Je n'ai qu'une chose à te dire…



Je deviens narcissique

On nous avait prévenus : pensons à nous, concentrons-nous sur notre bonheur, il faut s’aimer pour pouvoir aimer les autres, il faut être bien dans sa peau pour pouvoir supporter le poids du monde.

Il faut prendre le temps pour te cuisiner des repas parfaitement adaptés à ta morphologie et à ton but dans la vie. Il faut faire plusieurs activités sportives régulières. Tout cela évidemment, dans le but d’avoir une vie sociale épanouissante au possible et un corps de rêve.

Je deviens narcissique dans Chroniques d'un Gourou ello-optimized-ac89a415

« Transient Sculpture » by Neal Grundy, @inag on ello.co

J’ai rayé la case de la vie sociale épanouissante pour un temps. J’ai cru que je n’en avais pas besoin. Je continue à croire que je peux m’en passer. Et voilà : j’ai modifié mon alimentation et je mange encore symboliquement de la viande au moins une fois par mois pour ne pas tomber dans la case « végétarien.ne », j’ai commencé à suivre un programme de préparation à un semi-marathon alors que je n’ai pas prévu de courir un semi-marathon (enfin maintenant, j’en cherche un). En parallèle, je suis un programme de musculation au poids du corps de 12 semaines pour « voir mon corps se transformer ».

Est-ce que j’en ai vraiment besoin ou même envie ? Je m’efforce de ne pas y penser. Mais quand j’y pense, je me sens comme un pur produit de la société de consommation. Je suis les tendances et obtiens de quoi m’inventer une vie. Cette façon d’ »apprendre à s’aimer » est tout à fait biaisée : je regarde, en effet, mon corps se « transformer », et ça me rend fière. Et ça me donne envie d’aller plus loin. Mais ce n’est pas de moi que je suis fière, ce n’est probablement pas ma personne qui reçoit de l’amour – mon amour. Je regarde une projection dans la glace. Je suis Narcisse qui va tomber dans l’eau.

Il fallait bien que je trouve à m’occuper, ici où je connais peu de monde et où je ne parle même pas la langue. Mais c’est un peu une impasse – si je m’occupe autant, je rencontrerai peu de monde et je n’apprendrai pas la langue. Je reste là, à regarder mon image que je travaille, et je tente de m’en satisfaire.

 ello-optimized-a382d1e8 amour dans Chroniques d'un Gourou

@esdanielbarreto

Dîtes, comment on arrête d’être un produit, quand-est-ce qu’on fait face à nos émotions ?


  1. Melgane écrit:

    Ce que tu dis me faire penser à ce que m’a dit une bénévole de la radio pas plus tard que jeudi.

    Elle est très dans le chamanisme, la méditation, le yoga, ce genre d’univers de pensée, tu vois, le cosmos, l’univers, les chakra, s’aligner avec soi-même, etc. Elle a dit qu’il fallait être en osmose avec ce que l’on est maintenant. En gros, regarder son corps dans la glace sans se dévaloriser mais non plus se valoriser. Juste se regarder, ce que l’on est maintenant, épuré des pensées de ce que l’on voudrait être et de ce que l’on a été. En disant ça j’ai l’impression de taper un tout petit peu en dehors de ton article… tu me diras… !

    Quoi qu’il en soit, un collègue m’a aussi dit qu’il fallait faire une fois par jour quelque chose dont on a peur.
    Je crois aussi que pour changer on doit changer. On doit faire un effort. Je veux dire… t’occuper de ton corps de cette manière ne te convient pas, tu es dans un cercle vicieux (dans la mesure où tu ne parles pas la langue mais si tu continues tu ne l’apprendras pas, etc.) et je crois que… souvent, en tout cas c’est mon cas, on attend un déclic, pour changer la situation. Mais en fait, on doit lutter contre nous-mêmes. Par exemple, j’aime l’aïkido, c’est juste à côté de chez moi en plus, mais y aller c’est dur (une fois que j’y suis et que j’en sors j’adore !), et je dois ne pas écouter ma petite voix qui me dit « mais non mais t’es fatiguée, en plus t’es presque en retard, laisse tomber » et passer la morte, et monter les étages, et passer la porte encore… Je crois que, si on veut devenir une meilleure version de nous-mêmes faut pas attendre « plus tard » ou une « meilleure occasion » ou « le déclic »… (je dis ça alors que hier je me suis rendue compte que peut-être je n’avais pas appliqué moi-même ma proche philosophie… enfin…)

    Citer | Posté 21 avril 2018, 21 avril 2018 à 11 h 45 min

    Répondre

    • Grou' écrit:

      Ça me parle pas mal, cette histoire de chakras. Il y a vraiment du bon, je pense, à s’accepter ici et maintenant. C’est un truc à expérimenter et on n’a pas le mode d’emploi. Alors on essaie des trucs … Je crois qu’à un moment, on devrait même pouvoir ne pas se regarder dans la glace. Juste se sentir être. Mais c’est pareil, tant qu’on ne l’a pas expérimenté, on n’entend qu’un discours mystico-bobo.
      J’ai plus de mal par contre avec ce qui est de faire des choses dont on a peur. Il me faut à peu près dix ans (allez, disons huit) pour identifier et lutter contre une peur. Alors, s’y jeter tête baissée …
      Oui, il n’y a pas de bon moment pour commencer ou arrêter quelque chose, mais je crois que le plus important est de l’avoir décidé soi-même. Sinon, ça fait comme les résolution du nouvel an : « plop ».
      Merci en tous cas pour ton commentaire (merci aussi à tes collègues haha), ça donne des pistes :)

      Citer | Posté 24 avril 2018, 24 avril 2018 à 20 h 34 min
    • Melgane écrit:

      On n’est pas forcé de s’y jeter tête baissée, on peut prendre son élan et regarder droit devant !… ;)

      Citer | Posté 4 mai 2018, 4 mai 2018 à 22 h 04 min

Répondre à Melgane Annuler la réponse.

L'EPS au lycée français de ... |
hoyosxavier |
profdoc |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | MA LIVE
| BLEACH vs DBZ vs ONE PIECE
| ASIA SUKIDA