Je n'ai qu'une chose à te dire…


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Quelqu’un m’a agressée

(Alors attention hein, comme son nom l’indique cet article traite d’agression)

Je me souviens encore de ce cauchemar quand j’étais une jeune ado. Un rêve aussi tordu que les autres, où les situations se suivent sans se ressembler, quand on essaye de s’en rappeler. Il y avait mon père, ensemble nous cherchions à rejoindre ma mère. Il y avait des petites rues et une rivière que traversait un pont. Il y avait la pluie, tellement de pluie qu’il avait fallu s’abriter, grimper à un lampadaire pour ne pas partir avec le torrent. Puis j’étais redescendue du lampadaire, j’étais seule à présent, il fallait encore que je cherche à retrouver des gens. Derrière moi, le bruit de pas qui se rapprochent. Je me tourne lentement et j’aperçois cet homme, pas très jeune, avec une grimace sur le visage, qui me regarde comme on n’a pas envie d’être regardé.e. Je commence à accélérer, il accélère, je cours il court, je ne sais plus vers où courir je ne connais pas cette ville ! Je me jette dans la rivière.

Je me souviens encore me réveiller dans la nuit, dans ma chambre, et ne pas oser regarder ailleurs que droit devant moi. 

Je me souviens de plaquer mon dos contre le matelas, m’aplatir le plus possible, m’assurer qu’il n’y avait rien d’autre que ce matelas derrière moi. Je ne sais pas combien de temps je suis restée éveillée, mais quand j’y pense, j’ai toujours un peu la chair de poule. Et cela fait pourtant quelques années que je ne suis plus cette jeune ado.

 korra_spirits
 The legend of Korra – Livre 2

Mardi dernier, je suis rentrée du travail en bus. Je n’ai pas été abordée pendant le trajet, mais j’ai quitté la gare routière en même temps qu’un paquet de personnes. Marchant avec ce paquet, j’écoutais un podcast et je tenais un parapluie. Et là, derrière moi, quelqu’un a commencé à marmonner, à parler assez distinctement mais tout de même assez bas pour que je sois la seule à entendre. J’ai mis mon podcast en pause sans retirer les écouteurs. Cet homme marchait bruyamment et commentait mon physique en me traitement de salope, là juste derrière moi. Le première fois qu’on me traite de salope en ma présence et sans m’avoir regardée en face. J’ai accéléré, il est resté sur mes talons. J’ai refermé mon parapluie en faisant un geste brusque, il a continué son harcèlement. J’ai traversé la route au rouge piéton, il m’a suivie. Dans la vitre du bâtiment que je me suis mise à longer, j’ai vu qu’il n’y avait plus de paquet de personnes autour de nous. Il continuait son monologue. J’ai hésité à courir, j’ai eu peur qu’il coure aussi. J’avais peur qu’il se rapproche et qu’il me touche. Alors j’ai ralenti, je me suis retournée et je l’ai regardé.

« Vous me faites peur, monsieur. » Il m’a regardé l’air surpris. « C’est vous qui parliez, non ? » – « Non.  » J’ai eu envie de le frapper. Je suis restée sans bouger pour qu’il passe devant, je suis restée à une distance raisonnable de cet homme blanc d’une trentaine d’années habillé comme un commercial et je suis rentrée chez moi à pieds sans encombre après l’avoir perdu de vue.

 

Je ne sais pas vraiment pourquoi je t’inflige ces récits. Ce n’est pas la première fois d’ailleurs, mais avant j’avais voulu comprendre. Je pensais avoir rencontré des mecs au hasard et j’essayais de comprendre pourquoi ils agissaient comme ça. Cette fois encore, j’ai réagi en adressant la parole, et s’il avait engagé la conversation, ça aurait fait de lui un « mec au hasard dans la rue » supplémentaire. Un qui cherche à affirmer son pouvoir en effrayant les gens autour.

A la place, il me fait douter de mes sens, de ma mémoire à chaque fois que j’y pense : et si c’était le cas ? Et si ce n’était pas lui qui avait parlé ? Et si tout était dans ma tête ? Et si je n’exagérais pas un peu parce qu’il aurait pu m’arriver bien pire ?

 

Alors voilà la moindre des choses : je n’ai rien fait pour mériter ça, cet homme n’avait pas le droit de me mettre mal à l’aise dans l’espace public pour son bon plaisir, il n’avait pas le droit de m’insulter même sans me regarder en face.

J’écris pour le rappeler : il y a les cauchemars et il y a la vraie vie, et il y a si peu de choses entre les deux.

 


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