Je n'ai qu'une chose à te dire…


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La honte

 Je peux avoir honte pendant des années. J’ai honte de choses qui se sont passées quand j’avais encore besoin d’un siège auto, j’ai honte choses que j’ai écrites sur MSN au collège (que je suis vieille), j’ai honte de m’être faite mal comprise, honte d’avoir mal compris, honte d’avoir été au mauvais endroit au mauvais moment. Je me souviens de choses qui me dérangent vis-à-vis d’autres gens, mais ces gens ont dû l’oublier depuis bien longtemps. Parfois, je suis tranquillement en train de me perdre dans mes pensées, quand la sensation de honte vient m’envahir, alors je dois chercher pourquoi elle vient. Je repars des années en arrières. Je repense au collège, la file d’attente pour le self, une réaction que je n’aurais pas dû avoir. Je me vois au lycée, dans un couloir, à discuter avec quelqu’un et à ne pas dire les bons mots - peut-être est-ce ce qui a brisé une amitié ? Je rends visite à ma grand-mère, je confonds deux artistes, je me sens stupide, j’ai honte. C’était il y a des mois et j’ai encore honte. C’est pourtant un détail.  J’ai honte même quand j’écris -é à la place de -er.

La honte dans Chroniques d'un Gourou bouton11
Moi sortant d’un portail magique

Je me souviens de ma lecture de L’arrache-cœur, de Boris Vian, quand j’étais au lycée. Ce livre m’a donné la nausée. Pas parce qu’il est mauvais, non, au contraire, il est très vrai et bien écrit, et il m’a « prise aux tripes » comme on dit, mais pour de vrai il faut croire. On trouve dans ce roman un village ou la honte n’existe pas. Les gens font des choses horribles, absurdes, et personne ne réagit. Sauf le personnage que l’on suit, et qui est mis en garde : si jamais tu ressens la honte, tu devras la prendre pour tout le monde. Alors il ne réagit plus. Dans ce village, il y a une personne qui aura honte pour tout le monde. Et les villageois s’en satisfont, et la vie suit son cours.

J’ai une empathie à deux francs, et le franc n’a même plus cours, alors pour te dire (on m’a déjà engueulée pour avoir essayé de consoler une personne triste parce que je m’y prenais mal). Mais je crois que dans ce village, j’aurais pas tenu dix minutes avant de devenir la personne qui doit tout se prendre dans la gueule (littéralement, dans le bouquin). Je crois que mon empathie est mal placée. J’ai honte parce que j’ai agi d’une manière qui aurait pu déranger des gens, éventuellement. Alors que la plupart du temps, je suppose que ces gens s’en battent les gonades, allègrement.

 

Je sais que ça me bloque. Que c’est stupide, que je ne devrais pas. Parce que j’ai honte, il y a des gens à qui je n’ai jamais reparlé, par crainte de découvrir qu’ils me détestent pour ce que j’ai fait. Aujourd’hui, j’essaie de faire l’effort de parler avant que le temps ne passe trop. Mais que faire des choses dont j’ai honte et qui ont eu lieu il y a quinze ans ? En reparler aux concernés ? Ils ne savent plus. Je ne les vois plus. Mais tant que je ne me suis pas excusée, que je n’ai pas eu un retour de le part disant qu’ils s’en tapent (parce que ça doit être le cas), je reste bloquée, et je continue d’avoir honte.

 

Voilà.

 

J’hésite publier cet article. Mais ce blog est déjà dangereux (pour moi) parce qu’il permet déjà de connaitre beaucoup de morceaux de moi donc allons-y, rajoutons des trucs trop personnels.

 

Et toi, quel est ton rapport à la honte ?

 


Le choix et l’impossible

J’ai envie d’être une musicienne, une sportive, une ingénieure, une solution et un problème, une activiste — engagée mais sans attache. Je voudrais rester la petite-fille, la fille et la sœur, la tante et pourquoi pas l’amante. Être l’amie, c’est sûr. J’ai envie de parler et de comprendre, comme les gens, partout, et j’aimerais savoir à la fois danser et combattre. Savoir chanter et écouter — sans pleurer. Apprendre à échouer puis réussir. Oser et découvrir.

Le choix et l'impossible dans Chroniques d'un Gourou img_2010

Il faudrait prioriser, choisir et renoncer. C’est un peu triste.

En bonus, cette chanson m’a été suggérée par Justine dans les commentaires et je la trouve très adéquate  (la chanson hein) (mais Justine aussi est peut être adéquate haha):

Il y a en effet de la redondance dans les intitulés d’articles.


Le choix et le possible

Récemment, je faisais mon quota de voyeurisme (comprendre : je regardais les stories instagram de personnes que je ne connais pas, mais tu sais à force je les apprécie et j’ai même un peu l’impression de les connaître). Une personne a reçu des conseils de la part d’une autre pour l’aider à arrêter de fumer. Le dernier conseil était “pour préparer mon corps à un futur enfant”.

Ma première réaction fut “heureusement qu’on ne me l’a pas dit à moi, ça m’aurait mise en colère”. En effet, je suis mal à l’aise — pour parler calmement — quand il s’agit d’associer femme et enfant. Après tout, on ne fait pas les enfants toutes seules. Une femme n’est pas une machine à enfanter. Je voudrais être un hippocampe ou un escargot. Et puis, l’idée a fait son chemin dans ma tête : il faudrait cesser de tout prendre mal quand il s’agit de maternité, puisque c’est un fait avéré : les femmes ont la capacité de porter des enfants. Pour faire un enfant, il faut d’abord faire un fœtus et le fœtus il vit dans un ventre de femme (de femme cis ou éventuellement d’homme trans, bref, tu m’as comprise).

Le choix et le possible dans Chroniques d'un Gourou tourne10
Le tournesol, il est comme le pissenlit, mais on peut lui manger les graines, alors je l’aime mieux.

Finalement, je pourrais m’énerver de la même façon si on donnait “pour préparer ton corps à la traversée de la Manche” comme motivation à arrêter de fumer. Parce que je n’ai pas prévu de traverser la Manche. Pourtant, avec de l’entraînement et de la motivation, mon corps en est peut-être capable — comme, à peu de choses près, pour faire un gosse.

DONC, ce conseil était bienveillant. Il ne participait ni à l’objectivation des femmes, ni au renforcement du patriarcat. Et c’est peut-être déjà très clair pour toi, mais personnellement j’ai l’impression d’avoir débloqué un petit truc.

Mon corps a des tonnes de possibilités, certaines spécifiques à mon sexe (pas tant que ça à mon genre d’ailleurs, tiens). Ce n’est pas parce que c’est possible que c’est un devoir. Mais ce n’est pas parce que je ne veux pas que je dois nier la possibilité.

(Et toi, quel est ton rapport à ton corps — sexué ou non — et à la parentalité ?)


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