Je n'ai qu'une chose à te dire…


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Une empathie « mal placée »

C’est fatiguant d’entendre que les personnes militantes sont violentes dans leurs propos, pas crédibles, et bonus si elles sont de genre féminin, « hystériques ». Pour le dernier point, j’invite tout le monde à se rendre sur le dernier article de La parenthèse psy : « Tous pervers narcissiques ? » et j’invite à ne pas faire ce genre de diagnostic soi-même, de sorte que le vocabulaire médical reste utilisé à bon escient. Et puis aussi il y a tellement de choses à dire sur la féminité considérée comme une maladie, mais pas aujourd’hui (enfin quand même : #là #ici et #là).

On va partir de ces constats :
– C’est difficile de discuter, d’argumenter, quand quelque chose nous tient à cœur.
– On a tous des seuils de tolérance différents
– Qu’elle qu’elle soit, on a une sensibilité (sauf les fameux pervers narcissiques du début peut être)

Je connais des militant.e.s qui s’indignent de tout. A les entendre énumérer tous les malheurs du monde, les injustices, je ne veux plus vraiment les écouter. Je leur dis « tu te fais du mal » . Ce sont aussi des personnes qui vont tenter, en vain, de discuter avec les trolls et les réactionnaires des réseaux sociaux, et s’en prendre plein la gueule — cercle vicieux pour elles.eux, leur monde n’en est que plus violent.
Puis, dans une discussion calme entre amis, on en viendra à discuter inégalités. Cette personne va tout de suite monter au créneau. Rhôlala, ces féministes sont vraiment extrêmes ! … Cercle vicieux (et puis sérieusement, cesser de penser ça, le féminisme est rarement extrême).

Une empathie
Les landes arides de l’internet où les idéologies s’affrontent

J’ai pris l’exemple du féminisme parce que c’est assez classique. Mais il se passe tellement de choses sur cette planète qu’on a pléthore de causes à défendre, des tonnes d’injustices à renverser. Et, suivant notre seuil de tolérance, savoir qu’il y a des injustices va nous faire du mal.

Même sans être militant.e d’ailleurs : je connais une personne qui a fait une dépression, et pour s’en sortir elle a arrêté de lire/écouter/regarder les infos. Elle se prenait le malheur de plein fouet et cela la bloquait pour aller mieux de son côté. Ce n’est pas de l’indifférence, au contraire : j’ai envie de dire que son empathie était mal placée, qu’au lieu d’avoir l’empathie qui fait qu’on aide la veille voisine à traverser la rue elle avait l’empathie qui fait qu’on se sent coupable quand le monde va mal.

Alors on a probablement tous cet.te ami.e militant.e qui s’emporte pour « des détails ». N’oublions pas que cette personne souffre. Que si on a pas son empathie-boulet qui fait souffrir pour chaque inégalité du pays, on peut avoir l’empathie qui fait qu’on aide ses amis, et qu’on peut par conséquent aider cette personne militante qui « se prend trop la tête quand même ». Si cette personne s’énerve vite, ce n’est pas qu’elle est violente, mais que le monde est violent. Oh et, spoiler, si quelqu’un peut en souffrir, c’est que ce n’est pas un détail.

Aimons-nous, bordel.

p1030110 amour dans Chroniques d'un Gourou
La couleur dans la grisaille, telle l’amour dans ce monde de fous.

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