Je n'ai qu'une chose à te dire…


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Liste des articles dans la catégorie Chroniques d’un Gourou.

Juillet

Un article au titre évocateur, c’est tout ce que je peux faire pour le moment. C’est difficile de ne pas avoir de vacances quand les jours sont longs et chauds.

Je t’écris ça et pourtant, j’ai commencé mon mois de juillet à l’autre de bout du monde, dans le vent et la brume de mer du Pacifique, en Californie. Fin juin, mon boulot m’y déplaçait pour présenter mes travaux à une conférence, alors j’ai pris une semaine de congés. Mes vacances. Je n’étais jamais partie aussi loin, j’ai vu et vécu plein de choses que j’aurais pu vivre mois loin, pour sûr, mais elles avaient un goût particulier, ces expériences. A l’image de l’océan Pacifique, qui frappe les côte de ses vagues, qui pourrait avoir l’air de l’Atlantique, et pourtant il y a ce quelque chose qui change. Je ne sais pas quoi. Mais c’est un autre océan. La Californie, c’est la Bretagne en plus froid et avec moins souvent des nuages, c’est comme chez moi mais avec un autre océan et des séquoias.

Juillet dans Chroniques d'un Gourou img_2019
Mon journal de bord en voyage. Toujours.

Le retour au boulot - parce que j’ai bossé le lendemain du retour – était un peu flottant. A croire que la fatigue, une fois le jetlag passé, n’est qu’un état d’esprit : celui où on n’a pas l’occasion de marcher 30km par jour.

Le mois des vacances des autres, donc. J’ai pris des transports en plus pour rendre visite à des amis. Rapidement pour une soirée, manger dans un restau éthiopien ou boire un chocolat chaud dans un bar et trinquer avec les bières en happy hour des autres. Et prendre le train pour un week-end et nager, manger, jouer aux palets bretons et danser à quatre heures du matin, regarder ces gens jouer de la musique dès qu’on leur met un instrument dans les mains, rêver d’une vie concrète.

J’ai eu peu d’échanges avec la famille, à part des cartes postales que j’ai envoyées de loin. Ils ont tout plein de changements à vivre et je ne veux pas y ajouter tout de suite ma présence. Je prévois ça pour le mois prochain. Mais tu sais, mes ami.e.s sont particulières : c’est aussi un peu ma famille. En écho avec ce que j’ai lu juste avant de rédiger l’article : l’amour des proches c’est aussi plein d’énergie et de temps. C’est beau mais c’est difficile, ça nécessite de la force à mon avis. Mais c’est beau. Et honnêtement, je ne sais pas ce qui me donne cette force. L’amour que je porte en retour et … la nécessité d’être forte ?

 

Je te fais des bisous, lectrice, lecteur, robot de monétisation ou d’indexation.

Cet article est une participation au défi #monmoisàmoi de Justine


Résistance contemporaine

C’est un petit bouquin que j’ai lu par hasard, Petit manuel de résistance contemporaine. Ce genre de livre écrit par un  écolo et où tu es un peu triste à l’avance parce qu’il est probable que ça ne soit lu que par d’autre écolos ensuite.

J’ai bien aimé ce livre. Si je pouvais, je vous citerai le livre en entier là tout de suite parce qu’il y a des chiffres, des arguments que j’aurais aimé avoir plus tôt. Et effectivement, il est assez alarmiste pour ce qui est de la partie « bilan », mais comme toute personne un peu écolo je connaissais déjà ces faits alarmants. Ce n’est pas ça qui est nouveau, puisque cela fait des décennies que des scientifiques ont montré et alerté sur les conneries qui ont été faites. Ce qui est nouveau et plaisant dans ce petit livre, c’est cette idée-là :

Ce sont les récits qui sont moteurs de notre société. Et si nous changions de récit ?

Parce que tout peut être déconstruit, vu sous un autre angle : l’argent, le travail, les lois. Peut-être vous êtes-vous déjà dit : allez, je vais tout plaquer pour ouvrir un restaurant dans la région où j’ai grandi (ou dans cette lointaine contrée dont je rêve depuis tant d’années), et pourtant vous ne l’avez pas fait, parce que c’est incertain, ça ne rapporterait pas assez, et puis d’ailleurs ce n’est pas sûr que la banque vous accorde un prêt. Alors qu’en creusant un peu on voit que l’économie est construite sur le fait de pouvoir prêter de l’argent qu’on ne possède pas et de demander des intérêts en plus de la restitution du prêt à terme. Que depuis les années 1970, on a triplé notre richesse et pourtant à en voir le taux de chômage et l’âge des retraites qui recul, c’est comme si nous n’en faisions toujours pas assez.

Cette contrainte du travail est un récit, une fiction, un rouage de notre système. Le travail comme salariat, comme contrainte du nombre d’heures journalières. Alors que nous pouvons faire tant de choses en se basant sur l’échange et l’entraide.

La façon dont est construite l’économie est plutôt responsable de le vitesse à laquelle nous allons droit dans le mur. La façon dont on crée la richesse est une partie du récit, de la fiction. Certains l’ont délaissé et ont créé des monnaies locales, des prêts participatifs, avec lesquels les richesses sont mieux redistribuées, ne retombent pas dans les banques.

Les élus ne sont pas tenus de nous représenter une fois élus, puisqu’il y a peu de moyens de les destituer. On se résigne à attendre les prochaines élections. Mais il y a des moyens de passer outre ces élus, de s’organiser localement, de travailler avec d’autres citoyens à d’autres endroits et de changer le fonctionnement des choses « par le bas ». Un des exemples concrets : les états des États-Unis qui ont signé l’accord de Paris (environnement, tu te rappelles « Make our planet great again » ?) après que le président Trump en soit sorti au nom du pays entier. Résultat : une bonne partie du pays est encore dedans et s’engage à protéger l’environnement.

Ces choses que je viens d’écrire, j’ai toujours eu envie de le dire, ça vient comme une intuition. Mais à présent ce ne sont plus des « rêves de bisounours« , parce que maintenant je sais qu’il y a des réalisations concrètes, des chiffres, des gens qui ont réussi et d’autres qui s’organisent.

 

Changer le système actuel pour sauver notre cul la planète, ce n’est pas seulement « renoncer à » (confort, smartphone, voiture individuelle, vaisselle jetable, vacances en avion, fraises en hiver…), c’est aussi accueillir de nouvelles choses que nous ne connaissons pas ou plus. Ce livre nous dit que c’est possible d’avoir du temps pour vivre, rêver, apprendre, aimer,  écrire, respirer. Ces choses auxquelles on croit renoncer dès lors qu’on devient un peu adultes.

Il faudra s’y faire, puisqu’il est certain que nous allons devoir renoncer. Ce serait chouette d’accueillir, de découvrir en plus. Et ce bouquin me donne de l’espoir.

Résistance contemporaine dans Chroniques d'un Gourou Petit-manuel-de-resistance-contemporaine


La gratitude impossible

Il s’est passé tellement de trucs depuis la dernière fois que je suis venue écrire ici que tout le blog pourrait devenir un interminable truc qui essaie de rattraper du temps perdu. Ça ne marcherait pas.

Parlons juste d’une anecdote récente.

J’ai fait une commande en ligne, des produits de beauté, parce que je suis influençable par les promotions, et puis parce que j’avais envie de trucs de gommage — personne n’est parfait.

Quelques jours plus tard, je recevais un e-mail de la Poste m’informant que le colis avait été livré dans ma boîte aux lettres, à un horaire très précis, du style qui finit par :57, mais j’ai bien regardé et n’ai rien trouvé. Déçue, j’envoie un message aux services postaux (via un formulaire, en renseignant le numéro de suivi, etc), mais ne reçois pas d’infos (« Votre demande sera traitée au plus vite »).

Puisque j’avais envie de recevoir ce colis quand même, et que je ne pouvais pas refaire la même commande (les promotions étant passées), j’écris un message au site vendeur leur demandant si je pourrais de façon exceptionnelle bénéficier à nouveau des réductions sur les produits qui m’intéressent. En fait, ils me renvoient le même colis, gratuitement. Celui-ci, je l’ai reçu, accompagné de la note commerciale « nous faisons notre possible pour satisfaire nos client.e.s » (sans l’écriture inclusive par contre, déso).

Tout ça pour raconter un truc : les demandes, je les fais via un formulaire. Les mails de confirmation, je les reçois depuis une adresse à laquelle je ne peux pas répondre. Le colis, je le reçois depuis les entrepôts. Je suis frustrée parce que j’aurais voulu dire « Merci », parce que j’ai beau savoir que c’est un geste commercial, il y a des gens qui auront lu mon message, refait ma commande, re-transporté mon colis (bon, eux ont été probablement payés deux fois), et je suis juste là en bout de ligne à recevoir des produits après m’être plainte. C’est frustrant, cette communication à sens unique.

La gratitude impossible dans Chroniques d'un Gourou ello-optimized-58a21caa
@ingmarswalue

La deuxième colère

J’ai été extrêmement remuée par un article sur la violence des femmes, en début d’année. Il était question de remettre dos à dos violence d’hommes et de femmes, et au passage de remettre en question le féminisme qui pourrait être un vecteur de violence chez les femmes, ouh le vilain.

Je vous mettrai le lien de l’article pour voir par vous-mêmes, je m’excuse mais je n’ai ni le courage ni la force de le relire et l’analyser, donc mes excuses à l’auteur.e si je déforme grossièrement.

Il y a quelques points que j’ai retenus et auxquels j’ai aussi le droit dans la vie de tous les jours (entourage, presse…) et sur lesquels je voudrais revenir. Comme déjà dit avant, je ne suis pas sociologue, ce ne sont que des idées en l’air.

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Source : Les Glorieuses
  • Les féministes ont des raisons d’être en colère

Partons de ce point un peu classique. D’abord, cette phrase vous aidera si vous êtes féministe en territoire hostile et que vous faîtes face à « Les féministes sont vraiment des hystériques haha ». Une réponse simple et non engageante sera « Oui, il y a des féministes qui sont en colère ». Il suffit de se mettre le nez dans les statistiques, de suivre quelques blogs ou associations qui partagent les stats et les multiples témoignages de femmes victimes de violence d’hommes : il y a de quoi être en colère.

Une statistique pour se faire une idée : 553 000 femmes seraient victimes de violence sexistes et sexuelles chaque année en France. Autant de personnes pour qui la colère est plus que justifiée.

Je précise ici qu’il n’est pas question de violence, mais de colère. De la violence subie, mais pas de la violence exercée. Je reviendrai ensuite sur les actions des personnes en colère. 

D’autres infos ici #

  • La violence d’une femme est d’abord la violence d’un être humain

Aussi simple que ça. La violence est rarement une bonne solution. Et n’est pas toujours utilisée dans des contextes militants, au contraire. La jalousie, l’alcool, le stress, sont des exemples de fléaux qui touchent toute la population. A trop haute dose, cela engendre des violences physiques et psychologiques y compris dans les couples. La guerre, la guérilla, le trafic de drogue  impliquent aussi des femmes parmi les « attaquants » (même si les hommes sont majoritaires, même si on retiendra surtout que les femmes sont dans le camp des civils et subissent, entre autres, des viols).

Les contextes que je cite n’ont pas de lien avec une quelconque idéologie féministe. Si je m’engage dans l’armée ou la guérilla c’est que je veux défendre mon pays ou mes idées. Mon genre passe après mon engagement.  Si je participe à un trafic de drogue, je ne sais pas si c’est justifié, mais en tous cas il est plus probable que je le fasse pour le pouvoir et l’argent, sinon la survie, plutôt que comme revendication féministe.

  • « Le féminisme n’a jamais tué personne »

C’est une phrase de Benoîte Groult, la citation entière est « Le féminisme n’a jamais tué personne. Le machisme tue tous les jours.« 

Il existe cependant quelques groupes féministes qui ont pratiqué l’action directe et usé de violence, mais c’est assez marginal. En lisant des études sociologiques sur les mouvements féministes et apparentés dans l’Histoire, on remarque assez bien que ces mouvements ont voulu se démarquer en utilisant le fameux « soft power », en collant des affiches et en écrivant des livres (j’exagère mais c’est l’idée). Pour rappeler le premier point : les féministes sont en colère, mais elles (et ils) demandent l’égalité. Pas une revanche, juste l’égalité en droit.

  • La différence de traitement des personnes violentes en fonction de leur genre

Il y a une différence. Il y a beaucoup moins de femmes en prison, moins de femmes dans les corps armés (= moins de femmes qui exerceraient la violence illégitime comme la violence légitime). Il se trouve que les corps armés ont été ouverts aux femmes nobles sous l’ancien régime, puis après la Révolution il a fallu attendre l’époque récente pour les voir y revenir, puisque c’était interdit. Il se trouve aussi qu’une femme violente (gangs, vols…) va être jugée différemment et envoyée plutôt vers des établissement médicalisés car on aura tendance à penser que la violence chez la femme est un dysfonctionnement, qu’il faut la soigner. A mon avis, la violence des hommes est tout aussi problématique et  justifie tout autant une prise en charge médicale ou psychologique.

Ce point pour en venir à une hypothèse : ne serait-on pas en train de diaboliser la violence des femmes comme une « erreur de la nature » en opposition à une violence des hommes « naturelle » qu’il s’agirait uniquement de canaliser ?

A mon avis, nous devrions traiter les individus violents comme individus violents, sans considération pour leur genre.

 

Conclusion

Il est assez malvenu, à mon avis, de rapprocher féminisme et violence. Il y a de la violence subie et de la colère, il y a des faits et des personnes militantes qui s’organisent pour trouver des solutions.

Je me définis comme féministe et j’avoue que parfois j’aimerais frapper des murs au point de les casser tellement je suis en colère. Mais la plupart du temps, je suis juste très triste. Triste entre autres que ma soif de justice soit interprétée par d’autres comme une soif de vengeance. Je ne hais pas les individus, je voudrais juste que nous vivions dans une société plus saine.

Aussi, dernier point mais non négligeable : les humains peuvent être violents, indifféremment de leur genre. Cette violence n’est pas encouragée par les mouvements militants.

 

 L’article en question #
Je vous recommande cependant le contenu du blog qui est fort intéressant par ailleurs :)
Une référence de livre intéressante #

Cette colère sourde

Hier, comme tous les premiers lundis du mois, j’enrageais. Je voulais crier ma colère contre tous ces privilégiés qui ne se posent pas de question, contre ces gens pour qui la vie s’arrête aux portes à codes de leur résidence neuve sécurisée. Il y a des choses contradictoires qui se font face dans ma tête chaque premier lundi du mois, et ça va au-delà de ce que je constate en revenant du boulot, dans ce cas : la collecte des encombrants.

Cette colère sourde dans Chroniques d'un Gourou img_2017

Entre chez moi et la gare, il y a un des quartiers riches de la ville : petits immeubles de moins de 4 étages, routes neuves en sens unique, trottoirs larges et arborés. C’est tout calme et le matin je croise des gens qui promènent leur chien d’appartement ou qui emmènent leur enfant sage à l’école. J’aime bien passer dans ce quartier, et chaque premier lundi du mois tout s’effondre : leurs caves se mettent soudain à recracher tout ce qui était indésirable chez eux. Les trottoirs larges et propres se recouvrent de tas gigantesques de choses que l’on destine à la déchetterie. Ces tas se composent d’abord de cartons. Une multitude de cartons où il est souvent écrit le nom bien connu d’une entreprise de commerce en ligne. A part que ces cartons auraient peut-être leur place dans un bac de recyclage, je n’ai rien à dire.
Mêlés à ces cartons, on trouve de tout, c’est le propre des encombrants. Mais pas de tout comme dans mon quartier où ce sont des plaques de bois compressé cassées ou des tuyaux d’aspirateurs ou des lavabos cassés. Non, chez ces gens-là on trouve des fauteuils, des canapés, des poussettes, des sommiers, des matelas, des vélos d’enfants, et aussi des fameuses plaques de bois compressé, parce que la grande enseigne d’ameublement nordique ravit toutes les classes sociales (enfin, les moyennes), mais parfois pour une durée limitée.
Chaque premier lundi du mois donc, je rage car je vois tous ces meubles quasi neufs, rayés seulement depuis qu’ils ont été entassés aux encombrants, s’échouer tristement sur la chaussée. Il y a du monde qui comme moi, rôde autour de ces tas pour voir s’il n’y a pas quelque chose à récupérer, il y a même des gens qui viennent à la pêche avec une camionnette. Souvent, je suis passée sous la pluie, et je voyais les matelas se gorger doucement d’eau en pensant à ceux qui n’en avaient pas de si bons.
Ce quartier calme et propre, c’est le quartier de la honte. C’est le quartier de ceux qui, par leur fenêtre, voient les gens qu’ils ne croisent jamais en train de récupérer leurs déchets. C’est pourtant aussi le quartier, à en croire les statistiques, d’où viennent les « jeunes éduqués » qui manifestent pour le climat – parce qu’ils sont nombreux, ceux qui s’inquiètent d’abord de pouvoir dormir et manger avant d’avoir le temps de regarder le climat changer.

Alors hier, je me suis dit que la marge de manœuvre était bien étroite, s’il fallait supporter que les riches abreuvent les pauvres de leurs déchets, que les multinationales abreuvent ces riches de leurs produits, que ces produits soient produits par encore plus pauvres, et qu’au milieu de tout ça il faille trouver des gens qui ont le temps, la conviction et les moyens de protester contre ce système, cette injustice, ce non-sens.

Alors je vais continuer à espérer que le changement vienne de nous-mêmes, parce que rien ni personne ne peut affronter le monde seule. Je nous souhaite d’avoir du courage et de la raison, beaucoup d’espoir et de patience.

Pardon pour cette opposition naïve riche/pauvre, je n’ai pas la patience pour m’exprimer proprement aujourd’hui.


Le rêve

Je rêve de ne pas dépendre des autres. J’étais partie pour raconter combien j’aimerais avoir de l’espace, vivre loin des grosses métropoles. Ça aurait dérivé vers les déserts médicaux et la fermeture des petites lignes de train, et j’aurais conclu que j’ai peur de l’avenir quand même.

Mais non, parce que je rêve d’un avenir qui ne fait pas peur. Je ne veux pas avoir peur de ce qui m’attend, je rêve d’un futur dont je participe à la construction, je rêve d’un temps qui ne m’échappe pas.

Je suis obsédée du contrôle.

Il y a des solutions, il y en a plein et en même temps il y en a qu’une. Je ne veux plus dépendre du monde, mais pas comme une individualiste, plus comme une anarchiste. Pas comme une anarchiste qui casserait tout mais comme dans le fédéralisme de Proudhon (ou ce que j’en ai compris)  (je t’avais dit il y a quelque temps que je voulais lire du politique) : un système où la base est l’individu, qui s’organise en communies, puis en régions, puis en pays (en très gros), un système qui s’étendrait au monde entier – sans frontières, sans état – mais qui partirait du niveau local, très local. On retrouve cette idée dans plein d’autres modèles de société d’ailleurs. Bref. Je ne veux plus dépendre du monde car je rêve d’un monde organisé à partir de ses habitants, c’est le monde qui dépendrait de nous. Est-ce une partie de la solution ou est-ce le début de la solution elle-même ?

Le monde va mal et on pourrait pleurer et attendre. Je suis souvent triste car je ne me sens pas à la hauteur. Je rêve de ce monde où je suis à la hauteur, où je ne dépends plus des camions sur les routes, des containers sur les mers : je rêve de ce monde où je suis autonome, où je produis mes pommes, mais surtout où chacun mange quelque chose.

J’ai l’air niaise hein ?

C’est un rêve. Un rêve où, avec des amies, nous rénovons et construisons, nous re-créons notre « niveau local ». Je rêve de cette organisation pour les industries et les quartiers dans les villes, pourquoi pas ? Où la justice guérit, plutôt que de continuer à punir.

Je ne suis qu’au début de cette réflexion. J’ai écouté aujourd’hui cette interview réjouissante et engagée de Geoffroy de Lagasnerie, et je veux continuer à rêver, surtout à réfléchir et à évoluer. Rien n’est fixé.

Le rêve dans Chroniques d'un Gourou viaduc10

Voir au delà de la forêt.


Quelques jours de moins

C’est court, février.

On a eu l’hiver et le printemps, on a eu le vent et la grêle, un peu.

J’ai cru le mois dernier que je pourrai écrire des articles toutes les semaines, ou au moins toutes les deux semaines, finalement je ne sais plus ce que j’ai fait.

Les semaines étaient denses et les fins de semaine courtes.

J’ai fait 190 kilomètres, des siestes, des crêpes, j’ai reçu deux diplômes et un prix. J’ai gagné du poids et des abdos.

Il faut que je réponde à une lettre.

C’est court, février, alors ce message aussi est court.

 Quelques jours de moins dans Chroniques d'un Gourou img_2016
Peu de production, pas mal de réflexions.
 

 Une modeste participation pour #monmoisàmoi de Justine, pour me rattraper je compte répondre à la question du mois de février dans un article qui arrive.


Faire corps

S’il y a quelque chose de commun entre un bébé qui commence à marcher et un adolescent, je pense que le plus frappant est la poussée de croissance et le changement de rapport au corps.Le bébé va entrer en contact avec les choses, tomber, se relever, et prendre ainsi conscience de son corps, de ses limites.L’adolescent et l’adolescente vont grandir d’un coup, et changer de forme en même temps. Les hanches plus larges pour les jeunes femmes, mais aussi les épaules plus larges, plus hautes, les pieds qui grandissent (plus pour les garçons ça je crois). En résulte là aussi, la prise de conscience de ses nouvelles limites, de son corps modifié, en se cognant un peu partout les premiers temps.

 

Je n’ai jamais dépassé ce stade. Je me cogne toujours les hanches et les épaules, comme si j’étais « à côté de mes pompes », comme si je n’étais pas vraiment dans mon corps, décentrée. J’ai vécu avec mais ça commence à me peser. Curieusement, ça me dérange depuis que j’ai commencé la conduite pour passer le permis : je ne roule pas exactement dans ma voie. Mon plus gros souci est la position sur la chaussée. Alors je cogne la voiture aux trottoirs, et ça fait également de moi un danger public puisque je risquerai de me prendre les voitures d’en face si je me déconcentre. E gros, je n’arrive pas à faire corps avec ma voiture.

Il faut donc que j’arrive à me « recentrer », et pour moi ça n’est pas un grand mot prononcé par les coachs de développement personnel et autres professeur.e.s de yoga, c’est vraiment le mot qui décrit ce dont j’ai besoin.

Cela va bientôt faire une année que je pratique le yoga, seule avec des vidéos en ligne. Ce n’est pas optimal, on recommande les vrais cours avec les vrais profs, mais faire quelque chose de relaxant + être avec plein de monde ça ne colle pas pour moi. Ou si, à la limite une retraite de yoga, mais ça coûte tellement un bras qu’il va falloir attendre. Bref.

Il y a déjà quelque chose que je remarque : quand mes pieds sont droits et bien alignés et que je ne les vois pas, que je les imagine juste, je vois un pied en avant de l’autre, tourné légèrement vers l’extérieur. Alors je regarde mes pieds, je les vois bien droits, et je les imagine bien droits. C’est pour moi une grande avancée de sentir mon corps de cette façon, même sans savoir de quel corps il s’agit.

 

Aussi, je crois que c’est pour cette raison que j’ai intensifié ma pratique sportive depuis deux ans : pour sentir mon corps, pour explorer d’autres limites. C’est en lien avec quelque chose dont je parlerai bientôt, qui est le souci de servir à. Puis j’ai lu un vieux livre sur le rapport du corps à l’esprit, sur l’âme et « le corps astral », ainsi que sur notre place dans l’univers. Longtemps, j’ai rejeté en bloc les religions, et je n’en veux toujours pas pour moi. Cependant, quand on me demande si je suis croyante, je doute. Ça aussi on pourra en parler.

 Faire corps dans Chroniques d'un Gourou copie_10
On se retrouve vite dans une brume de choses non-scientifiques…

Alors, je voulais savoir si toi aussi, tu connaissais cette sensation de décalage, de dissymétrie. Si tu as réussi à t’en débarrasser, ou si tu as des idées.


MonMoisAMoi – défi

Tellement de choses ce mois ci que je vais en écrire peu.

Du mouvement et des choses qui se fixent.

La difficulté de s’adapter aux horaires de la semaine de 40 heures

Des discussions avec les collègues là où je ne m’y attendais pas

Pas d’attentes déçues, en fait j’ai pas essayé de m’attendre à des choses

 

Du doute qui arrive, je le vois venir

Plein de sport aussi, je le vois venir sans y être encore vraiment

 

Des prises de tête que j’aurais voulu éviter, qui ne sont que des messages que je dois entendre

Des prises de conscience un peu.

Un grand besoin de lectures engagées, de raccrocher à l’actualité, d’avoir un avis presque tranché – je manque de politique, je suis dans la fatalité.

 MonMoisAMoi - défi dans Chroniques d'un Gourou img_2015
Le décor de mon mois de Janvier : le matin et des bâtiments gros et modernes.

Pour quoi est-ce que je suis reconnaissante ?

Pour la tranquillité, la sérénité. Je suis une personne nerveuse et jamais tranquille, mais mon entourage, mon environnement l’a été ce mois-ci. Reconnaissante parce que mes amies et amis ont fait le trajet jusque chez moi pour le nouvel-an, je me sens un peu mal parce que je ne me suis pas vraiment sentie à la hauteur mais vraiment, ça m’a fait super plaisir. Un bon début d’année.

 

Je réponds au défi de Justine, expliqué dans cet article.
C’est un peu en décalage, normalement je devrais répondre à la question qu’elle posera demain – cet article étant programmé pour demain – Aaah !

Dire les choses

Je suis une personne solitaire
Si je te rencontre c’est que j’ai choisi
Quand je sors de chez moi c’est que j’ai besoin
Je suis casanière, renfermée
Si je m’ouvre à toi c’est que j’en ai envie
Et c’est rare
Je n’ai pas de mal à parler de mon intimité
J’ai beaucoup plus de mal à te montrer
Peu de gens entrent chez moi
Comme peu de gens entrent dans ma tête
Ceux qui entrent chez moi peuvent sortir
Dans ma tête ils restent
Et il y a peu d’espace dans cette tête.
 
Je suis une personne fatiguée
Voir le monde me fatigue, ou me peine
Je suis une personne sensible
Parce que même l’étrangère, l’étranger m’importent
Avant même d’avoir vraiment croisé leurs regards
Je les estime parce qu’elles sont le monde
Et ça me peine de ne pas être assez
 
Je suis une personne renfermée
Parce que je ne veux pas tout te donner
Il faut que je l’aie décidé
Et je ne suis pas disponible
Je ne peux pas me donner
Pas même me prêter
Je n’ai pas l’énergie
Il faut encore que je me justifie
J’ai l’air d’une petite fille
Qui voudrait savoir à quoi elle sert
 
Je ne dois rien à personne, je ne suis pas là pour servir.
 
Dire les choses dans Chroniques d'un Gourou ello-optimized-958a9c73
@jm_photography23 on ello.co

 

J’avais prévu autre chose. Je n’avais même pas prévu de publier aujourd’hui, ni les jours à venir. Mais comme l’illustre l’image ci-dessus, c’est sorti tout seul.

 


La culture

Depuis le début du mois, j’ai commencé à avoir une vie de salariée en entreprise, et j’ai des collègues et tout. On discute pas mal à la pause déjeuner, il y a même une pause-café le matin où on boit du thé, parfois on mange aussi du chocolat.

Pour les pauses, précisons que j’ai fait un stage en Allemagne juste avant et le thé on le buvait devant notre écran, la pause repas était bouclée en trois quarts d’heure, mais au moins on partait tôt. Du coup j’ai pas encore l’habitude et je suis encore surprise.

On a des discussions assez variées, entre boulot et actualité. Le truc, c’est que je ne m’attendais pas à ce que ça parle politique. Pour moi, parler politique, ça voulait dire nuire à son employabilité. Peut-être que c’est effectivement le cas, et qu’on aime vivre dangereusement. Parfois, ça parle aussi culture ou religion, enfin c’est quand même toujours un peu politique, puisque apparemment la culture n’est pas la même pour tout le monde (!)

 La culture dans Chroniques d'un Gourou ello-c10
Christoph Eberle – Peinture à l’huile

C’est pas surprenant, il y a des gens qui vont à l’opéra, d’autres en festival, d’autres au cinéma – ceux qui font ces trois activités apparemment sont plus rares. Très vite, en parlant culture, on voit qu’il y a des niches. Je ne sais pas comment l’exprimer clairement, ce n’est pas vraiment du mépris, c’est juste qu’il faut connaître, et ça c’est pas donné à tout le monde.

Désolée, mais je le perçois un peu comme du mépris. Ça m’a posé de vraies questions, il y a eu des critiques sur les gens qui ne vont au théâtre voir que des pièces de personnes connues et ne prennent pas de risques. Honnêtement, quand on connaît pas trop le milieu, on s’attend à des places de théâtre ultra chères, et donc on ne va pas se risquer à aller voir des « petites pièces », autant se construire une culture avec des classiques. Et là encore, on va au théâtre. Je croyais que aller au théâtre c’était déjà réservé à une population restreinte, et un peu aux classes des collèges et lycées.

C’est une bonne chose, je trouve, de pouvoir aller au théâtre grâce à l’école. Et là, merci de ne pas critiquer « qu’ils ne vont voir que des noms connus », bah ouais. Déjà que pour ces pièces là il faut plusieurs heures en cours de français pour étudier la pièce, pour pouvoir comprendre ce qu’il se passe, une fois au théâtre. Personnellement, j’aurais un peu d’appréhension à me rendre voir une pièce un peu alternative où il y a de nombreux concepts à maîtriser — ce n’est pas ça pour toutes les pièces mais là c’est de ça qu’il était question — et là aussi est-ce que c’est du mépris ? Parce que malheureusement, nous ne sommes pas dans ce monde idéal ou la culture et les concepts chelous sont accessibles à toutes et à tous.

 fig10 Culture dans Chroniques d'un Gourou
Ce genre de blagues nulles qui ne font pas rire tout le monde

Et d’un autre côté, je ne voudrais pas dire que tous ces artistes qui montent des pièces de théâtre aux concepts un peu barrés et peu accessibles sont à bannir. C’est important les artistes, et il faut se méfier parce que tous les totalitarismes commencent par décider de ce qui est de l’art acceptable ou non : tou.te.s devraient être libres de se produire, et accessibles à tou.te.s.

Il n’y a que la première partie qui est vraie, l’art et la culture n’est décidément pas accessible s’il y a des gens pour mépriser ceux qui ne comprennent pas et des gens pour mépriser l’art (moi compris, j’ai fini par dire que c’était quand même ultra-bobo ces petites pièces élitistes, mea culpa).

 

A quel point on approche du totalitarisme ?

 

Je finirai en partageant l’avis de Justine (corrige-moi s’il faut) sur la culture : partageons, partageons ce qu’on connaît. Le totalitarisme, à mon avis, c’est autant le mépris que l’incompréhension. Si on est plus fort.e.s ensemble, on est surtout plus cultivé.e.s ensembles, et par conséquent plus fort.e.s.

 

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Est-ce que je marche sur des œufs avec ce genre d’article ?

Pas sociologue

Parfois, je me dis que j’aurais aimé faire des études de sociologie. Déjà, parce que c’est intéressant, et ensuite parce que ça légitimerait un peu mon avis quand je veux parler société et politique. On me l’a déjà reproché : tu es qui, pour donner ton avis ? Et puis j’en ai déjà parlé plusieurs fois mais on nous demande de plus en plus de garanties dès qu’il s’agit de s’exprimer sur un sujet un peu délicat.

Je m’explique : au détour d’un argument pour le végétarisme on sera attaqué sur notre méconnaissance de la vitamine B12, au détour d’une supposition sur son propre mal-être il on nous reprochera de ne pas être allé consulter un.e spécialiste ou de ne pas avoir mis une centaine d’euros dans un test de QI. Bref.

 Pas sociologue dans Chroniques d'un Gourou ello-xhdpi-d9da42be
Photo par Giuliana Massaro, @holybipolar sur ello.co

Depuis le début des manifestations de gilets jaunes, je n’ose pas trop lire le journal. La conséquence directe étant que je ne vois que des images et gros titres non sollicités en passant sur les réseaux sociaux, ce qui est moins bon niveau information neutre.

Honnêtement, ces histoires de gilets jaunes me font un peu le même effet que les pro-Macron fin 2016 et globalement avant les présidentielles : tellement enjoués que ça me blase. pour ne pas dire que ça me saoule

Mais cette fois ci, il paraît que c’est du mépris de classe d’être blasés, et puis les blocages augmentent, c’est comme une bonne vieille grève, on devient tou.te.s concerné.e.s. Ne souhaitant pas me mouiller dans ce dont je parle ci-dessus, je voulais vous partager l’avis que Titiou Lecoq (#blog #twitter #slate) donne dans sa newsletter à laquelle je suis abonnée et que je vous recommande.

Je n’ai présentement le popotin sur aucune chaise. Mon suivi des actualités ressemble à une immense partie de ni oui, ni non. Quand j’écoute les infos, je suis étonnée de l’étonnement face à ce mouvement. Le plus surprenant a toujours été pour moi de constater que les gens ne se révoltaient pas et acceptaient un système profondément injuste qui jouait en leur défaveur. Pourquoi accepter les règles d’un jeu auquel on est toujours perdant?

D’un autre côté, quand je vais lire les publications sur les pages Facebook des «gilets jaunes», je suis écœurée par le nombre de propos sexistes, racistes, antisémites, homophobes –grosso modo, Emmanuel Macron serait un homosexuel à la solde des banquiers juifs et arabes, avec une épouse qui serait évidemment une catin. Je suis atterrée par le nombre d’intox complotistes qui circulent et me font m’interroger sur la pertinence d’un système démocratique dans ce contexte.

Je suis sincèrement convaincue que ce système économique et politique est moisi, mais le genre de société à laquelle j’aspire ne pourra pas être mise en place par des mecs avec des barres de fer.

Et en même temps, je trouve un peu paradoxales ces condamnations unanimes de la violence. Je ne dis pas qu’il ne faut pas condamner la violence, mais enfin, ayez un minimum de cohérence. On nous serine, comme fondement du roman national, la Révolution française; on se glorifie des insurrections populaires; dans les livres scolaires, on a des gravures représentant des têtes coupées que l’on promène gaiement au bout d’une fourche; on nous fait apprendre «La Marseillaise»… Bref, on nous élève dans l’idée que la France, c’est du sang et des barricades face aux injustices, et ensuite, on nous dit qu’aucune injustice présente ne justifierait de recours à la violence –et en même temps que le recours à la violence de la police contre des lycéennes et des lycéens serait normal. C’est le monde à l’envers.

On ne peut pas dire que 1789, c’était merveilleux et casser la mâchoire d’un jeune à coup de flashball parce qu’il aurait incendié une poubelle. Même au nom de l’État de droit, selon la formule consacrée. Vous pouvez demander à n’importe quel éducateur ou éducatrice, on n’obtient jamais l’ordre par les coups, les menaces ou l’humiliation. Ce que l’on voit dans la vidéo des jeunes à Mantes-la-Jolie ne se discute pas sous l’angle de ce qu’ils ont fait. Ils peuvent être interpellés et jugés, mais dans cette séquence, les policiers cherchent à obtenir leur soumission par l’humiliation –et c’est le meilleur moyen d’obtenir l’effet inverse. Je souscris à cette pétition en tant qu’ancienne lycéenne ayant participé à des manifs et des blocages mais n’a jamais subi une telle répression.

>> La suite

La suite est toute aussi instructive, ça cite du Victor Hugo et tout, mais je ne me sentais pas de tout copier/coller. Mis à part la partie sur la Marseillaise (le sang impur, il ne s’agit pas de celui des ennemis, mais celui des républicains qui chantent, ce qui rend la chanson déjà plus belle et humble), je me retrouve dans ce que Titiou Lecoq écrit, et elle le formule bien mieux que ce que j’aurais pu faire. Après tout, je n’ai pas fait les études pour.

Toujours pour s’informer, je n’ai pas encore pris le temps ni eu la motivation pour lire l’article du blog La Nébuleuse, qui a l’air bien documenté et plutôt complet pour tenter de comprendre ce mouvement (oui, je le recommande sans l’avoir lu).

Je vous fais des bisous, y compris et surtout pour n’avoir pas cessé votre lecture à la première occurrence de « gilets jaunes » dans l’article.


C’est peut-être un signe

Elle m’a dit de relire le thème après au moins huit jours. Après quasiment deux mois, je me suis sentie prête à le faire. Et après avoir tout relu, je vais vous raconter la fois où Ornella m’a fait mon thème astral.

C'est peut-être un signe dans Chroniques d'un Gourou mandala-1
#Source

L’astrologie, ce n’est pas complètement nouveau pour moi, j’ai un premier vague souvenir à treize ans de la maman d’une amie qui m’avait fait un thème pour l’année (qui s’appelle une révolution, je crois). Je n’ai retenu de ça que « cette année, tu vas devoir te rendre compte que tes ami.e.s ne sont pas tes ami.e.s pour tout, tu vas devoir les trier« . Je ne me souviens même pas qu’on m’ait parlé d’ascendant. On m’avait aussi dit que, ma maman ayant voulu rester pendant la consultation, on n’avait pas pu tout me dire.

Il y a quelques années, ma mère à son tour s’y est intéressée, elle a commencé à apprendre. Mon thème (comme celui d’autres connaissances/personnes de la famille) a été un peu un bac à sable. Mais comme elle apprenait, me faire mon thème aurait été risqué, et puis personnellement je pense que c’est comme la psychothérapie : on ne travaille pas avec des membres de sa famille.

Alors, quand l’année dernière Ornella a mis en jeu un thème astral sur la plateforme Hellocoton, je me suis dit que c’était l’occasion d’enfin être attentive, de comprendre ce que l’astrologie avait de si fascinant.

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Un morceau de ma carte du ciel, mais ça dit tellement de choses que vous ne l’aurez pas en entier sauf cas de force majeure

Après avoir reçu les informations nécessaires à son calcul (lieu et date de naissance, heure de naissance), Ornella m’a envoyé ma carte du ciel par mail, ce fameux disque gradué autour duquel gravitent les symboles de planètes – ça me fait penser à un mandala, puis m’a appelée. La consultation a duré une bonne heure, j’ai reçu des explications pour chaque nouveau concept introduit (et croyez-moi, il y en a un paquet !) et j’ai pu poser les questions qui me passaient par la tête.

L’astrologue a accès à tellement d’informations avec ce fameux disque ! Au départ, c’est déroutant puisque c’est une inconnue qui vous connaît. Puis, c’est troublant parce qu’en plus de vous connaître (par exemple de vous dire vos points de caractère), l’astrologue vous fait découvrir, prendre conscience de, comprendre certaines choses.

Tout au long de la séance, j’ai continué à poser des questions à Ornella, pour être sûre de ne pas trop perdre le fil. Elle décrit clairement le thème, mais j’étais parfois encore surprise de ses analyses faîtes au cours des minutes précédentes, les questions étaient aussi pour laisser à mon cerveau le temps de souffler.

 

J’ai pu mettre un mot sur ce que j’appelais « l’Ego », mon caractère têtu : je suis orgueilleuse. Cet orgueil, ce n’est pas le mépris des autres, mais plutôt une déception de ce que j’obtiens, cette tendance à forcer au-delà de ce que je devrais seulement parce que je veux plus, ou mieux. Et ça, je ne pensais pas que ça se trouverait dans un thème astral, quelque chose qui est fixé dès la naissance.

En fait, l’estime de soi, la façon de réfléchir, le relationnel, le professionnel, tout y est. Pour toutes ces choses, où je n’arrivais pas à trouver les mots ni à exprimer mon ressenti, Ornella a eu les mots. Ou devrais dire « a vu les mots » dans le thème. Et ça va même plus loin : elle a pu analyser mes points faibles niveau santé (!!)

Oui, le « attention aux hanches » en fin de séance, auquel je ne m’attendais pas - quoi, mes hanches dans un thème astral ? – sachant que j’avais des douleurs précisément là depuis quelques jours, ça calme un peu.

 jardin10 apprendre dans Informations
Cette photo est une allusion au nom du blog d’Ornella. Ça marche ?

Honnêtement, je m’attendais à entendre des généralités aux airs de prédictions, des tournures un peu mystérieuses et auto-réalisatrices, mais pas du tout. Je pense que connaître son thème peut permettre de se concentrer sur ce dont on a besoin et de lâcher ce sur quoi on s’acharne et qui n’est peut-être pas adapté (exemple : « Elle déteste partir de chez elle », sachant qu’au moment de faire ce thème j’étais occupée à me lamenter sur mon immobilité, mon attachement aux choses : je me suis dit d’accord, c’est un problème plus ancré qu’il n’y paraît, ce n’est sans doute pas si grave de ne pas réussir à bouger d’ici, je me préparerai mieux la prochaine fois).

 

Ah et puis, ce n’est a priori pas un truc de sceptiques scientifiques, ouais l’influence des planètes c’est n’importe quoi, j’y crois pas, etc. A vous aussi je vous le conseille. Pas en vous disant que c’est calculé sur l’influence des planètes avec les lois de l’attraction de Newton, mais en acceptant que ça peut être symbolique. On ne se réincarne peut-être pas, mais il y a sans doute une symbolique du karma qui te donnera des infos sur toi, ici et maintenant.

 

Je vous invite à faire un tour sur le blog d’Ornella, et à vous demander si pour Noël vous n’offririez pas des informations fascinantes et des conseils plutôt que du plastique non recyclable qui finira dans une baleine (pooooh comment je juge ! Oui, il paraîtrait que je manque d’indulgence, mais je vais travailler dessus, promis).


Une empathie « mal placée »

C’est fatiguant d’entendre que les personnes militantes sont violentes dans leurs propos, pas crédibles, et bonus si elles sont de genre féminin, « hystériques ». Pour le dernier point, j’invite tout le monde à se rendre sur le dernier article de La parenthèse psy : « Tous pervers narcissiques ? » et j’invite à ne pas faire ce genre de diagnostic soi-même, de sorte que le vocabulaire médical reste utilisé à bon escient. Et puis aussi il y a tellement de choses à dire sur la féminité considérée comme une maladie, mais pas aujourd’hui (enfin quand même : #là #ici et #là).

On va partir de ces constats :
– C’est difficile de discuter, d’argumenter, quand quelque chose nous tient à cœur.
– On a tous des seuils de tolérance différents
– Qu’elle qu’elle soit, on a une sensibilité (sauf les fameux pervers narcissiques du début peut être)

Je connais des militant.e.s qui s’indignent de tout. A les entendre énumérer tous les malheurs du monde, les injustices, je ne veux plus vraiment les écouter. Je leur dis « tu te fais du mal » . Ce sont aussi des personnes qui vont tenter, en vain, de discuter avec les trolls et les réactionnaires des réseaux sociaux, et s’en prendre plein la gueule — cercle vicieux pour elles.eux, leur monde n’en est que plus violent.
Puis, dans une discussion calme entre amis, on en viendra à discuter inégalités. Cette personne va tout de suite monter au créneau. Rhôlala, ces féministes sont vraiment extrêmes ! … Cercle vicieux (et puis sérieusement, cesser de penser ça, le féminisme est rarement extrême).

Une empathie
Les landes arides de l’internet où les idéologies s’affrontent

J’ai pris l’exemple du féminisme parce que c’est assez classique. Mais il se passe tellement de choses sur cette planète qu’on a pléthore de causes à défendre, des tonnes d’injustices à renverser. Et, suivant notre seuil de tolérance, savoir qu’il y a des injustices va nous faire du mal.

Même sans être militant.e d’ailleurs : je connais une personne qui a fait une dépression, et pour s’en sortir elle a arrêté de lire/écouter/regarder les infos. Elle se prenait le malheur de plein fouet et cela la bloquait pour aller mieux de son côté. Ce n’est pas de l’indifférence, au contraire : j’ai envie de dire que son empathie était mal placée, qu’au lieu d’avoir l’empathie qui fait qu’on aide la veille voisine à traverser la rue elle avait l’empathie qui fait qu’on se sent coupable quand le monde va mal.

Alors on a probablement tous cet.te ami.e militant.e qui s’emporte pour « des détails ». N’oublions pas que cette personne souffre. Que si on a pas son empathie-boulet qui fait souffrir pour chaque inégalité du pays, on peut avoir l’empathie qui fait qu’on aide ses amis, et qu’on peut par conséquent aider cette personne militante qui « se prend trop la tête quand même ». Si cette personne s’énerve vite, ce n’est pas qu’elle est violente, mais que le monde est violent. Oh et, spoiler, si quelqu’un peut en souffrir, c’est que ce n’est pas un détail.

Aimons-nous, bordel.

p1030110 amour dans Chroniques d'un Gourou
La couleur dans la grisaille, telle l’amour dans ce monde de fous.

Je fais des blagues

… et je ris toute seule.
 
On pourrait faire un autre pavé sur le fait que je me sente en décalage avec les gens. J’ai préféré la démonstration par l’exemple :
Ce week end, mon coloc et moi étions sur le canapé à discuter « diktat du sport » — comprendre : nous nous sommes inscrit.e.s en club d’athlétisme et nos camarades viennent tous avec leur t-shirt de « finisher » de grandes courses, marathons et pire plus. Là, mon cerveau est parti en roue libre, et la « blague » est sortie : Si Marat avait été un coureur, on aurait pu l’appeler marathon, et il ne serait pas mort puisque le marat-thon survit dans une baignoire.

Alleeez, ne me remerciez pas pour cette franche rigolade.
…Je sais que tu n’as pas ri.
Mon coloc est resté interdit, parce que j’avais l’air de bien m’amuser toute seule, et que tout le monde ne pense pas, en parlant de course à pied, que Marat est un révolutionnaire français et député montagnard qui fut assassiné dans sa baignoire en 1793. Et une fois qu’on a cette information, la blague est encore plutôt mauvaise, avoue, tout ça pour un jeu de mots douteux avec du poisson.
 
Bref, morale de l’histoire : ayez pitié de votre pote qui fait des blagues nulles et qui rit tout.e seul.e, c’est peut-être une personne qui réfléchit trop.

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Pour la peine, cette autre blague nulle pour illuminer votre journée (je me surpasse aujourd’hui)

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