Je n'ai qu'une chose à te dire…


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Quel engagement ?

Quel engagement ? dans Chroniques d'un Gourou img_2011

A défaut de cultiver mon jardin, qui n’est que mottes de terre sèches et désordre, à défaut de rechercher le bonheur dans les choses simples, en travaillant comme Candide # (quoi que…), j’ai lu. Cet été, j’ai pris le RER, le métro et le train #. Et j’en ai encore pour deux semaines.

Et, sur ces sièges où des millions de derrières se sont posés, où des millions de gens ont transpiré cette semaine, on trouve le temps d’ouvrir un bouquin et d’oublier le monde autour.

Cet été, j’aurais compensé le manque d’engagement et d’action que je me reproche # par de la lecture — par de la culture.

1984_m10 conscience dans Chroniques d'un Gourou

Je t’ai déjà parlé de Effondrement # . C’est celui qui m’a pris le plus de temps, parce qu’en plus d’être un pavé, c’est pas une histoire qu’on raconte, c’est l’Histoire qu’on questionne.

Une de mes grandes victoires, un accomplissement peut-être, c’est 1984. Si tu regardes la présentation que j’ai faite de moi l’année dernière # , tu vois qu’il est dans une liste privilégiée (OK, Effondrement l’était aussi). De plus, c’est le premier bouquin que j’ai lu en anglais (on ne s’en doute pas en regardant la tranche, sauf que… regarde : ce n’est pas imprimé dans le même sens. Ah, ces anglais !), et je l’ai bien vécu.

A part que je ne me suis pas encore tout à fait réconciliée avec « Ce qui fait de nous des humains, c’est l’amour » et autres dérivés, c’est bien un livre « culte », beaucoup de monde en a entendu parler, a entendu parler de Big Brother, de Newspeak (ou « novlangue »). C’est un bon livre, qui ne laisse pas sans réaction (pendant la lecture comme à la fin).

Prévert et Charb, je les ai lus fin juin. Le Petit traité d’intolérance, je le recommande chaudement, il m’a vraiment beaucoup fait rire. Tu sais, ce rire que tu n’arrives pas à retenir, mais tu sais que tu es dans un train, qu’il n’y a  pas un bruit et que les gens vont se demander ce que tu fais. Ce rire où tu serres les dents pour ne pas déranger tes voisins mais ça déforme ton visage, et ça tes voisins ont dû le remarquer encore plus.

Prévert, c’est beau. Parfois c’est cru, méchant, cynique. Aussi engagé, anticlérical, ou juste bizarre. Et avec ça, il te donne envie de vivre, envie de croire à l’amour.

 

Et puis il y a Vallès (… # qu’est belle comme un soleil, et qui m’aime pareil que moi j’aime…), Vallès qui écrit la deuxième moitié du XIXème autour d’un personnage, et ce personnage c’est lui. L’enfant, Le Bachelier et L’insurgé, c’est l’autobiographie romancée de ce gars, ce qui l’autorise à ne pas vraiment écrire une autobiographie. Je suis en train de lire l’Insurgé.

Parfois, il m’agace profondément, avec ses idées de révolutionnaire lettré, qui se permet de choisir qui est digne d’être « le peuple » et qui ne l’est pas. Prenons le chapitre XIV, Le Bachelier :

« Le peuple ! Où est donc le peuple ici ?

Ces meneurs de bateaux, ces porteurs de cottes, ces Bas-Bretons en veste de toile crottée, ces paysans du voisinage en habit de drap vert, tout cela n’est pas le peuple ! « 

Eh bien mon grand, on comprend pourquoi tes idées de révolutionnaire n’ont pas pris partout, on comprend pourquoi ces idéaux de Jacobins puissent être rejetés. Tu veux te battre pour le peuple, mais seulement le peuple qui te plaît. Seulement quelques parisiens et quelques paysans du coin où tu es né. Bref.

Il y a aussi du bon, tiens :

« Des femmes partout – Grand signe !

Quand les femmes s’en mêlent, quand la ménagère pousse son homme, quand elle arrache le drapeau noir qui flotte sur la marmite pour le planter entre deux pavés, c’est que le soleil se lèvera sur une ville en révolte » (XV, L’insurgé).

OK, la femme est une ménagère avec une marmite, mais j’aime bien cette image tout de même.

Ces livres, ce sont un morceau d’histoire qu’on ne connaît pas toujours bien, l’histoire du second empire et d’une révolution ratée. Des jeunes qui font de la politique, s’emportent et veulent se battre, en se figurant ça aujourd’hui ça fait tout drôle. On y apprend aussi tout plein de noms, je sais maintenant qui était le mec qui a donné son nom à la rue où j’habite, pareil pour quelques stations de métro.

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Je n’ai pas la prétention de me lever pour aller jeter des pavés. Je n’ai pas celle du poète engagé qui lutte avec du papier. Je ne suis pas celle qui empêcherait un régime autoritaire et liberticide de se mettre en place, ni celle qui sauvera notre société d’un effondrement possible. Je ne vais pas vous faire rire.

Ces livres le font. Ces livres ont en eux l’espoir que quelqu’un ou quelque chose le fera. Ces livres transmettent l’espoir de quelque chose de beau, je crois.

 

En attendant, je vais cultiver ce jardin de terre sèche pour manger du persil demain.


Boulot métro dodo

Boulot métro dodo dans Chroniques d'un Gourou

Voilà une bonne expression de parisien (dont j’ai changé l’ordre des mots, elle me va mieux comme ça). Celle qui me faisait doucement sourire, comment peut-on ne pas avoir de vie à ce point ?D’accord, peut-être les métiers physiques. Oui, c’est une expression de travailleur à l’usine.

Ça fait maintenant un mois que je prends les transports parisiens matin et soir. Quand je rentre, je mange, je regarde une série et je dors. Le matin, je me réveille 25 minutes avant de partir prendre le RER. Et voilà.

Non, je n’ai pas vu que M. Valls a utilisé trois fois l’article 49-3.
Non, je n’ai pas remarqué que l’état d’urgence était encore prolongé.
Le 14 juillet, j’ai quand même vu qu’il y avait eu un « acte terroriste ».
Non, je n’ai pas vu qu’en Turquie le président affirme sa position de dictateur.
Non, je n’ai pas vu que lui aussi instaure un état d’urgence pour justifier le non respect des droits de l’homme.
Non, je n’ai pas accédé à d’autres médias que Le Monde …

Il y a plusieurs types de routines, et parmi elles il y a celles qui nuisent à l’intellect et à la réflexion citoyenne. Le terme de temps de cerveau disponible est plutôt adapté.

Mais quoi, en rentrant je mange et je regarde une série ? Une série. Qui n’est pas Utopia. Qui laisse ma réflexion en pause encore un peu, puis je dors, puis je lis dans le RER. Où est mon temps de cerveau disponible ? Seulement dans mon bouquin du RER. Et encore, c’est canalisé par le bouquin. Réfléchir m’angoisse. Je n’ai pas le temps alors je retarde l’échéance.

Oui, quoi, j’ai vu les nouvelles. Et non je ne dis rien. J’y penserais plus tard. Mais pu…rée, plus tard ce sera trop tard !

Et quand le soir, une fois tous mes écrans éteints, je mets accidentellement mon cerveau en route, je me sens mal. Je ne comprends pas pourquoi, je cherche des raisons débiles, je trouve les choses impossibles et me dis que ce sont les solutions à mes problèmes. Puis je m’endors, je me réveille, RER, bureau informatique, RER, manger, dormir. « On verra ce week-end ».

Je ne sais pas si le problème est que je le prends comme un fatalité alors que j’ai le choix ou que justement les choix sont affreusement restreints.


Les gardiens, la paix

Deux policiers ont été tués à leur domicile parce qu’ils étaient policiers #. 50 personnes de la communauté LGBT ont été tuées parce qu’elles étaient de la communauté LGBT #. Des supporters de foot se tapent dessus parce qu’il faut bien un moyen de célébrer l’esprit sain du sport. Je vais plutôt parler des premiers, là.
Cela fait des mois que les « forces de l’ordre » ont du boulot sur plusieurs terrains. Il y a l’état d’urgence, il y a d’autres attentats, il y a l’euro de foot, des tensions à Calais entre immigrés. Il y a le gouvernement qui veut passer des lois que du monde trouve injuste. Question en l’air : que devient Nuit Debout ?
Fin avril déjà c’était limite. M’interrogeant sur les violences policières devenant trop importantes (en Bretagne notamment), je suis tombée sur l’article du monde disant qu’ils étaient fatigués. Fin avril, ils disaient que l’euro de foot, « intouchable » parce que trop médiatique, pourrait être de trop. Aujourd’hui, le gouvernement envisage l’interdiction de manifester. Déjà que l’état d’urgence a été prolongé…

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Manifestants à Rennes

Comme on dit souvent avec un peu de peur ou d’espoir dans le regard, « il se passe quelque chose », à grande échelle. On se croirait dans les années 20-30, quand il y avait des révolutions, des utopies, des régimes totalitaires qui s’installaient. Aujourd’hui, le monde est violent. Que ce soient les attentats, les gens qui se battent sans raisons, les manifestants qui perdent un œil par tirs de flash-balls faisant face aux CRS qui finissent parfois, eux aussi, blessés. Que ce soient des reculs identitaires, communautaires ou des élans de protestation contre des grands projets inutiles. (Attention, je les mets côte à côte mais il y en a que je soutiens et d’autres qui m’indignent)
Ouais, vous savez peut être que je suis de ceux qui, comme Siné, conseillent : « Si vous hésitez, dites-vous bien qu’ils sont payés pour recevoir des coups, alors que vous ne l’êtes pas ! » #. Mais il y a du monde qui fait flic (peut-être pas CRS, j’ai du mal avec les nuances de bleu) pour combattre le crime. Ils pensent qu’ils vont changer les choses et on les case dans des bureaux à remplir des dossiers de plaintes pour agression. Quand ils trouvent un présumé coupable, ils doivent lui faire signer une décharge pour pouvoir aller le chercher chez lui. Bref, si c’est le cas c’est pas encourageant. Alors parfois, on entend parler de dérives, souvent, il doit y avoir des perquisitions chez des innocents parce qu’ils ont peur, ils en ont marre, l’effet de groupe… Je ne sais pas. Je n’ai plus la source mais ça arrive, les abus.

Les mots perdent leur sens (#). Les ordres reçus ne sont probablement pas les ordres attendus, et pour éviter les débordements on met des papiers, des dossiers, des déclarations comme intermédiaires. Mais quand on étouffe on n’a de choix que se débattre pour avoir de l’air. C’est violent et c’est un réflexe.

Alors, soyons prêts à quelque chose. Ou à éviter quelque chose. Mais n’ayons pas peur, pas trop, c’est ce « qu’ils » veulent. Eric Hazan écrit : « Si nous voulons qu’elle vienne, cette fin libératrice, il faut nous organiser dès maintenant comme si elle avait déjà eu lieu ». Alors voilà, dis-toi qu’il y a eu une révolution, il faut maintenant construire le monde de demain. (Ceci suppose que les révolutions sont destructrices, mais tu feras comme s’il n’y avait rien)

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Manifestants anti-nazis en Allemagne, mars 2016


L’organe qui pompe ton sang

L'organe qui pompe ton sang dans Chroniques d'un Gourou RonaAmour
Extrait d’un article de Ronia. Je vous invite à le lire si vous êtes intéressés par la vie des gens (c’est un article très personnel – et touchant/vrai/je ne sais pas).

Alors voilà. On a tendance à beaucoup dire que c’était mieux avant. On a tendance à ne pas trop accepter la nouveauté, même si de loin ça a l’air chouette. La dialectique, le mal nécessaire, au fond on les évite. C’est juste l’argument des autres. T’es sûre que tu veux changer ? C’est déjà bien comme ça non ?

Et puis il y a la conception de l’amour, pardon je n’ai pas mis la majuscule, qui est supposée avoir changé avec le temps. Je crois qu’il y a un malentendu. En fait, ce qui a tendance à m’agacer, c’est que n’importe l’endroit où tu trouves des références à l’amour, l’état amoureux, c’est un peu toujours la même chose. Quand l’époque change, le vocabulaire change un peu, que ça soit du théâtre ou des bouquins. Ou ta grand-mère qui te raconte sa jeunesse.

D’accord (d’accord !), il n’y a pas vraiment de définition et ce qui revient est de l’ordre de l’inexplicable, du surnaturel. Avec des conséquences physiques. (Des conséquences physiques supeeeeer bizarres, quand on tombe amoureux, d’ailleurs)

Ce qui est vexant (moi, ça me vexe), c’est que quelque soit l’époque où on te décrit on couple, au delà d’être toujours pareil, on se rend compte que c’est pareil pour nous. Et moi je veux cultiver ma différence alors je veux que rien en moi ne soit pareil que les autres. Bref. Toi qui lis, tu es d’accord que c’est un peu pareil ? Ou alors tu as réussi à trouver un moyen pour que ta vie soit exceptionnelle et c’est un secret que tu ne veux pas partager ?

Et à ce moment là, quand j’entends/lis/devine cette phrase « L’amour, c’est plus ce que c’était » ou alors « De nos jours, les gens ne savent pas ce que c’est l’amour » je me dis qu’il y a un malentendu. Oui j’ai déjà écrit ce mot je tourne en rond. C’est indépendant du temps, et c’en est presque dommage, alors qu’avez vous à vous plaindre ? Ce qui a changé, c’est qu’il y a la contraception, et surtout une certaine libération des mœurs (n’est ce pas ?), qui fait que plein de gens baisent quand ils veulent – Excusez moi de ce terme cru, c’est compliqué de trouver un terme qui me plaît. Et je ne vois pas pourquoi, là, on dirait que c’était mieux avant.

Je ne vois pas pourquoi une personne qui choppe en soirée peut encore aujourd’hui se faire traiter de salope (oui, cette personne est souvent de sexe féminin), et ça pour le coup c’était pas mieux avant. Parce que ce genre de remarques c’est pas pour défendre la beauté et la pureté de l’amour. Aujourd’hui, ce qui a changé, c’est qu’on fait la différence entre le truc bizarre qui fait que des gens sont amoureux et que les gens aient envie/besoin d’avoir des relations sexuelles – c’est mieux comme terme ? Modulo les couples ou seule une personne est dans le cas « truc bizarre », je ne vois pas le problème.

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“You will always hold a special place in the organ that pumps my blood. I will remember you fondly, my turtle duck.” -Eska

 

Y a t il quelque chose qui te choque dans ce que j’ai écrit ? C’est incomplet ? Dis moi :)


Rassemblement, vraiment ?

Un article du Monde parlait récemment des commissions féministes mises en place, où seules les « meufs et minorités de genre » sont acceptées. Et cela pose des problèmes.
Ce n’est pas la première fois que ce genre de chose est mise en place, c’est même plutôt courant à chaque fois qu’un mouvement social est prolongé de cette façon. La dernière fois que j’en ai entendu parler, c’était une initiative prise sur la ZAD de Notre-Dame des Landes. On me dit au loin que ça a même été théorisé il y a 40 ans. Tiens donc.  Puisqu’il y a des gens ouverts aux alternatives, les minorités osent s’affirmer, et donc se différencier.

… et donc se mettre à part.

Est-ce une bonne solution pour être accepté.e.s ?

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Il existe une importance sociale à la non-mixité, celle qui a fait qu’aux états-unis, pendant le mouvement pour les droits civiques, les noirs se séparaient des blancs pour discuter entre eux de l’oppression, et ainsi ne pas faire de peine aux « bons » blancs qui les soutenaient. Ce n’est donc pas non plus un moyen d’exclure les blancs, pour une fois que c’est eux, parce qu’en fait noirs et blancs étaient mobilisés pour la même chose.
Créer un espace où les « dominés peuvent prendre conscience des pratiques d’oppression » (bah, je n’aime pas constater l’injustice quand elle est dite « dominants contre dominés »),  c’est aussi censé n’être qu’une étape. On espère ne plus en avoir besoin après.

Mais voilà, les gens ne sont pas contents. Soit, en voulant l’éviter, on fait tout de même de la peine aux « bons » hommes cisgenres, soit on renforce le sentiment d’exclusions de certain.e.s (du style moi, qui ne comprend pas vraiment comment les choses peuvent avancer si on ne s’adresse pas aux « dominant » que je hais ce mot).

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Encore cette image, que je l’aime, qu’elle est pratique !

Après, au delà de l’exclusion et tout, c’est pratique parce que ça libère la parole. Et sinon, ça rappelle aux gens que les inégalités existent encore. Quand ces commissions écoutent qui prend la parole, on remarque que moins de femmes prennent la parole. Soit qu’elles sont moins nombreuses, soit qu’elles « souhaitent moins prendre la parole ».

Et puis ça permet de remarquer, à travers les réactions des gens, qu’il y ceux qui ont seulement envie de pouvoir participer au débat – qui ne veulent pas « être dépossédés du débat », et puis il y a les autres qui s’avèrent être plutôt réactionnaires (oui, j’ai pris une cible facile, et ce parce que je n’ai pas envie d’aller traîner sur des sites avec de vrais réactionnaires, ça risquerait de m’énerver).


Vide d’air

Je dénigre les gens qui racontent leur vie parce que je n’assume pas ce que je fais. Je crois.
« Mais qui lit la vie des gens ? » « C’est du voyeurisme ! »
… Non, je ne lis pas vos blogs pour augmenter mon score au griffor. Le voyeurisme, c’est pas mon truc. D’ailleurs, j’arrête de lire quand ça devient gênant, parce que là, sérieux, il y a des choses qui n’ont d’intérêt pour personne (Oh, quelle violence dans mes propos. Il faut de tout pour faire un monde, je concède). Mais je lis vos blogs parce qu’ils m’intéressent. Il y a toujours quelque chose à comprendre ou à apprendre.
Tout ça pour dire, attention, je vais raconter ma vie.

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Putain du coup je sais plus ce que je voulais dire. Mince. Il y a cette histoire (glauque) de conception de l’amour (glauque) en rapport avec le film vu hier, il y a l’alcool que je vais me mettre à haïr mais pourtant je suis curieuse. Il y a les violences policières et la nuit debout et mon manque d’engagement, il y a un balcon où j’ai planté du persil. Il y a le vide, de temps en temps, trop souvent. Il y a le temps qui manque, ou qui tombe dans le vide.
Tu n’est pas voyeur.se, tu lis juste des choses que j’estime pas importantes. Tu lis seulement des choses que j’écris comme ça.
Bientôt je vais écrire des choses pertinentes, j’espère.

Excusez moi.


Critique : la faute au langage ?

Une amie anglophone, plus précisément trilingue, nous disait un jour que le français manquait de beaucoup de termes. Qu’il y a des mots uniques dans cette langues pour lesquels l’anglais donne un paquet de synonymes pas vraiment synonymes. Les nuances sont subtiles mais nécessaires. A cela, on peut opposer que les « synonymes » français ne sont juste pas employés dans le langage courant. Pourtant ils existent. Cette langue est utilisée pour faire de la littérature, et pas qu’un peu, ça serait dommage qu’elle soit pauvre.

Toujours est il que parfois, les mots sont ambigus. Et que quand ils sont inscrits dans la loi, il ne vaudrait mieux pas qu’ils soient compris de travers.

Que dit on quand on parle d’égalité ? Fait-on bien la différence entre l’égalité stricte, mathématique et l’égalité entre les individus ? Et c’est quoi, l’égalité entre les individus ?

D’ailleurs, est-ce qu’on utilise le bon mot, là ?

L’égalité, c’est la notion de similitude/d’équivalence (mais attention, en maths les trois sont carrément différents). C’est l’absence de toute discrimination. C’est l’uniformité, la régularité quand on compare des éléments.

L’autre mot intéressant, c’est l’équité. « Une forme d’égalité », de juste traitement. L’idée de justice naturelle, dans le domaine de l’éthique. Appelle à impartialité, à la notion de bien commun. S’oppose à l’arbitraire. Sa racine latine, c’est la même que pour égalité.

…C’était la minute définition, sponsorisée par le Larousse # et Wikipedia #.

Par ici, quand on cherche à voir l’absence de toute discrimination on le fait pour établir la justice, donc l’impartialité. On croît parler d’équité en prononçant le mot « égalité ». Pourtant, il n’est question dans les textes et dans le langage que d’égalité. Et c’est là-dessus que se fait l’interprétation.

Intéressons nous à deux cas pratiques qui me tiennent à cœur

1) Égalité Homme/Femme

C’est l’argument qui divise les féministes. Est-ce qu’on considère qu’il existe des différences de genre ? Hommes et femmes sont différents du fait de leur constitution physique, c’est visible. Ils ne sont pas égaux dans le sens où ils possèdent des attributs physiques différents. Alors, que doivent revendiquer les féministes ? Est-ce que les femmes doivent adopter les manières et apparences des hommes, ou alors doivent-elles continuer à avoir une apparence qualifiée de « féminine », à affirmer leur différence ? 

Les différences d’apparence n’impliquent en aucun cas la nécessité d’une différence de traitement. Elles ne justifient pas de discrimination au niveau des droits.

Alors non, à mon avis, l’égalité homme/femme qui est revendiquée par les féministes n’implique pas de masquer (voire de nier) les différences physiques (mentales, comportementales si elles existent) entre les deux genres.

 L’abstraction intervient là où il faut voir au delà de la notion/du statut d’homme ou de femme, c’est niais voire évident mais on est des humains. Et ici l’égalité au sens de similitude s’applique.

2) Langues et cultures minoritaires

L’article premier de la constitution française donne :

- l’égalité devant la loi de tout citoyen, sans distinction d’origine

- la France est une république une et indivisible.

On y garantit l’égalité et la solidarité des peuples qui composent la République

Par ailleurs, l’union européenne dispose d’une charte : Charte européenne des langues régionales et minoritaires. En France, elle a été signée mais jamais ratifiée (pour les illettrés comme moi qui ont du mal avec les mots barbares : ratifier c’est reconnaître comme vrai/valide). En effet, « la langue de la République est le français », et donc cette charte ne convient pas au principe d’égalité des citoyens devant la loi » (Conseil constitutionnel).

Pourtant, il me paraît que dans le cadre de la justice naturelle, il est plutôt important de respecter la culture de chacun. Ne pas reconnaître une langue (minoritaire), ne pas la rendre accessible pour un peuple donné n’apparaît pas comme démocratique (… à mon avis). Mais, les langue minoritaires s’identifient à une partie de « la singularité irréductible de l’âme d’un peuple » chère aux particularistes (opposants à l’idéologie des Lumières).

Il serait rationnel d’adopter une langue commune à tous, mais c’est une attaque à la liberté individuelle que de refuser à un peuple d’employer sa propre langue.

Critique : la faute au langage ?  dans Chroniques d'un Gourou brest_derri%25C3%25A8remonobjectif_mercheddieub
Deux en un. Avec luminosité bizarre (nuit américaine ? Genre j’ai de la culture ?)

         DONC.

Le mot utilisé est celui d’égalité. Dans l’idéal des Lumières, il tend vers l’équité (si j’ai bien compris : parce que c’est ce principe d’équité qui a l’air cool). Dans les fait, lors de l’application de ces idées lumineuses il est question de rationalité stricte, l’égalité mathématique : être pareil.

Les gens, faites-moi part de vos désaccords, critiques aussi, pour me faire réfléchir (comme un miroir)   :D

Et puis, il y avait longtemps : une chanson à texte.

 


Codes

Aujourd’hui, un appel à l’aide. En toute simplicité.

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Avec un t-shirt en dessous ? Et un jean ? Outrage !

Mise en situation : j’aime mon originalité. Je tiens à rester à l’écart des codes vestimentaires instables de la mode. Je le vis bien.
Sauf que … j’appréhende beaucoup le milieu professionnel, sérieux, celui où on doit « s’habiller bien » pour chercher — et trouver — un stage ou un emploi.
Je ne connais pas les codes. J’ai peur d’être à côté de la plaque. Je me sens mal quand je porte une chemise. Ceci est un appel à l’aide : blogueuses (mode) de tous pays, que dois-je faire ?

Minute testostérone : si j’étais un mec, j’aurais déjà acheté un costard-cravate classique, j’aurais peut être hésité entre du bleu foncé et du gris anthracite, mais je crois que ça se serait trouvé.

Cette semaine, j’ai acheté une veste. Elle me paraît classe, mais déjà je doute : professionnel ou soirée ? A quelques détails près, si j’arrive en tenue de soirée à un forum de recrutement, je vais me sentir mal. Mais si je ne sais pas faire la différence, c’est que les détails … ne sont des détails.

Autre chose : il va falloir que je trouve un vêtement (on m’a dit « pantalon noir », c’est pas vague ça ?) à associer à cette veste.

Et dire que ce genre de détail peut m’empêcher de me rendre à un salon. Je crois que le monde m’en veut.

Tu as un conseil ?


Le mec au hasard dans la rue

… dans la rue, la nuit.
Mercredi 21h, je sors de chez moi plutôt hésitante, je dois rejoindre un apéro sur le campus, mais j’ai pas le cœur à ça. Et puis il fait froid dehors. Après une centaine de mètres, je ralentis le pas, je me demande qui je pourrais appeler pour qu’on me motive à y aller, sinon je fais demi-tour. Je ne trouve pas d’idée — ils sont occupés, ils ne vont pas me répondre. Et là, le mec qui passait devant moi pour rentrer chez lui s’arrête, me regarde, me dit ‘bonsoir !’
Je me tourne, je dis bonsoir aussi, je recommence à « réfléchir ». Non, vraiment, je ne sais pas si je fais demi tour ou non.

Le mec au hasard dans la rue dans Chroniques d'un Gourou#

- Bonsoir !
Oui, j’ai déjà entendu ça. Tiens, je te re-réponds pour la peine.
Et le voilà qui s’approche de moi. « Tu habites ici ? » « Tu es toute seule ? » Putain, que cette question m’agace. Tu vois du monde autour de moi, là ? Non ? Ben au sens propre du terme, tu vois, je suis toute seule. Et ça ne me dérange pas. Et je ne te demande pas d’y « remédier », loin de là. Toi qui passes par ici, sache qu’il ne faut pas me demander si je suis « toute seule » pour amorcer une conversation.
Quoique.
Je n’envoie pas chier les gens. Je leur parle quand même. Je suis grande. Je crois que je peux me défendre. Il y a « quelque chose » qui me protège.
Je lui explique que je vais rejoindre des gens, eh oui je remédie toute seule à ma solitude. Mon prénom est original. Je ne viens pas d’ici, je fais mes études … oui, si tu veux, à l’université. Interlude : l’aspect physique. « Tu doutes de ta beauté ? »
C’est pas ça. Seulement, c’est mal placé de faire de telles remarques. Je te rappelle, tu es un inconnu croisé dans la rue la nuit, qui m’aborde parce qu’il a remarqué que j’étais hésitante. Peut-être même qu’il a vu que mes yeux étaient rouges. Alors non, je ne vais pas te remercier, et je ne prends pas ça comme un compliment.
- Tu ne veux pas qu’on marche 5-10 minutes ?
Alors non, il fait froid, j’hésite à rentrer, je ne vais pas en plus marcher dans le froid vers je ne sais où avec un inconnu. Du coup, maintenant que j’y pense, on me dit toujours que c’est pas prudent d’aller au campus toute seule…
- Je vais par là. On peut marcher par là si tu veux.
Non, loin de moi l’idée d’utiliser les gens croisés au hasard dans la rue. Mais s’ils insistent…

Je suis transparente

Outre le fait que l’inconnu ait détecté à distance que je me sentais mal à ce moment-là, il se vend comme une personne patiente, se portant à l’aide des enfants turbulents (pas moi) et des gens nerveux (moi). Parce que j’ai l’air un peu distante, quand même, c’est bizarre.
- Je peux toucher tes cheveux ?
Mh…Non ? Rappelons pour le n-ième fois que t’es un inconnu. Et, dis, ça ne fait pas de moi une personne distante ça. Jusque une fille normale qui est déjà bien inconsciente de se faire accompagner dans Evry par n’importe qui.
Je ne me souviens pas exactement, mais il a été question de peur. Tu as peur — De quoi as tu peur ?
Autre défaut : je crois que je parle beaucoup. Et que toute info sur moi ne m’apparaît pas confidentielle.

Bonne à marier

Beurgl.
Quelle expression dégueulasse. Elle n’a pas été prononcée, sinon cet article aurait été pour moi l’occasion de vous annoncer mon premier meurtre.
Mais c’est tout comme, ça se passe toujours pareil (voir ) : Tu voudras combien d’enfants ? – Non. Pas d’enfants. – Tu as quel âge ? – Ne me dis pas que je vais changer d’avis. – Tu penses aux femmes stériles qui sont tristes ? – Ne me dis pas non plus que c’est égoïste. – Oui, c’est égoïste !
En fait si, j’aurais pu annoncer mon premier meurtre. Je suis vraiment trop gentille.
S’en suit une conversation sur le choix. Je veux avoir le choix. Et puis il y a trop d’enfants qui crèvent la dalle. Je ne veux pas en générer d’autres. Il y a trop de monde sur cette terre. Je vais éviter d’aller dans le trop radical en te disant que je suis pour l’extinction de la race humaine, et que cette façon est la meilleure.

PS : Regardez Utopia.

L’inconnu marque un point en disant que ça dépendra de l’homme employé à la conception des éventuels enfants (mon vocabulaire – alerte instrumentalisation – je rigole voyons). Je suis d’accord : on ne se reproduit pas seul. Même les escargots qui sont hermaphrodites ont besoin d’être deux. J’ai certes aidé l’inconnu en disant que « je veux que mon corps serve ». Ouh purée, quand j’y pense, c’est de la provocation aussi (deuxième alerte instrumentalisation).
Cela dit, l’inconnu n’a pas marqué de point pour lui, et cette réflexion je me la suis faite il y a plusieurs années déjà.
Je rappelle à l’individu qu’il n’obtiendra rien de moi. Encore moins un gamin, hé !

La foi

Nous voilà devant le portique qui nous me sépare du campus. Merci mec, grâce à toi je ne me suis pas faite agresser. Du coup adieu hein, tu ne crois pas au hasard, je ne crois pas qu’on se recroisera.
[Morceaux de conversation inutiles]
- Tu crois en dieu ?
- Je crois en moi.
Essai d’explication rapide : il y a l’esprit, il y a des morceaux d’esprit en chacun de nous. (J’ai hésité à mettre une majuscule à « Esprit »).
- Tu sais qui t’a créée ?
- Mes parents.
- Et tes parents ?
- Mes grands parents.
Je vais devoir te parler de tout mon arbre généalogique ou bien ? L’évolution, on en parle ?
- Tu as la bible ?
- J’ai lu la Genèse. J’ai vomi. Bref. Oui, je sais, « au commencement il n’y avait rien« .
Et puis je n’aurais pas dû lui dire que j’avais peur tout à l’heure. Parce que la peur, c’est quand tu n’as pas la foi. Tu n’accompliras jamais rien sans la foi. Tu n’affronteras que tes peurs. Avec la foi, tu peux accomplir des choses merveilleuses. Genre passer le portique sans même avoir de badge.
Mec, tu ne passeras pas ce portique.
Et je ne te donnerai pas mon numéro.
Tu n’as pas assez la foi, on dirait.

Voulait-il me draguer ou me convertir ? En tout cas je le remercie, j’ai passé une bonne soirée après.
Et puis ça m’a permis de parler encore une fois de ces choses récurrentes, pas intéressantes et qui pourtant semblent tracasser le monde entier, que sont la reproduction et la religion.

 


L’urgence est un mythe

Cette tête est pleine de titres, pas seulement ceux qui font rire grassement, mais aussi des morceaux de mots, de phrases derrières lesquels devraient s’accumuler des mots.

Le vide.

La seule semaine où on me demande de faire travailler mon cerveau, je capitule. Je sature à partir de rien. Je suis un circuit oscillateur sans filtre. Je suis un amplificateur de bruit.

J’ai bouffé tout mon temps et j’ai la digestion difficile. Je bouffe mon temps, je ne sais même pas comment. J’ai encore faim.

Il faudrait s’organiser, je peux le faire, je le refuse. J’ai oublié ce que c’était. J’ai oublié comment on fait.

Le refus de l’ordre au plus profond, au plus loin et au moins contrôlable. La peur de l’ordre est toujours là, mais l’ordre a gagné. Il fait son chemin tranquillement, et je fais des ronds dans l’eau sur le côté.  Non, je ne me noierai même pas, il n’y a pas assez de fond.

Il y a la pastèque, il y a ce que tu en fais. Il n’y a plus de pastèques, je n’en ai toujours rien fait. Tout attend. Tout stagne. Dans le frigo il y a des choses qui n’ont rien à y faire. Dehors il fait plus froid que dans mon frigo. Je suis une denrée périssable hors de sa conserve.

Parfois on ne finit pas les choses mais on les laisse traîner. Il y a toujours des graines de tournesol quelque part. Il y a forcément du thé froid dans le fond d’une tasse.

Pas vraiment le vide.

Les restes.

La peur de l’évidence, pas celle de cette semaine, non, plus loin : il y a plusieurs mois déjà.

Tout est à mes pieds et je refuse de ramasser.

Je trébuche mais je refuse de tomber. Je glisse lentement…

Ouais, comme une défection.

Et dire qu’il y a des gens qui sont persuadés que je sais où je vais. Et dire que quelques examens ont réveillé la peur. Et dire que je ne l’ai jamais vaincue cette peur, j’ai juste arrêté de la regarder.

L'urgence est un mythe dans Chroniques d'un Gourou 038-trunklog-stock
Image libre de droits #

Lézard de vivre

 

 

J’ai vu ce tweet le même jour que l’article de Bettasplendens, que j’ai commenté. Et comme ici c’est mon blog, il va être question de ma vie – que c’est ego-centré, la vache !

Donc, encore une histoire de sexualité, mais surtout une histoire d’étiquettes : il y a celles que la société te colle, il y a celles que tu colles aux gens, et il y a toutes les autres. Dans « toutes les autres », il y a bien souvent celle que tu juges adaptée à toi. Mais pas toujours.  Dans le cas de Betta (si j’ai bien compris), et de beaucoup d’autres gens, l’étiquette adaptée a été trouvée et elle voudrait que ça soit reconnu par tout le monde (en tous cas ceux que ça intéresse).

Moi, je ne veux pas d’étiquette, et bien que le fait de pouvoir tout définir précisément (on t’a déjà parlé de genre fluide ?) soit un plus, mon genre et mon orientation sexuelle ne devraient pas être votre problème. D’ailleurs, les personnes pour qui l’étiquette par défaut convient ne se posent même pas la question, et nous non plus, on ne leur pose pas de question (une fille, ressemble à une fille, qui est attirée de façon amoureuse et sexuelle par des garçons, bah c’est une hétéro, voilà). Sauf dans les milieux où on se pose des question, là ce sont des Cis (et je perçois ce terme de façon un peu péjorative)

Bouh, que c’est compliqué déjà. Je devrais faire comme Koppa et mettre des couleurs partout.

 Je ne veux pas d’étiquette parce que …

- Je ne suis pas sûre de celle qu’il faudrait me coller
- Ça ne me dérange pas que les gens se trompent
- J’aime que les gens se trompent
- Comme ça je fais ce que je veux
- Et puis on ne contrôle pas trop quand on tombe amoureux
(ni quand on tombe ami, mais on s’en fout, c’est super chouette !)

Ceux qui ont besoin de la bonne étiquette le font par rapport à leur entourage (dans les cas que j’ai observés). En fait, c’est que leur famille (ou autres) leur attribue un genre/une orientation qui n’est pas la leur, et que ces personnes n’ont pas envie de mentir – ne veulent pas mentir – à quoi bon cacher une vérité dont on n’a pas honte ?

Lézard de vivre dans Chroniques d'un Gourou bolin
Eh oui, en vrai c’est simple !

Je ne veux pas d’étiquette parce que j’ai de la chance. Parce que si demain, j’arrive chez mes parents avec mon copain/ma copine , ils ne me jugeront pas en face sur mon orientation (même s’ils peuvent croire à une tentative de provocation pas sérieuse). D’ailleurs, tiens, je ne sais pas ce qu’ils jugeraient en premier.

Pour finir, cette chanson qui est très belle et dont je ne connais toujours pas les paroles et je vais y remédier.

# sur la fluidité de genre

…Ouais d’accord, je me pose trop de questions.


Abécédaire des choses qui méritent qu’on vive pour

Je ne crois pas avoir déjà écrit un article avec un titre aussi long. Ça tombe bien, ce n’est pas un titre à moi : ceci est un tag, le deuxième ici #. C’est ça de bloguer en communauté, on n’est jamais vraiment des asociaux, la blogueuse est une espèce grégaire, bref.

Alors voilà, aujourd’hui petit exercice de l’esprit : on prend l’alphabet, de préférence l’alphabet latin (celui qui n’a pas 28 lettres), et avec on écrit les plaisirs simples de la vie, ceux qui méritent qu’on vive pour.

les Arbres
  ce mot sera censuré mais j’aurais Bien aimé le mettre
les dessins de Claude Ponti
les Dunes en bord de mer
Écouter
parler autour d’un Feu
contempler la Galaxie
se rouler dans l’Herbe
Imaginer
le Jardin botanique de Brest
les Kaléidoscopes (c’est plus crédible que Kangourou et en plus c’est vrai : c’est trop chouette comme engin)
faire des câLins
Manger
Nager
l’Oseille sauvage
les Pastèques
communiQuer en plusieurs langues
Rêver
les Siestes
Tomber ami
éternUer (que de niaiserie en moi)
Voyager
Winnie l’ourson
se sentir eXister
essaYer
Zola et Maupassant, quand même.
 
20yokya

Je vous avoue avoir un peu triché (j’en ai rien à cirer de Winnie), parce qu’il y aurait du chocolat en jeu pour celui qui trouve un truc à chaque lettre, et je pense que le chocolat mérite un peu qu’on vive pour aussi. Merci à Bettasplendens d’avoir eu l’idée, et à Dans un monde de Grands d’avoir transmis le flambeau :)

Koppa, je te « tague » ? 

Edit : un titre long ici #


J’avais prévu de rater

Aujourd’hui, j’ai triché. Il y a, dans un coin de ma chambre, un paquet de lettres et de feuilles volantes plus ou moins destinées à être lues par « moi plus tard » ; aujourd’hui j’ai ouvert l’enveloppe « pour toi, quand tu seras majeure et vaccinée – après 2015 ? »
Oui, je suis majeure depuis un certain temps maintenant (je m’octroie le droit de parler comme une vieille, aussi), mais cette lettre était destinée à moi-de-plus-de-18-ans. C’est un papier écrit en 2011, et à cette période, se dire qu’un jour j’aurais 20 ans devait paraître grandiose : effrayant et intriguant.

J’ai triché car nous ne sommes pas après 2015. J’ai juste eu 20 ans, et pour moi un anniversaire c’est la fin d’un année, nous sommes donc après ma 20ème année, allez c’était une petite triche de rien du tout.
Dans cette lettre, je raconte quelques inquiétudes, des questions que je me pose. Je stagne un moment sur la procréation : non Sterenn, tu n’auras pas d’enfants.

Puis vient mon projet d’études post-bac. Nous sommes fin 2011, je suis en première, et notre prof principale veut vraiment que nous ayons des idées, si ce n’est un projet. A ce moment-là, je sais déjà que je veux tenter la prépa scientifique, ce truc obscur où apparemment on en chie, pour faire une école d’ingénieurs après. Mais ça, je ne l’écris pas tout de suite. Ce que j’écris, c’est que dans le cadre de mes études en fac d’histoire, j’irai sûrement faire un échange Erasmus. C’est en tournant la page qu’il est écrit que j’entrerai en fac d’histoire après échec de ma prépa.

J'avais prévu de rater dans Chroniques d'un Gourou f11-highres

Ce n’est pas grand-chose, mais mon projet d’études est plus détaillé à partir du moment où j’ai raté ma prépa.

Alors, pourquoi je n’ai pas arrêté ?
Pourquoi fallait-il que j’imagine un échec pour mon premier choix ?

Ce n’est pas grand-chose, mais heureusement que je n’ai pas ouvert cette lettre à moi même en février dernier : je me serais inscrite en fac de lettres.

 


Peur, haine ou indifférence ?

Hé les gens, je ne comprends pas.
Je ne sais pas ce qui se passe, mais ma réaction n’est pas à la hauteur. Pas à l’échelle de la merde dans laquelle on rentre à vitesse considérable. Pas à l’échelle de la peur que se concrétise dans nos régions préalablement monstrueusement agrandies. Pas représentative de cette abstention qui devrait nous rappeler que très peu de citoyens, finalement, s’intéressent réellement à la politique. Et puis voter ce n’est pas s’intéresser, mais passons.
Les gens, ce soir je suis triste et comme d’hab, j’ai un peu peur. On le voit bien que le vote, bien que rare façon qu’a le citoyen pour se faire entendre, n’a pas ou très peu de poids. On sait bien que les multinationales et la finance sont intouchables, que nous, petites personnes, n’avons aucune prise dessus (« arrêtez de consommer », certes, mais c’est facile à dire seulement – et encore). On la sent l’inertie de tout un pays qui a peur de se faire décimer par un taré au coin d’une rue passante.
Mais les gens, soyez gentils ; on le dit depuis des années, la politique on ne vote jamais pour mais surtout contre. La haine n’est pas une menace, c’est une réalité. La peur aussi. Ne pas céder à la haine, c’est voter contre la haine. On s’en fout, de ces gens qui veulent gouverner : on n’a pas de pouvoir sur eux, ils n’ont pas de pouvoir pour nous. On s’en fout, en aucun cas ils ne pratiquent la magie, ces gens_là, et en aucun cas ils rendront notre vie meilleure. Mais il y a une chose : ils peuvent nous pourrir la vie. Ils savent ce qu’ils veulent, à défaut de savoir ce dont vous avez besoin, les gens.

Cette année, je suis blasée. Cette année, je suis perdue. Apparemment, la participation n’est pas aussi haute qu’il y a cinq ans. « Bien mieux qu’il y a cinq ans », ai-je entendu. Si je suis perdue, c’est aussi que « il n’y a pas eu vraiment de campagne électorale, pour cause d’attentats » #. Et puis sinon, il n’y a que 13 régions, les gens seraient perdus.
On nous donne la participation : 43% , et l’abstention : 49.5%. La somme ne fait pas 100% (je sais encore compter, ‘z avez vu ?). Vraiment, ils ont du mal à nous donner les votes blancs (et nuls)… Pourtant, ils pourraient en parler et interpréter à souhaits? Peut-être même que certains abstentionnistes se déplaceraient pour voter blanc ? Ou alors les 7,5% ne sont pas les votes blanc mais autre chose, quoi alors ?

Peur, haine ou indifférence ?  dans Chroniques d'un Gourou

Cette année, je ne sais même plus si j’ai peur. Encore une élection comme ça et je rejoindrai l’avis « Tant pis, laissons la haine gagner et ils verront bien ce qu’ils ont provoqué ». Je veux bien que l’autodestruction soit amusante, mais bof quand même quand ça concerne 66 Milions d’habitants.

J’ai la nausée, déjà que de base j’avais mal au ventre, c’est navrant.

 » Plus jamais de 20% !  » Et on a oublié.

Mobilisations.

Mobilisations. dans Chroniques d'un Gourou
 
Le 11 novembre 2015, des milliers de personnes ont défilé dans las rues de Kaboul, portant les sept cercueils de victimes de l’ei. Selon la journaliste Taran Khan, « c’était un moment remarquable de solidarité et de résistance, la démonstration puissante de la colère du peuple afghan face à la haine et à la violence qui détruit la société”.
#Courier International

Aujourd’hui, parlons de droits de l’homme dans le pays éponyme. Je ne sais pas pour toi, mais cela fait bien une semaine que je vois défiler des articles intitulés : « La France prévient officiellement qu’elle ne respectera peut-être pas les droits de l’Homme » (#Bastamag), « La France prévoit d’enfreindre les droits de l’homme »(#Figaro), « la France envisage de déroger à la Convention européenne des droits de l’homme »(#Le Monde)…
A la veille de la COP21, la plus grande conférence sur le climat jamais organisée, et le plus grand sommet jamais accueilli pas la France, les personnes touchées par ce non-respect des droits de l’homme sont assez loin du type « terroriste », elles sont plutôt de type « ZADiste ». En effet, le droit de manifester est passé à la trappe, alors que tout sommet sur le climat de grande ampleur est critiquable et critiqué par les écolos de tous horizons.

Pourquoi des manifestations ?

La coalition climat résume la situation en disant que comme les conférences précédentes, « les négociations qui se tiendront dans le cadre de la COP21, si elles sont une étape nécessaire, ne seront pas suffisantes pour sauver le climat ». Un mouvement pour la justice climatique ne peut dès lors n’être que mené par des citoyens… Et ces citoyens veulent se faire entendre, car ils ont des choses à dire ! Je ne citerai que la lutte contre les grands projets inutiles imposés (GPII) : enfouissement de déchets nucléaires à Bure, aéroport à Notre dame des Landes, technopole à Agen, ligne LGV Lyon-Turin… L’organisation d’un sommet pour le climat par la France ne remet en cause aucun de ces projets, au contraire. « Tant qu’on voudra préserver la société industrielle de croissance, les négociations telles que celles de l’ONU n’aboutiront à aucun résultat » #. Généralement, beaucoup dénoncent de « fausses solutions »#.

Événements

L’état d’urgence est la suite logique des événements du 13 Novembre. Il est normal que la sécurité soit renforcée en présence de telles menaces. Il est clair que les attentats ne sont pas une manipulation gigantesque en vue de bloquer quelques écolos pendant une conférence mondiale.

Maiiiiis le fait que ça soit arrivé donne des excuses à nos autorités pour cibler une population très éloignée de daesh. Quoique, le président de la FNSEA les a bien qualifiés de « djihadistes verts », non ?

AntiCOP29_Nov

(Ouhla, il y a beaucoup trop de mot-clés dans cet article. Je ne me suis pas renseignée pour la liberté d’expression, est elle enfreinte aussi en ces temps sombres ?)

Sans ça, le 22 novembre dernier, des gens ont manifesté en soutien aux migrants. Ceux là ne sont ni écolos ni terroristes, mais on nous informe qu’étant donné l’interdiction de manifester, 58 personnes encourent jusqu’à six mois d’emprisonnement et une amende de 7 500 euros #.
Et aujourd’hui, une manifestation anti-cop21 de plusieurs milliers de personnes se voit être sévèrement réprimée par les forces de police. Des grenades lancées sur les manifestants et plusieurs centaines d’arrestations. #

OK, ils étaient prévenus : je crois que tout le monde est au courant de l’état d’urgence… Mais la mesure étant exceptionnelle, le pays ayant une grande tradition de la manifestation, comment se rendre compte que oui, en effet les droits de l’homme ne sont pas respectés, autrement qu’en allant sur le terrain ?

Des conseils, au cas où tu voudrais te lancer dans une manif toi aussi : # #
Ou si tu ne sais pas ce qu’est un Zadiste
 
Et, pour une note plus joyeuse enfin, -ça va devenir une tradition- Deiz ha bloaz laouen, Solenn P. !

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