils étaient loin. Autour de nous, que des hommes vieux et plein de plis. Sans vouloir surjouer la déception, je dirais seulement que la vue de ces corps nus n’a rien éveillé de particulier en moi, sinon le rire de la surprise. En discutant, j’ai pensé à ce qui pouvait mettre les autres mal à l’aise : l’association corps-sexualité rend les choses beaucoup moins fun. L’espace d’un instant, j’ai associé l’idée de sexualité à ces corps vieux et nus, ça a été tout de suite glauque. C’est sociétal je pense : on dit « un vieux pervers » et on a du mal à s’imaginer une sexualité « normale » chez les personnes âgées. En tant que fille puis femme, c’est des hommes un peu âgés et un peu seuls qu’on m’a dit de me méfier, et c’est ainsi que dans notre esprit le vieux nu devient l’agresseur : restons serein.e.s et détachons la sexualité de leur corps, ça rassure.

Des nudistes – qui ne sont pas des exhibitionnistes, cela n’a rien d’oppressif

Ils illustrent d’ailleurs un idéal, celui de se contreficher (quelle belle tournure) du regard des autres, et celui de s’accepter suffisamment pour montrer son corps. Montrer son corps peut être thérapeutique (je ne crois pas que ça soit la bonne tournure là par contre), certain.e.s ont parfois recours à la photo de nu pour s’accepter, s’aimer, se trouver beau.lle. Du point de vue de l’observateur – pas du voyeur – je trouve ça intéressant dans la mesure où le corps ne sera pas mis en scène, il est juste vivant, visible, véritable (En Vérité ce Velouté de Verbiage Vire Vraiment au Verbeux #), et on relativise.

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Des pieds nus

Il y aurait encore pas mal de choses à dire, notamment comme je l’ai évoqué : la relation au corps qui change avec l’éducation qu’on a eue, mais aussi se demander ce qui motive à faire du nudisme parce que c’est quand même quelque chose de se promener nu dans un parc plein de monde – pas comme aller bronzer dans son jardin tranquillou, l’envie de pouvoir se passer de jugement sur son corps avant d’être vieux (eh oui, si ces vieux plein de plis étaient tout à coup moins vieux et moins pliés ? Seraient-ils prêts à passer sous les yeux de tout ce monde ?), ou bien se poser la question de « pourquoi seulement des vieux et pas des vieilles ? »

Et bien sûr, si tu veux réagir : ça te dérangerait toi, de faire du volley sur une pelouse nudiste ?

 


Liberté ou expression

J’ai de nouveaux ennemis, ou de nouveaux moulins à combattre, ou alors il faut à nouveau que je me calme.

Depuis des mois, peut-être des années, il y a des choses qui se disent de moins en moins, il faut appliquer cette pseudo bienséance - s’excuser avant de s’affirmer, feindre l’humour pour s’exprimer. Donc déjà, j’ai appris à tourner en dérision mes convictions pour pouvoir en parler.

Mais aujourd’hui je bloque. Je me heurte aux murs des convictions des autres d’une part, de la lutte contre les fausses informations de l’autre. J’en ai déjà parlé, c’est un problème philosophique, la recherche de la vérité. Donc bien sûr, on compte sur les médias – et sur n’importe quel individu – pour rapporter des faits réels (la réalité, elle, ne change pas), mais ensuite on se retrouve bien embêtés avec tout ce qui requiert de l’interprétation, tout ce qui embarque un peu d’opinion.

Liberté ou expression dans Chroniques d'un Gourou ello-optimized-f519f6d0
Ello, @stuz0r

Cela fait déjà un certain temps que j’oppose mes convictions à mon avenir #. Si j’hésite à partir manifester parce qu’un potentiel employeur pourrait trouver des photos de moi, si j’hésite à poster un article parce qu’un collègue pourrait tomber dessus, si j’hésite à noter sur mon CV qui je me suis investie dans une association LGBT et féministe.

J’ai la sensation que l’étau se resserre. Alors que certains vont revendiquer leur droit à un racisme décomplexé (je ne sais plus l’expression qu’ils utilisent), ici j’ai juste envie de tout renverser autour de moi et de pouvoir à nouveau respirer.

Je voudrais juste partager ce qui pour moi est un évidence mais pour les autres c’est une hérésie.


Je deviens narcissique

On nous avait prévenus : pensons à nous, concentrons-nous sur notre bonheur, il faut s’aimer pour pouvoir aimer les autres, il faut être bien dans sa peau pour pouvoir supporter le poids du monde.

Il faut prendre le temps pour te cuisiner des repas parfaitement adaptés à ta morphologie et à ton but dans la vie. Il faut faire plusieurs activités sportives régulières. Tout cela évidemment, dans le but d’avoir une vie sociale épanouissante au possible et un corps de rêve.

Je deviens narcissique dans Chroniques d'un Gourou ello-optimized-ac89a415

« Transient Sculpture » by Neal Grundy, @inag on ello.co

J’ai rayé la case de la vie sociale épanouissante pour un temps. J’ai cru que je n’en avais pas besoin. Je continue à croire que je peux m’en passer. Et voilà : j’ai modifié mon alimentation et je mange encore symboliquement de la viande au moins une fois par mois pour ne pas tomber dans la case « végétarien.ne », j’ai commencé à suivre un programme de préparation à un semi-marathon alors que je n’ai pas prévu de courir un semi-marathon (enfin maintenant, j’en cherche un). En parallèle, je suis un programme de musculation au poids du corps de 12 semaines pour « voir mon corps se transformer ».

Est-ce que j’en ai vraiment besoin ou même envie ? Je m’efforce de ne pas y penser. Mais quand j’y pense, je me sens comme un pur produit de la société de consommation. Je suis les tendances et obtiens de quoi m’inventer une vie. Cette façon d’ »apprendre à s’aimer » est tout à fait biaisée : je regarde, en effet, mon corps se « transformer », et ça me rend fière. Et ça me donne envie d’aller plus loin. Mais ce n’est pas de moi que je suis fière, ce n’est probablement pas ma personne qui reçoit de l’amour – mon amour. Je regarde une projection dans la glace. Je suis Narcisse qui va tomber dans l’eau.

Il fallait bien que je trouve à m’occuper, ici où je connais peu de monde et où je ne parle même pas la langue. Mais c’est un peu une impasse – si je m’occupe autant, je rencontrerai peu de monde et je n’apprendrai pas la langue. Je reste là, à regarder mon image que je travaille, et je tente de m’en satisfaire.

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@esdanielbarreto

Dîtes, comment on arrête d’être un produit, quand-est-ce qu’on fait face à nos émotions ?


Le parcours

Depuis que j’ai quitté le lycée, j’ai suivi une voie et je ne l’ai pas quittée. J’ai été cette personne docile qui suit les panneaux, ou qui à défaut, continue tout droit.

A l’approche de chaque nouvelle étape, quand vient la fin – le diplôme, le concours, l’examen – j’ai fantasmé la suite, j’ai projeté mon désir de repos et mon envie de reconnaissance.

A chaque nouvelle étape, le bout de la route est dans la brume.

Tout ce repos, tous ces accomplissements que j’ai fantasmés, ce ne sont que d’autres morceaux du chemin. Et sur ce chemin, j’avance contre le vent, ou contre le courant.

Ça aussi, je l’ai rêvé : enfin, arriver sur une voie tranquille où tout deviendrait simple. Après tout, ça a été difficile avant.

Le parcours dans Chroniques d'un Gourou jardin10

Mais je ne suis pas satisfaite. Le calme est tellement passager. La facilité est toujours un mensonge.

J’ai encore le vent de face et pourtant le contexte a changé, et pourtant je suis encore sur une énième « dernière ligne droite ». C’est fatiguant.

Hier, j’ai rédigé des lettres de motivation, refait mon CV, pour m’engager dans la prochaine « dernière ligne droite ». Tant que la suite est dans la brume, elle m’intrigue, elle m’attire, elle me motive encore.

 

Et puis, je ne voudrais pas que cette brume se lève. C’est déjà assez de parfois se demander si toutes ces étapes passées ont un sens, un intérêt. Lire ailleurs que les gens comme moi, qui ont un chemin tout tracé, ont une vie bien trop simple. Oui, parfois je me déteste d’avoir choisi cette vie trop simple tellement elle est compliquée.

 

Je ne sais pas quand je pourrais souffler.


Toi aussi, nettoie tes organes

C’est facile de se nettoyer la peau et les dents, et pourtant même pour ça on galère toujours un peu. Et si mes dents jaunissent quand même ? Et si ma peau devient sèche ? Grasse ? Les deux (oui c’est possible) ?

Alors là il y a une pluie de conseils et de recommandations dès qu’on se pose l’ombre d’une de ces questions. Parfois contradictoires. Ou sous la forme d’évidences : sur la peau mets de l’huile végétale (et stop la cigarette), et pour tes dents arrête de fumer, de boire du café.

Oui mais bon. Parfois tu ne fumes déjà pas, tu n’as jamais bu de café, tu te trempes dans l’huile tous les matins et rien ne va. Parfois, ce n’est pas avec la peau ou les dents que tu as un problème, et de la même façon, tu n’es pas adapté.e aux solutions, simplement parce que tu les appliques déjà. Ou alors les solutions ne sont pas suffisantes. Ou alors on t’a carrément prescrit un traitement médical et il ne fonctionne pas.

Alors parfois, il y a une solution toute simple qu’on n’a juste pas voulu te donner, et à ce propos j’ai lu ce témoignage en deux parties #1 et #2 qui est très évocateur. (Je m’y suis retrouvée, un peu, mais les solutions là non plus ne s’appliquent pas). Sinon, il reste la bouée de sauvetage, le « de toutes façons ça ne peut pas être pire » ou « ça peut pas faire de mal » (quand on est optimiste) :

Nettoyer ses organes !

Toi aussi, nettoie tes organes dans Chroniques d'un Gourou img_2014

Mon petit kit de survie

Premièrement, le vinaigre de cidre. J’ai un peu menti sur le traitement médical qui ne fonctionne pas parce qu’en fait, boire du vinaigre m’a été conseillé par un médecin. La consigne est simple : Une cuillère à soupe de vinaigre dans un verre d’eau chaude, le soir pour moi.

Attention, un excès de vinaigre peut fatiguer le foie, mais une ou deux cuillères à soupe ne vous feront pas de mal – dans le doute consultez un médecin, mais à mon humble avis c’est moins pire que du cubi de supermarché aux soirées étudiantes. J’ai exécuté les ordres de mon médecin, donc, et suis partie à la recherche des bienfaits du vinaigre de cidre. Voici une liste non exhaustive :

  • Le vinaigre de cidre pur favorise le nettoyage de l’organisme et l’élimination des toxines grâce à son acidité,

  • Il détruit les mauvaises bactéries, absorbe le trop plein d’acides de l’estomac, régénère la flore intestinale, lutte contre la constipation, combat les flatulences et aide à résorber les intoxications alimentaires

  • Il nettoie le canal urinaire et réduit les risques d’infection des reins

  • Il aide à stabiliser la tension artérielle et à équilibrer le pH du sang.

  • En détruisant les graisses, il aide à la perte de poids.

  • Il soulage les crampes musculaires. Il s’utilise en gargarisme (2 c. à c. de vinaigre de cidre dans 1/3 de tasse d’eau tiédie) et contre les inflammations buccales et les maux de gorge.

  • En inhalation (2 à 3 c. à s. de vinaigre de cidre dans un bol d’eau bouillante), il combat les migraines et les maux de tête.

  • Pris au coucher, le vinaigre agit comme un calmant léger contre la nervosité

Deuxièmement, le citron. Encore un truc acide, donc attention à votre foie s’il est fragile. Et attention les dents aussi. Apparemment c’est un truc un peu connu, la cure de citron. Il y a plusieurs façons de la faire, le plus simple est de prendre un verre d’eau tiède avec le jus d’un demi citron tous les matins (à jeun). Pour le citron, on peut aller très loin (voir le lien en bas), parce que la consommation d’agrumes préviendrait le cancer. En gros, on a : 

  • Renforcement du système immunitaire (vitamine C)

  • Digestion facilitée (aussi grâce à l’eau tiède)

  • Peau plus belle (parce que élimination des toxines parce que digestion++)

  • Réhydratation profonde

  • Élimination des graisses (y compris lutte contre le choléstérol)

Bon, ça fait deux semaines que je suis sur le vinaigre et une sur le citron, ça serait trop rapide de vous raconter les effets sur le long terme. Cela dit, j’ai eu une super pêche cette semaine (19 km de course à pieds et stage commencé – liste non exhaustive là aussi). En tous cas, comme je le disais, je n’ai pas d’autres solutions pour mes désagréments santé, alors je teste.

Sources : vinaigre, citron, choucroute (bonus !)

PS : l’huile essentielle d’arbre à thé (présente aussi sur la photo), c’est aussi en bonus, renseignez vous, c’est aussi un truc utile – par contre faîtes plus gaffe qu’avec du vinaigre ou du citron, niveau foie.


Ce que #metoo a changé dans ma tête

C’est « dans ma tête » parce que je n’ai ni les compétences ni la prétention de vous raconter ce que ça a changé globalement. Pas non plus le courage et le temps, d’ailleurs. La vague de réaction s’est assez calmée j’ai l’impression (modulo ça), il aura fallu essuyer une tribune et son « service après-vente » (j’emprunte l’expression à Melgane), il aura fallu réaliser qu’une femme sur deux a été agressée – et c’est sans doute le plus dur, je sais pas vous mais il y a plein de femmes dans mes ami.e.s, ma famille, et je tiens assez à elles pour que ce chiffre (une femme sur deux) me mette en colère.

Ce n’était pas évident au début de remarquer l’importance du mouvement. Je me souviens vaguement des quelques articles au sujet d’actrices agressées qui témoignaient. Je me suis dit « tiens, encore un gars qui profite de situations hiérarchiques, de rapports de domination ». J’ai vaguement su qu’il se passait un truc sur Twitter, avec beaucoup d’actrices. Puis, j’ai vu sur mon mur facebook (oui, je vais peu sur twitter) un témoignage ponctué de #metoo, provenant d’une connaissance. Un homme pour le coup, mais ça ne change pas ma réaction – étonnée – quant aux personnes normales qui témoignent à leur tour. Puis c’est allé très vite, on s’est mis à en parler, en quelques semaines c’était presque « banal » de dire que les femmes étaient beaucoup victimes d’agression à caractère sexuel et sexiste.

C’était une bonne nouvelle, mais en même temps on a pu voir beaucoup d’autruches. Quelques mois avant ce soulèvement, cette libération de la parole, il y avait eu dans mon établissement une pétition pour dénoncer le comportement du corps enseignant. Déjà, des témoignages anonymes, pour dénoncer le comportement de personnes anonymes (alors non, ce n’est pas de la délation, merci). Les réactions hostiles étaient toutes pleines de soumission, parce que les enseignant.e.s possèdent la connaissance et nous ne sommes là pour tout accepter, nous n’aurions pas le droit de contester quoi que ce soit. La pétition a tout de même été envoyée à la direction, qui a surtout agi pour éviter que cela ne s’ébruite. Avec #metoo, l’autrice de la pétition a voulu relancer l’affaire, savoir quels seraient les moyens mis en œuvre, et c’est là qu’arrivent les autruches. Comme quoi, le mouvement de #metoo était suffisamment important, ça y est on a bien compris que les femmes sont des victimes (alors non, on n’est plus réductible à de faibles victimes si on ose prendre la parole), lâchez nous avec vos histoires. C’est comme si on n’avait plus le droit de s’indigner parce que « c’est bon, on sait ».

Ce que #metoo a changé dans ma tête dans Chroniques d'un Gourou ello-a10
ello – azizazaza

Pour ce qui est des réactions des moins concerné.e.s (c’est pas genré d’être concerné, si ? Mais je vais mettre « ceux » pour faire plus simple) On a eu droit dans un premier temps à #notallmen, ah ce fameux … Not all women non plus, rassurez-vous ! Il y a ceux qui sont déjà féministes (je suis de celles qui pensent qu’un homme peut être féministe), ceux qui n’avaient pas réalisé que leurs sœurs, leurs amies avaient une vie un peu plus compliquée que ce que l’on croit et qui se sont renseignés. Il y a aussi ceux qui crient à la délation, qui ont peur de retrouver un jour une photo d’eux sur les réseaux sociaux avec marqué en dessous « agresseur », pas seulement parce qu’ils ne sont pas nets, non, mais parce qu’il y a des agissements sexistes tellement ancrés dans la société, que si les femmes commencent tout juste à les remarquer, les hommes ont encore du chemin, avec toute la bonne volonté qu’ils peuvent y mettre.

Dans un premier temps j’ai compati avec ces hommes, ceux qui disent « je n’ose même plus adresser la parole à une femme, c’est affreux ». J’ai compati avec ceux qui ont peur de cette prétendue délation, parce que oui, éventuellement, une hypothétique femme qui se sent pousser des hypothétiques ailes pourrait l’accuser à tort d’une agression et éventuellement gagner le procès.

Puis, je me suis dit que tous les jours, quand je croise un homme dans la rue, quand j’adresse la parole à quelqu’un qui me demande son chemin, quand je laisse un sourire sur mon visage et que les gens peuvent le voir, j’ai peur. Je me demande si j’agis comme il faut. Si je n’ai pas l’air « trop gentille », si je ne suis pas « un peu désirable » quand même. Quand je vais courir, je m’assure que mes vêtements ne sont pas « trop moulants ». Heureusement que je ne fais pas de natation… Alors, je me ravise sur toute la pitié que j’ai pu avoir pour ces hommes inquiets. Il est temps de comprendre ce qu’est la peur, et entre nous, vous ne risquez pas grand-chose. A part quelques boutons dus au stress, à part une boule au ventre le matin, à part de regarder vos pieds au lieu de l’horizon quand vous marchez dans la rue.

Aujourd’hui, je me pose encore des tas de questions inutiles avant de sortir de chez moi (même si pour l’instant c’est plutôt « est-ce raisonnable de mettre un cinquième pull sous mon troisième manteau »), mais je relativise. Je me dis que je ne suis pas la seule qui devrait de méfier du monde, et que j’ai la chance de savoir que l’on vit dans un monde biaisé. Je me dis que je ne veux pas tomber du côté obscur de la haine, et que tout le monde mérite qu’on lui explique ce qui ne va pas. Nous sommes tou.te.s victimes du patriarcat, même les plus sombres connards de twitter et des commentaires sous les articles de presse en ligne. Nous avons tou.te.s à gagner en se posant de bonnes questions, et surtout en s’écoutant. Aujourd’hui, je regarde devant moi quand je marche dans la rue, je ne regarde plus mes pieds. Je vois les gens comme des gens, pas des agresseurs potentiels. Les gens en face n’ont pas changé depuis #metoo, mais moi je suis beaucoup plus confiante.

Et pour vous ? Quelque chose a changé ?

01/03 : Article sélectionné par Inspilla :D


Juste sensibles

J’attends de lire le témoignage meurtri d’une personne qui ne ressentirait rien. Qui souffrirait de son décalage avec le monde parce que les émotions des autres sont pour elle un mystère, et un frein pour tout le monde. Je voudrais lire ce que pense cette personne qui répète des « prenez sur vous » et des « c’est juste dans ta tête ». Cette personne qui parfois n’en peut plus de son entourage vacillant plus pour des mots que dans une tempête en mer.

C’est un peu nous tous et personne à la fois. On peut s’exaspérer nous-mêmes à être trop émotif.ve.s. On peut souffrir des émotions des autres, tant par empathie que par ricochet.

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Source

Je vois beaucoup parler d’hypersensibles ces jours-ci. Sur la blogosphère en quelques mois, j’ai dû en voir passer une dizaine sans les chercher (En voici deux que j’ai retenus : ici et ). Je suis entre la surprise et l’agacement, parce que ce qui est décrit c’est à la fois moi et pas moi. C’est beaucoup mon entourage et en même temps pas vraiment.

Une chose ressort de tout ça : on est un peu des handicapés émotionnels. On s’est cognés trop fort notre petit cœur dans la cour de récré ou à la maison, on a bloqué notre cerveau dans la case « surtout, ne pleure pas devant les autres ». Cela peut donner l’air insensible ou avoir l’effet inverse, donner des gens qui pleurent sans raison à force de tout retenir. J’ai envie de crier à tout le monde qu’une personne qui pleure n’est pas faible, qu’une personne qui s’énerve n’est pas hystérique (quel genre avez-vous assigné à ces deux personnes ?), qu’on ne réagit pas tous pareil mais au fond, quelque part dans l’iceberg de nos émotions, on réagit forcément toujours un peu. Je pense que l’hypersensible est une personne qui nous rappelle à tou.te.s que ça ne tourne pas rond, ce qu’on vit. Qu’un jour ou l’autre, les personnes « juste sensibles comme il faut » vont craquer aussi.

 

Qui a/est vraiment une anomalie ? La personne de l’intro ou les milliers d’hypersensibles qu’on croise tous les jours ?

Image de prévisualisation YouTube
Ça parle d’handicapés émotionnels.
Par contre il y a quelques fautes d’orthographe dans le texte, désolée – pas trouvé d’autres versions

Se reproduire au bon endroit

Dans un précédent article,  je vous parlais de l’état de l’environnement, du déclassement des diplômes, de la course à l’innovation qui ne mène pas forcément loin.

Parce qu’on innove et on croît pour se faire des thunes, mais une fois assez gros, on vient avec une vocation humaniste. Je crois qu’ils ont vraiment l’impression de changer le monde vers le mieux, ces dirigeants.

En fin d’article, je vous bombardais de liens (par exemple celui ci) sur la dégradation de l’environnement, mais aussi sur la démographie. Vous savez probablement que les enfants, la maternité, les humains trop nombreux, ça me préoccupe. Mais là ça n’avait pas vraiment de rapport, pourquoi j’ai mis tous ces liens ? Parce que je les trouvais pertinents, en fait.

Je reviens vers vous pour un sujet qui aurait plus de rapport avec la choucroute. En fin d’année, on dresse tout plein de bilans statistiques, et un constat a été fait : on s’inquiète de la baisse de la fertilité (du nombre d’enfants par femme en fait) en Europe, et en particulier en France où pourtant le chiffre est un des plus élevés en Europe, avec l’Irlande (mais eux, c’est parce qu’ils sont catholiques, mvoyez ?). On se pose des questions, est-ce qu’il pourrait y avoir un baby-boom qu’on n’a pas prévu, parce que là on a une population qui vieillit — et qui va payer nos retraites !? Et c’est là qu’on en vient aux articles partagés à la volée l’autre jour : on s’inquiétait d’une population mondiale en hausse, globalement. « Est-ce que la planète va le supporter », « comment dire aux pauvres de cesser de se reproduire » (peut-être de façon moins méprisante mais le cœur y est parfois), etc.

Alors tu vois où je veux en venir : il y a trop de pauvres au tiers-monde, mais plus assez d’européens. Et quand la force vive de ces pauvres vient demander à être des européens, on leur dit non, parce qu’on nous a raconté ces histoires de « grand remplacement ». Les gars, des jeunes pour payer vos retraites sur un plateau d’argent (en fait sur des bateaux surchargés qui souvent coulent, et même une fois à terre c’est pas la joie) et vous faîtes la fine bouche ?

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Yemen. Image Courrier International, Novembre 2017

Et sinon, pour celles et ceux qui veulent se reproduire en France, rappelons qu’il y a des violences obstétriques qui traînent dans les hôpitaux, que le nombre de vaccins augmentent et il y a des parents que ça dérange, et qu’on nous fait croire qu’il faut avoir deux salaires d’ingénieur pour avoir les moyens d’arrêter sa pilule.

 —

Pour ma part, à choisir, je préfère parrainer un jeune immigré pour lui payer des cours de français et de maths, et à nous deux on paiera pour la retraite de nos parents.

 


Un journal intime

Tu sais, à force de lire tout plein de billets où on raconte son mode de vie, ses choix et ses tracas, j’ai un peu envie de faire pareil. Je me dis que sans doute, il y aura bien un.e lecteurice dans le tas qui me prendra en exemple, qui pourra dire « l’autre jour, j’ai lu l’article d’une personne qui mangeait des trucs chelou, qui s’habillait comme une bucheronne, qui ratait son permis et s’énervait sur des détails, j’ai trouvé ça amusant et je suis content.e que ce genre de personnes existent, tu ne trouves pas ? « .  Et même sans ça, je pourrais m’imaginer que c’est le cas. Je pourrais me dire qu’en racontant mes erreurs j’éviterai à d’autres de les faire.

Je pourrais aussi raconter à quel point je me sens en décalage avec le monde (en fait non, je suis juste trop normale pour vous). A quel point j’aime certaines personnes, à quel point j’en déteste d’autres (genre je déteste des gens), à quel point ma famille me donne des choses à raconter. Raconter pourquoi j’ai envie de rire ou de pleurer, raconter mon prochain voyage à deux arrêts de bus de chez moi.

On écrivait beaucoup sur l’anonymat des blogueuses.rs il y a quelques mois, bah moi j’ai pas vraiment l’impression d’être anonyme et je ne veux pas. Mais je le voudrais pour d’autres choses. Je ne comprends pas vraiment cette propension qu’on a sur cette blogosphère à vouloir étaler sa vie dans les moindres détails … Ça nous rassure ? Ça nous valorise ? Ça nous encourage à faire des choses qu’au départ, nous n’osions pas vraiment ? Mais pourquoi est-ce que j’aimerais parfois être cette personne impersonnelle et inconnue dont d’autres inconnu.e.s connaissent la vie ?

Je ferais pas mieux de payer des séances de psy ?

PS : malgré tout, je continue d’aimer être la voyeuse de vos blogs…

MauvaiseCompagnie
Parce qu’on est souvent un peu comme ça …
# Source

Une tribune ou l’expression du deuil inachevé

Avant de vous parler de l’actualité, laissez-moi vous rappeler les cinq (ou 7, ça dépend de la source) étapes du deuil. Après le choc (étape une), vient le déni, puis la colère, puis le marchandage, et enfin l’acceptation. Et après on meurt en paix. Ah oui, c’étaient les 5 phases de deuil pour une personne en fin de vie. Enfin, ça s’adapte pour d’autres cas, comme le deuil d’un être cher, de son couple, de son travail … On peut rajouter la douleur en étape 2 et la reconstruction en avant-dernier, ce qui fait 7 étapes.

Une tribune ou l'expression du deuil inachevé dans Chroniques d'un Gourou alexa-mazzarello-223406#

Sans transition, la tribune des 100 femmes demandant une liberté d’importuner [pour les hommes], soi disant au nom de la liberté sexuelle, publiée mardi dans Le Monde, m’a mise hors de moi. 

« Cette justice expéditive [de #balancetonporc] a déjà ses victimes, des hommes sanctionnés dans l’exercice de leur métier, contraints à la démission, etc., alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses « intimes » lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’était pas réciproque » ? Où ça des victimes ? Et d’où on devrait « envisager [les frotteurs du métro] comme l’expression d’une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement » ?

Pourtant, je commençais ma lecture de la tribune avec intérêt, car elle se présentait comme la tribune des « femmes qui ne se reconnaissent pas dans un féminisme qui prend le visage de la haine des hommes et de la sexualité« . Je pensais qu’il allait s’agir des aberrations de certains groupes marginaux qui vont interdire des pièces de théâtre classiques (et même là il y a de quoi discuter), ou de celles.eux qui demandent qu’on interdise le « Madame » car il y aurait un possessif (pardon mais Monsieur c’est pareil). Quelle ne fut pas ma surprise de voir qu’en fait, cette tribune s’occupait de minimiser toute agression subie par une femme, leur enjoignant de ne pas faire leur fragiles quand même, c’est abusé de pleurer comme ça sur les réseaux sociaux alors que vous avez juste été un peu violées (16% des femmes et 5% des hommes déclarent avoir subi des viols ou des tentatives de viols au cours de leur vie, source, au fait, et je ne vous donne pas les chiffres des agressions)(Ça fait une probabilité non nulle que sur les 100 signataires on en ait … 16 ?).

Puis, il y a la raison de mon article, après avoir eu droit en plus aux réactions de défense de différentes signataires de la fameuse tribune. Les plus remarquables sont « on peut jouir lors d’un viol » (Brigitte Lahaie, mercredi 10 janvier, sur le plateau de BFM-TV), et « Je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée parce que je pourrais témoigner que du viol on s’en sort » (Catherine Millet, source).

alex-jones-10816 actualités dans Chroniques d'un Gourou
Je mets une image de pluie parce qu’il faut laisser couler sa colère comme l’eau. Sinon … on reste en colère.

En fait, ces femmes seraient dans un genre de deuil, à la phase déni. Il y a eu le choc, il y a longtemps, quand elles ont constaté qu’il existait des inégalités. Quand, peut-être, elles auraient été agressées verbalement ou physiquement (allez si, je te mets une stat : 1 femme sur 2 a déjà été victime de violences sexuelles, source), un second choc. La phase 2 est le déni. Je comprends ce déni et je dois encore avoir un pied dedans : il s’agit de se dire que non, puisque nous ne pouvons pas accepter ça, alors nous ferons comme si ces inégalités, cet état de fait n’existent pas. Après tout, nous avons les mêmes droits que les hommes, surtout ici en France, et surtout maintenant, en 2018.

Vient ensuite la phase de la colère. Pourquoi nous ? Nous ne sommes pas des victimes pourtant. Je suis une femme forte, il est hors de question que je dénonce un système qui me fait paraître faible, même s’il existe. Toutes ces féministes, toutes ces libératrices de la parole, là, elles me font paraître faible, et c’est à cause des gens comme ça qu’on reste les victimes.

Ou alors nous en sommes à la phase de marchandage : si on remettait en question notre façon de nous habiller, si on changeait nos habitudes, peut-être qu’on serait moins impactées par cet état de fait. Ou alors si on prenait « le côté des hommes » ? Si on se mettait à défendre les victimes d’un « certain féminisme » ? (coucou les signataires) Si on dédramatisait parce que quand même, être l’objet sexuel que quelqu’un c’est sympa ? (je n’invente pas grand-chose, au fait vous pouvez lire la tribune qui est par là si vous accédez : tribune)

Phase de dépression : je ne crois pas que nos 100 signataires en soient arrivées là, et si elles pleurent c’est parce que certaines chaînes veulent faire sensation (ici). Ce n’est pas non plus en les accusant de tout le mal du monde qu’elles tomberont dans cette phase, ça risque plutôt de les faire rétrograder. C’est possible par contre, à mon avis, de dire qu’on est dans cette phase de dépression quand on passe plus de deux heures par jour à lire des témoignages de personnes qui ont subi des agressions. Même si dans mon cas ça me met en colère ou ça me donne la nausée (c’est quelle phase la nausée ?) et je ne tiens pas une heure. 

Phase d’acceptation : en fait, les inégalités existent, mais nous ne sommes pas obligé.e.s de rester des victimes. En plus, il n’y a pas une opposition homme/femme, mais le patriarcat qui est un dispositif tordu où des mécanismes de domination sont à l’œuvre. Nous pouvons dénoncer ces inégalités après avoir compris qu’elles existent. Nous pouvons vivre une vie décente et éduquer les générations à venir pour que les petites filles et les petits garçons ne soient pas tout de suite plongés dans des rôles prédéfinis et inégalitaires (et pas apprendre à nos filles à se méfier des garçons, c’est malsain pour les deux genres).

Je pense aussi être loin de cette fameuse phase d’acceptation, et je ne vous dis pas DU TOUT qu’il faudrait accepter les inégalités pour atteindre l’éveil. Cela dit, je ne sais pas vraiment ce qu’elle serait, cette phase idéale ou tout le monde est heureux est respectueux de l’autre, soyez indulgent.e.s.

Je dis seulement que, malgré tout le mal que je pense de cette tribune, et surtout des réactions des signataires ensuite,  j’ai l’espoir que nous sommes tous dans le même bateau, il faudrait juste pouvoir discuter avec ces femmes blanches cis. Elles sont seulement à la phase déni ou colère, ou marchandage.  

germai10 Féminisme
C’est tout ce que ça m’inspire…

PS : pour l’argument que les agresseurs sont probablement en grande misère sexuelle, on montre que 75% des agresseurs ont en fait une vie sexuelle active #.

Pour les phases du déni : #

(EDIT) Quelques réactions à la tribune : # , #, #

Pour Le Monde qui veut se justifier d’avoir publié cette tribune : #


Câlins gratuits

Câlins gratuits dans Chroniques d'un Gourou 73bf6d7656#

Il n’y a pas si longtemps, ça ne m’attirait pas l’attention. Mais là quand, même, ça commence à faire beaucoup de « relations sexuelles » que l’on change en « câlin ».

Je comprends qu’il y ait un tabou autour de ce qui a trait au sexe, que ce soit pour nommer des parties de son corps ou pour décrire des actions. On a tendance à déformer ce qu’on dit pour rendre ça plus acceptable. J’aurais d’ailleurs pu, à l’inverse, faire un petit article avec mon avis sur le kamasutra : pourquoi donner des noms à tout plein de positions ? Quand c’est du yoga je comprends parce qu’on peut prendre des cours en groupe mais là … ?

Enfin voilà, je trouve qu’on pourrait faire un effort sur les mots qu’on emploie.

20150605150920 expression dans Chroniques d'un Gourou

# Monsieur ici aurait fait plus de 2000 câlins grâce à cette affiche ! Comme quoi, un simple compliment …

Comme pour les enfants à qui on dit qu’ils ont « un zizi » alors qu’ils ont des organes génitaux complexes, dire qu’on se fait des câlins pour faire les bébés (ou pour se faire du bien, les bébés c’est le mal), c’est un peu raccourci. Et c’est ambigu : je fais des câlins à mes sœurs et à mes ami.e.s. Des gens que je ne connais que de vue peuvent venir me faire des câlins. Des inconnu.e.s alcoolisé.e.s en festival parfois aussi, mais pas trop parce que tu sais, j’ai un peu peur des gens. Eh bien crois le ou non, tous ces gens ne portent pas de préservatif à ce moment-là (ou peut-être l’inconnu.e du festival, mais je ne lui ai pas demandé parce que ça aurait pu le gêner) !

Et, s’il faut parler de sexe, alors oui, on peut avoir une relation sexuelle avec quelqu’un avant ou après lui avoir fait un câlin. Mais là aussi c’est trompeur de dire « câlin » à la place de « relation sexuelle », parce qu’on pourrait croire qu’on n’a pas l’un sans l’autre … C’est un peu comme se faire des bisous en fait. On ne voudrait pas mélanger tendresse et sexe, si ?

Ouais si, ça serait bien. Rien que pour savoir quoi dire quand on parle de relations sexuelles, est-ce que Lucien et George ont fait l’amour cet après midi, ou est-ce qu’ils ont baisé, ou serait-ce George qui s’est tapé.e Lucien ? Notez l’usage subtil du prénom George, parce que Alex ou Dominique c’est trop classique

Au fait tant que j’y pense, allez faire un tour par-là pour des informations et des cadeaux : #


Le progrès

Toi aussi, tu te dis parfois « j’ai pas le temps pour ces bêtises », et c’est à ce moment là qu’un flot ininterrompu de caractères vient inonder ton logiciel de traitement de texte ?

Le progrès dans Chroniques d'un Gourou milada-vigerova-61030#

J’ai commencé à lire « La révolte des premiers de la classe » et ça m’a fait penser à plusieurs choses.

Le fait que dans les écoles d’ingé (celle où je suis au moins), on remarque que « le marché du travail n’a jamais été aussi tendu depuis 25 ans », et ce sont les chiffres qui parlent, ce n’est plus le moment de nous rassurer avec les chiffres du chômage (il y en a certains que ça rassure ?). Est-ce que ce marché du travail est tendu parce que les gens n’y restent pas ? Oh non, bien sûr, il y a aussi le fait que le numérique est en plein essor, que les besoins technologiques pour supporter l’applicatif grandissant sont énormes. Il y a cette course à l’échalote où on fuit quelque chose et on ne veut pas s’avouer ce que c’est. Il y a la table du chapelier fou (si tu lis bien c’est ma deuxième référence à Alice au Pays des Merveilles), à laquelle nous sommes tous assis, et quand on finit le thé et les gâteaux devant nous on passe à la chaise suivante. Ce n’est pas moi qui le dis aujourd’hui, c’est Norbert Wiener - le père de la cybernétique - en 1954. Il y a des scientifiques qui se réveillent à ce sujet depuis quelques semaines, et des dirigeants qui, peut-être, vont se mettre à brasser de l’air dans le bon sens.

Mais quand même. Dans ce livre, La révolte des premiers de la classe, il est écrit que les diplômés de l’enseignement supérieur ont un sentiment de vacuité, d’aliénation. Les professions dites « intellectuelles » le sont de moins en moins. Alors est-ce que cette course à l’innovation applicative a-t-elle un sens ? (Ma réponse est non, j’ai parlé de course à l’échalote, enfin…). Et la course à l’innovation technologique qui la supporte a-t-elle une autre raison d’être que de supporter la précédente ? Je veux dire, si c’était le cas, les diplômés ne se sentiraient-ils pas utiles ?

… Il y a autre chose. Ces gens que l’on trouve dans le livre ont eu une sorte de « révélation » après quelques années en entreprise ou à la fin de leurs études. Moi je suis déjà un peu défaitiste et je n’ai pas fini mes études. J’ai envie de servir à quelque chose mais toutes ces informations en paquets me découragent.

Je veux croire que mes études ont un sens. Je veux participer à réduire la consommation énergétique qu’ont nos réseaux (3% à 10% de la dépense d’énergie mondiale, selon les sources !). Mais au fond je ferais mieux d’éteindre ce PC, de résilier ma box fibre, d’arrêter complètement de manger de la viande (?)

 dans Informations
Songkhla (Thaïlande). 30 novembre. Photo AFP

Quelques références pour cet article :

Climat en PLS : L’appel des scientifiques en novembre, le mode de développement occidental en cause
Les enfants sont un vrai faux problème : bientôt 10 milliards sur Terre, la natalité des plus pauvres n’est pas le problème
 L’alimentation et le mode de vie en question : la végéphobie
« Les dirigeants qui brassent de l’air dans le bon sens », à suivre … Macron, aujourd’hui
(PS : l’abonnement au Monde c’est pas si cher et je trouve que ça vaut le coup – oui j’ai eu les 6 mois pour 1€)

Vendez moi ce crayon !

Pour vendre quelque chose, il faut attirer l’attention. On nous apprend ça, le « pitch », pour dire en quelque mots pourquoi notre interlocuteur doit continuer à écouter, pour lui faire croire que la suite va l’intéresser. Globalement, on raconte une histoire, on pose une question, ou on prend un sujet d’actualité.

Récemment, une équipe de publicité s’est probablement constituée chez Jean Paul Gaultier pour vendre un nouveau parfum. Enfin, pas seulement pour le vendre, mais pour dessiner la bouteille, englober tout ça dans un scénario qui rendrait ce truc vendable. Voilà ce qu’ils ont trouvé :

Vendez moi ce crayon !  dans Chroniques d'un Gourou

Comment te dire … Tout y est : comme pour la plupart des publicités pour un parfum ou une voiture, on a la femme peu vêtue au regard de braise ; on a le sujet d’actualité dont tout le monde parle ou a entendu parler récemment. On a donc une affiche qui attire l’attention, bravo.

Je suis déçue cependant (ok, j’étais déjà déçue de base, je n’aime pas les pubs de parfum). S’ils font du parfum, ils font de la chimie, et s’ils font de la chimie ils doivent savoir qu’il y a des réactifs qu’on ne met pas ensemble, sinon … ça réagit. Suis-je la seule que ça choque ? Qu’on n’ait pas relu leur copie ?  « Euh, les gars, je crois que vous avancez en terrain glissant », non, eux ils ont voulu y aller pied dedans, et en accentuant les détails.

 » I, too, wanted to cause a scandal ! »

Sérieusement ? Ta clientèle est au courant du scandale Weistein, ou de l’ampleur de #metoo, ou de la libération de la parole des personnes qui ont subi des agressions, et toi tu veux miser sur le fait que ta clientèle aussi, elle veut qu’on parle d’elle ? Soit c’est à interpréter comme « il y a mieux que des agressions pour faire parler de soi » (ouais sérieux elles saoulent à dire qu’on leur fait du mal, elles vont pas porter plainte en plus ?), soit comme « vous aussi, vous allez sentir tellement bon qu’on va vous agresser » (ok je pars loin).

Bref, cette publicité est partout et ça m’énerve.


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