Je n'ai qu'une chose à te dire…



On n’a plus vingt ans

Dans ma famille, il y a ma grand mère qui se rappelle sa jeunesse à 21 ans, mes parents qui se rappellent leur jeunesse à 18 ans, mes grandes sœurs qui se rappellent leurs seize ans. En toute logique, je pourrais me rappeler de mes quatorze ans comme de l’époque de mes premières fois, de ma liberté, du début de mon chemin vers l’âge adulte.

On n'a plus vingt ans dans Chroniques d'un Gourou img_2018
Se perdre un peu entre le jour et la nuit

C’est d’ailleurs ce qui est arrivé pour des gens de ma génération. Il y a cette dynamique, qui somme toute est une bonne chose : les jeunes sont plus libres, attendre la majorité devient un détail. C’est aussi une dérive : il faut faire cette distinction entre jeune et enfant, et la transition ne se fait pas au même moment pour tout le monde. Je suis peut-être ringarde mais à défaut de les enfermer, laissons les enfants avoir une enfance. Iels auront des poils et des seins bien assez tôt (enfin pas tout le monde pour les seins).

En discutant, en écoutant les gens parler, j’ai remarqué un truc : dans mon entourage, on a vingt ans plus ou moins quelques années. Et on parle comme des vieux, on se rappelle nos jeunes années. Les gens, c’est encore maintenant les jeunes années ! C’est encore maintenant parce qu’on est encore des jeunes du point de vue des réductions, puis aussi et surtout parce que si on décide que tout cela est derrière nous, comment on fait pour vivre sans regrets ? Je préfère faire un truc maintenant plutôt que faire une truc maintenant et me dire que j’aurais dû le faire étant jeune. Oui, il n’y a que le point de vue qui change.

Parce que je n’y peux rien aussi, mais je me sens dépassée. Tous ces gens qui ont tout fait très vite, à l’image de la performance que l’on valorise, les gens qui ont le bac à treize ans, tout ça, ça me fait me sentir en retard. Et pourtant je suis jeune encore. Mais aurais-je le temps de tout faire dans ma jeunesse ? M’engager dans une association, séduire plein de gens, « faire » la Loire à vélo, essayer des drogues, lire l’intégrale de Zola, prendre l’avion, manger des bananes ?  Question subsidiaire : en ai-je besoin ?

La solution que j’ai trouvée est la suivante : décider que ma jeunesse va poser ses bagages ici et repartir plus tard. Qu’elle me laisse vivre. Que je ne sois pas déjà à regretter mes 15 ans où je n’ai rien fait.


  1. Justine écrit:

    Je connais une dame qui a presque 70 ans il me semble.. Elle veut se couper les cheveux tout courts et se raser la tête pour faire une forme de serpent sur le côté… C’est complètement ouf ! ahahah mais c’est merveilleux parce que dans sa tête, elle est encore jeune, alors tout ça n’est qu’une question d’état d’esprit, comme beaucoup d’autres sujets… :)

    Citer | Posté 8 juin 2018, 8 juin 2018 à 10 h 43 min

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    • Grou' écrit:

      Haha il faut l’encourager alors ! Je pense que quand on est vieux on a moins de se conformer, c’est dommage d’attendre 70 ans pour ça mais c’est aussi l’occasion d’enfin profiter ! J’aimerais être comme elle plus tard :)

      Citer | Posté 13 août 2018, 13 août 2018 à 20 h 16 min
  2. Anais écrit:

    Coucou,

    Je trouve ton article très intéressant et pertinent. Moi je fête mes 28 ans ajd. Mes amis se marient, ont des enfants, … Mais malgré tout, je ne me sens pas totalement adulte. Je veux faire les choses à mon rythme. Bien sur les choses évoluent. Je n’ai plus envie d’aller en boite tous les week-end et me bourrer la gueule. Je mûrie. Mais j’ai toujours envie de voyager, de faire des blagues idiotes, de faire du shopping avec des copines, … Je crois que c’est très bien comme ça. Mes plus belles années c’est hier mais aussi aujourd’hui. Pourquoi devrait-on se souvenir de notre jeunesse comme étant une époque précise et de surcroît la meilleure ?

    Citer | Posté 5 juin 2018, 5 juin 2018 à 9 h 34 min

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    • Grou' écrit:

      C’est vrai que vu de loin, j’ai aussi l’impression que les gens voient le mariage et les enfants comme un fatalité. Comme un truc à la fois inévitable et qui les empêcherait de vivre en se faisant plaisir comme avant. Alors que ça ne devrait être ni obligatoire ni une corvée : si c’est un choix, on se débrouille pour que ça nous laisse vivre (!) C’est fou ce que la pression sociale nous fait abandonner… Quant à mûrir, ça je crois que c’est inévitable, mais comme tu le dis, ça n’empêche pas de profiter :)

      Citer | Posté 6 juin 2018, 6 juin 2018 à 6 h 18 min

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