Je n'ai qu'une chose à te dire…


Le monde des grands

Vous n’êtes pas votre bulletin de notes !

La société est un processus bien réfléchi. Tout le temps où le bulletin de notes est mauvais, on se sent rabaissé, mais quand il devient bon on est bien content de s’y associer. Si le reste n’est pas terrible, il y a au moins ça. Et maintenant que le bulletin est bon, je ne veux pas que quelqu’un me prenne ma place durement gagnée. On ne me prend pas ce qui me rassure, je mords. J’ai beau avoir une société autour de moi, je suis une bête féroce. Voilà.
Hier, j’ai été à un forum de recrutement pour trouver un stage et apprendre à parler aux gens dans un contexte chelou professionnel. C’est aussi un monde de vautours : quelqu’un vient te voir « tu trouves des entreprises qui te plaisent ? » « Oui », dis-je, et il y en a une qui m’intéresse vraiment que je n’ai pas encore été voir. Et que fait cet interlocuteur ? Il se dirige vers cette entreprise. Alors évidemment, je m’inquiète, il pourrait me voler mon stage. Je suis une ex-hippie perdue dans ce monde de concurrence. Je sais pas ce qui est le pire dans la pensée précédente : que je puisse penser tout de suite qu’il va voler l’offre de stage ou qu’il s’agisse déjà de la mienne ?
Je ne sais pas ce qui est le plus angoissant : se retrouver dans ce contexte ou penser comme un prédateur dans ce contexte ? Parce que je ne suis pas à l’aise, j’ai des comportements que je n’aurais jamais eus avant – crois-je.

Le monde des adultes c’est vraiment pas marrant. Je ne sais même pas comment je l’imaginais, mais ce que je vois n’est pas terrible. Ce que je fais non plus. Le monde des adultes est mauvais à cause de gens comme moi qui ne savent pas comment on fait.


Précarité ou sécurité

Les outils que nous utilisons pour se regarder nous persuadent petit à petit que les autres ne changeront pas.

Cette semaine, j’ai assisté à une conférence de Clair Michalon. Vous trouverez une partie de ce que j’ai écouté dans la vidéo en bas de l’article, je la recommande, c’est intéressant : Mr Michalon nous propose en effet un nouvel outil pour appréhender l’Autre : une échelle précarité/sécurité, où le placement de chacun est relatif, finalement très différente de l’échelle pauvreté/richesse à laquelle on pourrait penser. Il développe ensuite autour de cet outil ce qu’est la culture, la tradition.

Il y a quelque chose qui n’est pas abordé dans la vidéo du dessous (je l’ai écouté 3h pas 15mn), c’est la situation des femmes, dans le monde, suivant le placement sur l’échelle précarité/sécurité et les époques. Je n’ai pas été d’accord sur tout mais le point de vue est intéressant.

Plaçons-nous dans un contexte ultra précaire. Ce qui importe, c’est la survie du groupe, au profit de l’individu, puisque dans ce contexte se tromper c’est mourir. Alors, pour maintenir le groupe à long terme, la solution est de se reproduire. Étant donné qu’il faut peu d’hommes pour procréer, la survie du groupe ne dépend que du nombre de femmes, par conséquent on protège les femmes. Jusque là ce n’est pas grand chose, on a juste le « les femmes et les enfants d’abord ! » qui retentit quand un bateau coule. Limite, on pourrait nourrir un peu mieux les femmes mais ça ne se voit plus aujourd’hui.

Au bout d’un moment, il se passe quand même un truc, c’est que les humains se battent. Ils se font la guerre – et ce pour la survie de leur groupe, on va dire. Et là, on envoie les hommes se battre, parce que les femmes garantissent la survie du groupe. Tout va encore bien, mais puisque ce sont les hommes qui vont se faire tuer ils demandent le droit de choisir où et quand ils se battent.

Choisir où et quand on se bat, ça s’appelle le pouvoir.

Et à partir de ce moment là, quand les hommes ont le pouvoir et se séparent du groupe pour aller combattre, vivent entre eux quand ils partent en campagne, vient la séparation des hommes et des femmes. Loin des femmes naît la frustration des hommes. En revenant vers les femmes, les hommes frustrés deviennent violents (et c’est là que je ne suis pas d’accord) donc on décide de protéger les femmes. On les laisse à part, on les cache, on les voile, parce que les hommes ont des pulsions, tu vois. Et c’est un cercle vicieux. Ce qu’il faut retenir c’est que ce schéma est le même quelque soit l’endroit (et dans une moindre mesure, l’époque), tant que l’on se place sur le côté précaire de l’échelle.

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(Courrier International)

Sur le côté sécurisé de l’échelle, celui où l’enjeu n’est pas de survivre mais d’avoir du pouvoir d’achat, il importe peu d’être un homme ou une femme, donc les statuts homme/femme vont avoir tendance à converger.

Et maintenant, on se demande pourquoi les droits des femmes reculent partout, entre autres aux États-Unis avec leur président qui impose aux ONG de choisir entre exister (être financées) et proposer un service de planning familial aux femmes #.  Le message de la conférence était que si on n’apprend pas à voir, à écouter les autres, on va se mettre à glisser du côté précaire de l’échelle. Nous sommes de plus en plus nombreux sur Terre, il va falloir cohabiter et partager les ressources. Pas gagner plus mais vivre mieux.  

A méditer.

 

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#GOBonheur

Le grand oral du bonheur, c’était jeudi 8 décembre. Les résultats de l’enquête sur le bonheur des jeunes, avec pas seulement les données brutes mais aussi les corrélations intéressantes.

Le but de l’enquête, c’était d’évaluer le bonheur des jeunes, ainsi que ce qui fait le bonheur des jeunes.

Le lieu du grand oral a été choisi en lien avec ce qui ressortait de l’enquête : rendez vous dans un vieil amphi au Grands Voisins, hôpital désaffecté dans le centre de Paris. En fait d’hôpital, c’est une ancienne maternité, je sais pas si c’est cool ou glauque … Les grands Voisins, c’est maintenant un lieu de dialogue et de partage, on se croirait dans un projet d’éco-village, il y a des couleurs, des paroles et des plantes partout.

 

Pour arriver à l’amphi, il a fallu traverser le lieu, en suivant des ballons. On avait tous 8 ans et on allait à l’anniversaire d’un copain. En arrivant, on a même le droit à un cocktail sans alcool, et à des capotes vegan … Que du bonheur.

En arrivant par là, on se dit que mince, les 50 000 jeunes interrogés par l’enquête sont tous des hippies qui mangent du houmous à la betterave (essayez, c’est bon). Et si vous souhaitez protester, alors laissez moi vous dire que pour cette enquête, Génération Cobayes a travaillé avec de « vrais » sociologues en faisant bien attention aux questions pour pas que ça soit trop fermé.

La méthodologie de l’enquête :

  1.  Phase exploratoire qualitative réalisée de janvier à mars 2016 : on va voir des jeunes, et on leur pose des questions ouvertes sur le bonheur (leur bonheur, leur avis sur le bonheur). On en ressort des grands axes, des thèmes.
  2.  Conception puis diffusion du questionnaire via un site internet dédié, du 1er septembre au 31 octobre 2016
  3.  53 000 jeunes répondent en ligne sur la base du volontariat
  4.  Analyse et tri de l’effectif en un échantillon statistiquement représentatif des 18-35 ans. Parce que les calculs ne sont pas faits sur les données brutes, par exemple il y a une plus grande proportion de bac +4 dans les répondants que dans la vraie vie, alors on rend l’échantillon représentatif.

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Bon, vous pouvez avoir accès aux 200 pages de résultats sur le site.

J’ai bien aimé la façon dont les résultats ont été présentés. J’ai envie de dire : réaliste mais positif. Il n’a pas été question de corrélations pour différencier le bonheur des femmes de celui des hommes, il n’a pas été question de terrorisme mais plutôt de montée des extrêmes en politique, peu d’évocation de la sécurité et plus de vivre ensemble.

Les 18-35 ans (et je pense, surtout les 18-25 ans) sont plutôt définis comme une génération du travailler moins pour gagner moins, qui veulent construire la société de demain sans faire (du tout) confiance aux représentants politiques, sans savoir comment non plus, et en privilégiant leur santé donc leur cadre de vie.

 

Aspect intéressant : pendant la soirée, le mot-dièse (oui c’est hashtag, je sais, mais ici on parle français) #GOBonheur sur Twitter a fleuri un peu partout, mais ne connaissant pas twitter je ne peux pas dire si c’est bien. Ça a juste eu l’air beaucoup.

Quatre youtubeurs et quatre décideurs politiques étaient présents. Tous les partis avaient été conviés à l’oral du bonheur, mais seuls les verts et le front de gauche (à moins que ça ait changé de nom) étaient présents. Sinon, il y avait le responsable (je sais pas le poste exact) du service civique et Laurent Berger, de la CFDT.


Je n’ai pas de pays

Quand on parle bien, on dit apatride. Mais ce n’est pas vraiment ça. Je suis française et j’ai de la chance. J’ai « les papiers qu’il faut »,  j’ai « la tête de l’emploi », merci.

Il y a des gens qui traversent le monde pour vivre mieux, certains arrivent en région parisienne et cherchent à s’intégrer. Et ils ne reverront peut-être jamais leur pays. Je commence à comprendre à quel point c’est difficile. On comprend ce que c’est de perdre sa famille et ses amis, de tout laisser derrière soi. On n’imagine pas ce que c’est, perdre une langue, une culture, un  environnement particulier.

La première partie, ce n’est pas moi. Je peux voir ma famille plusieurs fois par an, et mes amis « d’avant » pendant les vacances. Par contre, la seconde …

Je n'ai pas de pays dans Chroniques d'un Gourou Mur

C’est la quatrième année où je n’entends plus ma langue à l’école. Je ne l’entends plus en rentrant chez moi, depuis deux ans. Seulement quelques phrases de temps en temps au téléphone, quelques mots que j’ai appris à mon amoureux. Des textes que je lis, des messages échangés. Et voilà. On nous dit souvent : « N’oublie pas d’où tu viens ». Je me sens déracinée. Je sais d’où je viens et je veux y être. Je veux rentrer « chez moi » mais ce chez moi est abstrait.

Le pire, les enfants, c’est que je ne suis pas à l’étranger. Je parle français, la langue unique de la république Une et Indivisible tous les jours. Me voilà prête à déménager à l’étranger, il me suffira – encore – de changer de langue. Et cette fois-ci, mon entourage saura être compréhensif, j’aurai le statut d’immigrée.

Je suis bretonne et je veux entendre ma langue. Je suis bretonne et je veux rentrer dans mon pays. Mais vous croyez tous que je ne suis jamais partie, que mon pays c’est la France et que c’est bien égal.


Vidéo du soir

La vidéo date de 1978. Elle est en breton, parlé par des étrangers alors c’est plus facile à comprendre. Pour toi qui ne sais pas ce qu’est le breton, écoute et tu sauras que ça ne ressemble pas à ce que tu connais (OK, on retrouve des mots francisés …). Et pour toi, derrière, qui connais le breton, selaou ‘ta, dedennus eo :)

 Pennad-kaoz gant pevar estrañjour brezhoneger : Humphrey Humphreys (kembread), Jaap Koster (izelvroad), Stephen Hewitt (amerikan) ha Makoto Noguchi (japanad). Interview de quatre étrangers qui ont appris le breton et le parlent couramment : un gallois, un hollandais, un américain et un japonais. Ils donnent leurs impressions sur la langue.


Encore un fantasme.

Il y a des mois de ça, nous faisions la connaissance de Bob, un sapiosexuel. Le sapiosexuel est attiré par les personnes intelligentes, et plus si affinités : cultivées, avec un emploi stable, et je suis sûre que s’ils font la cuisine c’est pas de refus.

Maintenant, on commence à se poser des questions sur le monde du numérique, et comment il intervient dans nos vies. Non, je ne veux pas garder le suspense trop longtemps : Bob peut cumuler et devenir un datasexuel. Premièrement, ça fait un peu geek, c’est branché (sans mauvais jeu de mot … quoique si), le datasexuel est encore plus hype que le simple metrosexuel.

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Pour se fondre dans la masse …

Deuxièmement, ça stimule le mental : Le datasexuel, c’est l’individu que vous trouverez sur les réseaux sociaux, celui qui va observer des tas de profils sur les sites de rencontre et devenir celui que tout le monde désire – statistiquement. C’est la personne qui va, depuis son smartphone à 800 euros, écrire ce que vous voulez lire, et aussi montrer ce que vous voulez voir. Eh oui, le datasexuel prend aussi soin de son apparence (parce que si t’as suivi, il est celui que tout le monde désire, et statistiquement, on désire aussi l’apparence). Et puis d’ailleurs, l’individu (devrais-je dire l’entité ?) datasexuel prend soin de tout ce qu’il fait parce qu’il partage tout sur son twitter, sur instagram, sur tumblr…

Bob a décidé de partager tout ses repas sur Instagram. Et aussi toute la musique qu’il écoute. Enfin, toute la musique que tu écoutes. Parce que non seulement Bob écoute de la musique géniale et mange des trucs super bons et sains, il le fait exactement comme toi tu essaies de faire – c’est d’ailleurs pour cela que tu le suis.

Mais dis, il y a un problème … Bob aime se faire suivre !

 Mais il y a quand même un truc qu’on a perdu de vue. C’est que Bob est exigeant. Bob est toujours sapiosexuel, il aime l’intelligence, et il se sent toujours très seul. En plus d’être ego centré (sérieusement, partage tout ce que tu fais et te faire suivre pour ça ?). Alors, Bob va tomber amoureux de son système d’exploitation (d’où la nécessité de bien connaître son Datasutra, ci-dessus), et inspirer le maaagnifique film Her sorti en 2013 – Bob étant meilleur que tout le monde, il fait de la science fiction dans le passé. Mais Her, c’est juste une histoire de relation à distance.

Bob, t’es con, tu n’as rien inventé, même si tu avais peut être un super smartphone et que ta copine était toujours disponible quand tu l’appelais.

A ce propos, une critique de Her - et je sens que ce film va me courir sur le haricot, les ovaires et les orteils pendant mes prochains cours de sciences humaines … 

Sources :
Quel datasexuel êtes vous ? #
Etes vous datasexuel ? #
Pour l’illustration : Asexual humor #

Pourcentage

Bientôt la rentrée. Dans les écoles d’ingénieurs, les première années arrivent avec leurs affaires, s’installent dans leurs studios et on leur promet que le week-end d’intégration sera le meilleur de leur vie.

Avec eux tombent les chiffres. Combien sont-ils, d’où viennent-ils … Mais combien sont-elles ?

J’ai la chance de vois la vérité à travers un filtre, moi qui suis sur un campus partagé avec une école de commerce. Ici i y a des filles.

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Tiens, une orange qui fait du skate

Mais ailleurs, les campus atteignent difficilement 10%. 20 personnes de sexe féminin dans la marée d’une grande école. Juste 8 dans une autre. Pourtant elles étaient attendues, les nouvelles, dans ces écoles où c’est toujours pareil.

Ces chiffres sont là depuis leur entrée en prépa. Ils émergeaient déjà au passage du bac S. Ça ne devrait pas être le cas pourtant. Même si tout le monde le sait déjà, ce n’est pas une histoire de niveau. Pas une histoire d’hormones ou de règles ou de … je sais pas. Une histoire de « on dit » et d’habitudes, de traditions peut-être. Dîtes moi que vous pousserez vos filles à devenir ingénieur, et ce jusqu’à ce qu’il y ait au moins du 40% – 60% dans les écoles.

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Pour toute la sagesse que ce message contient

Parce qu’à force d’inégalités ici, je me prends dans la gueule là-bas des « mais t’es pas une vraie fille ? » « tu fais de l’informatique, t’as renoncé à ta féminité ? » 

Ce n’est pas NORMAL, arrivés en 2016, qu’à cette rentrée encore il y ait un fossé pareil. *soupir*


Quel engagement ?

Quel engagement ? dans Chroniques d'un Gourou img_2011

A défaut de cultiver mon jardin, qui n’est que mottes de terre sèches et désordre, à défaut de rechercher le bonheur dans les choses simples, en travaillant comme Candide # (quoi que…), j’ai lu. Cet été, j’ai pris le RER, le métro et le train #. Et j’en ai encore pour deux semaines.

Et, sur ces sièges où des millions de derrières se sont posés, où des millions de gens ont transpiré cette semaine, on trouve le temps d’ouvrir un bouquin et d’oublier le monde autour.

Cet été, j’aurais compensé le manque d’engagement et d’action que je me reproche # par de la lecture — par de la culture.

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Je t’ai déjà parlé de Effondrement # . C’est celui qui m’a pris le plus de temps, parce qu’en plus d’être un pavé, c’est pas une histoire qu’on raconte, c’est l’Histoire qu’on questionne.

Une de mes grandes victoires, un accomplissement peut-être, c’est 1984. Si tu regardes la présentation que j’ai faite de moi l’année dernière # , tu vois qu’il est dans une liste privilégiée (OK, Effondrement l’était aussi). De plus, c’est le premier bouquin que j’ai lu en anglais (on ne s’en doute pas en regardant la tranche, sauf que… regarde : ce n’est pas imprimé dans le même sens. Ah, ces anglais !), et je l’ai bien vécu.

A part que je ne me suis pas encore tout à fait réconciliée avec « Ce qui fait de nous des humains, c’est l’amour » et autres dérivés, c’est bien un livre « culte », beaucoup de monde en a entendu parler, a entendu parler de Big Brother, de Newspeak (ou « novlangue »). C’est un bon livre, qui ne laisse pas sans réaction (pendant la lecture comme à la fin).

Prévert et Charb, je les ai lus fin juin. Le Petit traité d’intolérance, je le recommande chaudement, il m’a vraiment beaucoup fait rire. Tu sais, ce rire que tu n’arrives pas à retenir, mais tu sais que tu es dans un train, qu’il n’y a  pas un bruit et que les gens vont se demander ce que tu fais. Ce rire où tu serres les dents pour ne pas déranger tes voisins mais ça déforme ton visage, et ça tes voisins ont dû le remarquer encore plus.

Prévert, c’est beau. Parfois c’est cru, méchant, cynique. Aussi engagé, anticlérical, ou juste bizarre. Et avec ça, il te donne envie de vivre, envie de croire à l’amour.

 

Et puis il y a Vallès (… # qu’est belle comme un soleil, et qui m’aime pareil que moi j’aime…), Vallès qui écrit la deuxième moitié du XIXème autour d’un personnage, et ce personnage c’est lui. L’enfant, Le Bachelier et L’insurgé, c’est l’autobiographie romancée de ce gars, ce qui l’autorise à ne pas vraiment écrire une autobiographie. Je suis en train de lire l’Insurgé.

Parfois, il m’agace profondément, avec ses idées de révolutionnaire lettré, qui se permet de choisir qui est digne d’être « le peuple » et qui ne l’est pas. Prenons le chapitre XIV, Le Bachelier :

« Le peuple ! Où est donc le peuple ici ?

Ces meneurs de bateaux, ces porteurs de cottes, ces Bas-Bretons en veste de toile crottée, ces paysans du voisinage en habit de drap vert, tout cela n’est pas le peuple ! « 

Eh bien mon grand, on comprend pourquoi tes idées de révolutionnaire n’ont pas pris partout, on comprend pourquoi ces idéaux de Jacobins puissent être rejetés. Tu veux te battre pour le peuple, mais seulement le peuple qui te plaît. Seulement quelques parisiens et quelques paysans du coin où tu es né. Bref.

Il y a aussi du bon, tiens :

« Des femmes partout – Grand signe !

Quand les femmes s’en mêlent, quand la ménagère pousse son homme, quand elle arrache le drapeau noir qui flotte sur la marmite pour le planter entre deux pavés, c’est que le soleil se lèvera sur une ville en révolte » (XV, L’insurgé).

OK, la femme est une ménagère avec une marmite, mais j’aime bien cette image tout de même.

Ces livres, ce sont un morceau d’histoire qu’on ne connaît pas toujours bien, l’histoire du second empire et d’une révolution ratée. Des jeunes qui font de la politique, s’emportent et veulent se battre, en se figurant ça aujourd’hui ça fait tout drôle. On y apprend aussi tout plein de noms, je sais maintenant qui était le mec qui a donné son nom à la rue où j’habite, pareil pour quelques stations de métro.

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Je n’ai pas la prétention de me lever pour aller jeter des pavés. Je n’ai pas celle du poète engagé qui lutte avec du papier. Je ne suis pas celle qui empêcherait un régime autoritaire et liberticide de se mettre en place, ni celle qui sauvera notre société d’un effondrement possible. Je ne vais pas vous faire rire.

Ces livres le font. Ces livres ont en eux l’espoir que quelqu’un ou quelque chose le fera. Ces livres transmettent l’espoir de quelque chose de beau, je crois.

 

En attendant, je vais cultiver ce jardin de terre sèche pour manger du persil demain.


Blanche neige (Lecture)

Aujourd’hui, un conseil de lecture :

Effondrement, Jared Diamond.

Ce livre était un conseil de Arte, à la suite d’un documentaire dont je me souviens assez peu sur une grande société disparue. J’ai envie de dire sur l’empire Khmer, mais le livre n’en parle pas.

Jared Diamond nous raconte le destin de plusieurs sociétés anciennes qui se sont effondrées. Autrement dit, où tout le monde à péri ou a fui ce qui fut un grand centre de civilisation. Les sociétés, à des époques et des endroits très différents, s’effondrent de façon similaires. Bon, il n’y a pas mille façons de décliner, surtout à la fin… Bref, via l’étude de différents aspects de ces sociétés, JD définit cinq facteurs qui expliquent le déclin, l’effondrement. Ces facteurs sont toujours présents dans nos sociétés contemporaines, de manière plus ou moins prononcées, et vous l’aurez deviné : on se demande si nos sociétés, voire notre société va s’effondrer. Notre société parce qu’à l’heure de la mondialisation, nous sommes une sorte d’île dans l’océan qu’est l’univers.

« Si notre société va s’effondrer », c’est un peu direct et un peu faux aussi. A final il y a une douzaine de facteurs qui font qu’on pourrait s’effondrer. Ce livre est une mise en garde mais aussi une base de connaissances pour éviter de reproduire les erreurs du passé. 

Ce qui est marquant, c’est qu’on nous fait toute une histoire avec les gaz à effet de serre, mais c’est … la partie émergée de l’iceberg si j’ose dire. Les problèmes majeurs sont la déforestation, la surpopulation, la surexploitation des terres, la gestion de l’eau (oui, même il y a mille ans).

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En lisant ce livre, j’ai appris beaucoup de choses, au hasard : vous saviez que vers l’an mille, dans les canyons à l’est des états Unis, il y a eu un peuple nombreux qui a construit des villes de maisons de quatre étages ? J’ai appris des choses sur le génocide au Rwanda. J’ai vu certains aspects de la culture Maya (enfin, de ce qui a pu rester après que ces imbéciles de colons européens aient brûlé les livres qu’ils ont trouvés). Parfois je me suis dit que je voudrais apprends ça à des enfants, parfois je me suis dit que décidément notre espèce doit s’éteindre (ça, plus souvent).

Je vous conseille donc ce modeste pavé, et si vous aimez ce genre de lecture, je vous conseille aussi le précédent de la série : « De l’inégalité parmi les sociétés » (je vous en parlerai peut-être un jour aussi).

Au fait : Je ne suis pas responsable du titre de cet article. J’ai juste demandé une idée de titre et je vis avec des trolls ;)


Boulot métro dodo

Boulot métro dodo dans Chroniques d'un Gourou

Voilà une bonne expression de parisien (dont j’ai changé l’ordre des mots, elle me va mieux comme ça). Celle qui me faisait doucement sourire, comment peut-on ne pas avoir de vie à ce point ?D’accord, peut-être les métiers physiques. Oui, c’est une expression de travailleur à l’usine.

Ça fait maintenant un mois que je prends les transports parisiens matin et soir. Quand je rentre, je mange, je regarde une série et je dors. Le matin, je me réveille 25 minutes avant de partir prendre le RER. Et voilà.

Non, je n’ai pas vu que M. Valls a utilisé trois fois l’article 49-3.
Non, je n’ai pas remarqué que l’état d’urgence était encore prolongé.
Le 14 juillet, j’ai quand même vu qu’il y avait eu un « acte terroriste ».
Non, je n’ai pas vu qu’en Turquie le président affirme sa position de dictateur.
Non, je n’ai pas vu que lui aussi instaure un état d’urgence pour justifier le non respect des droits de l’homme.
Non, je n’ai pas accédé à d’autres médias que Le Monde …

Il y a plusieurs types de routines, et parmi elles il y a celles qui nuisent à l’intellect et à la réflexion citoyenne. Le terme de temps de cerveau disponible est plutôt adapté.

Mais quoi, en rentrant je mange et je regarde une série ? Une série. Qui n’est pas Utopia. Qui laisse ma réflexion en pause encore un peu, puis je dors, puis je lis dans le RER. Où est mon temps de cerveau disponible ? Seulement dans mon bouquin du RER. Et encore, c’est canalisé par le bouquin. Réfléchir m’angoisse. Je n’ai pas le temps alors je retarde l’échéance.

Oui, quoi, j’ai vu les nouvelles. Et non je ne dis rien. J’y penserais plus tard. Mais pu…rée, plus tard ce sera trop tard !

Et quand le soir, une fois tous mes écrans éteints, je mets accidentellement mon cerveau en route, je me sens mal. Je ne comprends pas pourquoi, je cherche des raisons débiles, je trouve les choses impossibles et me dis que ce sont les solutions à mes problèmes. Puis je m’endors, je me réveille, RER, bureau informatique, RER, manger, dormir. « On verra ce week-end ».

Je ne sais pas si le problème est que je le prends comme un fatalité alors que j’ai le choix ou que justement les choix sont affreusement restreints.


Pause

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Des mots
Des phrases
Des lettres
Des chouettes, des brillantes
Mettre de l’encre sur du papier et espérer que ça fixe les choses
Ça ne fixe que l’encre sur le papier.
Ça rassure.
Ça détourne la peur
La redirige un peu
L’envoie ailleurs.
Mais un jour on y arrivera, ailleurs, et on la retrouvera,
La peur.
Peut-être.
 
Écrire sans raison
Sans but
Ou par nécessité
On en perd le sens
Le rythme,
Le but
On s’y perd.
 
Je me suis perdue – ça n’était pas nécessaire.

Les gardiens, la paix

Deux policiers ont été tués à leur domicile parce qu’ils étaient policiers #. 50 personnes de la communauté LGBT ont été tuées parce qu’elles étaient de la communauté LGBT #. Des supporters de foot se tapent dessus parce qu’il faut bien un moyen de célébrer l’esprit sain du sport. Je vais plutôt parler des premiers, là.
Cela fait des mois que les « forces de l’ordre » ont du boulot sur plusieurs terrains. Il y a l’état d’urgence, il y a d’autres attentats, il y a l’euro de foot, des tensions à Calais entre immigrés. Il y a le gouvernement qui veut passer des lois que du monde trouve injuste. Question en l’air : que devient Nuit Debout ?
Fin avril déjà c’était limite. M’interrogeant sur les violences policières devenant trop importantes (en Bretagne notamment), je suis tombée sur l’article du monde disant qu’ils étaient fatigués. Fin avril, ils disaient que l’euro de foot, « intouchable » parce que trop médiatique, pourrait être de trop. Aujourd’hui, le gouvernement envisage l’interdiction de manifester. Déjà que l’état d’urgence a été prolongé…

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Manifestants à Rennes

Comme on dit souvent avec un peu de peur ou d’espoir dans le regard, « il se passe quelque chose », à grande échelle. On se croirait dans les années 20-30, quand il y avait des révolutions, des utopies, des régimes totalitaires qui s’installaient. Aujourd’hui, le monde est violent. Que ce soient les attentats, les gens qui se battent sans raisons, les manifestants qui perdent un œil par tirs de flash-balls faisant face aux CRS qui finissent parfois, eux aussi, blessés. Que ce soient des reculs identitaires, communautaires ou des élans de protestation contre des grands projets inutiles. (Attention, je les mets côte à côte mais il y en a que je soutiens et d’autres qui m’indignent)
Ouais, vous savez peut être que je suis de ceux qui, comme Siné, conseillent : « Si vous hésitez, dites-vous bien qu’ils sont payés pour recevoir des coups, alors que vous ne l’êtes pas ! » #. Mais il y a du monde qui fait flic (peut-être pas CRS, j’ai du mal avec les nuances de bleu) pour combattre le crime. Ils pensent qu’ils vont changer les choses et on les case dans des bureaux à remplir des dossiers de plaintes pour agression. Quand ils trouvent un présumé coupable, ils doivent lui faire signer une décharge pour pouvoir aller le chercher chez lui. Bref, si c’est le cas c’est pas encourageant. Alors parfois, on entend parler de dérives, souvent, il doit y avoir des perquisitions chez des innocents parce qu’ils ont peur, ils en ont marre, l’effet de groupe… Je ne sais pas. Je n’ai plus la source mais ça arrive, les abus.

Les mots perdent leur sens (#). Les ordres reçus ne sont probablement pas les ordres attendus, et pour éviter les débordements on met des papiers, des dossiers, des déclarations comme intermédiaires. Mais quand on étouffe on n’a de choix que se débattre pour avoir de l’air. C’est violent et c’est un réflexe.

Alors, soyons prêts à quelque chose. Ou à éviter quelque chose. Mais n’ayons pas peur, pas trop, c’est ce « qu’ils » veulent. Eric Hazan écrit : « Si nous voulons qu’elle vienne, cette fin libératrice, il faut nous organiser dès maintenant comme si elle avait déjà eu lieu ». Alors voilà, dis-toi qu’il y a eu une révolution, il faut maintenant construire le monde de demain. (Ceci suppose que les révolutions sont destructrices, mais tu feras comme s’il n’y avait rien)

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Manifestants anti-nazis en Allemagne, mars 2016


L’organe qui pompe ton sang

L'organe qui pompe ton sang dans Chroniques d'un Gourou RonaAmour
Extrait d’un article de Ronia. Je vous invite à le lire si vous êtes intéressés par la vie des gens (c’est un article très personnel – et touchant/vrai/je ne sais pas).

Alors voilà. On a tendance à beaucoup dire que c’était mieux avant. On a tendance à ne pas trop accepter la nouveauté, même si de loin ça a l’air chouette. La dialectique, le mal nécessaire, au fond on les évite. C’est juste l’argument des autres. T’es sûre que tu veux changer ? C’est déjà bien comme ça non ?

Et puis il y a la conception de l’amour, pardon je n’ai pas mis la majuscule, qui est supposée avoir changé avec le temps. Je crois qu’il y a un malentendu. En fait, ce qui a tendance à m’agacer, c’est que n’importe l’endroit où tu trouves des références à l’amour, l’état amoureux, c’est un peu toujours la même chose. Quand l’époque change, le vocabulaire change un peu, que ça soit du théâtre ou des bouquins. Ou ta grand-mère qui te raconte sa jeunesse.

D’accord (d’accord !), il n’y a pas vraiment de définition et ce qui revient est de l’ordre de l’inexplicable, du surnaturel. Avec des conséquences physiques. (Des conséquences physiques supeeeeer bizarres, quand on tombe amoureux, d’ailleurs)

Ce qui est vexant (moi, ça me vexe), c’est que quelque soit l’époque où on te décrit on couple, au delà d’être toujours pareil, on se rend compte que c’est pareil pour nous. Et moi je veux cultiver ma différence alors je veux que rien en moi ne soit pareil que les autres. Bref. Toi qui lis, tu es d’accord que c’est un peu pareil ? Ou alors tu as réussi à trouver un moyen pour que ta vie soit exceptionnelle et c’est un secret que tu ne veux pas partager ?

Et à ce moment là, quand j’entends/lis/devine cette phrase « L’amour, c’est plus ce que c’était » ou alors « De nos jours, les gens ne savent pas ce que c’est l’amour » je me dis qu’il y a un malentendu. Oui j’ai déjà écrit ce mot je tourne en rond. C’est indépendant du temps, et c’en est presque dommage, alors qu’avez vous à vous plaindre ? Ce qui a changé, c’est qu’il y a la contraception, et surtout une certaine libération des mœurs (n’est ce pas ?), qui fait que plein de gens baisent quand ils veulent – Excusez moi de ce terme cru, c’est compliqué de trouver un terme qui me plaît. Et je ne vois pas pourquoi, là, on dirait que c’était mieux avant.

Je ne vois pas pourquoi une personne qui choppe en soirée peut encore aujourd’hui se faire traiter de salope (oui, cette personne est souvent de sexe féminin), et ça pour le coup c’était pas mieux avant. Parce que ce genre de remarques c’est pas pour défendre la beauté et la pureté de l’amour. Aujourd’hui, ce qui a changé, c’est qu’on fait la différence entre le truc bizarre qui fait que des gens sont amoureux et que les gens aient envie/besoin d’avoir des relations sexuelles – c’est mieux comme terme ? Modulo les couples ou seule une personne est dans le cas « truc bizarre », je ne vois pas le problème.

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“You will always hold a special place in the organ that pumps my blood. I will remember you fondly, my turtle duck.” -Eska

 

Y a t il quelque chose qui te choque dans ce que j’ai écrit ? C’est incomplet ? Dis moi :)


Rassemblement, vraiment ?

Un article du Monde parlait récemment des commissions féministes mises en place, où seules les « meufs et minorités de genre » sont acceptées. Et cela pose des problèmes.
Ce n’est pas la première fois que ce genre de chose est mise en place, c’est même plutôt courant à chaque fois qu’un mouvement social est prolongé de cette façon. La dernière fois que j’en ai entendu parler, c’était une initiative prise sur la ZAD de Notre-Dame des Landes. On me dit au loin que ça a même été théorisé il y a 40 ans. Tiens donc.  Puisqu’il y a des gens ouverts aux alternatives, les minorités osent s’affirmer, et donc se différencier.

… et donc se mettre à part.

Est-ce une bonne solution pour être accepté.e.s ?

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Il existe une importance sociale à la non-mixité, celle qui a fait qu’aux états-unis, pendant le mouvement pour les droits civiques, les noirs se séparaient des blancs pour discuter entre eux de l’oppression, et ainsi ne pas faire de peine aux « bons » blancs qui les soutenaient. Ce n’est donc pas non plus un moyen d’exclure les blancs, pour une fois que c’est eux, parce qu’en fait noirs et blancs étaient mobilisés pour la même chose.
Créer un espace où les « dominés peuvent prendre conscience des pratiques d’oppression » (bah, je n’aime pas constater l’injustice quand elle est dite « dominants contre dominés »),  c’est aussi censé n’être qu’une étape. On espère ne plus en avoir besoin après.

Mais voilà, les gens ne sont pas contents. Soit, en voulant l’éviter, on fait tout de même de la peine aux « bons » hommes cisgenres, soit on renforce le sentiment d’exclusions de certain.e.s (du style moi, qui ne comprend pas vraiment comment les choses peuvent avancer si on ne s’adresse pas aux « dominant » que je hais ce mot).

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Encore cette image, que je l’aime, qu’elle est pratique !

Après, au delà de l’exclusion et tout, c’est pratique parce que ça libère la parole. Et sinon, ça rappelle aux gens que les inégalités existent encore. Quand ces commissions écoutent qui prend la parole, on remarque que moins de femmes prennent la parole. Soit qu’elles sont moins nombreuses, soit qu’elles « souhaitent moins prendre la parole ».

Et puis ça permet de remarquer, à travers les réactions des gens, qu’il y ceux qui ont seulement envie de pouvoir participer au débat – qui ne veulent pas « être dépossédés du débat », et puis il y a les autres qui s’avèrent être plutôt réactionnaires (oui, j’ai pris une cible facile, et ce parce que je n’ai pas envie d’aller traîner sur des sites avec de vrais réactionnaires, ça risquerait de m’énerver).


Vide d’air

Je dénigre les gens qui racontent leur vie parce que je n’assume pas ce que je fais. Je crois.
« Mais qui lit la vie des gens ? » « C’est du voyeurisme ! »
… Non, je ne lis pas vos blogs pour augmenter mon score au griffor. Le voyeurisme, c’est pas mon truc. D’ailleurs, j’arrête de lire quand ça devient gênant, parce que là, sérieux, il y a des choses qui n’ont d’intérêt pour personne (Oh, quelle violence dans mes propos. Il faut de tout pour faire un monde, je concède). Mais je lis vos blogs parce qu’ils m’intéressent. Il y a toujours quelque chose à comprendre ou à apprendre.
Tout ça pour dire, attention, je vais raconter ma vie.

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Putain du coup je sais plus ce que je voulais dire. Mince. Il y a cette histoire (glauque) de conception de l’amour (glauque) en rapport avec le film vu hier, il y a l’alcool que je vais me mettre à haïr mais pourtant je suis curieuse. Il y a les violences policières et la nuit debout et mon manque d’engagement, il y a un balcon où j’ai planté du persil. Il y a le vide, de temps en temps, trop souvent. Il y a le temps qui manque, ou qui tombe dans le vide.
Tu n’est pas voyeur.se, tu lis juste des choses que j’estime pas importantes. Tu lis seulement des choses que j’écris comme ça.
Bientôt je vais écrire des choses pertinentes, j’espère.

Excusez moi.


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