Je n'ai qu'une chose à te dire…



Le grand méchant

Le grand méchant dans Chroniques d'un Gourou her-movie-2013-screenshot-los-angeles#
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Ça y est, on a trouvé un ennemi ! On avait Big brother, on a mainteant Big Data en plus. Dans tous les cas, on s’inquiète d’être pris dans les mailles du net.

Alors oui, il aura suffi seulement de plusieurs décennies pour accumuler des informations sur des milliards de personnes.  Ces milliards de personnes génèrent chaque jour des milliards de données #. Suffisamment d’informations pour développer une intelligence artificielle … On va l’appeler IA dans la suite, parce que tout le monde fait ça (sauf les anglais, ils font tout à l’envers et appellent ça AI), et c’est bien connu : je fais comme tout le monde.
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A court terme, l’impact de l’IA dépend de celui qui la contrôle. Mais à long terme, il dépendra du fait qu’on puisse la contrôler tout court.
Whereas the short-term impact of AI depends on who controls it, the long-term impact depends on whether it can be controlled at all.

Donc voilà, l’IA fait peur. A l’échelle individuelle, j’ai peur de ne plus me contrôler si je bois trop, à l’échelle mondiale nous avons peur de ne plus pouvoir contrôler ce que nous avons déclenché, si nous nous laissons aller à des inventions démesurées. On retrouve ça dans la mythologie : ne cherchez pas à défier les dieux. Humains, restez humbles ou vous serez détruits. (Pas pour l’alcool, hein)

Un outil performant !

Les programmes savent déjà reconnaître les visages aussi bien que nous (donc bien mieux que moi) (je ne reconnais pas toujours les gens à leur visage), bientôt ils le feront mieux que nous, plus vite. On a réussi à développer des neurones artificiels, et puisqu’on apprend chaque jour de nouvelles choses sur le cerveau, on peut les améliorer chaque jour.
On s’y attendait, ce type de technologies est utilisé par les réseaux sociaux. Parce que c’est par ici que le plus d’informations circulent, et on se doute bien que ce sont les informations qu’on donne qui font la force et l’intérêt du réseau social. En ce moment sont développés des programmes type assistant numérique, qui dépasseront Siri et ses potes, qui sauront détecter l’ironie dans une phrase, qui te connaîtront bien mieux que moi je te connais (ce dernier argument est probablement convaincant, parce qu’il se peut qu’on ne se connaisse pas).
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youbelonghere
Des réseaux, rien d’autre que des cases de plus en plus nombreuses et précises pour bien nous ranger.
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Il faut être humain pour être dangereux

Donc voilà, whaou au secours, il existe des programmes tels que ils connaissent ma vie. Mais le programme, il a beau avoir un réseau de neurones artificiels tout neuf et tout bien réglé, il ne te fera aucun mal s’il est tout seul. En tous cas pour l’instant.
Pour l’instant, une machine n’a pas de volonté. Et il est taré, celui qui veut lui en donner. La machine n’a certes pas de morale, elle fonctionne comme elle a été programmée. La machine a un but, un rôle, et elle remplit ce rôle, elle atteint son but. Peu importe la manière. Oui, c’est déjà franchement dangereux quand ce sont des armes qui sont programmées avec « apprentissage profond » (deep learning), et qu’elles reconnaissent leur types de cibles, mais pour l’instant c’est pas vraiment autorisé. Donc pour l’instant, la machine est dangereuse tant qu’elle remplit un rôle dangereux confié par un humain mal intentionné (ou alors par un humain con).
Mon avis est qu‘il faut vraiment être humain pour vouloir dominer le monde. Pourquoi un truc artificiel voudrait-il un anneau pour les contrôler tous ? Pourquoi un poney voudrait-il régner sur toute la terre, asservir les peuples ?
L’IA n’est pas une conscience artificielle. Les humains ont ce truc en plus qui leur donne soif de pouvoir.
Enfin, c’est assez flou. Je dis juste : [les machines de] Matrix, c’est pas pour tout de suite.
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Lâche tes pop corn

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… Pas Matrix comme dans le film. La caverne de Platon, c’est toujours vrai. Quelle que soit la façon dont on l’interprète, on est toujours plus ou moins libres, plus ou moins éveillés. Sans avoir soif de pouvoir, les gens, vous avez toujours un pouvoir. Même si ça a l’air plutôt mal barré, ceux qui le veulent peuvent changer les choses. Bref.

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Au fait, tu t’en doutais, je n’écris pas cet article comme ça parce que tiens j’ai eu une idée. Récemment, un gars m’a soutenu que, comme cité plus haut, un jour les machines nous surpasseront, et que le big data ça fait peur.

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Quelque chose m’a agacée dans son discours… Je n’ai pas spécialement envie de défendre ce (ceux ?) qui collectent nos données, mais le fait est que nos données sont collectées. Je ne suis pas un machin électronique qui défend sa cause non plus.

Ce qui m’a agacée, c’est la façon dont sont vues « les machines »: des choses qui évoluent indépendamment de nous, des choses qui nous dépassent. Déjà, il n’y a pas que du mal, et il n’y a pas que du nouveau (et arrêtez avec ‘le nouveau, c’est le mal‘) : il y a un déplacement, un changement de médias. La propagande, la censure, la connerie en général, on toujours existé (quel scoop). Donc, comme toujours, il faut arrêter de s’affoler et prendre les choses en main. Si nous ne sommes pas devant Matrix, il se peut que nous soyons dans quelque chose qui y ressemble.

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Les gens, éveillez-vous, au moins engagez vous, lâchez vos pop-corn puisque vous n’êtes pas devant un film mais bien dans le mondé réel. Ceux qui vous surveillent ne sont pas des machines, ils utilisent des machines. Mais internet est aussi un espace libre (les révolutions arabes et les réseaux sociaux, blabla), et puis il y en a une qui dit « ils ont les chiffres, on a le nombre ».

Ne soyons pas spectateurs de l’avènement des machines intelligentes, soyons les acteurs. Une machine, un neurone artificiel est un outil. On ne doit pas avoir peur des outils mais on ne doit pas non plus laisser n’importe qui s’en servir.

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Alors on arrête de se plaindre que toute cette technologie est peut-être dangereuse et on apprend plutôt à s’en servir. Zut.

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gouelanterm

Yihaa !

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Autre chose sinon, dans le film Her (2013), l’intelligence artificielle n’est pas dangereuse pareil. Et là je trouve ça assez réaliste en fait … Avec beaucoup d’informations sur les gens et un programme suffisamment bien développé, on peut toucher ces gens.

Tu tomberais amoureux d’un assistant virtuel, toi ? Il y a bien des gens qui entretiennent des relations épistolaires. Il y a bien des gens qui mentent.

Edit : émission intéressante sur france inter le 19/07, Coder, avec Erwan Kezzar (podcast par ce lien!), plutôt positive, qui rentre bien dans le « on apprend plutôt à s’en servir ». Pokoù !


  1. Lucile - TheLuzOnline écrit:

    Ton article est super intéressant ! Le Big Data et l’intelligence artificielle ce sont des sujets qui fascinent autant qu’ils effraient je crois.

    Quelque part, j’ai l’impression que le problème est toujours le même: un objet en soi n’est pas bon ou mauvais, c’est son utilisation qui peut le devenir.

    Dans le cas du Big Data, il me semble que ce qui fait peur c’est la collecte centralisée. On peut pas considérer le Big Data comme le mal, c’est aussi très utile pour plein de choses : la probabilité que ton train soit bondé ce matin, le resto pas cher pas trop loin de chez toi, la playlist « intelligente » que tu écoutes quand tu as la flemme de réfléchir à quelle musique tu aimerais écouter et j’en passe.

    Mais d’un autre côté ce qui m’embête c’est que Youtube me fasse des suggestions (pas forcément exactes d’ailleurs) qui me pousse à penser que je suis profilée. Que Gmail soit ma boîte mail favorite. Que mon téléphone tourne sous Androïd. Que Google ait une idée de ce qui va me plaire avant même que je le sache.

    Par nature j’ai l’impression que l’être humain n’aime pas la transparence, qu’on puisse lire en nous comme dans des livres ouverts et qu’on sache avant nous ce qui nous plaira ou non.

    Je n’aime pas l’idée que des gens aient le droit de se servir de ces données que j’émets pour les utiliser à mon insu (même si évidemment tout le monde y consent en cochant la fameuse case j’accepte ou en naviguant sur un site qui accepte l’utilisation de cookies)

    Je pense qu’on est nombreux à être d’accord pour dire que la collecte en soi on s’en moque un peu. Ce qui est gênant c’est l’utilisation qui suit…

    (Bref je viens de réaliser que j’ai écrit un pavé pour finalement conclure en disant que je suis d’accord avec toi… Pardon :p )

    Citer | Posté 13 juillet 2015, 13 juillet 2015 à 22 h 04 min

    Répondre

    • Grou' écrit:

      Merci de ton pavé :) C’est vrai que je n’ai pas vraiment abordé le côté vie privée du coup, et pourtant il me tient à cœur. Ça me gène aussi de savoir qu’il osent créer un portrait robot de moi, est-ce qu’ils croient me connaitre mieux que personne ? Puis quand on coche la case, est-ce qu’on a vraiment le choix ? J’ai beau les lire les conditions, je sais que je vais accepter pour pouvoir utiliser mon téléphone sous androïd.
      Mais là je ne sais vraiment pas quoi faire. Devenir patron de Google ? Il faudrait juste que ces informations ne soient pas accessibles dès qu’on a de gros billets…

      Citer | Posté 13 juillet 2015, 13 juillet 2015 à 22 h 56 min

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