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Résistance contemporaine

C’est un petit bouquin que j’ai lu par hasard, Petit manuel de résistance contemporaine. Ce genre de livre écrit par un  écolo et où tu es un peu triste à l’avance parce qu’il est probable que ça ne soit lu que par d’autre écolos ensuite.

J’ai bien aimé ce livre. Si je pouvais, je vous citerai le livre en entier là tout de suite parce qu’il y a des chiffres, des arguments que j’aurais aimé avoir plus tôt. Et effectivement, il est assez alarmiste pour ce qui est de la partie « bilan », mais comme toute personne un peu écolo je connaissais déjà ces faits alarmants. Ce n’est pas ça qui est nouveau, puisque cela fait des décennies que des scientifiques ont montré et alerté sur les conneries qui ont été faites. Ce qui est nouveau et plaisant dans ce petit livre, c’est cette idée-là :

Ce sont les récits qui sont moteurs de notre société. Et si nous changions de récit ?

Parce que tout peut être déconstruit, vu sous un autre angle : l’argent, le travail, les lois. Peut-être vous êtes-vous déjà dit : allez, je vais tout plaquer pour ouvrir un restaurant dans la région où j’ai grandi (ou dans cette lointaine contrée dont je rêve depuis tant d’années), et pourtant vous ne l’avez pas fait, parce que c’est incertain, ça ne rapporterait pas assez, et puis d’ailleurs ce n’est pas sûr que la banque vous accorde un prêt. Alors qu’en creusant un peu on voit que l’économie est construite sur le fait de pouvoir prêter de l’argent qu’on ne possède pas et de demander des intérêts en plus de la restitution du prêt à terme. Que depuis les années 1970, on a triplé notre richesse et pourtant à en voir le taux de chômage et l’âge des retraites qui recul, c’est comme si nous n’en faisions toujours pas assez.

Cette contrainte du travail est un récit, une fiction, un rouage de notre système. Le travail comme salariat, comme contrainte du nombre d’heures journalières. Alors que nous pouvons faire tant de choses en se basant sur l’échange et l’entraide.

La façon dont est construite l’économie est plutôt responsable de le vitesse à laquelle nous allons droit dans le mur. La façon dont on crée la richesse est une partie du récit, de la fiction. Certains l’ont délaissé et ont créé des monnaies locales, des prêts participatifs, avec lesquels les richesses sont mieux redistribuées, ne retombent pas dans les banques.

Les élus ne sont pas tenus de nous représenter une fois élus, puisqu’il y a peu de moyens de les destituer. On se résigne à attendre les prochaines élections. Mais il y a des moyens de passer outre ces élus, de s’organiser localement, de travailler avec d’autres citoyens à d’autres endroits et de changer le fonctionnement des choses « par le bas ». Un des exemples concrets : les états des États-Unis qui ont signé l’accord de Paris (environnement, tu te rappelles « Make our planet great again » ?) après que le président Trump en soit sorti au nom du pays entier. Résultat : une bonne partie du pays est encore dedans et s’engage à protéger l’environnement.

Ces choses que je viens d’écrire, j’ai toujours eu envie de le dire, ça vient comme une intuition. Mais à présent ce ne sont plus des « rêves de bisounours« , parce que maintenant je sais qu’il y a des réalisations concrètes, des chiffres, des gens qui ont réussi et d’autres qui s’organisent.

 

Changer le système actuel pour sauver notre cul la planète, ce n’est pas seulement « renoncer à » (confort, smartphone, voiture individuelle, vaisselle jetable, vacances en avion, fraises en hiver…), c’est aussi accueillir de nouvelles choses que nous ne connaissons pas ou plus. Ce livre nous dit que c’est possible d’avoir du temps pour vivre, rêver, apprendre, aimer,  écrire, respirer. Ces choses auxquelles on croit renoncer dès lors qu’on devient un peu adultes.

Il faudra s’y faire, puisqu’il est certain que nous allons devoir renoncer. Ce serait chouette d’accueillir, de découvrir en plus. Et ce bouquin me donne de l’espoir.

Résistance contemporaine dans Chroniques d'un Gourou Petit-manuel-de-resistance-contemporaine


  1. Justine écrit:

    Et ton article donne beaucoup d’espoir également, je trouve ça merveilleux. Merci pour ce beau partage, pour ces pensées enthousiastes et ces envies que tu partages. C’est ce que je souhaite à tout le monde, « vivre, aimer, apprendre, écrire, respirer »… <3

    Citer | Posté 10 août 2019, 10 août 2019 à 7 h 22 min

    Répondre

    • Grou' écrit:

      Merci Justine :) Je crois qu’on a toutes/s besoin d’espoir et qu’il faudra se le répéter souvent : le futur est beau. On peut (et on doit permettre de) rendre notre futur beau.

      Citer | Posté 10 août 2019, 10 août 2019 à 18 h 17 min
  2. ioulia écrit:

    Coucou !
    Ton avis tombe à pic car j’ai vu ce livre en passant à la bibliothèque et j’ai faillis l’emprunter. Si je ne l’ai pas fait, c’est que justement il me paraissait trop alarmiste (je l’ai feuilleté). Comme apparement ce n’est pas qu’un constat de ce qui est, cela m’intéresse plus.
    Est-il difficile à lire ?
    ioulia/nymeria (lesmotsoiseaux.blogspot.com)

    Citer | Posté 25 juillet 2019, 25 juillet 2019 à 9 h 20 min

    Répondre

    • Grou' écrit:

      Salut Nymeria :) La première partie du livre est alarmiste, parce que c’est quand même l’origine de la réflexion et en quelques sorte le moteur de la démarche. Il n’y a pas non plus de recette à appliquer directement mais la partie qui donne de l’espoir à mon avis est celle où il donne les outils pour penser autrement. Pour ma part, dépasser ses peurs en se disant qu’on peut vivre autrement ce n’est pas juste un rêve de hippie. Je l’ai lu assez vite, d’une traite, il m’a suffi d’un (long) voyage en train ;) La difficulté est de passer la partie alarmiste qui est déprimante (quand même)
      Merci d’être passée :D

      Citer | Posté 25 juillet 2019, 25 juillet 2019 à 13 h 35 min

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