Je n'ai qu'une chose à te dire…


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Vendez moi ce crayon !

Pour vendre quelque chose, il faut attirer l’attention. On nous apprend ça, le « pitch », pour dire en quelque mots pourquoi notre interlocuteur doit continuer à écouter, pour lui faire croire que la suite va l’intéresser. Globalement, on raconte une histoire, on pose une question, ou on prend un sujet d’actualité.

Récemment, une équipe de publicité s’est probablement constituée chez Jean Paul Gaultier pour vendre un nouveau parfum. Enfin, pas seulement pour le vendre, mais pour dessiner la bouteille, englober tout ça dans un scénario qui rendrait ce truc vendable. Voilà ce qu’ils ont trouvé :

Vendez moi ce crayon !  dans Chroniques d'un Gourou

Comment te dire … Tout y est : comme pour la plupart des publicités pour un parfum ou une voiture, on a la femme peu vêtue au regard de braise ; on a le sujet d’actualité dont tout le monde parle ou a entendu parler récemment. On a donc une affiche qui attire l’attention, bravo.

Je suis déçue cependant (ok, j’étais déjà déçue de base, je n’aime pas les pubs de parfum). S’ils font du parfum, ils font de la chimie, et s’ils font de la chimie ils doivent savoir qu’il y a des réactifs qu’on ne met pas ensemble, sinon … ça réagit. Suis-je la seule que ça choque ? Qu’on n’ait pas relu leur copie ?  « Euh, les gars, je crois que vous avancez en terrain glissant », non, eux ils ont voulu y aller pied dedans, et en accentuant les détails.

 » I, too, wanted to cause a scandal ! »

Sérieusement ? Ta clientèle est au courant du scandale Weistein, ou de l’ampleur de #metoo, ou de la libération de la parole des personnes qui ont subi des agressions, et toi tu veux miser sur le fait que ta clientèle aussi, elle veut qu’on parle d’elle ? Soit c’est à interpréter comme « il y a mieux que des agressions pour faire parler de soi » (ouais sérieux elles saoulent à dire qu’on leur fait du mal, elles vont pas porter plainte en plus ?), soit comme « vous aussi, vous allez sentir tellement bon qu’on va vous agresser » (ok je pars loin).

Bref, cette publicité est partout et ça m’énerve.


Quatre mois avec Freelectics

Je suis entrée dans la secte…

Quatre mois avec Freelectics dans Chroniques d'un Gourou HEADER#

Freeletics, ou FL pour les intimes. Il s’agit d’un ensemble d’applications sportives, pour s’entraîner facilement chez soi sans équipement et en « peu de temps » (enfin dans le cas de l’appli Freeletics Bodyweight – entraînement au poids du corps). J’en ai brièvement parlé au début de cet été d’ailleurs #.

Pourquoi tu nous parles d’une appli de sport ?

Parce que je me suis laissée prendre au jeu. Je le disais en juin : un chrono qui défile, des barres de progression pour comparer aux précédents entraînements, la compétition en bref. Mais la compétition contre soi-même, ce qui est d’autant plus prenant. Donc : j’ai commencé parce que je voulais essayer pour rire et finalement quatre mois après j’y suis encore. On verra éventuellement plus bas pourquoi j’ai voulu continuer.

Alors, ça marche ?

Ouep. C’est un peu comme tout, « il faut prendre le temps » et on arrive à des résultats. Je n’ai pas de photo avant/après vraiment frappante à montrer, parce que je ne savais pas ce qui allait changer, et je n’ai pas écouté l’appli qui me disait « Avant de commencer votre première séance d’entraînement, prenez une photo de vous de plain-pied. Au cours des prochaines semaines, vous serez étonné(e) de la façon dont votre corps va changer »

J’ai cru que j’allais juste voir des abdos apparaître au bout d’un certain temps. Finalement, ce ne sont pas les abdos qui impressionnent, mais les biceps/quadriceps qui sortent de nulle part et prennent du volume – et on ne s’en rend pas vraiment compte en photo. Je peux aussi vous affirmer joyeusement que j’ai pris 5kg de masse musculaire parce que j’ai pris 5kg depuis et que je ne retrouve pas le gras.

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Juillet — Septembre : un abdal a poussé
(il y a un abdo plus visible que les autres qui atteste d’une probable mauvaise technique quelque part …)

Combien ça coûte ?

Ahmaisoui, j’ai osé payer pour une application que j’utilisais « juste pour rire » ! En fait, j’ai utilisé la version gratuite pendant un mois, parce qu’il y a quand même de quoi faire. Puis, en août, leur équipe de marketing qui parle comme une secte (« C’est le début de tout ce que vous avez toujours voulu. Commencez dès maintenant« ) a proposé un jeu où on gagne des cadeaux (le #coachChallenge #transformationdigitale), alors en deux jours et un code de réduction -30% j’ai sorti la carte bancaire. 24,49 euros pour 3 mois.

J’ai pas trop envie de me justifier, mais quand même : je ne regrette pas. Je n’aurais pas voulu payer beaucoup plus mais là, honnêtement, même avec du recul, je ne regrette pas.

C’était vraiment pour de rire ?

Je ne crois pas que j’aurais dépensé 30 balles juste pour le fun, quand même. Il se trouve que l’été dernier, j’étais arrivée à un niveau de mollassitude considérable, je me sentais toute flasque et somnolente. Oui, je sais, c’est l’anémie. Parlant d’anémie, ma sœur m’avait sagement soufflé que j’avais peut-être un manque de faire au-delà du manque de fer. Alors, étant en vacances cet été, j’ai su ce qu’il me restait à essayer.

Le résultat est donné au-dessus : j’ai pris 5kg de muscles, je me sens forte et je peux monter des escaliers sans m’essouffler.  Je crois aussi que je cours mieux qu’avant (plus longtemps, et pas seulement quand je suis sur les nerfs).

Et maintenant ?

Maintenant, mon abonnement payant s’est arrêté. Le retour à la version gratuite est un peu triste quand on s’est habitué au complet, mais je compte continuer à m’entretenir sans forcer, aller courir régulièrement et peut-être tester d’autres applications (gratuites). Je compte essayer le yoga aussi.

Aussi, lors du CoachChallenge, j’ai obtenu une version d’essai gratuite du coach FL Nutrition, donc j’expérimente (à ce propos, l’appli est gratuite mais les ingrédients sont plus coûteux que les habituelles pâtes-carbo étudiantes).

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Me voilà fin prête pour faire des photos #bodypositive dont je me moquais en juin dernier
 

Souvenir d’enfance

En période de forte affluence dans les transports, impossible de bouquiner tranquille, impossible même de placer un livre de poche entre deux personnes debout. J’ai donc pris l’habitude d’écouter des podcasts. Et, puisque ce n’est que le début, je me limite à une seule « radio » pour l’instant :

Je ne sais pas si ce générique te dit quelque chose. C’est celui d’une émission qui a disparu de la radio publique depuis plusieurs années déjà, mais qui a aussi écumé les époques. Et cette émission, ce générique, cette voix, me rappellent des moments particuliers de mon enfance. C’est le moment où je rentrais de l’école, j’allais vite poser mon cartable et ma maman allait vite allumer le petit poste de radio. S’il y avait le temps, je mangeais mon goûter dans la cuisine, mais après ce fameux générique il ne fallait plus faire de bruit. Enfin, après ce fameux générique c’était aussi C’est pas Sorcier à la télé, alors …

C’est con tu me diras : c’est bien plus que ça une émission à la radio. C’est aussi pour ça qu’aujourd’hui, j’en écoute des archives.

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En ce mois d’octobre 2017, il y a plusieurs anniversaires spéciaux que cette radio de gauchistes nous rappelle : les 50 ans de la mort de Che Guevara, et, si toi aussi « Octobre 17″ te met la puce à l’oreille, les 100 ans de la révolution d’Octobre en Russie. Enfin pour l’instant, je te propose surtout la série sur le Che. Oui ce sont des archives, les nouvelles émissions sont réservées aux abonnés, l’abonnement est payant (2€ par mois pour les étudiants), parce qu’il faut bien payer les journalistes. Je vous conseille cet abonnement tout de même, si ce n’est pour égayer vos trajets quotidiens.

Et si vous avez eu cette enfance où on prend le goûter pendant que Là bas commence, vous aurez peut-être comme moi quelques frissons et des sensations qui vous reviennent, l’odeur de la cuisine, le bruit du boulevard par la fenêtre, le chocolat chaud trop chaud. On en oublie presque qu’on est écrasé entre 5 personnes moites pendant que d’autres poussent encore pour rentrer dans le wagon.

Dans 5 ans, je vous raconterais sans doute que réécouter ces podcasts me rappelle l’odeur âcre du RER B.

Au fait, le lien vers l’émission dont j’ai extrait le générique


Le joyeux conformisme

Depuis longtemps, régulièrement, je cherche à déstabiliser les gens. Gentiment, avec des allusions ou des comportements, des vêtements et des questions. Juste pour montrer que je suis différente.

Mais depuis quelque temps, ça ne prend plus. Ce n’est plus drôle, ça y est, je suis bizarre et c’est plié. Alors, laisse-moi te dire deux trois trucs :

Je fais des activités qui plaisent aussi aux gens de mon âge. Tu crois toujours que j’ai pas vu Game of Thrones, et puis d’ailleurs tu te demandes si c’est pas malsain que je regarde les scènes violentes, et si ça me donnait des idées ? Ça surprend quand j’ai un verre d’alcool à la main, bien plus que l’éternelle tasse de thé. Ah, t’es pas végétarienne ? L’autre jour, j’ai même ouvert un compte instagram, wah l’autre, je croyais que tu n’aurais jamais fini de lire et d’accepter les conditions générales d’utilisation ! Manquerait plus que je mette une robe et du maquillage, ça ferait faire quelques AVC dans mon entourage …

Le joyeux conformisme dans Chroniques d'un Gourou ello-optimized-74d8c093
« Lardons », huile sur toile, @christopheberle sur ello

Soyons sérieux, objectifs et surtout observateurs. Rien n’a trop changé. Il y a seulement des détails à accentuer. Mais essayez vous même : le choc du « je suis comme toi » est plus violent que celui originel de l’original.


Blog : Pourquoi ne pas recommencer ?

Le mois dernier, j’ai vu apparaître le blog KillKarma dans mon fil d’actualités. Il se trouve que je suivais déjà cette blogueuse, sur son ancien blog. Elle nous explique ici # les raisons du changement de blog. Il faut beaucoup de courage, à mon avis, pour laisser un blog où on a inscrit un morceau de sa vie et recommencer. Même quand il ne concerne pas directement sa vie. Il faut avoir des projets, de l’ambition ou au moins des idées pour repartir sur quelque chose de neuf où on n’a pas encore posé de repères. J’ai d’ailleurs voulu commenter l’article mais oubliant régulièrement mes identifiants wordpress(Du coup si tu me lis, Karma, sache que ton ancien blog déjà était chouette, et je suis très contente de découvrir le nouveau).

Alors … Pourquoi pas moi ?

Bah oui, s’il faut du courage et que changer de blog est un acte de bravoure dans ma petite tête, pourquoi je ne cours pas le faire ? Figurez vous que j’ai changé de blog, en 2010. Dans ma (très) jeunesse, j’ai raconté ma vie sur la plateforme Blogger (avant que ça ne soit google, rendez vous compte).

Et non, je n’arrive pas à changer de blog. Je ne vois pas l’intérêt puisque je suis encore d’accord avec ce que j’ai raconté avant. J’aime relire les articles vieux de plus de deux ans.

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C’est toujours très chouette de s’envoyer des fleurs … Ici, l’élément important est « le fil conducteur, c’est moi ».

Cela pose d’ailleurs des questions de temps en temps : est-ce que je n’essaie pas sans arrêt de me conformer à ce que j’étais plutôt que de me laisser aller sans arrières pensées vers l’avenir ?

C’est vrai que je m’en voudrais beaucoup si je qualifiais n’importe lequel de mes actes d’erreur de jeunesse. On le voit en lisant ce blog ici-même, cette crainte, ce reproche à l’avance revient souvent.

J’aime penser que tout ce que j’ai pu penser à 13, 14 ans est ce qui a construit celle que je suis aujourd’hui. Que les erreurs n’en étaient pas vraiment, à partir du moment où je les ai comprises ou assumées. Cela expliquerai pourquoi chaque échec fait paniquer… Jusqu’à ce que je ne le considère plus comme un échec. (Rassure toi, il me reste quelques échecs à résoudre)

 

Par conséquent, j’ai voulu référencer tout ce qu’on trouve sur ce blog. (C’est déjà fait pour les musiques présentes dans les articles, ici #) Voyons à quel point je vous ai livré ma vie, non ne prends pas la peine de discuter avec moi, le fil de ma pensée est en ligne.

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Ça remplit une feuille recto verso, avec quelques mots clés pour chaque article. Je ne me suis pas fiée aux mots clés que j’attribue aux articles à la publication, parce qu’il y en a tellement que j’en oublie.

Je n’ai pas donné mon âge avant cette année ou la précédente, pourtant on peut le suivre facilement. Déjà, on a affaire à une ado #, puis on sait qu’elle passe le brevet (presque) #, qu’elle arrive au lycée #, qu’elle passe le bac #. On sait aussi que c’est la filière scientifique #.

Aussi, je dis « elle » parce que la langue française impose le genre #, mais aussi parce qu’en 2012 l’autoportrait est de genre féminin #, la photo est remplie de filles #, et on traite de sexisme ordinaire # #. En 2013 je ne peux pas me présenter à un prix réservé aux filles #.

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Not Applicable @notapplicable  – ello – vêtements « non gender biased »

On a affaire à quelqu’un qui découvre le monde avec deux points de vue : un sur la citoyenneté (périodes électorales traçables, de la surprise # à la blasitude #), la mobilisation, l’engagement politique (féminisme # # #, désobéissance civile # # et informations # # #) et écolo (au départ vécu # puis suivi #, puis l’éloignement # # # # #) ; l’autre sur internet #, la communication #, la technologie (les risques à nuancer #, les peurs infondées des gens # # #). Les deux se rejoignent ensuite. On peut y ajouter le troisième point de vue sur la condition féminine, dérivant vers à la fois le conditionnement (summer body # # # et société de consommation # # #) et l’orientation sexuelle (les cases et appellations # # # #).

Pour ce qui est de la communication, il y a la découverte de la blogosphère #. On cherche un peu au hasard #, on trouve quelques blogs intéressants (coucou lullabys, erys, msdd13, qui pour la plupart n’ont plus de blog aujourd’hui), puis en avril 2015 je découvre la plateforme hellocoton avec ma colocataire #. Le changement est visible : des tags # #, des interactions entre blogs #, des articles plus axés « racontage de vie » (typiquement celui que je suis en train d’écrire) # #.

En 2013 et en 2014, je voyage # et je rencontre des gens #. Puis, je rencontre les gens de mon entourage et je tombe amie # #. Je cultive ma différence et j’observe #. Je m’intéresse à la religion, que je rejetais par défaut # #.

A partir de 2014, je commence à avoir peur # #. Plus le temps passe, plus je partage mes angoisses sur le blog #. Manque de confiance en soi ou manque de personnes à qui se confier, à voir #. Les inconnus que brasse le web sont devenus mes confidents. Tu m’étonnes que je sois un livre ouvert #. J’essaie même de l’assumer # #. En 2016, mon pays me manque, et même si ça s’est retrouvé plus tôt # # #, ça devient explicite # #.

Une touche de positif quand même, ce blog est celui d’une personne qui apprécie les bonheurs simples # # # # #. Qui se pose des questions stupides et parle du temps qu’il fait #  # #. Qui fait des blagues fermées et de la cuisine # # #.

Tout n’a pas été cité, mais comme je l’écris dans l’article de présentation : les vieux articles sont donc valables. Déplorons tout de même les vidéos et images manquantes, les liens morts … Ce blog est vieux.

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@phigun sur ello

Alors voilà, petite rétrospective sur mon blog. Sans me vanter, je suis assez fière de moi : j’ai produit du contenu assumable.

… Jusqu’à quand ?

Ne vaudrait-il pas mieux que je prenne tout ça, que je le range dans une boîte d’archives et que je le relise de temps en temps, comme je viens de le faire ?

De cette façon, je n’aurais pas à me justifier devant 6 années d’opinions à chaque nouvel article que j’écris. De cette façon, je pourrais avancer en choisissant de nouvelles règles. Redessiner les frontières. Changer la mise en page. Mais je n’ose pas. Ces 6 années sont tellement collées à moi …

 


Le paradoxe des soldes ou la tristesse de l’homme

Hier soir, sortant du parc voisin, j’ai entendu un couple se disputer. Par couple j’entends deux personnes, et il se trouve qu’il y en avait une de chaque sexe (et genre, très probablement). La personne de genre féminin se plaignait innocemment de ne pas avoir les moyens de faire les soldes, quand monsieur a commencé à lui expliquer que elle, si elle voulait, elle avait des jeans à cinq euros et des débardeurs à moins que ça. Alors que lui, ne pas avoir les moyens, il connaît bien : pour se procurer un jean décent il faut allonger au moins trente euros quand on est un homme.

Ce n’est pas la première fois que j’ai ouï dire de ce « problème », on y a droit au moins à chaque fois qu’il y a des soldes, sinon quand monsieur essaie de consoler madame par rapport à sa condition merdique de femme : « toi au moins tu peux t’acheter des vêtements moins cher ».

Cela soulève plusieurs questions.

  • Déjà, est-ce que ça rattrape le harcèlement, les clichés, les écarts de salaire, les écarts pour tout le reste, le fait d’avoir des vêtements moins cher ?

  • Il se passe que les femmes sont bien des victimes de la mode, sans jeu de mot, on se retrouve souvent jugées sur l’apparence, est-ce que la société de consommation ne nous doit pas au moins quelques réductions quand monsieur n’a besoin que d’un costard pour les mariages, les enterrements, les entretiens d’embauche et autres joyeusetés ?

  • Qui a décidé que les femmes devaient être victimes de la mode plus que les hommes ? (Ils le sont aussi, la société de consommation n’allait pas se priver d’une moitié de l’humanité)

  • Différence de prix veut souvent dire différence de qualité. Mais c’est pas grave, parce que les femmes changent souvent d’habits. Et d’avis aussi, tiens. Eeeeeet on revient à l’éternel problème du consentement, n’est-ce pas ?

On peut par ailleurs déplorer que les hommes se refilent moins leurs vêtements entre eux. Dans les friperies et autres, on trouve une majorité de vêtements féminins.

 Le paradoxe des soldes ou la tristesse de l'homme dans Chroniques d'un Gourou 082-trunklog-stock#

Tout ça pour dire qu’on avait de quoi réfléchir à partir d’un banal événement saisonnier : la période des soldes.

 

Et vous, vous êtes vous disputés récemment avec des personnes du genre opposé au sujet des exigences vestimentaires que vous supportez ? Vous sentez vous conditionné.e ? (Pour ma part, j’ai toujours peur du jugement des autres …)


Les princes et le sport, un été en ville

Cet été est un peu étrange pour moi : je vais avoir des vacances. Autrement dit, je n’ai pas de stage, pas de boulot, ni de devoir maison de 20 pages à rendre. A vrai dire, ça me manque d’être lycéenne, parce que d’une part tous mes amis, eux sont en stage ou en voyage ou loin, et que d’autre part je suis en ville dans mon appart, loin de la plage – loin de chez mes parents.

Mais voilà, je suis en vacances, il faut se réjouir ! Finies les échéances, les deadlines comme disent les jeunes, il y a enfin le temps pour passer l’aspirateur.

Les princes et le sport, un été en ville dans Chroniques d'un Gourou

Quoi de plus adapté qu’un bullet journal pour illustrer « deadline » ? Ceci est sur la liste des choses que je ne ferai probablement jamais

Cet après midi, j’avais faim. Trop de temps passé à errer sur la toile comme ne disent pas les jeunes et sur des tutos pour apprendre à coder en C++ (alors que je sais déjà coder en C et en Java, en fait c’est simple), à jouer à Mush que je vous conseille même si être une débutante ça craint.

Bref, puisque j’avais faim et un paquet de goûters prince en ma possession, j’ai mangé un demi paquet. Puis, j’ai téléchargé l’application freeletics (il doit y en avoir un paquet d’autres, mais celle-ci a dépensé plus en marketing alors voilà …).

Alors voilà, quand on reste l’été en ville, je doute que l’on puisse trouver beaucoup de motivations pour avoir un « corps de l’été », tu sais le truc avec des abdos et sans gras, avec du bronzage mais sans marques (et surtout sans poils). A part la culpabilité, les réseaux sociaux qui te bassinent avec leur sport et puis le miroir qui vient te confirmer que tu ne ressembles pas aux gens sur les photos. Enfin. J’ai donc essayé freeletics, en prenant soin de sauter l’étape où ils font payer (même si en soi, si j’étais une vraie citadine avec un salaire, je me serais sans doute laissée tenter – c’est moins cher qu’un abonnement à la salle voire que la piscine).

Ils sont marrants, tous leurs programmes d’entraînement ont un nom de dieu grec, et puis au début ils te font plein d’encouragements mimi : « vous avez fait le bon choix« , « soyez fière de vous-mêmes« …

Puis il y a le premier entraînement, simple et rapide, on télécharge des vidéos pour les regarder et faire pareil d’ailleurs ça pèse lourd tout ça. A l’issue de l’entraînement, pareil, on croirait qu’on vient d’intégrer une secte : « A chaque fois que vous vous penserez incapable de faire quelque chose, souvenez vous de cette séance d’entraînement« . Eh ben, je ne savais pas que 4 minutes d’abdos et de crunchs pouvait révolutionner une vie. Mais ça fait plaisir, si on pouvait m’envoyer des messages comme ça à chaque fois que je rend un compte rendu de TP en physique, mon ego doublerait de volume.

 Bonheur dans Chroniques d'un Gourou

En gros, freelitics c’est des phrases type « body positive » mais en fait ça te demande d’avoir le corps du parfait sportif

Bon quand même, à la fin de ces quatre minutes je me suis dit que le demi paquet de prince prenait de la place dans mon bide. J’aurais dû en manger moins. Mais, mon ego ayant doublé de volume, j’ai voulu tester d’autres « workouts ». Au bout d’une heure (pas non-stop hein, il faut télécharger et regarder les petites vidéos), je crois que je n’avais jamais été aussi transpirante après une séance de sport (d’ailleurs je fais retourner boire de l’eau). On se laisse vite prendre au jeu, avec le chrono qui défile et les petites barres de progression. Je pense que ça peut devenir dangereux au moment où le compte se retrouve lié à facebook ou autre réseau, où on se compare aux autres, et où on se laisse aller à la compétition. Pour avoir déjà fait un malaise en footing après avoir accéléré pour pas qu’un inconnu me rattrape, je sais que c’est risqué *hum*… *ego*…

et puis je me suis souvenue que je suis un peu cardiaque. Méfiez vous des petits exercices saccadés, il faut y aller progressivement c’est mauvais pour votre santé sinon… #pausede30mn#chaudfroid#soif

Enfin voilà, c’était ma première expérience avec une appli pour faire du sport. Je vous dirai si je continue, ou si demain je ne peux plus plier mes abdos. Je me demande aussi à quel point l’appli va me harceler, parce que comme écrit dans le premier message : « Le fait que vous soyer allé.e jusqu’au bout démontre que vous avez la capacité […] de relever le défi freeletics. Alors surmontez le. » *hmmmbrsecte*

Ou alors je vais finir mon paquet de prince.

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Après ça il faudra faire de belles photos #beachbody sur instagram. Hm.

Et vous, déjà essayé ce genre d’applis ? Déjà mangé des prince ?


La petite soeur

Ce week end, j’avais prévu de participer au casting Elite Model de Paris. Oh je sais, tu vas me dire : woah l’autre comment elle se prend pas pour de la merde, déjà elle veut être modèle mais en plus la meilleure, l’élite. Attends, bouge pas. Si je me suis intéressée à ce casting c’est qu’il s’agit de la plus grande agence de mannequins, donc ils brassent du monde, donc ils ont les moyens de recruter beaucoup de personnes différentes dans leurs castings, donc je peux me fondre dans la masse. Autre point, je corresponds à des critères objectifs tels que la grande taille et la minceur, c’est pas de la beauté, ce sont juste leurs critères.

Je n’y suis pas allée finalement, parce que depuis la veille j’avais développé des critères objectifs de non-photogénie, une colonie de boutons comme à mes 15 ans avait éclos sur un côté de mon visage. Sans doute un signe (pas un signe, une négligence de ma part en fait), parce que ça fait quelques années que ma peau a cessé d’être indécise.

J’en suis très frustrée. Parce que voilà, je m’étais dit que même si je ne suis pas jolie, même si ce casting est uniquement l’occasion de montrer que je ne sais pas marcher en talons à des gamines de 14 ans et demi, je voulais le faire au moins une fois. Et c’était la dernière occasion parce que ces castings sont annuels et que j’ai atteint l’âge limite des 21 ans — je suis périmée.

La petite soeur dans Chroniques d'un Gourou ello-optimized-caabca00
@themandesigns  sur Ello

Si tu me connais, tu vas probablement te dire que non, ce n’est pas moi, cette personne qui veut participer à un concours de meufs maigres en talons hauts. Bah écoute, j’ai l’impression d’en avoir besoin. Je suis d’accord que c’est étrange que j’en aie envie, alors le besoin est une explication que j’ai trouvée.

En seconde, quand j’ai fait du théâtre parce que ça aide à vaincre la timidité, la prof ne m’a même pas remarquée et de toute l’année j’ai regardé les autres jouer sans qu’on m’appelle (enfin si, une fois). Au lycée, j’étais tout le temps voûtée parce que je voulais dissimuler ma grande carcasse. Tout ceci est cohérent, j’ai réussi à m’effacer. Mais avec cette histoire de modèle il ne s’agit pas que de se faire violence pour « enfin » m’exposer au grand moyen jour, de trouver un moyen pour qu’à tout prix on me voie. Non, parce qu’aujourd’hui on me voit, et depuis j’ai refait du théâtre et on m’a laissée jouer. Il s’agit peut-être de pouvoir marcher avec des talons et pas me sentir trop grande (ouh, le problème de riche). Il s’agit quand même de dépasser un truc : être au centre de l’attention. Je suis celle qui, comme beaucoup, traverse une pièce en longeant les murs. Si être devant un objectif me gène, je peux encore moins regarder les gens dans les yeux quand je parle (et ce même quand je vous connais parfois, je suis désolée).

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Matt Semke @catswilleatyou sur Ello

Je n’ai aucune idée de si être modèle photo est plutôt une aide à l’ouverture ou une preuve de timidité. Si c’est un caprice ou un besoin justifié. Mais je suis la petite sœur, je suis la dernière et j’aimerais essayer, pour une fois, d’être le modèle.


Grande question

Cela fait des mois, peut-être des années que cette question me casse la tête. C’est bête, c’est un détail, ce n’est pas la peine d’y penser parce que ça marche tout seul, mais quand même, j’avais besoin d’en parler.

Les feux tricolores. Leur fréquence est elle réglée sur un diviseur de 24 heures ?

Si c’était le cas, on pourrait mettre fin à une conversation de cette façon : « je te laisse, je vais rater le feu de 8h14 ! » et ma vie serait logique et fluide.

Grande question dans Chroniques d'un Gourou

En fait, cela doit dépendre des communes, des feux, et si c’est le cas pour certains feux, c’est le fruit du hasard. Ou alors tous les feux sont comme ça mais ils sont trop rapides pour qu’on le remarque. Un jour, je tiendrais un carnet avec les horaires précis des feux de la circulation dans ma ville.

 

 


Le privé et le politique

C’était un slogan pour la libération des femmes ça, « Le privé est politique » (c’est toujours un slogan féministe). A cette époque où les femmes étaient à la maison, leur vie était du domaine privé, et ça ne communiquait pas avec l’extérieur. Dit plus joliment :  les femmes sont exclues de la citoyenneté et assignées au domestique #.

Alors, pas de travail, pas de droit de vote, pas de pénalisation du « crime passionnel », bref la cata.

Alors oui, le fait qu’aujourd’hui, le privé soit politique, est une bonne chose. Sans parler de la plupart des femmes qui ne sont maintenant plus assignées au domestique, on peut au moins lutter contre les violences conjugales, les maltraitances d’enfants : l’Etat a aussi le monopole de la violence dans nos maisons.

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Source : Ello – Olya van Saane

Alors, par conséquent, je ne vais pas me plaindre directement de ça, tu veux bien ?

Aujourd’hui, en plus d’être des citoyens (donc avec une prise sur l’extérieur), nous sommes aussi des internautes. Et là, on a bien des réglementations qui sont appliquées mais on est un peu flou au niveau du territoire de l’Etat, et puis si tout était contrôlé et limité ça râlerait un peu. Bref, on part beaucoup plus et beaucoup plus vite en c…acahuète sur internet (en particulier sur les réseaux sociaux parce qu’il n’y a plus que ça qui tourne – en plus de candy crush).

Il y a plusieurs choses parties en cacahuète qui m’ont interpelée récemment :

    – La vague d’indignation soulevée par la mort d’un enfant nourri au lait végétal #

    – Le fait, plus général, qu’à force de parler de fake news à tout va, on prône l’existence d’une seule et unique vérité, indiscutable, celle basée sur les chiffres et les faits.

 Bon oui, les chiffres et les faits sont vrais. La vérité n’est pas une opinion. Mais c’est important de douter, comme disait ce bon vieux Descartes.

Donc, avant-hier, je suis tombée sur un post qui disait, en gros « arrêtez de dire que les vegan sont cons, c’est juste que là les parents ont été cons, et d’ailleurs ils n’étaient pas vegan ». C’est l’histoire de gens qui ont décidé que leur enfant était allergique au lait et que du coup du lait d’amande seul suffirait à remplacer ça. Mais ce post est parti en gros jugement du mode de vie des personnes. Parce que d’un coup, vu que ces gens consultaient un « médecin homéopathe », dans la tête des gens ça a dû se transformer en « expert vaudou » (tu sais celui qui laisse des petits mots dans ta boîte aux lettres, qui te promet le retour de l’être aimé et la réussite du permis).

Alors. L’homéopathie exploite l’effet placebo. On dilue un truc dans de l’eau  jusqu’à ce qu’il n’y ait plus du truc (moins d’un atome, quand on fait le calcul, ouioui). Mais les médecins homéopathes sont de vrais médecins, ils ont eu une formation de médecin avant tout, et s’ils voient que ta maladie est grave ils ne vont pas te filer des granules (enfin, pas que). S’ils doivent te vacciner ils ne vont pas t’injecter du sucre mais ils vont faire un vrai vaccin, parce que c’est leur boulot. N’empêche que pour les petits rhumes, il s’avère que l’esprit humain est assez fort pour se convaincre de se soigner avec du sucre.

Tout ça pour dire : mais qui sommes nous pour décider de comment les gens doivent se soigner, ou manger, ou se déplacer ? On peut être des amis, et donner des conseils. On peut être écolos, et conseiller de pas trop prendre l’avion parce que quand même, le décollage de l’avion il consomme autant que ta voiture en une année. On peut être fauché et proposer un covoiturage. Mais ça m’insupporte qu’on décide que je suis une terroriste tueuse d’enfants parce que moi, je bouffe du sucre pour soigner mes rhumes (et certes, je ne traite pas les arbres). (Ouais, je rage à l’écrit, ça te plaît pas hein ?)

Dans ce même débat stérile (les débats en ligne ne sont pas des débats, ce sont des gens qui donnent leur opinion à tour de rôle – un peu comme moi là -, sans tenir compte de l’opinion précédente), on a eu droit également à « vous êtes cons à pas manger de la viande, c’est naturel on a toujours fait ça ». Bah. Si les gens décident de pas manger de viande, il y en aura plus pour nous. Ou autant mais meilleure. Ou moins chère (l’offre, la demande, tout ça…). Donc tant pis pour eux, ils ont décidé.

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Comme ça vous évitez le risque de faire mourir votre gosse.

Le privé devient politique, à mon avis, pour un peu tout et n’importe quoi. Certains individus prétendent détenir LA vérité, celle qui ne change pas avec le temps, et nous arrosent avec sans trop prendre de précautions. Je m’inquiète de l’augmentation de ce phénomène. Parce que le « je n’ai rien à cacher, puisque je n’ai rien à ma reprocher » (les gens, je vous conseille de ne pas venir me dire ça sérieusement, je n’y crois pas) risque de perdre du terrain si rien que pour des modes de vies on peut se faire épingler. 


On partage ?

Vous le savez peut-être, Damien Saez communique avec ceux qui veulent bien l’entendre via le site culturecontreculture, publie textes, chansons est vidéos. On peut en partager deux. Les autres sont réservés aux « manifestants »… Ouais, c’est payant, mais ça se justifie. Je suis d’accord de payer 5 euros par mois pour lire de la poésie est écouter de la musique, parce que 5€ c’est bien moins ce que consomme un fumeur pour ses clopes, bien moins que ce que consomme un buveur pour sa tize.

Est-ce que je me place en traître quand je retranscris ici un morceau de chanson ?

On partage ?  dans Chroniques d'un Gourou l-art-est-public

Je partage parce que je vous invite à écouter la chanson, je partage parce j’aime ce que Saez écrit (sauf quand on a affaire à des prostituées, là j’ai plus de mal), je partage parce que ça me donne la pêche et que j’espère que toi aussi.

EDIT : On peut écouter ce titre sur le site cité plus haut ;)

Elle est gauloise au p’tit vin blanc, elle est contre le gouvernement,
Elle est pas fille des religions, elle est pas putain du pognon
Elle est vent du nord ou d’ouest, elle est vent du sud ou de l’est
Elle est sans abri à la rue, elle est toujours peine perdue
Elle est gitane elle est profane, elle est con la gauloise plane
Elle est toujours fumeuse de joints, elle dort dans les gares en chemin
Elle est solidaire au combat elle est Varsovie Messina
Elle est pas banquière pour un sou, elle est pas botte au garde à vous
Elle est sans abri sans frontière, elle est contre totalitaire
Elle est j’temmerde avec ta thune, elle est vas-y ressers une brune
Elle est ma gueule de Picasso, elle est tous mes potes au pinceau
Kusturica Sarajevo, elle est pas loin la gestapo
Mon européenne c’est pas la Bruxelles, mon européenne c’est pas Genève
C’est pas la thune du marche ou crève, tu sais moi mon européenne
Elle a pas vraiment de frontière, son corps c’est la planète entière
N’en déplaise aux peuples bourgeois, tu sais mon européenne à moi,
Elle est keupon rat sur l’épaule, elle est tatouages de la taule
Elle est accordéon sanglots, elle est accorde moi un tango
Elle est destin des origines, elle est racines gréco-latines
Elle est contre l’union bancaire, elle est mes révolutionnaires
Elle est pote à Mimi Pinson, elle est Roumanie sans pognon
Elle est guillotine pour les rois, elle est plutôt comme toi et moi
Elle est pas médiatique je crois, elle est pas politique bourgeois,
Elle est paysanne au combat, elle est partisane quand elle boit
Elle est ouvrière licenciée, non c’est pas la fille du progrès,
Elle est cantonnée au métro, elle est plutôt manu crado
Elle est nordique nord-africaine, elle est un peu baltique aussi
Elle a des airs de statue grecque, elle a des airs des italies
Qu’on dirait Paris à Venise, on dirait Namur aux marquises
[...]

…Tu veux être mon européenne ?

Et dans un presque même registre, dans cette même idée qu’on peut participer un peu pour obtenir beaucoup, cette idée que l’art peut servir à quelque chose et que la mer ce n’est qu’un gros paquet de gouttes d’eau : Tu veux être ma députée ? Mon député ?

Image de prévisualisation YouTube


Les pieds dans la toile

Politiques sécuritaires et surveillance partout.
Les smart cities, bijoux de la technologie de demain, sont les tours d’immeubles d’hier, et le concierge au chômage est devenu un hologramme.
Les retombées du militaire sur le civil n’ont jamais été aussi proches.
Oh ! Oui, la finance est bien plus dangereuse que les armes. Il n’y a pas que des kurdes qui meurent, il y a aussi des sans abris qui gèlent !

afp-mossoul2
Touche d’humour – Les populations civiles fuient Mossoul, AFP.

Je ne suis pas complotiste, je vois les dessus des icebergs qui fondent, les dessous des icebergs qui se cachent encore mais qui remontent. Mon boulot, c’est d’oublier tout ça. De ne garder que le bijou et la technologie, d’oublier le chômage. Alors j’oublie. Mais en attendant je vois arriver au galop les poneys de la fin de la liberté d’expression – j’entends l’expression sans retombées. C’est déjà trop tard, tu les as vues les photos sur facebook quand elles chargent ? La reconnaissance d’objets dans les images est vraiment performante. Nous sommes capables de faire des algorithmes qui reconnaissent mieux les visages que les humains. Nous ne sommes pas capables de nous cacher, mon identité virtuelle l’est tellement que vous savez tous qui je suis.
Et naïvement, je répète que « je » n’existe pas sur internet. Tiens donc.

Moi aussi je voudrais fuir, tout oublier et me construire une matrice sur mesure où on pourra être anarchistes sans s’entre tuer. Où on pourra élever des moutons et des arbres. Ha-ha. Faire un métier qui me plaît et n’avoir rien à cacher. Avoir l’impression de faire quelque chose de bien pour le monde. Pourvoir communiquer sans craindre. Craindre le « on » qui n’est même pas palpable.
Mais pour communiquer il faut aller où sont les gens… Naïve aussi, de croire qu’en communiquant sur le grand réseau, certes pas tout à fait connexe mais quand même, je pourrais me faire entendre. Je crie dans un gros tas de poussière, ouais ! Et j’éternue après.
Apparemment, il y a des liens qui seraient déréférencés. Pas que les liens vers les terroristes, mais aussi vers les médecines alternatives – laissez donc les gens qui veulent se soigner avec des tisanes préparer leurs tisanes !

Je suis une hippie au mauvais endroit.
J’irai bien hurler sur du papier, il faudra attendre avant qu’il ne devienne de la poussière : pour l’instant le climat est encore suffisamment sec et froid. Comme moi.

A Yoeur.

lol g pa lu


… hag ur wech e oa memestra.

[Dans un souci d’authenticité, je ne traduirai pas cette page. Infos ici]

Evit ar c’hentelioù, hag evit urzhiañ ma buhez dre vras, am eus un deiziataer. Ouzhpenn-se, abaoe penn kentañ ar bloaz am eus un deiziataer vrezhonek, an deiziataer vrezhonek, embannet gant Skol an Emsav. Em buhez pemdeziek ivez, ez implijan alies a-walc’h al lec’hienn « facebook », hag a zo o vezañ troet a youl vat e brezhoneg abaoe ur c’houblad bloavezhioù dija.
Neuze, em buhez pemdeziek e welan ma yezh un tammig. Ober a reer a-wechoù evezhiadennoù diwar-benn ma skramm « peseurt yezh eo se ? », hag e tisplegan eo brezhoneg. Alies ne dalv ket ar boan displegañ, just lavarout ez eo brezhoneg a zo trawalc’h evit an dud, re a geleier war ar memes tro dija. A-wechoù displegañ hepken ez eo ar brezhoneg ur yezh, ket ur rannyezh o tont eus ar galleg hag a vefe komzet hepken gant tud hep deskadurez.
An abardeiz mañ padal, eo bet souezhet ma amezegez klas gant an deiziataer hag a zo ganin. Petra eo brezhoneg, eus pelec’h emañ o tont ? Dibenn ar gentel e oa, ha komzet hon eus un tamm gant ar c’helenner alamaneg. Krediñ a rae-eñ ne oa ket ar brezhoneg ur yezh indezeuropeek zoken ! Gweloc’h eget un « dialekt », atav.
Ha me da gomz diwar benn an nebeut traoù a ouzan diwar fiñvoù pobloù indezeuropeg, ar yezhoù hag a denn d’ar brezhoneg, ar fed ma vefe ur yezh o « genel en-dro » (komzet gant hor mammoù ha tadoù kozh, ket gant ar gerent, met ganeomp ha ‘michañs gant hor bugale – ma vez bugale).

PhilippeManguin-AbbayePaimpont(Orin)

Laouen on o lavarout ez on divyezhzek, lavarout am eus tremenet ar breved e brezhoneg hag ez eo bet ar bak ar wech kentañ din da skrivañ matematikoù e galleg. Loc’h ennon pa gomzan eus Diwan, eus ar chañs am eus bet da vrasaat gant un endro digor war ar bed – digoroc’h eget meur a skolioù/skolajoù/liseoù da nebeutañ, da geñver an dud heñvelreizh da skouer, da geñver an darempredoù gant ar gelennerien, da geñver ar stourmoù dre vras.


…Padal. Padal ne chomer ket divyezhek en un doare peurbadus. Leun a fazioù e tle bezañ an destenn mañ da skouer. Abaoe ouzhpenn 3 bloavezh ne vez ket mui a vrezhoneg er skol, abaoe ouzhpenn ur bloavezh ne vez ket mui brezhoneg komzet er gêr. An dra mañ am eus kontet dija amañ. Diaes eo c’hoazh. Alies e fell din « distreiñ d’ar gêr », met n’am eu « kêr » ebet. Zoken « ti ma gerent » n’eus ket mui anezhi – pe dost. Kollet on. « Er gêr » a zo ma yezh.
« Er gêr » a zo loc’h ennon pa tisplegan d’an dud petra eo brezhoneg. « Er gêr » a zo pa lavaran « trugarez » d’am mignoned nevez, ha ne c’hellont ket kompren. « Er gêr » a zo an hini a garan, ma stourm da glask deskiñ brezhoneg dezhañ.

 

Aon am eus da zistreiñ re ziwezhat, da vezañ bet kollet ar pezh a ra ac’hanon.

Mignoned kozh, n’am eus ket c’hoant da goll ac’hanoc’h, gouzout a ran ne c’hellomp ket en em goll forzh penaos, met lavarout a ran deoc’h : n’eo ket peogwir ez on e lec’h all (e bro C’hall, haha), n’eo ket peogwir ne gomzan ket mui, am eus disoñjet ac’hanoc’h. Un deiz e tistroin « d’ar gêr », ne vern pelec’h, hag e vezit ma « kêr » din-me ivez. 

 


Et l’amour ?

Ah ouais. Déjà le titre de l’article est niais.

– Rappelons que cet article est intimement lié au précédent

Donc, nous avons ci-dessus l’étape première de la procédure : s’excuser (presque).

 On pourrait étendre ceci à l’amitié. Je ne sais pas toi, mais ça me fait pleurer de dire « je t’aime » aux gens. Pourtant, ça n’a pas l’air compliqué, ce sont des gens que je côtoie (ou que j’ai côtoyé) beaucoup, souvent, qui doivent se douter déjà que je les apprécie. Eh bien je ne sais pas leur dire que je les apprécie. Je peux, sans problème, les envoyer chier si quelque chose ne va pas (d’autant plus si je les apprécie beaucoup, curieusement – désolée).

C’est pas exactement pareil pour l’amoureux, précisons ici que je ne place aucunement l’état amoureux au-dessus de l’amitié, mais s’attacher à quelqu’un peut entraîner des crises de panique. Donc pas mieux. Plus … incisif. Intime.

Et l'amour ? dans Chroniques d'un Gourou tumblr_o2npsoevYS1slpi32o1_500

J’ai trouvé ça sur un tumblr.

 

Il se passe que ça ne se fait pas de dire aux gens qu’on les aime. Même en suivant la procédure, même en s’excusant avant et après, même en ramenant des exemples et preuves concrets. Il ne faut pas parce que ça effraie les gens. Et après, ils partent, et c’est triste. A la limite, ça peut passer si tu as bien bu avant de sorte à garantir que personne ne s’en souviendra le lendemain. Je me permets de préciser que je ne suis jamais saoûle, donc je me rappelle, merci. Donc moi, qui ai besoin de mille et une garanties avant de commencer quoi que ce soit (pas dans tous les domaines, d’ailleurs, mais bref), je passe pour une vieille fragile qui commence par « je t’aime » parce que je n’ai pas compris que le je t’aime on le jette à la fin.

Alors, en amitié je reste distante et froide, comme j’en ai l’habitude. En amour, le je t’aime au début est une mise en garde, voilà.

Fuyez tous, j’ai déjà ce qu’il me faut !

Mais pareil, au fond ça m’inquiète toujours un peu, si ça se trouve j’ai mal fait, si ça se trouve ma procédure n’est pas la bonne, j’ai déjà du mal avec le théories en général d’un côté et les sentiments de l’autre, et là on me pond une théorie sur les sentiments. Des sentiments, déjà niais par définition (je croyais), qu’il faut manipuler sans être niais, sans laisser paraître de fragilité.

 moral dans Chroniques d'un Gourou

Spoiler alert ! Encore Izumi.

Donc, je propose qu’on arrête avec ces trucs qualifiés de niais. On a déjà du mal individuellement à gérer ces choses, alors si le groupe, la société impose ses lois par-dessus, on n’est pas rendus.

(De même, tu as le droit (et le gauche) de recracher ces pseudos conseils sur ton voisin – à condition de bien choisir le voisin !)


La bienséance

Soyez vous-mêmes !
Osez l’originalité !
N’ayez pas peur du changement !
Ayez de la personnalité,
Soyez sociables, allez vers les gens.
Ayez un avis sur les choses.
Reprenez donc confiance en vous,
Cessez de procrastiner !
Et gardez le sourire.

C’est beau, les recommandations qui nous pleuvent dessus. Et nous qui les buvons avidement, c’est beau aussi, tiens. Pourquoi est-ce qu’on y croit, hein ? Parce que le monde n’est pas comme ça. Parce que nous ne sommes pas comme ça. Parce que dès que tu vas essayer de dire « il faut croire en la solidarité » (j’ai du mal à trouver les mots, j’ai pas l’habitude), on va te regarder avec des yeux ronds « Waaah l’autre, tu te crois chez les bisounours wesh ! »

Capture
Des patates zadisto-anarcho-bisounours

On est pas là pour avoir l’air gentils, tout de suite on devient de gros naïfs, des hippies-bobo-aracho-niais. Alors, si jamais te vient l’idée – réfléchie – que l’entraide ça peut fonctionner, il y a une procédure à suivre (et crois moi, écoute autour de toi, on la retrouve) :

  1. D’abord, s’excuser (brièvement, sinon on te le reproche) parce que tu es sur le point de dire une énormité.
  2. Énoncer l’énormité, mais ne pas le dire sur un ton trop assuré (rappelons que c’est une énormité) : « Ouais, j’ai entendu dire que dans certains coins reculés, des gens sont autonomes en énergie »
  3. Puis, avoir préparé quelques exemples. Au moins 4 ou 5, parce que seulement un c’est forcément un fake, deux tu as du bol, trois on t’a aidé…
  4. Éventuellement, se justifier : Ah mais non, je ne suis pas comme les enfants qui défendent les animaux parce qu’ils sont mignons ! Parce que oui, se justifier passe souvent par décrédibiliser d’autres (les enfants on peut-être très envie de défendre les animaux et sans que vous ne le sachiez, ils militent déjà à Greenpeace)
  5. Si tu es pris de court, avoir un sujet de conversation différent déjà préparé. Vous en pensez quoi sinon, de la pêche dans le pacifique ? (c’t'un piège, attention)
Il vaut mieux ne pas paraître trop naïf.
Pas trop niais.
Rester critique.
Douter de tout, on n’est jamais trop prudents.
Éviter d’être trop gentil.le
Ne pas s’énerver, on risquerait de croire que ça te tient à cœur.

Alors moi, je me pose une question. Est-ce qu’en ayant peur comme ça d’être jugé pour ses convictions, ses idées, ses suppositions, on arrêterait pas juste de regarder ailleurs ? Est-ce que les étapes 1, 3, et 4 de toute personne qui se respecte qui émet un avis, ne vont-elles pas décourager une autre personne qui croyait vraiment à une alternative quelconque, par exemple le végétarisme, parce que c’est quand même pas habituel, je risquerais de choquer mon entourage, ils ne vont plus me voir de la même façon ?

Cette putain de manie qu’on a de dire « T’es sûr.e que c’est vrai ? Tu penses pas que ça marche deux ans et après tout le monde se fout sur la gueule ? Tu vas devenir anémique ! Vous n’y arriverez jamais, vous n’être pas assez nombreux ! Après tout, ce ne sont que 40 hectares perdus dans la nature, non ? Il y a des riches et des pauvres, c’est comme ça. Ça sert à rien de voter » est peut-être un frein aux initiatives naissantes, aux éventuelles améliorations de notre cadre de vie, à une timide marche vers l’égalité (l’équité, pardon).

pi-and-i

Laissons les gens espérer, croire en quelque chose si ça leur fait du bien.

Et s’il vous plaît, arrêtez de vous justifier et de vous excuser à chaque fois que vous commencez à penser que peut être, les humains peuvent être bons.

 (Ce sont, j’en suis consciente, des recommandations stupides que vous pouvez ajouter aux autres, que vous pouvez boire avidement ou recracher sur votre voisin.)

Et je remets cette chanson à texte parce qu’ici aussi, elle a sa place (PS : elle se trouve dans un article précédent)

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