Je n'ai qu'une chose à te dire…



Le choix et le possible

Récemment, je faisais mon quota de voyeurisme (comprendre : je regardais les stories instagram de personnes que je ne connais pas, mais tu sais à force je les apprécie et j’ai même un peu l’impression de les connaître). Une personne a reçu des conseils de la part d’une autre pour l’aider à arrêter de fumer. Le dernier conseil était “pour préparer mon corps à un futur enfant”.

Ma première réaction fut “heureusement qu’on ne me l’a pas dit à moi, ça m’aurait mise en colère”. En effet, je suis mal à l’aise — pour parler calmement — quand il s’agit d’associer femme et enfant. Après tout, on ne fait pas les enfants toutes seules. Une femme n’est pas une machine à enfanter. Je voudrais être un hippocampe ou un escargot. Et puis, l’idée a fait son chemin dans ma tête : il faudrait cesser de tout prendre mal quand il s’agit de maternité, puisque c’est un fait avéré : les femmes ont la capacité de porter des enfants. Pour faire un enfant, il faut d’abord faire un fœtus et le fœtus il vit dans un ventre de femme (de femme cis ou éventuellement d’homme trans, bref, tu m’as comprise).

Le choix et le possible dans Chroniques d'un Gourou tourne10
Le tournesol, il est comme le pissenlit, mais on peut lui manger les graines, alors je l’aime mieux.

Finalement, je pourrais m’énerver de la même façon si on donnait “pour préparer ton corps à la traversée de la Manche” comme motivation à arrêter de fumer. Parce que je n’ai pas prévu de traverser la Manche. Pourtant, avec de l’entraînement et de la motivation, mon corps en est peut-être capable — comme, à peu de choses près, pour faire un gosse.

DONC, ce conseil était bienveillant. Il ne participait ni à l’objectivation des femmes, ni au renforcement du patriarcat. Et c’est peut-être déjà très clair pour toi, mais personnellement j’ai l’impression d’avoir débloqué un petit truc.

Mon corps a des tonnes de possibilités, certaines spécifiques à mon sexe (pas tant que ça à mon genre d’ailleurs, tiens). Ce n’est pas parce que c’est possible que c’est un devoir. Mais ce n’est pas parce que je ne veux pas que je dois nier la possibilité.

(Et toi, quel est ton rapport à ton corps — sexué ou non — et à la parentalité ?)


  1. Justine écrit:

    Je ne sais pas si tu parles de Pauline mais c’est mot pour mot ce que je lui avais dit quand elle voulait des conseils pour arrêter de fumer. Mais à la première personne. J’ai décidé d’arrêter de fumer pour cette raison. Je ne conseillerai jamais à quelqu’un de préparer son corps à quoi que ce soit, chacun fait ce qu’il veut de son corps. Ce que je lui ai conseillé c’est de faire une liste des raisons pour lesquelles ce serait mieux d’arrêter de fumer, ensuite à sa demande je lui ai dis ce que moi j’avais mis dans la mienne. Tu aurais raison de prendre mal le fait qu’on te le dise, parce que personne n’a à te dire ce que tu dois faire de ton corps.

    Citer | Posté 11 septembre 2018, 11 septembre 2018 à 9 h 35 min

    Répondre

    • Grou' écrit:

      Oh j’ai mal compris alors :( Oui je parlais de vous. Mais je trouve que la formulation n’est pas tant que ça aggressive, quelqu’un d’autre aurait pu le donner comme un conseil. Cela dit, je trouve très bien que tu le dises et que tu le précise, pour la liberté de chacun.e à faire ce qu’iel veut de son corps. Du coup, ton message est d’autant plus bienveillant :)

      Citer | Posté 11 septembre 2018, 11 septembre 2018 à 11 h 34 min
    • Grou' écrit:

      Je voulais préciser aussi quand même que je n’ai pas voulu déformer à mon avantage ou quoi que ce soit, c’était vous mais ça aurait pu être n’importe qui d’autre et peut-être qu’une autre expérience aurait pu me faire réaliser ce que je raconte ici. Le jugement ici c’est moi qui le porte sur moi. Pardon encore d’avoir mal compris, et de vous avoir impliquées (en théorie j’essaie d’anonymiser assez, là apparemment c’était pas assez)

      Citer | Posté 11 septembre 2018, 11 septembre 2018 à 15 h 59 min
  2. Anaïs écrit:

    Hello,

    Je trouve ton article intéressant parce que je trouve que certaines personnes sont dans l’hyper féminisme. A tout prendre mal quand il s’agit de distinguer une femme d’un homme on ne va pas s’en sortir non plus.
    Une femme est l’égal d’un homme dans ses capacité intellectuelles, ses droits, … Mais pas physiologiquement. C’est un fait.

    Citer | Posté 7 septembre 2018, 7 septembre 2018 à 10 h 36 min

    Répondre

    • Grou' écrit:

      Merci :)
      Je pense avoir été dans cet « hyper-féminisme » pour quelque temps, à tout rejeter en bloc et à refuser tout ce qui s’apparentait de près ou de loin à quelque chose de « féminin ». J’avais peur d’être réduite aux clichés, à l’image qu’on nous renvoie. Puis petit à petit je me suis rendue compte que je me fermais plus de portes que j’en ouvrais : ce n’est pas en niant être une femme qu’on évite le machisme et les inégalités. Reste que je continue dans des voies « traditionnellement masculines » – je veux tordre le cou aux clichés ^^’
      Cela dit, accepter comme tu le dis que physiologiquement je ne serais jamais un homme, j’ai beau le savoir depuis toujours, je commence à l’accepter et ça me libère de pas mal de frustrations. L’hyper-féminisme était une carapace et elle est devenue encombrante :D

      Citer | Posté 7 septembre 2018, 7 septembre 2018 à 19 h 23 min

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