Je n'ai qu'une chose à te dire…



Être en dehors

Une femme libre, ça n’existe pas. C’est comme Dieu, c’est une idée, c’est  quelque chose de pas incarné. C’est un idéal qu’on voudrait atteindre. En généralisant, on peut dire que les hommes libres, ils n’existent pas non plus. Mais pour ce qui est du pouvoir, si on pense liberté comme pouvoir, si être libre c’est faire, alors les femmes sont plus moins libres que les hommes. Le meilleur statut paraît être celui d’escargot, mais c’est un autre sujet. Apparemment, je ne suis pas touchée. Pas directement, pas officiellement, mais c’est tellement proche.

Sterenn 

1936, une guerre civile en Espagne, sauf erreur de ma part, et aucune intervention de la France malgré la possibilité, sauf erreur de ma part. Aujourd’hui, ou hier, même si c’est bientôt noël et que du coup la vie est belle, j’aimerais savoir comment faire pour intervenir en Espagne, et aider à remettre une loi qui autorise l’avortement. On ne peut pas reposer sur des acquis, parce que même les acquis sont éphémères. Même une supposée, prétendue liberté est éphémère. Comme l’art, comme la beauté, mais ici il n’y a rien de beau, rien de grand, rien de quoi on peut être fier. Et bien que la honte puisse être considérée comme mauvaises, arme des faibles contre les forts, ici c’est justifié: interdire l’avortement aujourd’hui dans un pays qui l’a autorisé hier est une honte. Et quoi d’autre qu’un recul ?

J’ai peur. En tant qu’être humain, en tant qu’enfant encore innocent, en tant que bientôt adulte, je ne veux pas vivre dans un monde où je suis seule face à des horreurs contre lesquelles je ne puis rien. Oui, seul, on ne peut rien. Parce que la raison est en panne, parce que la réflexion est en grève, et parce que la grève qui a du sens a perdu sa force, se battre seul pour des droits est possible. Les gens ne se battent plus pour leurs droits, ils préfèrent se battre contre ceux des autres. C’est tellement plus facile de gommer que de dessiner.

J’ai encore peur. La lâcheté elle-même ne me sauverait pas, et la politique du moins pire ne semble plus intéresser grand-monde. Voter pour des idées ? D’accord, mais de vote blanc, d’accord mais de vote blanc… Il n’est PAS reconnu ! Que de gâchis de paperasses électorales si personne ne les lit, ou plutôt s’il n’y a rien de consistant à lire, rien de sensé ? Il n’y a plus d’idées en politique, seulement des gens. C’est ce qu’on croit. On a oublié les idées.

Pour info: Rue89, Le Monde.


  1. Lambig écrit:

    Article intéressant avec lequel je suis entièrement d’accord sur le sujet de l’avortement en Espagne
    .
    Par contre, nous pouvons remettre en cause le début de ton articles (donc de tes affirmations) si l’on remet en cause cette citation (de toi) : « Mais pour ce qui est du pouvoir, si on pense liberté comme pouvoir, si être libre c’est faire, alors les femmes sont plus moins libres que les hommes. »
    « Si être libre c’est faire », tu poses ici une hypothèse ou, pour minimiser liberté = pouvoir de faire. Ou ? En société je suppose pour qu’il y est cette hiérarchisation homme femme. Donc liberté dans un cadre qui restreint la liberté même.
    Finalement, nous pourrions être libre si nous en avions les couilles sauf que je suis une fille et que je n’en ai pas. Plus généralement, nous détourner de ce que nous avons construit, « gommer » cette société périmée plutôt que de s’entêter à en sauver les restes serait surement le meilleur moyen de commencer à être libre.
    Liberté deviendrait alors pouvoir de faire dans notre mesure (force, volonté, etc).
    Cependant ma réflexion elle-même mérite d’être approfondie (« gommer » une société pour quoi après ?).

    Bon, j’aurai bien continuer sur le reste de l’article mais je dois aller manger.

    Citer | Posté 25 mars 2014, 25 mars 2014 à 19 h 27 min

    Répondre

  2. Patate écrit:

    Waw. Tu m’impressionneras toujours.

    Citer | Posté 23 décembre 2013, 23 décembre 2013 à 21 h 39 min

    Répondre

  3. Lena (Ama) écrit:

    « J’ai peur. En tant qu’être humain, en tant qu’enfant encore innocent, en tant que bientôt adulte, je ne veux pas vivre dans un monde où je suis seule face à des horreurs contre lesquelles je ne puis rien. Oui, seul, on ne peut rien. Parce que la raison est en panne, parce que la réflexion est en grève, et parce que la grève qui a du sens a perdu sa force, se battre seul pour des droits est possible. Les gens ne se battent plus pour leurs droits, ils préfèrent s battre contre ceux des autres. C’est tellement plus facile de gommer que de dessiner. »

    Je ressens et suis tout à fait d’accord avec ça.
    Je suis pessimiste depuis quelques temps… qu’est-ce que qu’on peut faire…
    On fonce droit dans le mur dans tous les domaines, on le sait, mais on continue.
    Et nous petits citoyens on est tellement imbriqués dans le système qu’il est très difficile d’en sortir.

    C’est assez inquiétant…

    Citer | Posté 23 décembre 2013, 23 décembre 2013 à 20 h 56 min

    Répondre

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