Je n'ai qu'une chose à te dire…



Pas sociologue

Parfois, je me dis que j’aurais aimé faire des études de sociologie. Déjà, parce que c’est intéressant, et ensuite parce que ça légitimerait un peu mon avis quand je veux parler société et politique. On me l’a déjà reproché : tu es qui, pour donner ton avis ? Et puis j’en ai déjà parlé plusieurs fois mais on nous demande de plus en plus de garanties dès qu’il s’agit de s’exprimer sur un sujet un peu délicat.

Je m’explique : au détour d’un argument pour le végétarisme on sera attaqué sur notre méconnaissance de la vitamine B12, au détour d’une supposition sur son propre mal-être il on nous reprochera de ne pas être allé consulter un.e spécialiste ou de ne pas avoir mis une centaine d’euros dans un test de QI. Bref.

 Pas sociologue dans Chroniques d'un Gourou ello-xhdpi-d9da42be
Photo par Giuliana Massaro, @holybipolar sur ello.co

Depuis le début des manifestations de gilets jaunes, je n’ose pas trop lire le journal. La conséquence directe étant que je ne vois que des images et gros titres non sollicités en passant sur les réseaux sociaux, ce qui est moins bon niveau information neutre.

Honnêtement, ces histoires de gilets jaunes me font un peu le même effet que les pro-Macron fin 2016 et globalement avant les présidentielles : tellement enjoués que ça me blase. pour ne pas dire que ça me saoule

Mais cette fois ci, il paraît que c’est du mépris de classe d’être blasés, et puis les blocages augmentent, c’est comme une bonne vieille grève, on devient tou.te.s concerné.e.s. Ne souhaitant pas me mouiller dans ce dont je parle ci-dessus, je voulais vous partager l’avis que Titiou Lecoq (#blog #twitter #slate) donne dans sa newsletter à laquelle je suis abonnée et que je vous recommande.

Je n’ai présentement le popotin sur aucune chaise. Mon suivi des actualités ressemble à une immense partie de ni oui, ni non. Quand j’écoute les infos, je suis étonnée de l’étonnement face à ce mouvement. Le plus surprenant a toujours été pour moi de constater que les gens ne se révoltaient pas et acceptaient un système profondément injuste qui jouait en leur défaveur. Pourquoi accepter les règles d’un jeu auquel on est toujours perdant?

D’un autre côté, quand je vais lire les publications sur les pages Facebook des «gilets jaunes», je suis écœurée par le nombre de propos sexistes, racistes, antisémites, homophobes –grosso modo, Emmanuel Macron serait un homosexuel à la solde des banquiers juifs et arabes, avec une épouse qui serait évidemment une catin. Je suis atterrée par le nombre d’intox complotistes qui circulent et me font m’interroger sur la pertinence d’un système démocratique dans ce contexte.

Je suis sincèrement convaincue que ce système économique et politique est moisi, mais le genre de société à laquelle j’aspire ne pourra pas être mise en place par des mecs avec des barres de fer.

Et en même temps, je trouve un peu paradoxales ces condamnations unanimes de la violence. Je ne dis pas qu’il ne faut pas condamner la violence, mais enfin, ayez un minimum de cohérence. On nous serine, comme fondement du roman national, la Révolution française; on se glorifie des insurrections populaires; dans les livres scolaires, on a des gravures représentant des têtes coupées que l’on promène gaiement au bout d’une fourche; on nous fait apprendre «La Marseillaise»… Bref, on nous élève dans l’idée que la France, c’est du sang et des barricades face aux injustices, et ensuite, on nous dit qu’aucune injustice présente ne justifierait de recours à la violence –et en même temps que le recours à la violence de la police contre des lycéennes et des lycéens serait normal. C’est le monde à l’envers.

On ne peut pas dire que 1789, c’était merveilleux et casser la mâchoire d’un jeune à coup de flashball parce qu’il aurait incendié une poubelle. Même au nom de l’État de droit, selon la formule consacrée. Vous pouvez demander à n’importe quel éducateur ou éducatrice, on n’obtient jamais l’ordre par les coups, les menaces ou l’humiliation. Ce que l’on voit dans la vidéo des jeunes à Mantes-la-Jolie ne se discute pas sous l’angle de ce qu’ils ont fait. Ils peuvent être interpellés et jugés, mais dans cette séquence, les policiers cherchent à obtenir leur soumission par l’humiliation –et c’est le meilleur moyen d’obtenir l’effet inverse. Je souscris à cette pétition en tant qu’ancienne lycéenne ayant participé à des manifs et des blocages mais n’a jamais subi une telle répression.

>> La suite

La suite est toute aussi instructive, ça cite du Victor Hugo et tout, mais je ne me sentais pas de tout copier/coller. Mis à part la partie sur la Marseillaise (le sang impur, il ne s’agit pas de celui des ennemis, mais celui des républicains qui chantent, ce qui rend la chanson déjà plus belle et humble), je me retrouve dans ce que Titiou Lecoq écrit, et elle le formule bien mieux que ce que j’aurais pu faire. Après tout, je n’ai pas fait les études pour.

Toujours pour s’informer, je n’ai pas encore pris le temps ni eu la motivation pour lire l’article du blog La Nébuleuse, qui a l’air bien documenté et plutôt complet pour tenter de comprendre ce mouvement (oui, je le recommande sans l’avoir lu).

Je vous fais des bisous, y compris et surtout pour n’avoir pas cessé votre lecture à la première occurrence de « gilets jaunes » dans l’article.


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