Je n'ai qu'une chose à te dire…


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Le mec au hasard dans la rue

… dans la rue, la nuit.
Mercredi 21h, je sors de chez moi plutôt hésitante, je dois rejoindre un apéro sur le campus, mais j’ai pas le cœur à ça. Et puis il fait froid dehors. Après une centaine de mètres, je ralentis le pas, je me demande qui je pourrais appeler pour qu’on me motive à y aller, sinon je fais demi-tour. Je ne trouve pas d’idée — ils sont occupés, ils ne vont pas me répondre. Et là, le mec qui passait devant moi pour rentrer chez lui s’arrête, me regarde, me dit ‘bonsoir !’
Je me tourne, je dis bonsoir aussi, je recommence à « réfléchir ». Non, vraiment, je ne sais pas si je fais demi tour ou non.

Le mec au hasard dans la rue dans Chroniques d'un Gourou#

- Bonsoir !
Oui, j’ai déjà entendu ça. Tiens, je te re-réponds pour la peine.
Et le voilà qui s’approche de moi. « Tu habites ici ? » « Tu es toute seule ? » Putain, que cette question m’agace. Tu vois du monde autour de moi, là ? Non ? Ben au sens propre du terme, tu vois, je suis toute seule. Et ça ne me dérange pas. Et je ne te demande pas d’y « remédier », loin de là. Toi qui passes par ici, sache qu’il ne faut pas me demander si je suis « toute seule » pour amorcer une conversation.
Quoique.
Je n’envoie pas chier les gens. Je leur parle quand même. Je suis grande. Je crois que je peux me défendre. Il y a « quelque chose » qui me protège.
Je lui explique que je vais rejoindre des gens, eh oui je remédie toute seule à ma solitude. Mon prénom est original. Je ne viens pas d’ici, je fais mes études … oui, si tu veux, à l’université. Interlude : l’aspect physique. « Tu doutes de ta beauté ? »
C’est pas ça. Seulement, c’est mal placé de faire de telles remarques. Je te rappelle, tu es un inconnu croisé dans la rue la nuit, qui m’aborde parce qu’il a remarqué que j’étais hésitante. Peut-être même qu’il a vu que mes yeux étaient rouges. Alors non, je ne vais pas te remercier, et je ne prends pas ça comme un compliment.
- Tu ne veux pas qu’on marche 5-10 minutes ?
Alors non, il fait froid, j’hésite à rentrer, je ne vais pas en plus marcher dans le froid vers je ne sais où avec un inconnu. Du coup, maintenant que j’y pense, on me dit toujours que c’est pas prudent d’aller au campus toute seule…
- Je vais par là. On peut marcher par là si tu veux.
Non, loin de moi l’idée d’utiliser les gens croisés au hasard dans la rue. Mais s’ils insistent…

Je suis transparente

Outre le fait que l’inconnu ait détecté à distance que je me sentais mal à ce moment-là, il se vend comme une personne patiente, se portant à l’aide des enfants turbulents (pas moi) et des gens nerveux (moi). Parce que j’ai l’air un peu distante, quand même, c’est bizarre.
- Je peux toucher tes cheveux ?
Mh…Non ? Rappelons pour le n-ième fois que t’es un inconnu. Et, dis, ça ne fait pas de moi une personne distante ça. Jusque une fille normale qui est déjà bien inconsciente de se faire accompagner dans Evry par n’importe qui.
Je ne me souviens pas exactement, mais il a été question de peur. Tu as peur — De quoi as tu peur ?
Autre défaut : je crois que je parle beaucoup. Et que toute info sur moi ne m’apparaît pas confidentielle.

Bonne à marier

Beurgl.
Quelle expression dégueulasse. Elle n’a pas été prononcée, sinon cet article aurait été pour moi l’occasion de vous annoncer mon premier meurtre.
Mais c’est tout comme, ça se passe toujours pareil (voir ) : Tu voudras combien d’enfants ? – Non. Pas d’enfants. – Tu as quel âge ? – Ne me dis pas que je vais changer d’avis. – Tu penses aux femmes stériles qui sont tristes ? – Ne me dis pas non plus que c’est égoïste. – Oui, c’est égoïste !
En fait si, j’aurais pu annoncer mon premier meurtre. Je suis vraiment trop gentille.
S’en suit une conversation sur le choix. Je veux avoir le choix. Et puis il y a trop d’enfants qui crèvent la dalle. Je ne veux pas en générer d’autres. Il y a trop de monde sur cette terre. Je vais éviter d’aller dans le trop radical en te disant que je suis pour l’extinction de la race humaine, et que cette façon est la meilleure.

PS : Regardez Utopia.

L’inconnu marque un point en disant que ça dépendra de l’homme employé à la conception des éventuels enfants (mon vocabulaire – alerte instrumentalisation – je rigole voyons). Je suis d’accord : on ne se reproduit pas seul. Même les escargots qui sont hermaphrodites ont besoin d’être deux. J’ai certes aidé l’inconnu en disant que « je veux que mon corps serve ». Ouh purée, quand j’y pense, c’est de la provocation aussi (deuxième alerte instrumentalisation).
Cela dit, l’inconnu n’a pas marqué de point pour lui, et cette réflexion je me la suis faite il y a plusieurs années déjà.
Je rappelle à l’individu qu’il n’obtiendra rien de moi. Encore moins un gamin, hé !

La foi

Nous voilà devant le portique qui nous me sépare du campus. Merci mec, grâce à toi je ne me suis pas faite agresser. Du coup adieu hein, tu ne crois pas au hasard, je ne crois pas qu’on se recroisera.
[Morceaux de conversation inutiles]
- Tu crois en dieu ?
- Je crois en moi.
Essai d’explication rapide : il y a l’esprit, il y a des morceaux d’esprit en chacun de nous. (J’ai hésité à mettre une majuscule à « Esprit »).
- Tu sais qui t’a créée ?
- Mes parents.
- Et tes parents ?
- Mes grands parents.
Je vais devoir te parler de tout mon arbre généalogique ou bien ? L’évolution, on en parle ?
- Tu as la bible ?
- J’ai lu la Genèse. J’ai vomi. Bref. Oui, je sais, « au commencement il n’y avait rien« .
Et puis je n’aurais pas dû lui dire que j’avais peur tout à l’heure. Parce que la peur, c’est quand tu n’as pas la foi. Tu n’accompliras jamais rien sans la foi. Tu n’affronteras que tes peurs. Avec la foi, tu peux accomplir des choses merveilleuses. Genre passer le portique sans même avoir de badge.
Mec, tu ne passeras pas ce portique.
Et je ne te donnerai pas mon numéro.
Tu n’as pas assez la foi, on dirait.

Voulait-il me draguer ou me convertir ? En tout cas je le remercie, j’ai passé une bonne soirée après.
Et puis ça m’a permis de parler encore une fois de ces choses récurrentes, pas intéressantes et qui pourtant semblent tracasser le monde entier, que sont la reproduction et la religion.

 


L’urgence est un mythe

Cette tête est pleine de titres, pas seulement ceux qui font rire grassement, mais aussi des morceaux de mots, de phrases derrières lesquels devraient s’accumuler des mots.

Le vide.

La seule semaine où on me demande de faire travailler mon cerveau, je capitule. Je sature à partir de rien. Je suis un circuit oscillateur sans filtre. Je suis un amplificateur de bruit.

J’ai bouffé tout mon temps et j’ai la digestion difficile. Je bouffe mon temps, je ne sais même pas comment. J’ai encore faim.

Il faudrait s’organiser, je peux le faire, je le refuse. J’ai oublié ce que c’était. J’ai oublié comment on fait.

Le refus de l’ordre au plus profond, au plus loin et au moins contrôlable. La peur de l’ordre est toujours là, mais l’ordre a gagné. Il fait son chemin tranquillement, et je fais des ronds dans l’eau sur le côté.  Non, je ne me noierai même pas, il n’y a pas assez de fond.

Il y a la pastèque, il y a ce que tu en fais. Il n’y a plus de pastèques, je n’en ai toujours rien fait. Tout attend. Tout stagne. Dans le frigo il y a des choses qui n’ont rien à y faire. Dehors il fait plus froid que dans mon frigo. Je suis une denrée périssable hors de sa conserve.

Parfois on ne finit pas les choses mais on les laisse traîner. Il y a toujours des graines de tournesol quelque part. Il y a forcément du thé froid dans le fond d’une tasse.

Pas vraiment le vide.

Les restes.

La peur de l’évidence, pas celle de cette semaine, non, plus loin : il y a plusieurs mois déjà.

Tout est à mes pieds et je refuse de ramasser.

Je trébuche mais je refuse de tomber. Je glisse lentement…

Ouais, comme une défection.

Et dire qu’il y a des gens qui sont persuadés que je sais où je vais. Et dire que quelques examens ont réveillé la peur. Et dire que je ne l’ai jamais vaincue cette peur, j’ai juste arrêté de la regarder.

L'urgence est un mythe dans Chroniques d'un Gourou 038-trunklog-stock
Image libre de droits #

Lézard de vivre

 

 

J’ai vu ce tweet le même jour que l’article de Bettasplendens, que j’ai commenté. Et comme ici c’est mon blog, il va être question de ma vie – que c’est ego-centré, la vache !

Donc, encore une histoire de sexualité, mais surtout une histoire d’étiquettes : il y a celles que la société te colle, il y a celles que tu colles aux gens, et il y a toutes les autres. Dans « toutes les autres », il y a bien souvent celle que tu juges adaptée à toi. Mais pas toujours.  Dans le cas de Betta (si j’ai bien compris), et de beaucoup d’autres gens, l’étiquette adaptée a été trouvée et elle voudrait que ça soit reconnu par tout le monde (en tous cas ceux que ça intéresse).

Moi, je ne veux pas d’étiquette, et bien que le fait de pouvoir tout définir précisément (on t’a déjà parlé de genre fluide ?) soit un plus, mon genre et mon orientation sexuelle ne devraient pas être votre problème. D’ailleurs, les personnes pour qui l’étiquette par défaut convient ne se posent même pas la question, et nous non plus, on ne leur pose pas de question (une fille, ressemble à une fille, qui est attirée de façon amoureuse et sexuelle par des garçons, bah c’est une hétéro, voilà). Sauf dans les milieux où on se pose des question, là ce sont des Cis (et je perçois ce terme de façon un peu péjorative)

Bouh, que c’est compliqué déjà. Je devrais faire comme Koppa et mettre des couleurs partout.

 Je ne veux pas d’étiquette parce que …

- Je ne suis pas sûre de celle qu’il faudrait me coller
- Ça ne me dérange pas que les gens se trompent
- J’aime que les gens se trompent
- Comme ça je fais ce que je veux
- Et puis on ne contrôle pas trop quand on tombe amoureux
(ni quand on tombe ami, mais on s’en fout, c’est super chouette !)

Ceux qui ont besoin de la bonne étiquette le font par rapport à leur entourage (dans les cas que j’ai observés). En fait, c’est que leur famille (ou autres) leur attribue un genre/une orientation qui n’est pas la leur, et que ces personnes n’ont pas envie de mentir – ne veulent pas mentir – à quoi bon cacher une vérité dont on n’a pas honte ?

Lézard de vivre dans Chroniques d'un Gourou bolin
Eh oui, en vrai c’est simple !

Je ne veux pas d’étiquette parce que j’ai de la chance. Parce que si demain, j’arrive chez mes parents avec mon copain/ma copine , ils ne me jugeront pas en face sur mon orientation (même s’ils peuvent croire à une tentative de provocation pas sérieuse). D’ailleurs, tiens, je ne sais pas ce qu’ils jugeraient en premier.

Pour finir, cette chanson qui est très belle et dont je ne connais toujours pas les paroles et je vais y remédier.

# sur la fluidité de genre

…Ouais d’accord, je me pose trop de questions.


Abécédaire des choses qui méritent qu’on vive pour

Je ne crois pas avoir déjà écrit un article avec un titre aussi long. Ça tombe bien, ce n’est pas un titre à moi : ceci est un tag, le deuxième ici #. C’est ça de bloguer en communauté, on n’est jamais vraiment des asociaux, la blogueuse est une espèce grégaire, bref.

Alors voilà, aujourd’hui petit exercice de l’esprit : on prend l’alphabet, de préférence l’alphabet latin (celui qui n’a pas 28 lettres), et avec on écrit les plaisirs simples de la vie, ceux qui méritent qu’on vive pour.

les Arbres
  ce mot sera censuré mais j’aurais Bien aimé le mettre
les dessins de Claude Ponti
les Dunes en bord de mer
Écouter
parler autour d’un Feu
contempler la Galaxie
se rouler dans l’Herbe
Imaginer
le Jardin botanique de Brest
les Kaléidoscopes (c’est plus crédible que Kangourou et en plus c’est vrai : c’est trop chouette comme engin)
faire des câLins
Manger
Nager
l’Oseille sauvage
les Pastèques
communiQuer en plusieurs langues
Rêver
les Siestes
Tomber ami
éternUer (que de niaiserie en moi)
Voyager
Winnie l’ourson
se sentir eXister
essaYer
Zola et Maupassant, quand même.
 
20yokya

Je vous avoue avoir un peu triché (j’en ai rien à cirer de Winnie), parce qu’il y aurait du chocolat en jeu pour celui qui trouve un truc à chaque lettre, et je pense que le chocolat mérite un peu qu’on vive pour aussi. Merci à Bettasplendens d’avoir eu l’idée, et à Dans un monde de Grands d’avoir transmis le flambeau :)

Koppa, je te « tague » ? 

Edit : un titre long ici #


J’avais prévu de rater

Aujourd’hui, j’ai triché. Il y a, dans un coin de ma chambre, un paquet de lettres et de feuilles volantes plus ou moins destinées à être lues par « moi plus tard » ; aujourd’hui j’ai ouvert l’enveloppe « pour toi, quand tu seras majeure et vaccinée – après 2015 ? »
Oui, je suis majeure depuis un certain temps maintenant (je m’octroie le droit de parler comme une vieille, aussi), mais cette lettre était destinée à moi-de-plus-de-18-ans. C’est un papier écrit en 2011, et à cette période, se dire qu’un jour j’aurais 20 ans devait paraître grandiose : effrayant et intriguant.

J’ai triché car nous ne sommes pas après 2015. J’ai juste eu 20 ans, et pour moi un anniversaire c’est la fin d’un année, nous sommes donc après ma 20ème année, allez c’était une petite triche de rien du tout.
Dans cette lettre, je raconte quelques inquiétudes, des questions que je me pose. Je stagne un moment sur la procréation : non Sterenn, tu n’auras pas d’enfants.

Puis vient mon projet d’études post-bac. Nous sommes fin 2011, je suis en première, et notre prof principale veut vraiment que nous ayons des idées, si ce n’est un projet. A ce moment-là, je sais déjà que je veux tenter la prépa scientifique, ce truc obscur où apparemment on en chie, pour faire une école d’ingénieurs après. Mais ça, je ne l’écris pas tout de suite. Ce que j’écris, c’est que dans le cadre de mes études en fac d’histoire, j’irai sûrement faire un échange Erasmus. C’est en tournant la page qu’il est écrit que j’entrerai en fac d’histoire après échec de ma prépa.

J'avais prévu de rater dans Chroniques d'un Gourou f11-highres

Ce n’est pas grand-chose, mais mon projet d’études est plus détaillé à partir du moment où j’ai raté ma prépa.

Alors, pourquoi je n’ai pas arrêté ?
Pourquoi fallait-il que j’imagine un échec pour mon premier choix ?

Ce n’est pas grand-chose, mais heureusement que je n’ai pas ouvert cette lettre à moi même en février dernier : je me serais inscrite en fac de lettres.

 


Peur, haine ou indifférence ?

Hé les gens, je ne comprends pas.
Je ne sais pas ce qui se passe, mais ma réaction n’est pas à la hauteur. Pas à l’échelle de la merde dans laquelle on rentre à vitesse considérable. Pas à l’échelle de la peur que se concrétise dans nos régions préalablement monstrueusement agrandies. Pas représentative de cette abstention qui devrait nous rappeler que très peu de citoyens, finalement, s’intéressent réellement à la politique. Et puis voter ce n’est pas s’intéresser, mais passons.
Les gens, ce soir je suis triste et comme d’hab, j’ai un peu peur. On le voit bien que le vote, bien que rare façon qu’a le citoyen pour se faire entendre, n’a pas ou très peu de poids. On sait bien que les multinationales et la finance sont intouchables, que nous, petites personnes, n’avons aucune prise dessus (« arrêtez de consommer », certes, mais c’est facile à dire seulement – et encore). On la sent l’inertie de tout un pays qui a peur de se faire décimer par un taré au coin d’une rue passante.
Mais les gens, soyez gentils ; on le dit depuis des années, la politique on ne vote jamais pour mais surtout contre. La haine n’est pas une menace, c’est une réalité. La peur aussi. Ne pas céder à la haine, c’est voter contre la haine. On s’en fout, de ces gens qui veulent gouverner : on n’a pas de pouvoir sur eux, ils n’ont pas de pouvoir pour nous. On s’en fout, en aucun cas ils ne pratiquent la magie, ces gens_là, et en aucun cas ils rendront notre vie meilleure. Mais il y a une chose : ils peuvent nous pourrir la vie. Ils savent ce qu’ils veulent, à défaut de savoir ce dont vous avez besoin, les gens.

Cette année, je suis blasée. Cette année, je suis perdue. Apparemment, la participation n’est pas aussi haute qu’il y a cinq ans. « Bien mieux qu’il y a cinq ans », ai-je entendu. Si je suis perdue, c’est aussi que « il n’y a pas eu vraiment de campagne électorale, pour cause d’attentats » #. Et puis sinon, il n’y a que 13 régions, les gens seraient perdus.
On nous donne la participation : 43% , et l’abstention : 49.5%. La somme ne fait pas 100% (je sais encore compter, ‘z avez vu ?). Vraiment, ils ont du mal à nous donner les votes blancs (et nuls)… Pourtant, ils pourraient en parler et interpréter à souhaits? Peut-être même que certains abstentionnistes se déplaceraient pour voter blanc ? Ou alors les 7,5% ne sont pas les votes blanc mais autre chose, quoi alors ?

Peur, haine ou indifférence ?  dans Chroniques d'un Gourou

Cette année, je ne sais même plus si j’ai peur. Encore une élection comme ça et je rejoindrai l’avis « Tant pis, laissons la haine gagner et ils verront bien ce qu’ils ont provoqué ». Je veux bien que l’autodestruction soit amusante, mais bof quand même quand ça concerne 66 Milions d’habitants.

J’ai la nausée, déjà que de base j’avais mal au ventre, c’est navrant.

 » Plus jamais de 20% !  » Et on a oublié.

Mobilisations.

Mobilisations. dans Chroniques d'un Gourou
 
Le 11 novembre 2015, des milliers de personnes ont défilé dans las rues de Kaboul, portant les sept cercueils de victimes de l’ei. Selon la journaliste Taran Khan, « c’était un moment remarquable de solidarité et de résistance, la démonstration puissante de la colère du peuple afghan face à la haine et à la violence qui détruit la société”.
#Courier International

Aujourd’hui, parlons de droits de l’homme dans le pays éponyme. Je ne sais pas pour toi, mais cela fait bien une semaine que je vois défiler des articles intitulés : « La France prévient officiellement qu’elle ne respectera peut-être pas les droits de l’Homme » (#Bastamag), « La France prévoit d’enfreindre les droits de l’homme »(#Figaro), « la France envisage de déroger à la Convention européenne des droits de l’homme »(#Le Monde)…
A la veille de la COP21, la plus grande conférence sur le climat jamais organisée, et le plus grand sommet jamais accueilli pas la France, les personnes touchées par ce non-respect des droits de l’homme sont assez loin du type « terroriste », elles sont plutôt de type « ZADiste ». En effet, le droit de manifester est passé à la trappe, alors que tout sommet sur le climat de grande ampleur est critiquable et critiqué par les écolos de tous horizons.

Pourquoi des manifestations ?

La coalition climat résume la situation en disant que comme les conférences précédentes, « les négociations qui se tiendront dans le cadre de la COP21, si elles sont une étape nécessaire, ne seront pas suffisantes pour sauver le climat ». Un mouvement pour la justice climatique ne peut dès lors n’être que mené par des citoyens… Et ces citoyens veulent se faire entendre, car ils ont des choses à dire ! Je ne citerai que la lutte contre les grands projets inutiles imposés (GPII) : enfouissement de déchets nucléaires à Bure, aéroport à Notre dame des Landes, technopole à Agen, ligne LGV Lyon-Turin… L’organisation d’un sommet pour le climat par la France ne remet en cause aucun de ces projets, au contraire. « Tant qu’on voudra préserver la société industrielle de croissance, les négociations telles que celles de l’ONU n’aboutiront à aucun résultat » #. Généralement, beaucoup dénoncent de « fausses solutions »#.

Événements

L’état d’urgence est la suite logique des événements du 13 Novembre. Il est normal que la sécurité soit renforcée en présence de telles menaces. Il est clair que les attentats ne sont pas une manipulation gigantesque en vue de bloquer quelques écolos pendant une conférence mondiale.

Maiiiiis le fait que ça soit arrivé donne des excuses à nos autorités pour cibler une population très éloignée de daesh. Quoique, le président de la FNSEA les a bien qualifiés de « djihadistes verts », non ?

AntiCOP29_Nov

(Ouhla, il y a beaucoup trop de mot-clés dans cet article. Je ne me suis pas renseignée pour la liberté d’expression, est elle enfreinte aussi en ces temps sombres ?)

Sans ça, le 22 novembre dernier, des gens ont manifesté en soutien aux migrants. Ceux là ne sont ni écolos ni terroristes, mais on nous informe qu’étant donné l’interdiction de manifester, 58 personnes encourent jusqu’à six mois d’emprisonnement et une amende de 7 500 euros #.
Et aujourd’hui, une manifestation anti-cop21 de plusieurs milliers de personnes se voit être sévèrement réprimée par les forces de police. Des grenades lancées sur les manifestants et plusieurs centaines d’arrestations. #

OK, ils étaient prévenus : je crois que tout le monde est au courant de l’état d’urgence… Mais la mesure étant exceptionnelle, le pays ayant une grande tradition de la manifestation, comment se rendre compte que oui, en effet les droits de l’homme ne sont pas respectés, autrement qu’en allant sur le terrain ?

Des conseils, au cas où tu voudrais te lancer dans une manif toi aussi : # #
Ou si tu ne sais pas ce qu’est un Zadiste
 
Et, pour une note plus joyeuse enfin, -ça va devenir une tradition- Deiz ha bloaz laouen, Solenn P. !

L’admiration du refus de l’ordre, sans apologie du désordre.

La plupart des gens, les gens normaux, feraient n’importe quoi pour éviter une bagarre.
L'admiration du refus de l'ordre, sans apologie du désordre.  dans Chroniques d'un Gourou anigif_enhanced-buzz-30272-1389370774-15
Fight Club
 

 Le nez dans mon agenda plein de couleurs et de texte, j’observe l’ordre tranquille des choses. Tout se succède gentiment, la nuit vient trop tôt et le réveil l’arrête brusquement. L’agenda se termine bientôt, et j’en rachèterai un. Le temps de l’installation dans une communauté autonome en Irlande n’est pas encore venu, et pourtant …

C’est tentant, de trancher avec les habitudes. D’un coup, fermer cet agenda et partir avec un sac à dos, partir en stop en disant « je vais là où il y a la mer ». Mieux : « on va là où il y a la mer« .
Plus généralement, c’est l’inhabituel qui tente. Peu de gens se revendiquent comme « tout à fait normaux »… Dans mon entourage. Hier encore, on me disait « je ne veux pas être comme tout le monde ». On ne veut pas être personne, nous sommes des personnes. Et puis on cultive notre différence, on appuie sur les traits qui marquent (c’est l’auto-dérision qui marque !). Comment se ferait-on remarquer sinon ?
Je promène un cube de bois, tu te promènes avec une bûche dans un bois. Son autocollant est à l’envers, et lui là-bas il ne joue pas du piano, mais de l’orgue. Je marche pieds nus, nous parlons une autre langue tout à coup, et à côté elle n’a l’air de rien comme ça mais elle ne pense pas du tout comme toi. Tu te trompes sur mon orientation sexuelle. J’entretiens l’ambiguïté. Je parle ouvertement de choses qui vous gênent, vous voulez me gêner plus, ça ne marche pas comme ça. Et pourquoi cet air ahuri, cette voix changeante ? Je rêve ou tu as pris un sens interdit, mais tu n’as même pas de voiture ?
Pas seulement se faire remarquer, aussi gagner de la confiance en soi. Aussi gagner l’approbation de son propre ego ? Se faire plaisir en renversant les codes de nos propres habitudes. Ma vaisselle sera dépareillée ! On n’y gagne rien en vrai, surtout si les assiettes ne s’empilent pas bien, comment tu les ranges ? Mais je te l’accorde, c’est classe. Mais c’est parce que c’est moi. Avec le même argument, on pourrait aussi te dire que c’est vraiment con.
L’entropie, c’est classe. Et le prof de probabilités, quand il définit l’entropie comme « le bordel maximum« , est-ce qu’il ne veut pas casser notre idée du professeur qui parle toujours bien ? Il augmente l’entropie de son amphi du matin et je parierais bien une demi-pastèque que ça lui plaît beaucoup. Parce qu’il ne fait pas ça naturellement. L’autre demi-pastèque pour le fait qu’il ne dirait pas ça naturellement.
Donc, l’entropie, c’est attirant pour pas mal de monde. Je ne crois pas pourtant que nos vies soient toutes insignifiantes. Je ne pense pas non pus qu’on ait tous besoin de jouer un personnage un peu fou. Non, nous sommes un peu fous ; nous nous attirons parce que nous aimons la nouveauté.

Dis, tu ne t’es jamais présenté en disant que tu étais différent ?
Tu ne t’es jamais dit qu’au fond on était tous pareils ?

enhanced-buzz-19857-1389374773-7 réfléchir dans Chroniques d'un Gourou

Vous n’êtes pas exceptionnels. Vous n’êtes pas un flocon de neige merveilleux et unique. Vous êtes faits de la même substance organique pourrissante que tout le reste. Nous sommes la merde de ce monde, prête à servir à tout.
Fight club encore

Et c’est angoissant d’être tous pareils. Il est probable que nous ayons tous à prouver que nous ne pouvons pas être remplacés.

En vrai on ne le prouve pas, on le sait. Personne ne peut être remplacé.


Aujourd’hui, de la poésie

Des armes, des chouettes, des brillantes,
Des qu’il faut nettoyer souvent pour le plaisir
Et qu’il faut caresser comme pour le plaisir
L’autre, celui qui fait rêver les communiantes

Des armes bleues comme la terre,
Des qu’il faut se garder au chaud au fond de l’âme,
Dans les yeux, dans le coeur, dans les bras d’une femme,
Qu’on garde au fond de soi comme on garde un mystère

Des armes au secret des jours,
Sous l’herbe, dans le ciel, et puis dans l’écriture,
Des qui vous font rêver très tard dans les lectures,
Et qui mettent la poésie dans les discours.

Des armes, des armes, des armes,
Et des poètes de service à la gâchette
Pour mettre le feu aux dernières cigarettes
Au bout d’un vers français brillant comme une larme.

Des Armes, Léo Ferré (1969)

C’est sans doute un des premiers poèmes que j’ai appris par cœur. L’album « Des visages, des figures » de Noir Désir est sorti le 11 septembre 2001 (quelle date emblématique), et nous l’écoutions dans la voiture à chaque long trajet – chaque semaine mes parents roulaient deux fois deux heures. Un poème mis en musique passe le message du poème, et plus encore. Un poème mis en musique se retient plus facilement, aussi. D’ailleurs, quand tu apprends un poème, n’as-tu pas une mélodie qui l’accompagne en tête ?

Aujourd'hui, de la poésie dans Chroniques d'un Gourou tumblr_mnrhimCNdp1rj8vkao1_1280

#

Par curiosité, j’ai voulu lire des analyses de ce texte. Et j’y ai trouvé de quoi compléter un article précédent, Bleu.

Deuxième strophe : « Des armes, bleues comme la terre ». Le bleu est la couleur des artistes, couleur divine (Morbleu !) et couleur de l’amour. D’autres disent couleur de l’amour pour les artistes (tu sais, ces gens un peu différents mais/donc fascinants … Tss. Pour moi ce sont tous ceux qui s’autorisent le rêve, ce sont les autres qui sont différents). Donc oui, le bleu est une couleur chaude. Merci Julie Maroh.  Il y a aussi la dimension spatiale (pas n=3 mais l’exploration de l’espace) puisque le texte date de 1969 : il est tout frais que la Terre est vraiment une planète bleue. Mais cette dernière partie relève possiblement de la sur-interprétation (dans la catégorie : on le dit mais c’est peut-être inconscient même chez l’artiste).

Ce sont les armes qui sont bleues : il y a un rapport amour/haine puisque les armes peuvent aussi être positives ici : la poésie est une arme, les mots sont une arme, les poètes peuvent mettre le feu aux dernières cigarettes [des condamnés à mort].

Le-1er-de-la-classe Couleur dans Chroniques d'un Gourou

#

#

Analyses : # # #

(la dernière est « l’analyse des silences dans les musiques populaires actuelles », que de questions existentielles ! Haha)


Changement de base

Considérations mathématiques sur ma vie. 

Changement de base dans Chroniques d'un Gourou tumblr_nr8qm2BbgP1ted1sho1_1280#

Au début, je voulais parler de changement de dimension, mais en vrai rien, d’un point de vue extérieur, n’a changé. Seulement ma perception (et tu verras par là # ou ici # que ça m’a tracassée – comme un nain). Il y a des dimensions, prenons n=5 (au-delà ça devient vraiment dur à suivre), et il y a comment on les exploite. On les exploite toutes, c’est aussi pourquoi « changement de dimension » n’était pas satisfaisant. Exemples : je me suis pris un mur, j’ai exploité les 3 dimensions de l’espace. J’ai tellement dormi que j’ai loupé un cours de l’après-midi, j’ai exploité la dimension (4) du temps et la cinquième si c’est celle du rêve.

La base n’est pas orthonormée, j’entends pas là qu’on ne donne pas le même poids à toutes les dimensions. D’accord, pour largeur et hauteur on ne fera pas de jaloux. Mais la cinquième dimension, dans ma base, était négligeable devant les autres. Disons que le projeté de ma vie (aïe !) sur la cinquième dimension était – et est sans doute encore un peu – très petit par rapport au reste (espace et temps).

J’ai décidé de rêver. J’ai décidé que puisque je n’ai plus autant de temps pour dormir, j’allais augmenter le poids donné à la cinquième dimension dans ma base. Après tout, le rêve est indépendant du temps. 


Le mec au hasard dans le RER

Au hasard, j’ai demandé à cette personne si le RER allait bien où je voulais. Au hasard, je me suis installée dans un wagon presque vide et quand il est venu me parler j’ai continué la conversation. On ne peut pas déterminer le discours de chaque personne dans les transports d’île de France, on ne pet pas en faire une moyenne, ni même en trouver les grandes lignes. Surtout que moi, je ne suis pas d’ici et je pense que ça se voit. Peut-être que cette personne avec qui j’ai discuté était prise au hasard dans une population RER C – fin de journée. Son discours servira pour les autres, tant que je n’ai pas rencontré d’autres personnes au hasard pour contrebalancer son point de vue.

Le mec au hasard dans le RER dans Chroniques d'un Gourou Cascata-Skogafoss-Islanda_600x450

Approche tout à fait classique, du moins facile au vu de ma sale gueule : dure journée, hein ?  Fatiguant, la vie ? Bref, quelque chose comme ça. Moi, oui, je suis fatiguée : je réponds « oui ». Il s’avère que ce mec bosse dur, trois emplois dont au moins un au noir, bâtiment, ménages, « commerce » (j’ai des doutes quant à la signification du dernier). Ah non, je n’ai pas ce mérite, moi je fais encore mes études. T’as quel âge, 20 ans ? Oui, presque. Oui, après mes études je chercherai un travail.  Oui, j’ai un copain – de quoi je me mêle ? Et comment tu as amené cette question ?

Il me dit qu’il vaut mieux avoir une femme/une compagne/un compagnon français, « là ça va » parce que ça travaille, ça ramène de l’argent. Parce que la vie est chère, que rien qu’avec le loyer et les charges type électricité et abonnement téléphonique, il reste juste de quoi manger. Parce que la femme à la maison elle va demander des sous à son mari mais il lui reste, quoi, dix euros ? Lui n’a pas de copine ni de femme. Lui, il cherche.

Il m’a demandé plusieurs fois : « et à la fin, on a quoi ? ». On parlait bas parce qu’on était dans le wagon, je t’avoue que je ne comprenais pas tout du premier coup, alors on est partis au niveau des portes. « A la fin », c’est « 75 ans, la retraite ». Rien que cette affirmation, purée que c’est triste. Il m’a déjà dit que travailler comme couvreur au noir, ça veut dire pas d’échafaudage, ça veut dire tu tombes t’es mort. Ou sérieusement handicapé, et sans assurance (on s’en doutait). Ah oui ça gagne bien mieux que les ménages, mais c’est dangereux. Et maintenant il me dit que tout ça se finit à 75 ans. Qu’à 72 ans, si t’es toujours en vie, t’es susceptible d’encore monter sur les toits. Et donc, si tu arrives à 75 ans, il y a la retraite.

« A la fin », est-ce que tu restes en France ? Non, la vie est moins chère ailleurs. Encore faut-il recevoir une éventuelle retraite française. « Donne-moi le prix d’une maison à la Martinique ». Il m’a donné (puisque je ne trouvais pas) le prix d’une maison en Bretagne. Les maisons auxquelles on pense ne doivent pas être les mêmes. Nos façons de dépenser une retraite non plus. Il y a un décalage entre : je me tue au boulot avec un salaire de merde et je paye une maison luxueuse avec des employés pour faire le ménage dedans. (Malheureusement, ça ne fonctionne pas au mérite.) …Et puis je prends le taxi aussi, tiens. Après, il te reste 100 euros sur les 400 de la retraite. Pour les cigarettes ou l’hôpital  ? Je pense qu’il veut illustrer un « pas assez », un choix forcé. En vrai, la question ne se pose pas, si ?

***

Et il y a sa conception du couple, du mariage, des enfants (parce que concevoir des enfants, c’est intéressant). Je ne voulais pas faire d’article féministe ou apparenté (il y a des gens à qui ça fait peur : bouh !). Il m’arrive de faire d’autres choses, en fait. Là, je risque de retomber dans le thème, pourtant il n’est question que de société. Société et coutumes, habitudes, idées reçues.

« Par exemple, tu te maries avec moi ». Par exemple … Exemple beaucoup employé par monsieur. Tss. Plusieurs théories intéressantes à retenir : 1.Si tu ne fais pas d’enfants, je cherche une autre femme. Est-ce que tu reste célibataire ? Non, parce que 2.*Dessine un sexe féminin avec ses mains* Deux fois par semaine ! Si si, ou alors tu as un problème dans la tête. Aussi, 3. La loi t’interdit de travailler avant que tes enfants aient trois ans.

« Quoi, tu ne penses pas avoir d’enfants avant 25 ans ? Et quand vas-tu te marier ? » Il aurait pu croiser une personne « normale » qui veut deux enfants un jour. Alors que moi,  comment te dire ? Je veux planter des arbres. Et je ne pense pas que monsieur soit ouvert à cette idée. Déjà que « les enfants » se sont transformés en « un fils » pour lui au long de son discours, j’aurais pu vouloir des gosses, être un pissenlit et pourtant ne pas être d’accord avec lui.

En fait, il posait le fait d’être quittée par son mari comme un drame (deux fois par semaine !) alors que c’est pas choquant (dans sa vision des choses en tous cas) : en effet, le mari est celui qui arrive après que ton copain se soit lassé de toi. Disons que tu te maries par dépit, parce qu’il faut des enfants. Et même ces fameuses deux fois par semaine ne sont plus un argument, puisqu’il m’a dit qu’une fois les enfants faits, le mari se détourne de sa femme. Alors, on se découvre un problème dans la tête ?

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Quand je suis descendue du RER, il m’a dit qu’on pouvait se rappeler. Je ne connais pas son nom, encore moins son numéro, c’est la personne au hasard dans le RER, peut-être que j’en verrai d’autres.


R-Entrée (Tag)

Il y a eu la rentrée, il y a aussi autre chose. Ce n’est pas pour rien que je réponds au tag de Dans un monde de grands, c’est aussi ce dont je me rapproche : le monde des grands.

C’est plein de choses banales, plein d’autres choses surprenantes. De l’incohérence, beaucoup de conneries, de quoi se préparer à plonger dans ce qui est sans doute beaucoup trop sérieux pour nous.

Ce n’est pas seulement une n-ième rentrée, c’est une entrée : Coucou !

Et maintenant, je raconte ma vie, sans parler de cuisine :D (C’est tout l’intérêt du Tag…)

 Aimes-tu l’école ?

J’aime l’école. Pour moi, ça a toujours été un tout : les cours, les récrés, les gens, l’environnement. Le logement aussi, et ce bien assez tôt. L’école, depuis que j’ai dix ans, c’est aussi ma maison. C’est l’endroit où sont mes amis, c’est là où je fais mes expériences, c’est là où je teste mes limites. Cela dit, je n’ai pas testé beaucoup de limites… L’école en général est à différencier pour moi de l’endroit où ont lieu les cours.  Je suis à l’étroit dans une classe, je crains l’autorité. L’école, c’est plus que ça. Ce que j’aime, c’est ce que l’on construit à l’école.

 En quelle classe passes-tu ?

Je passe en classe de … Non. J’entre en école d’ingénieurs (youpala yoloyolo !). Je suis une NainA (Comprendre première année).

 Quelle a été ton année préférée ?

L’année de 4ème a été mon année de collège préférée, je crois. C’est celle où j’ai voulu connaître tout le monde, celle où je vivais chez des bisounours, l’année où il n’y avait plus de différences entre les gens : je les aimais, et ils n’avaient pas de raison de me haïr.

Au lycée, j’ai vécu trois années assez différentes. En prépa, deux années incomparables entre elles. Toujours, il y a eu du bon et du mauvais. J’y ai eu des occasions terribles que je n’ai pas su saisir, j’y ai vécu des moments de folie (folie douce, rassure toi) et j’ai reporté les autres bons moments trop loin. Ce sont les années où on nous dit « profite ! » et où on ne sait pas comment profiter, comment rentabiliser ces années puisque après, il paraît qu’on ne s’amusera plus. Puisque qu’après, il paraît que le monde des adultes est morose.

Quelle est ta matière préférée ? Et celle où tu es la plus nulle ?

Ma matière préférée est aussi celle où je suis la plus mauvaise. Alors elle change, puisque je me mets à préférer la matière où je m’en sors mieux. J’ai aimé, j’espère que j’aimerai encore les maths. Mais après une classe de Maths Spé, j’ai tendance à douter… Les maths sont devenus ma matière la plus faible, et de loin. Alors nous verrons.

Cette année, j’ai des cours de sciences humaines à suivre, et vraiment ça me motive beaucoup. Pour ça aussi, nous verrons.

Réponds-tu à tes profs ?

Répondre aux profs, maintenant, c’est plutôt bien vu. Et … non, je n’ai pas assez répondu aux profs ces quelques derniers semestres. Dans ma lointaine jeunesse, je ne répondais pas mal aux profs non plus. J’ai toujours eu peur de l’autorité.

As-tu déjà été déléguée ?

Je n’ai jamais été déléguée de classe, je voulais toujours être la remplaçante. Il y a toujours des choses plus importantes : la gestion du self au lycée, par exemple. Là, j’ai défendu les intérêts de ceux qui vivent à l’école, parce que manger c’est la vie. Là, j’ai demandé du lait bio et local au petit dèj contre de la poudre à l’eau. Là, il y a des magouilles à déceler.

As-tu changé de collège ?

Mes déplacements se sont faits en fonction de mon passage de l’école au collège, du collège au lycée, etc. Je n’ai jamais changé d’établissement en cours de route… La chance d’avoir un parcours tout tracé jusqu’au bac :)

Quel est le poids de ton sac ?

Mon sac est actuellement quasi-vide. Il était inexistant au collège et toujours posé sur des étagères au lycée. Il a connu un pic d’activité en prépa, où il était plutôt lourd – et volumineux. #650nuances de polys !

Mon sac. Avec dessous des chaussures de cross, devant mon agenda de 1ère et des bouquins.
J’ai changé d’agenda depuis.

 Ton sport préféré à l’école ?

Les cours de sports devenaient une activité agréable dès qu’il y était question de sports individuels.

 A quelle heure te couches-tu quand tu a cours le lendemain ?

L’heure à laquelle je me couche le soir augmente avec les années, et entre actuellement dans le domaine du lendemain matin. Ce qui est bien cette année, c’est que l’heure de mon réveil recule – du jamais vu depuis le collège !

 La distance entre ton établissement et ta maison ?

Durant la plus grande partie de ma scolarité, l’établissement scolaire était ma maison.  Donc pas énormément de temps perdu sur le chemin.

Ta popularité ?

La popularité, c’est subjectif. Mais la peur de l’autorité, c’est aussi être impressionnée par tout ceux qui sont un peu trop grandes gueules. C’est donc avoir l’air snob et renfermée auprès d’eux. C’est donc ne pas les côtoyer, sur un commun accord.

Quand je deviens la grande gueule, c’est une autre histoire, et c’est une affaire à suivre…

 Est-ce que tes profs sont bons ?

Et puis bien sûr que mes profs sont bons ! Toutefois, avec les années on se retrouve avec des gens tellement bons dans leur matière qu’ils n’ont pas considéré l’intérêt de la pédagogie… On ne peut pas être bons partout.

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Et puis une photo de ma trousse et de mon agenda. J’aime beaucoup cette trousse, ça change de la chose en plastique moche que j’ai eue pendant des années :)

Le Cas Cis

Le Cas Cis dans Chroniques d'un Gourou tumblr_nskdncgHA91ted1sho1_1280 #

Hier, j’étais chez le médecin, et surtout, avant, j’étais dans la salle d’attente du médecin. Tout comme le dentiste ou … le dentiste, le médecin généraliste est abonné à des magazines scientifiques type Voici, voilà, et j’en passe. Mon médecin propose entre autres Paris Match, Ouest-France (ce qui donne à la pile de revues un aspect bordélique à souhaits – essayez de replier proprement un journal que vous venez de lire), et enfin Psychologies magazine.

Dans Psychologies, il y a une rubrique formidable où les gens posent des questions à une psy, avec une partie spécialement dédiée aux enfants (moins de 12 ans je crois). C’est après le sordide épisode de « Comment expliquer à ma mère que je n’aime pas que mon oncle me viole ? » que j’ai trouvé la question d’une fille de 6 ans : Je voudrais être un garçon.

Oooh, trop mimi, une fille de 6 ans qui ne veut pas être une fille ! Est-ce qu’à 6 ans, je ne voulais plus être une fille ? Est-ce que ça m’a pris plus tard ? Toujours est-il que je m’identifie à cette gamine (plus qu’à celle qui a une famille sordide, dieu dame nature merci). Évidemment, j’ai été déçue de la réponse.

Il est vrai que ça serait mal placé d’annoncer à la petite fille – ainsi qu’à ses parents – qu’il existe des traitements hormonaux, des opérations chirurgicales, pour remédier à son problème. Après tout, c’est une petite fille, on ne sais pas si elle est trans, ses parents ne savent même pas ce que c’est, au secours, c’est peut-être un problème mental. Après tout, ils ont recours au magazine Psychologies et pas à un suivi psychologique digne de ce nom (#lapsychalalyseauraitpuchangermavie).

Attention, je ne dénigre pas le magazine en question – ni ses lecteurs – , qui est quand même assez complet et diversifié, je l’ai préféré à Paris Match pour attendre mon tour, et puis ma mère et ma sœur le lisent à la maison.

Toutefois, dire à cet enfant : « Tu ne peux rien y faire, c’est impossible de naître une deuxième fois dans un  autre corps », ça lui casse le mythe de la réincarnation, et ça lui casse le mythe de « la gentille psy va te rassurer ». D’accord, un psy n’est pas destiné à entretenir des mythes, pourtant je trouve qu’avec les enfants, il vaut mieux les amener à se poser des questions et à réfléchir par eux-mêmes (d’ailleurs, pas seulement avec les enfants), plutôt que de leur asséner une vérité indiscutable avant de développer une réponse.

De plus, la suite de la réponse de la psy m’a également agacée. Trop de clichés à mon goût.

cassis

Tu veux être un garçon car tu préfères le corps de ton frère ? Tu sais, avoir un sexe externe c’est pas forcément le top.

Parce que c’est bien connu, vouloir être un garçon c’est vouloir un pénis. Vas-y que je te calque un fantasme masculin sur une petite fille. D’ailleurs, peut-être même pas un fantasme masculin. Je ne sais pas comment l’appeler. Mais garçon = pénis, c’est un peu rapide. On ne naît pas garçon, on le devient ! Ou peut-être qu’à la naissance, il y a ceux qui ont un pénis et ceux qui n’en ont pas. C’est d’ailleurs comme ça qu’on fait la différence à la maternité, mais je ne crois pas que la fillette demandait à ce qu’on lui trouve un pénis quand elle est sortie de sa maman.

A croire que la psy a vu : « Je veux être un garçon » =  « Changez mon acte de naissance et assignez-moi un sexe masculin »

 

Le corps féminin est formidable, tu peux faire des bébés avec, et ça les garçons en sont jaloux.

Ça ne se discute pas, les femmes (les personnes avec un corps de femme) peuvent effectivement être enceintes pour la plupart. Les garçons qui sont jaloux, pourquoi pas, ça peut être intéressant de faire l’expérience d’être enceinte et ils ne peuvent pas la faire.

Mais toujours pareil, « femme = corps de femme« , zut ! Être psy ne nécessite sans doute pas la connaissance parfaite de la définition du cisgenre, mais savoir faire la différence entre sexe assigné à la naissance, identité personnelle, corps, ça fait partie des outils pour mieux s’exprimer.

Quand on ne veut pas être une fille, l’argument « mais siiii, tu feras tout plein d’enfants » ne fonctionne pas très bien, croyez-moi. Comme si faire ce qui correspond au sexe biologique – assigné à la naissance (il y a une nuance entre les deux, mais ça devient trop compliqué)- allait permettre à l’identité personnelle de s’aligner avec. 

 Féminisme dans Chroniques d'un Gourou

Ne soyons pas aussi extrêmes que l’Odieux Connard l’entend, mais les mots existent, utilisons-les !
(Si tu as le temps, l’image est un lien vers un article plutôt génial)
 

 Même s’il est possible que cet enfant ait voulu un sexe de garçon, il est bien plus probable qu’elle ait voulu être de sexe masculin.  Plus précisément, de genre masculin.

D’ailleurs, je t’invite à faire cet effort : quand il y a « sexe » dans une phrase, essaie de remplacer par « genre », c’est parfois plus adéquat, et ça évite les confusions. Bon, parfois, tu peux laisser « sexe »… (Quoi, ta copine est accro au genre ?)

On dit que c’est autour de 4 ans que l’on fait la différence entre garçon et fille. Pourtant, à l’école, on ne se promène pas à poil, donc la différence ne se fait pas a priori sur le sexe interne ou externe. Sur quoi se fait la distinction ? Quand mon neveu lui demandait, ma sœur lui a expliqué que les filles avaient les cheveux plus longs que les garçons. J’ai connu ma sœur avec des cheveux très courts (moins de 10 cm) pendant plusieurs années, pourtant elle est restée plus féminine que la plupart des métalleux du Motocultor. Enfin, elle est restée une femme, quoi. Et elle a même eu un enfant (quel corps formidable !).

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Motocultor festival. Que j’aime ce nom. J’ai d’abord voulu mettre une photo plus « cliché », mais j’ai préféré celle-ci.

Je ne sais pas sur quels critères les enfants s’assignent un genre. Je sais juste qu’ils n’aiment pas qu’on se trompe.

Des idées ?

(T’as le droit de me dire aussi que je pars trop loin et qu’en fait avoir un pénis, c’est cool. Juste : dis moi pourquoi)


Stered

Txtvie

Puis elle a levé la tête, a vu les nuages et s’est souvenue. Souvenue de ce soir d’hiver, cette nuit de février où elle est partie courir sous les étoiles. Il faisait froid et sec, la route était vide d’humains et de lumière, seul le ciel était l’éclaireur. Elle s’est souvenue les étoiles blanches et froides, elle s’est souvenue la douceur de cette nuit vide, le frais dans les poumons, la boue jusqu’aux chevilles. Accélérer à chaque phare de voiture au loin, à chaque bruit de moteur qui approche, histoire que personne ne la voie – histoire de ne voir personne alors qu’elle porte un short taille 12ans. Tu es sûre que tu veux sortir toute seule la nuit ?

Tout l’intérêt de la nuit froide de février est qu’on est toute seule. Et puis elle se répète souvent « Je suis invincible ». Pas consciemment, mais tout de même. Elle se sent invincible la nuit, elle se sent invincible quand elle court dans la boue. « Je suis invincible » quand elle prend l’avion, quand elle se retrouve seule dans une capitale étrangère. Elle se sent invincible quand elle se promène avec des inconnus, elle se croit invincible quand elle part loger chez un autre inconnu.  Pas face à la feuille blanche ou quadrillée, où « je peux le faire » devient « je vais le faire », pas face au tableau où tout ce qui reste est « je dois le faire ». Et pourtant …

Elle lève la tête et se souvient les étoiles froides de février. Puis se souvient du paquet d’étoiles de la semaine dernière, ce paquet dont sortaient les étoiles filantes.

Étaient-ce les mêmes étoiles ?

Alors que je cours, alors que je marche, alors que tout change autour de moi, ces points blancs restent là. Alors que je me prends pour Jules César, alors que j’écoute de la musique qui me rend nostalgique sans qu’elle ne me rappelle rien, le ciel reste imperturbable et beau.


Ma vie en cloques

Mes articles estivaux seront décidément marqués de « ma vie … ». En effet, si on parle de vacances d’été c’est bien pour y prendre du temps pour soi – en tous cas pour moi.

D’autres auraient appelé cet article « Ce que j’ai aimé depuis fin Juillet ». Dans tous les cas, il risque d’être long et futile

Commençons par un guide pratique de départ en randonnée !

Mise en situation : Vous voulez partir quelque part où c’est joli.

  • Prenez une carte. Repérez des villes pas loin du truc joli en question (ex : la mer)
  • Armez-vous d’un carton et d’un marker noir. Si vous doutez de la bonté humaine ou de votre sex-appeal ou quoi que ce soit d’autre, prenez aussi des markers bleu, vert, rouge pour dessiner des fleurs ou mettre en relief ce que vous aurez écrit en noir.
  • Faire du stop sur une aire de covoit c’est marrant, vous pouvez faire coucou à des gens qui ont payé pour le trajet que vous allez faire gratos
  • Quand le gentil conducteur vous a pris dans son véhicule, précisez : « on va quelque part où il y a [insérez l'endroit joli] « . Avec un peu de chance, lui aussi va à la mer et il vous déposera même sur la plage.

Locquirec

Remise en situation : Vous voulez randonner où c’est joli. Dans le cas de la plage, vous avez le sentier côtier. Dans le cas général et favorable, vous avez un téléphone avec de la batterie et google maps. Dans le cas général et classique, vous avec un sens de l’orientation et une carte. Pour se marrer, peut-être même une boussole.

  • Attention, on ne prend pas un itinéraire pour voiture au pif à l’office du tourisme, vous risquez d’avancer beaucoup moins vite que prévu.
  • Pour randonner, on met des chaussures, c’est plus pratique
  • Pour randonner, on met des chaussures de randonnée, c’est mieux
  • Prévoyez quand même une tente si vous partez pour plusieurs jours. Vous trouverez des campings sur votre chemin si votre endroit joli est touristique. S’il n’est pas touristique, vous trouverez des endroits déserts où vous poser. Une tente, parce que malgré la bonté humaine, votre sex-appeal et malgré tout le reste, vous risquez de ne pas vous faire héberger par la mamie de coin, et il risque de pleuvoir (ou de faire froid) la nuit.
  • Au pire, prévoyez un sac de couchage étanche. Ou allez en Islande, il n’y fait jamais nuit en été, vous n’aurez pas à trouver d’endroit où dormir. 

Mise en situation encore : Vous n’avez pas trop tout suivi. En tous cas pour la partie chaussures, vous avez fait n’importe quoi. Vous rentrez chez vous en boitant grave

Vous posez avec vos panneaux de stop dans votre canapé.
Vous posez avec vos panneaux de stop dans votre canapé.

Poursuivons avec un petit topo : Respecter son corps.

Être capable d’exploits physiques, c’est sympathique. Exploser ses pieds en randonnant n’importe comment, ça l’est moins. Ou faire un malaise pendant un footing rien que pour semer un mec dans une côte, pareil.

PiedI am a warrior ! And I marche on my genoux !

Ce que j’ai aimé depuis fin Juillet

Cet intitulé est décidément bien pratique.

  • Marina. Ouais, spéciale dédicace à la personne qui attendait le plus cet article. 
  • Mon déménagement, ou plus particulièrement la soirée avant. Désolée d’avoir profité de vous les gens, ça n’était pas vraiment prévu. Toujours est-il que vous êtes trop chouettes !
  • Débarquer à Nantes Vigneux et retrouver des gens après une année, et plus si affinités (et moins si j’ai eu de la chance avant).  D’ailleurs, je referais sans doute un article sur l’amitié bientôt, parce que c’est fabuleux ce truc.
  • Être admise dans une école d’ingé. Il y aura sans doute des choses à dire. 
  • Aller se baigner dans la mer à 20h et avoir la plage pour juste moi et ma maman. Regarder les touristes se promener en parka et bottes pendant qu’on nage. S’asseoir dans 20cm d’eau et attendre de se faire renverser par une vague. Regarder les nuages roses, oranges, et le soleil qui se couche en dessous. Ça donne envie d’avoir quelqu’un à aimer de se rouler dans le sable, de courir dans l’eau, d’escalader les blockhaus, de nager jusqu’à Groix, de manger de la salade. En faisant attention, toujours, à ne pas ré-exploser mes pieds.
  • Se déguiser en hippie festivalier, retrouver des amis (après deux semaines) en cherchant un point déchet, crier Pascaaaaaaaal !

Ma vie en cloques dans Chroniques d'un Gourou tumblr_myuql0fPrC1qjozueo6_r1_250

Trugarez Nolwenn :)
  • Attendre avec impatience le prochain festival. Attendre avec impatience puis retrouver d’autres gens. Entre-temps, faire un gâteau, tondre des fougères, nettoyer la cabane des moutons.

Bref, je n’avais pas eu de vacances depuis longtemps. Bref, cette année je ne serais pas sortie du territoire national. Bref, ça fait longtemps que je n’ai pas suivi ce qui se passait -entre autres- sur les autres blogs, je vais avoir trop de choses à lire.

 

 


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