Je n'ai qu'une chose à te dire…


Un Gourou représenté.

Voici un blog. Écrit par moi. Disons mon blog.

Il contient des morceaux de ma vie, des bouts d’informations, peut-être même des morceaux de pain, d’oseille sauvage, des graines de tournesol, oubliés au détour d’un article !

En attendant des nouveaux articles, ne néglige pas les vieux, je me suis appliquée pour les faire aussi !

Je me présente >là< et il y a une rétrospective >ici<

Un Gourou représenté. dans Chroniques d'un Gourou OonaSterenn

 

Là, en dessous, il peut y avoir de la pub. C’est insupportable mais si je n’en veux plus il faut payer. Alors Zut

(Ou sinon, tu cliques sur « Zut », tu n’es pas obligé de lire, et tu télécharges adblock).


La honte

 Je peux avoir honte pendant des années. J’ai honte de choses qui se sont passées quand j’avais encore besoin d’un siège auto, j’ai honte choses que j’ai écrites sur MSN au collège (que je suis vieille), j’ai honte de m’être faite mal comprise, honte d’avoir mal compris, honte d’avoir été au mauvais endroit au mauvais moment. Je me souviens de choses qui me dérangent vis-à-vis d’autres gens, mais ces gens ont dû l’oublier depuis bien longtemps. Parfois, je suis tranquillement en train de me perdre dans mes pensées, quand la sensation de honte vient m’envahir, alors je dois chercher pourquoi elle vient. Je repars des années en arrières. Je repense au collège, la file d’attente pour le self, une réaction que je n’aurais pas dû avoir. Je me vois au lycée, dans un couloir, à discuter avec quelqu’un et à ne pas dire les bons mots - peut-être est-ce ce qui a brisé une amitié ? Je rends visite à ma grand-mère, je confonds deux artistes, je me sens stupide, j’ai honte. C’était il y a des mois et j’ai encore honte. C’est pourtant un détail.  J’ai honte même quand j’écris -é à la place de -er.

La honte dans Chroniques d'un Gourou bouton11
Moi sortant d’un portail magique

Je me souviens de ma lecture de L’arrache-cœur, de Boris Vian, quand j’étais au lycée. Ce livre m’a donné la nausée. Pas parce qu’il est mauvais, non, au contraire, il est très vrai et bien écrit, et il m’a « prise aux tripes » comme on dit, mais pour de vrai il faut croire. On trouve dans ce roman un village ou la honte n’existe pas. Les gens font des choses horribles, absurdes, et personne ne réagit. Sauf le personnage que l’on suit, et qui est mis en garde : si jamais tu ressens la honte, tu devras la prendre pour tout le monde. Alors il ne réagit plus. Dans ce village, il y a une personne qui aura honte pour tout le monde. Et les villageois s’en satisfont, et la vie suit son cours.

J’ai une empathie à deux francs, et le franc n’a même plus cours, alors pour te dire (on m’a déjà engueulée pour avoir essayé de consoler une personne triste parce que je m’y prenais mal). Mais je crois que dans ce village, j’aurais pas tenu dix minutes avant de devenir la personne qui doit tout se prendre dans la gueule (littéralement, dans le bouquin). Je crois que mon empathie est mal placée. J’ai honte parce que j’ai agi d’une manière qui aurait pu déranger des gens, éventuellement. Alors que la plupart du temps, je suppose que ces gens s’en battent les gonades, allègrement.

 

Je sais que ça me bloque. Que c’est stupide, que je ne devrais pas. Parce que j’ai honte, il y a des gens à qui je n’ai jamais reparlé, par crainte de découvrir qu’ils me détestent pour ce que j’ai fait. Aujourd’hui, j’essaie de faire l’effort de parler avant que le temps ne passe trop. Mais que faire des choses dont j’ai honte et qui ont eu lieu il y a quinze ans ? En reparler aux concernés ? Ils ne savent plus. Je ne les vois plus. Mais tant que je ne me suis pas excusée, que je n’ai pas eu un retour de le part disant qu’ils s’en tapent (parce que ça doit être le cas), je reste bloquée, et je continue d’avoir honte.

 

Voilà.

 

J’hésite publier cet article. Mais ce blog est déjà dangereux (pour moi) parce qu’il permet déjà de connaitre beaucoup de morceaux de moi donc allons-y, rajoutons des trucs trop personnels.

 

Et toi, quel est ton rapport à la honte ?

 


Le choix et l’impossible

J’ai envie d’être une musicienne, une sportive, une ingénieure, une solution et un problème, une activiste — engagée mais sans attache. Je voudrais rester la petite-fille, la fille et la sœur, la tante et pourquoi pas l’amante. Être l’amie, c’est sûr. J’ai envie de parler et de comprendre, comme les gens, partout, et j’aimerais savoir à la fois danser et combattre. Savoir chanter et écouter — sans pleurer. Apprendre à échouer puis réussir. Oser et découvrir.

Le choix et l'impossible dans Chroniques d'un Gourou img_2010

Il faudrait prioriser, choisir et renoncer. C’est un peu triste.

En bonus, cette chanson m’a été suggérée par Justine dans les commentaires et je la trouve très adéquate  (la chanson hein) (mais Justine aussi est peut être adéquate haha):

Il y a en effet de la redondance dans les intitulés d’articles.


Le choix et le possible

Récemment, je faisais mon quota de voyeurisme (comprendre : je regardais les stories instagram de personnes que je ne connais pas, mais tu sais à force je les apprécie et j’ai même un peu l’impression de les connaître). Une personne a reçu des conseils de la part d’une autre pour l’aider à arrêter de fumer. Le dernier conseil était “pour préparer mon corps à un futur enfant”.

Ma première réaction fut “heureusement qu’on ne me l’a pas dit à moi, ça m’aurait mise en colère”. En effet, je suis mal à l’aise — pour parler calmement — quand il s’agit d’associer femme et enfant. Après tout, on ne fait pas les enfants toutes seules. Une femme n’est pas une machine à enfanter. Je voudrais être un hippocampe ou un escargot. Et puis, l’idée a fait son chemin dans ma tête : il faudrait cesser de tout prendre mal quand il s’agit de maternité, puisque c’est un fait avéré : les femmes ont la capacité de porter des enfants. Pour faire un enfant, il faut d’abord faire un fœtus et le fœtus il vit dans un ventre de femme (de femme cis ou éventuellement d’homme trans, bref, tu m’as comprise).

Le choix et le possible dans Chroniques d'un Gourou tourne10
Le tournesol, il est comme le pissenlit, mais on peut lui manger les graines, alors je l’aime mieux.

Finalement, je pourrais m’énerver de la même façon si on donnait “pour préparer ton corps à la traversée de la Manche” comme motivation à arrêter de fumer. Parce que je n’ai pas prévu de traverser la Manche. Pourtant, avec de l’entraînement et de la motivation, mon corps en est peut-être capable — comme, à peu de choses près, pour faire un gosse.

DONC, ce conseil était bienveillant. Il ne participait ni à l’objectivation des femmes, ni au renforcement du patriarcat. Et c’est peut-être déjà très clair pour toi, mais personnellement j’ai l’impression d’avoir débloqué un petit truc.

Mon corps a des tonnes de possibilités, certaines spécifiques à mon sexe (pas tant que ça à mon genre d’ailleurs, tiens). Ce n’est pas parce que c’est possible que c’est un devoir. Mais ce n’est pas parce que je ne veux pas que je dois nier la possibilité.

(Et toi, quel est ton rapport à ton corps — sexué ou non — et à la parentalité ?)


Le vouloir et le devoir

Je suis perplexe. Le mode de vie désirable c’est celui d’un moine. Il faudrait être en accord avec ses principes jour et nuit, et avoir des principes acceptables. Il faudrait prendre soin de soi et des autres, manger bien, faire du sport, ne pas trop boire ni fumer. Mais il faut être heureux, ne pas trop se plaindre, kiffer la vie de moine.

Et ça, faire le lien entre le mode de vie sain et le bonheur, c’est relégué aux cours de philo de terminale où au fond de la classe, on était trop occupés à digérer les frites du midi pour écouter. C’est un truc de bobo écolo gauchiste frustré ou que sais-je. Et ça, on ne veut pas l’être.

Alors on suit la courbe, on boit et on fume – pas trop hein, juste en soirée – on fait du sexe avec des inconnus, parce que l’amour on croit pas qu’on mérite après tout. Et on culpabilise, parce que sur la trame en arrière-plan, il y a cette vie de moine qui attend. Et, soyons francs: on est nombreux à chercher la spiritualité ou au moins du sens quelque part, là où nos parents dégoûtés par l’institution religieuse l’ont abandonné.e (et quand on compte les prêtres pédophiles, je les en remercie). Alors on trouve des trucs, et on ne sait pas si c’est ça, la vie. Il faut tester, essayer, tout en se traînant ce bonheur affiché comme un fardeau.

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On pourrait en profiter, des bières belges et du sexe des inconnus. On pourrait mais on s’en veut, dès le départ on a pris trop de bière parce qu’on voulait pas se souvenir de l’inconnu le lendemain.

On se réveille dans le pâté, l’illumination c’était pas pour cette fois.

Alors on commence à en avoir marre de ce pâté.

On arrête les soirées.

On achète du brocoli surgelé.

On attend.

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Et à côté, t’as ceux qui vivent dans le paraître parce que leur vie est triste. Je ne dis pas que tous les gens qui s’affichent sont tristes ou ont un problème, il y a des gens qui s’organisent vachement bien et gèrent leur vie comme il faut. Mais bref, il y en a plein qui se perdent un peu quand même. Ou ceux qui sont seuls et qui en profitent pour tenter un truc – comme je l’ai dit, on teste et on essaye. Et ceux là, on pourrait croire qu’ils ont réussi à trouver le mode de vie parfait. Des moines plus ou moins connectés.

On ne voit pas qu’ils sont seuls. On ne sait pas s’ils sont tristes.

On remarque juste qu’ils ne se réveillent pas dans le même pâté.

Alors voilà je suis perplexe : dans tous les cas on va culpabiliser, on culpabilise parce qu’on n’a pas encore trouvé notre truc et qu’on ne sait pas ce que les autres cherchent. C’est comme suivre des gens quand on est perdus parce que si ça se trouve on va au même endroit. On ne va pas au même endroit. Ou alors pas par le même chemin, pas pour les mêmes raisons. On se fait du mal.

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C’est peut-être ultra niais mais faîtes les changements de vie qui vous rendent heureux, pas qui vous donnent l’air heureux. J’ai personnellement du mal à faire la différence. Mais je tente de ne pas insister quand ça ne va pas. Je ne suis pas prête à partir vivre loin de « chez moi ». Je ne sais pas jouer d’un instrument de musique. Je ne gère pas mes émotions. Tant pis, j’apprendrais plus tard. Après tout, j’ai toute ma jeunesse devant moi.

Re-Bref, il est temps que je parte de là où je suis et que j’ouvre une nouvelle page de ma vie, parce que ça fait des mois que je poste des articles navrants. Encore heureux que j’ai pas souvent envie d’écrire ! (Mais merci de me lire quand même, tu sais que ça me fait du bien de raconter ma vie) 


Digital intox

L’autre jour, je te parlais de mon téléphone et à quel point j’en étais devenue dépendante. Cette panne, c’était l’occasion de se rendre compte. Mais là, pour tout te dire, je suis repartie pied dedans, la tête la première, et je me noie. Je suis devenue celle qui actualise le flux d’actualité de toutes ses applications en boucle, que ce soit pour voir la vie de personnes que je ne connais pas ou les messages futiles de gens que je connais. Quand je vois des trucs sympas, j’en profite un instant puis je dégaine mon téléphone pour prendre une photo. Je traîne ensuite à faire défiler les photos, les miennes et celles des autres, mais je ne les trie pas, je ne les range pas, je n’en fais même pas un article de blog parce que ça déjà, ça s’éloigne de l’instantané.

Digital intox dans Chroniques d'un Gourou cieldo10
Ciel d’orage.

Je vais avoir l’air d’une pauvre meuf mais voilà, je crois que ce sont les symptômes de quelqu’un qui va mal. Se perdre dans l’instantané de la vie des autres, ça sonne mal, ça donne l’air malheureux. Se perdre dans l’instantané de la vie des autres qui profitent de l’instant en entier, qui te disent de débrancher, enfin c’est ce qu’ils disent… On n’est qu’une bande de dépressifs à la vie parfaite. Le malheur aux couleurs vives, la cage dorée, bref, j’ai vraiment l’air ingrate là non ?

Ce mois-ci, j’ai tout de même passé de bons moments. Mis à part ces photos trop nombreuses, mon appréhension du futur proche et l’angoisse pour des choses sur lesquelles je n’ai pas prise (coucou la famille, je vous aime quand même). Je n’ai pas tout à fait perdu pied. J’avance dans la vase et ça glisse. Il y a une religion monothéiste qui dit : si tu rencontres des épreuves, c’est que dieu sait que tu peux les surmonter. Il est sympa dieu, mais sa majuscule attendra. Il m’a envoyé vivre la vie que je voulais et me laisse seule face à ça : est-ce ce vraiment ce que tu voulais ?

Alors je rumine cette phrase que m’a lancée l’autre jour un mec en colère : on m’a donné des opportunités que je n’ai pas prises. Je n’ai pas su profiter. J’ai perdu l’occasion. Il n’y a plus qu’à rentrer, oui c’est dommage, peut-être que ça n’était pas pour moi. Après tout, je suis peut-être juste une fille fragile. Ce qui est sûr, c’est que je ne prends pas assez le temps. J’ai le choix de prendre les autres opportunités qui viendront, mais aussi de les laisser passer si je ne suis pas prête. 

Voilà, en ce moment je me reconnais dans presque chaque phrase de ça. J’ai honte de vous avouer que je subis ma vie.


Talent, force et inspiration – Juin

Il y a deux de mes découvertes que j’aimerais partager avec vous. Ce ne sont pas des perles rares que j’ai trouvées au détour d’une rue déserte, ce sont juste des perles rares que la plupart des gens connaissent déjà, merci les réseaux sociaux. Alors voilà, je vais en remettre une couche et soyez bien sûr.e.s qu’elles n’ont pas besoin de moi pour avoir du succès :

Talent, force et inspiration - Juin dans Chroniques d'un Gourou
Alors oui la photo est vieille mais elle est chouette.

Les premières, ce sont les LEJ. Je les ai découvertes presque comme vous, à la mi-2015. Elles étaient les invitées d’une émission de là-bas si j’y suis (celle-ci), faisaient des reprises de NTM, déjà des créations originales, et avaient une discussion intéressante. Ceci à 21 ans « seulement ». Et, j’avoue, j’ai un faible pour le violoncelle. Déjà, j’étais intéressée. Quelle ne fut pas ma surprise, deux mois plus tard, quand leur mashup des tubes de l’été 2015 fait le tour du monde. Décidément, je les aime.

Tout ceci était il y a longtemps, mais en juin cette année, les revoilà avec leur premier album à elles, le second en fait, mais cette fois ci avec des créations originales. Et j’adore. Je l’ai écouté en boucle pendant deux semaines. J’ai aussi suivi leurs interviews sur toutes les grandes chaînes de télévision … ça change de là bas ! Enfin voilà, c’est vraiment un coup de cœur, j’aime comment elles composent, comment elles chantent, comment elles jouent.

Mon second coup de cœur, c’est Marine Leleu. Ouais, là aussi, tout le monde la connaît, bouh, tu nous embête. Alors pareil pour elle : je savais qu’elle existait depuis un bon paquet de mois, je l’avais découverte en passant de blog en blog – même si elle n’a pas de blog. Je n’avais pas encore Instagram, je n’avais pas pu la suivre. Puis l’ai eu instagram, mais je trouvais qu’elle partageait quand même des publicités, bref.

Là, je reviens jeter un coup d’œil à son compte et je me suis retrouvée à suivre une athlète impressionnante qui se prépare à un défi, un projet, une course impressionnant.e aussi ! Autant vous dire que le week-end du 24 juin, j’étais collée à mon téléphone de prêt dès que je pouvais pour guetter des nouvelles histoires sur insta. Cette madame a terminé un Enduroman à 26 ans, en décrochant le record féminin en prime. Voici une moyenne (+20mn) super vidéo qui vient de sortir et qui explique assez l’exploit, c’est mieux que mes mots :

Image de prévisualisation YouTube

Voilà, je voulais partager ceci. Je suis un peu éparpillée en ce moment, j’ai du retard partout, je reviens vite.

 


« La société du numérique »

Il y a deux semaines, mon téléphone portable m’a lâchée. Il avait un peu plus de deux ans, et je lui faisais sa pub dès que j’en avais l’occasion : « il a certes coûté un peu cher, mais regardez moi cet écran sans rayures, ces performances, ce clavier utra-pratique, et tout ça depuis deux ans ». J’étais sûre qu’il durerait au moins deux ans de plus, au moins le temps que des appareils vraiment plus performants arrivent sur le marché.

Puis j’ai fait une mise à jour androïd et il n’a jamais redémarré. Seulement une LED bleue clignotante. J’ai d’abord tout essayé par moi-même, parcouru des forums, trouvé des gens qui avaient eu le même problème – leurs questions étaient restées sans réponses aussi. J’ai été voir un premier réparateur qui m’a prise pour une quiche : « Il n’y a plus d’affichage, on vous change l’écran ». Puis un second réparateur qui a compris mon souci, qui m’a écoutée raconter le problème et les solutions que j’ai tentées (étant plutôt familiarisée avec stackoverflow, je pense que je sais expliquer quand j’ai un problème). Il m’a dit qu’il allait essayer, qu’il avait déjà eu affaire à ce problème une fois avec un modèle plus ancien.

Et soudain… Le vide

Mais non, la semaine suivante il n’avait pas pu le réparer. Je lui ai laissé l’appareil pour pièces pour que ça ne soit pas perdu pour tout le monde, et je sais qu’il est gagnant : tout le hardware (le matériel) était encore en parfait état. Juste un problème de software (logiciel, donc) et … foutu.

Comment te dire que je suis dégoutée ? J’étais même triste. Pour un vulgaire appareil. Parce que ces deux dernières années, mon rapport au téléphone portable a beaucoup changé : avant ce téléphone, je n’utilisais pas ou peu d’applications, disons juste Mozilla Firefox et avec je me rendais sur le reste (même facebook ? Oui). Peut-être que j’avais aussi l’appli de covoiturage.fr. J’utilisais encore un appareil photo même si mon téléphone en faisait? J’utilisais encore un lecteur MP4 même si mon téléphone pouvait stocker de la musique. Il y a deux ans et demi, je n’utilisais presque jamais le GPS.

Et aujourd’hui … Aujourd’hui mon téléphone lâche et je perds mon accès rapide à mes remboursements de la sécu (ameli.fr, l’appli est moche mais franchement pratique), à mes comptes en banque, à mes horaires de transports en commun, à ma musique, à mon appareil photo (18 Megapixels !!), mes podcasts radio, le journal Le Monde tous les matins, mes entraînements de course à pieds et de musculation, mes alertes quand la qualité de l’air est mauvaise (#paris). J’ai dû en oublier. Mettons aussi Instagram, je l’ai depuis moins d’un an mais je m’y habituais bien. Ce n’est pas spécialement l’appareil mais aussi toutes ces dépendances. C’est un peu comme perdre ses clés. Il y avait un peu ma maison là-dedans.

Quand j’avais encore mon précédent téléphone, je mettais un point d’honneur à ce qu’il soit utilisé principalement comme un téléphone – pas un smartphone, en gros. L’appareil photo et le lecteur MP4 séparés, ça en faisait partie. Bien sûr qu’il y a deux ans il y avait déjà des applications de partout, c’était pas 2007 et le premier Iphone, premier truc à fonctionner avec des applications et pas juste un dossier « jeux » avec snake, un dossier « messages » avec reçusenvoyésbrouillons.

Mais quand même. Je me rends compte assez brusquement que ça a changé. J’ai cédé à ce changement alors que je m’étais promis de faire gaffe. Il faut toujours se méfier quand tout devient trop facile. Je ne sais pas à quoi va servir cet article.

Et toi, tu entretiens un relation avec ton téléphone ? Tu me conseillerais d’acheter quoi si je veux un truc qui me lâche pas bêtement au bout de deux ans ?

PS : ce titre est entre guillemets parce que c’est une référence – qui va trouver ?


On n’a plus vingt ans

Dans ma famille, il y a ma grand mère qui se rappelle sa jeunesse à 21 ans, mes parents qui se rappellent leur jeunesse à 18 ans, mes grandes sœurs qui se rappellent leurs seize ans. En toute logique, je pourrais me rappeler de mes quatorze ans comme de l’époque de mes premières fois, de ma liberté, du début de mon chemin vers l’âge adulte.

On n'a plus vingt ans dans Chroniques d'un Gourou img_2018
Se perdre un peu entre le jour et la nuit

C’est d’ailleurs ce qui est arrivé pour des gens de ma génération. Il y a cette dynamique, qui somme toute est une bonne chose : les jeunes sont plus libres, attendre la majorité devient un détail. C’est aussi une dérive : il faut faire cette distinction entre jeune et enfant, et la transition ne se fait pas au même moment pour tout le monde. Je suis peut-être ringarde mais à défaut de les enfermer, laissons les enfants avoir une enfance. Iels auront des poils et des seins bien assez tôt (enfin pas tout le monde pour les seins).

En discutant, en écoutant les gens parler, j’ai remarqué un truc : dans mon entourage, on a vingt ans plus ou moins quelques années. Et on parle comme des vieux, on se rappelle nos jeunes années. Les gens, c’est encore maintenant les jeunes années ! C’est encore maintenant parce qu’on est encore des jeunes du point de vue des réductions, puis aussi et surtout parce que si on décide que tout cela est derrière nous, comment on fait pour vivre sans regrets ? Je préfère faire un truc maintenant plutôt que faire une truc maintenant et me dire que j’aurais dû le faire étant jeune. Oui, il n’y a que le point de vue qui change.

Parce que je n’y peux rien aussi, mais je me sens dépassée. Tous ces gens qui ont tout fait très vite, à l’image de la performance que l’on valorise, les gens qui ont le bac à treize ans, tout ça, ça me fait me sentir en retard. Et pourtant je suis jeune encore. Mais aurais-je le temps de tout faire dans ma jeunesse ? M’engager dans une association, séduire plein de gens, « faire » la Loire à vélo, essayer des drogues, lire l’intégrale de Zola, prendre l’avion, manger des bananes ?  Question subsidiaire : en ai-je besoin ?

La solution que j’ai trouvée est la suivante : décider que ma jeunesse va poser ses bagages ici et repartir plus tard. Qu’elle me laisse vivre. Que je ne sois pas déjà à regretter mes 15 ans où je n’ai rien fait.


Le défi d’une vie

Cette semaine, j’ai accompli quelque chose que je pensais impossible depuis longtemps. Vous pouvez dès à présent préparer des messages de félicitations et des encouragements (on ne sait jamais).

Contexte : alors âgée de six ans, je décide qu’il suffit, et que parmi tous les aliments douteux servis à la cantine il y a le pire, la source de tous nos maux : la banane. J’ai décidé de blâmer la cantine parce que c’est vrai que là bas, soit elles étaient trop mûres, soit pas assez, et cela résultait toujours en une texture étrange et peu avenante. C’est, en tous cas, ce que j’ai rapporté à la maison : « je ne veux plus manger de bananes« . Dans la classe, il y avait une autre personne qui n’aimait pas ça, alors j’avais bien le droit de le faire moi aussi.

Sauf que, cette personne a recommencé à en manger au bout de quelques années. Je me sentais assez seule : tout le monde, dans mon entourage, mange des bananes. Et puis vous savez, c’est bon pour la santé. Vitamines A, B1, B2, C, bon anti-anémique (mais c’est parfait pour moi dis donc) parce que continent du fer et du cuivre, contient aussi d’ailleurs potassium et sodium. C’est même recommandé en période de croissance et c’est vrai qu’à l’école, nombreux étaient celleux qui avaient une banane pour le gouter de 10 heures. Moi, j’avais des graines de tournesol – l’addiction, si jeune… Enfin, j’ai tout de même bien grandi et je vous soutiendrai que les pommes sont plus pratiques, parce qu’on peut tout manger (pas de peau visqueuse dégueulasse à jeter) et ça ne s’écrase pas au fond du sac.

Le défi d'une vie dans Chroniques d'un Gourou img_2016

Je n’ai pas trop mal vécu ce caprice alimentaire. Je mange de tout sinon, que ça soit une salade de quinoa aux herbes ou un bon vieux steak-frites, la vie est donc simple. Il reste seulement l’incompréhension des gens (je l’ai déjà dit : bah pourtant, c’est très bon la banane !). Mais récemment, j’ai 1) été contrainte à faire plus gaffe à mon alimentation 2) commencé à faire du sport plus que d’habitude. C’est là que la banane revient à coups de vitamines, de minéraux et de glucides #.

Alors voilà, ça fait 16 ans que je refuse d’en manger, parce que l’odeur, parce que la texture, parce que probablement le goût mais j’avoue je ne m’en souviens pas. Récemment, on (Melgane) m’a dit : il faudrait que chaque jour on tente de faire quelque chose qui nous fait peur. Et on dirait pas comme ça, mais c’est quand même une peur considérable (oui, je suis fragile). Mais c’est une peur stupide et sauf allergie, il serait dommage de la laisser vivre sa vie.

Alors j’ai acheté des bananes.

Sache que j’ai horreur de jeter la nourriture : il n’y a pas de retour arrière possible (!) J’en ai pris une, je l’ai découpée et mise dans un bol (photo ci-dessus). Elle ressemblait encore trop à une banane, et l’odeur était trop celle d’une banane. [Attention recette] J’ai mis du lait végétal à chauffer dans une casserole, j’y ai rajouté des flocons d’avoine et du cacao en poudre, j’ai attendu que ça gonfle puis j’ai rajouté une cuillerée de beurre de cacahuète. J’ai versé ce mélange sur les bananes. J’ai mélangé avec assez de violence pour que les tranches de bananes soient réduites en purée. Plus d’odeur de banane, le chocolat a gagné.

img_2017 bouffe dans Chroniques d'un Gourou

En vrai c’est bon même si ça a une sale gueule

Le goût qui est resté était surtout un goût sucré, et un peu celui de l’odeur de la banane. C’était particulier, parce que je me suis habituée à décider que je n’aimais pas. Mais c’est seulement la peur de l’inconnu, du différent de d’habitude. Je peux manger de la banane, il y a seulement mon corps qui m’envoie des signaux de surprise type « Mais diantre, que fais tu donc ? »

Alors voilà, c’était ma petite victoire de la semaine. J’ai brisé 16 ans d’abstinence – et ce n’est absolument pas sexuel (sauf pour Freud, ne ramenez pas Freud sur ce blog svp).


Tous à poil

Au début, on partait plus pour un titre comme « Ode à la nudité », mais j’étais pas d’humeur.

Il y a deux semaines, nous jouions au volley et faisions du yoga dans un parc de Munich avec des amis. Mais, pour être un peu plus tranquille, certains avaient proposé de s’installer dans la partie nudiste. Alors oui, ça fait un drôle d’effet d’être assis.es dans l’herbe avec autour des vieux allemands nus. Il y avait aussi un couple de jeunes mais plus loin, alors nous avons eu droit au spectacle amusant d’un homme vêtu uniquement de chaussettes hautes faisant des jongles avec un ballon de foot et s’essayant au poirier.

Cela dit, il ne se donnait pas en spectacle. Il y avait certes quelque chose de provoquant, une sorte de défi dans le fait de tenter des positions bizarres et de beaucoup se mouvoir. Ce n’était pas le comportement du nudiste à la plage qui fait juste le trajet eau – serviette et qui se laisse bronzer tranquillement, c’était plutôt notre comportement à nous de jeunes avec un ballon et des envies de tester le yoga. Il ne se donnait pas en spectacle parce qu’il restait dans son coin, nous n’étions pas obligé.e.s de regarder. J’ai d’ailleurs ri de le voir faire le poirier nu et en chaussettes, puis je suis retournée à mes occupations.

Tous à poil dans Chroniques d'un Gourou IMG_20180414_1546080%2B%25282%2529

Nous en avons discuté avec une amie, elle disait qu’il est dommage que le corps soit autant sexualisé, parce que ce genre de comportement devient gênant et il ne devrait pas. Pour ma part, j’avais interprété la chose à l’envers (comme le mec, huhu) : avec ce genre de comportement, on ne perçoit plus le corps comme « sexualisé ». Nous n’avons pas eu la même éducation ni le même cadre, c’est donc tout à fait normal que notre rapport au corps – à celui des autres – soit différent. Je ne saurais pas retranscrire tout ce qu’elle a dit et ce n’est pas mon rôle, mais voici mon point de vue :

Le corps peut être désirable sans être sexualisé

A l’adolescence, je n’étais pas occupée à draguer, ni à être draguée. Ma sexualité était un truc « qui viendrait plus tard », ça ne m’inquiétait pas et m’intéressait peu. Pourtant, je regardais les gens, j’analysais l’harmonie des corps sans trop comprendre ni structurer. Juste des fois, je me disais que telle personne était jolie, que tel corps était désirable – non pas pour entrer en contact avec, mais plutôt parce que j’aurais aimé l’essayer, vivre un instant avec cet autre corps et apprécier d’avoir des épaules plus larges, des jambes plus musclées, un torse sur lequel une chemise n’aurait pas l’air d’un torchon. Et même aujourd’hui, où j’ai une sexualité, c’est toujours plus ou moins le cas. 

Le corps peut ne pas être désirable, dans ce cas autant ne pas le sexualiser

Je l’ai dit, il y avait un couple de jeunes parmi les nudistes, et ils étaient loin. Autour de nous, que des hommes vieux et plein de plis. Sans vouloir surjouer la déception, je dirais seulement que la vue de ces corps nus n’a rien éveillé de particulier en moi, sinon le rire de la surprise. En discutant, j’ai pensé à ce qui pouvait mettre les autres mal à l’aise : l’association corps-sexualité rend les choses beaucoup moins fun. L’espace d’un instant, j’ai associé l’idée de sexualité à ces corps vieux et nus, ça a été tout de suite glauque. C’est sociétal je pense : on dit « un vieux pervers » et on a du mal à s’imaginer une sexualité « normale » chez les personnes âgées. En tant que fille puis femme, c’est des hommes un peu âgés et un peu seuls qu’on m’a dit de me méfier, et c’est ainsi que dans notre esprit le vieux nu devient l’agresseur : restons serein.e.s et détachons la sexualité de leur corps, ça rassure.

Des nudistes – qui ne sont pas des exhibitionnistes, cela n’a rien d’oppressif

Ils illustrent d’ailleurs un idéal, celui de se contreficher (quelle belle tournure) du regard des autres, et celui de s’accepter suffisamment pour montrer son corps. Montrer son corps peut être thérapeutique (je ne crois pas que ça soit la bonne tournure là par contre), certain.e.s ont parfois recours à la photo de nu pour s’accepter, s’aimer, se trouver beau.lle. Du point de vue de l’observateur – pas du voyeur – je trouve ça intéressant dans la mesure où le corps ne sera pas mis en scène, il est juste vivant, visible, véritable (En Vérité ce Velouté de Verbiage Vire Vraiment au Verbeux #), et on relativise.

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Des pieds nus

Il y aurait encore pas mal de choses à dire, notamment comme je l’ai évoqué : la relation au corps qui change avec l’éducation qu’on a eue, mais aussi se demander ce qui motive à faire du nudisme parce que c’est quand même quelque chose de se promener nu dans un parc plein de monde – pas comme aller bronzer dans son jardin tranquillou, l’envie de pouvoir se passer de jugement sur son corps avant d’être vieux (eh oui, si ces vieux plein de plis étaient tout à coup moins vieux et moins pliés ? Seraient-ils prêts à passer sous les yeux de tout ce monde ?), ou bien se poser la question de « pourquoi seulement des vieux et pas des vieilles ? »

Et bien sûr, si tu veux réagir : ça te dérangerait toi, de faire du volley sur une pelouse nudiste ?

 


Liberté ou expression

J’ai de nouveaux ennemis, ou de nouveaux moulins à combattre, ou alors il faut à nouveau que je me calme.

Depuis des mois, peut-être des années, il y a des choses qui se disent de moins en moins, il faut appliquer cette pseudo bienséance - s’excuser avant de s’affirmer, feindre l’humour pour s’exprimer. Donc déjà, j’ai appris à tourner en dérision mes convictions pour pouvoir en parler.

Mais aujourd’hui je bloque. Je me heurte aux murs des convictions des autres d’une part, de la lutte contre les fausses informations de l’autre. J’en ai déjà parlé, c’est un problème philosophique, la recherche de la vérité. Donc bien sûr, on compte sur les médias – et sur n’importe quel individu – pour rapporter des faits réels (la réalité, elle, ne change pas), mais ensuite on se retrouve bien embêtés avec tout ce qui requiert de l’interprétation, tout ce qui embarque un peu d’opinion.

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Ello, @stuz0r

Cela fait déjà un certain temps que j’oppose mes convictions à mon avenir #. Si j’hésite à partir manifester parce qu’un potentiel employeur pourrait trouver des photos de moi, si j’hésite à poster un article parce qu’un collègue pourrait tomber dessus, si j’hésite à noter sur mon CV qui je me suis investie dans une association LGBT et féministe.

J’ai la sensation que l’étau se resserre. Alors que certains vont revendiquer leur droit à un racisme décomplexé (je ne sais plus l’expression qu’ils utilisent), ici j’ai juste envie de tout renverser autour de moi et de pouvoir à nouveau respirer.

Je voudrais juste partager ce qui pour moi est un évidence mais pour les autres c’est une hérésie.


Je deviens narcissique

On nous avait prévenus : pensons à nous, concentrons-nous sur notre bonheur, il faut s’aimer pour pouvoir aimer les autres, il faut être bien dans sa peau pour pouvoir supporter le poids du monde.

Il faut prendre le temps pour te cuisiner des repas parfaitement adaptés à ta morphologie et à ton but dans la vie. Il faut faire plusieurs activités sportives régulières. Tout cela évidemment, dans le but d’avoir une vie sociale épanouissante au possible et un corps de rêve.

Je deviens narcissique dans Chroniques d'un Gourou ello-optimized-ac89a415

« Transient Sculpture » by Neal Grundy, @inag on ello.co

J’ai rayé la case de la vie sociale épanouissante pour un temps. J’ai cru que je n’en avais pas besoin. Je continue à croire que je peux m’en passer. Et voilà : j’ai modifié mon alimentation et je mange encore symboliquement de la viande au moins une fois par mois pour ne pas tomber dans la case « végétarien.ne », j’ai commencé à suivre un programme de préparation à un semi-marathon alors que je n’ai pas prévu de courir un semi-marathon (enfin maintenant, j’en cherche un). En parallèle, je suis un programme de musculation au poids du corps de 12 semaines pour « voir mon corps se transformer ».

Est-ce que j’en ai vraiment besoin ou même envie ? Je m’efforce de ne pas y penser. Mais quand j’y pense, je me sens comme un pur produit de la société de consommation. Je suis les tendances et obtiens de quoi m’inventer une vie. Cette façon d’ »apprendre à s’aimer » est tout à fait biaisée : je regarde, en effet, mon corps se « transformer », et ça me rend fière. Et ça me donne envie d’aller plus loin. Mais ce n’est pas de moi que je suis fière, ce n’est probablement pas ma personne qui reçoit de l’amour – mon amour. Je regarde une projection dans la glace. Je suis Narcisse qui va tomber dans l’eau.

Il fallait bien que je trouve à m’occuper, ici où je connais peu de monde et où je ne parle même pas la langue. Mais c’est un peu une impasse – si je m’occupe autant, je rencontrerai peu de monde et je n’apprendrai pas la langue. Je reste là, à regarder mon image que je travaille, et je tente de m’en satisfaire.

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@esdanielbarreto

Dîtes, comment on arrête d’être un produit, quand-est-ce qu’on fait face à nos émotions ?


Le parcours

Depuis que j’ai quitté le lycée, j’ai suivi une voie et je ne l’ai pas quittée. J’ai été cette personne docile qui suit les panneaux, ou qui à défaut, continue tout droit.

A l’approche de chaque nouvelle étape, quand vient la fin – le diplôme, le concours, l’examen – j’ai fantasmé la suite, j’ai projeté mon désir de repos et mon envie de reconnaissance.

A chaque nouvelle étape, le bout de la route est dans la brume.

Tout ce repos, tous ces accomplissements que j’ai fantasmés, ce ne sont que d’autres morceaux du chemin. Et sur ce chemin, j’avance contre le vent, ou contre le courant.

Ça aussi, je l’ai rêvé : enfin, arriver sur une voie tranquille où tout deviendrait simple. Après tout, ça a été difficile avant.

Le parcours dans Chroniques d'un Gourou jardin10

Mais je ne suis pas satisfaite. Le calme est tellement passager. La facilité est toujours un mensonge.

J’ai encore le vent de face et pourtant le contexte a changé, et pourtant je suis encore sur une énième « dernière ligne droite ». C’est fatiguant.

Hier, j’ai rédigé des lettres de motivation, refait mon CV, pour m’engager dans la prochaine « dernière ligne droite ». Tant que la suite est dans la brume, elle m’intrigue, elle m’attire, elle me motive encore.

 

Et puis, je ne voudrais pas que cette brume se lève. C’est déjà assez de parfois se demander si toutes ces étapes passées ont un sens, un intérêt. Lire ailleurs que les gens comme moi, qui ont un chemin tout tracé, ont une vie bien trop simple. Oui, parfois je me déteste d’avoir choisi cette vie trop simple tellement elle est compliquée.

 

Je ne sais pas quand je pourrais souffler.


Toi aussi, nettoie tes organes

C’est facile de se nettoyer la peau et les dents, et pourtant même pour ça on galère toujours un peu. Et si mes dents jaunissent quand même ? Et si ma peau devient sèche ? Grasse ? Les deux (oui c’est possible) ?

Alors là il y a une pluie de conseils et de recommandations dès qu’on se pose l’ombre d’une de ces questions. Parfois contradictoires. Ou sous la forme d’évidences : sur la peau mets de l’huile végétale (et stop la cigarette), et pour tes dents arrête de fumer, de boire du café.

Oui mais bon. Parfois tu ne fumes déjà pas, tu n’as jamais bu de café, tu te trempes dans l’huile tous les matins et rien ne va. Parfois, ce n’est pas avec la peau ou les dents que tu as un problème, et de la même façon, tu n’es pas adapté.e aux solutions, simplement parce que tu les appliques déjà. Ou alors les solutions ne sont pas suffisantes. Ou alors on t’a carrément prescrit un traitement médical et il ne fonctionne pas.

Alors parfois, il y a une solution toute simple qu’on n’a juste pas voulu te donner, et à ce propos j’ai lu ce témoignage en deux parties #1 et #2 qui est très évocateur. (Je m’y suis retrouvée, un peu, mais les solutions là non plus ne s’appliquent pas). Sinon, il reste la bouée de sauvetage, le « de toutes façons ça ne peut pas être pire » ou « ça peut pas faire de mal » (quand on est optimiste) :

Nettoyer ses organes !

Toi aussi, nettoie tes organes dans Chroniques d'un Gourou img_2014

Mon petit kit de survie

Premièrement, le vinaigre de cidre. J’ai un peu menti sur le traitement médical qui ne fonctionne pas parce qu’en fait, boire du vinaigre m’a été conseillé par un médecin. La consigne est simple : Une cuillère à soupe de vinaigre dans un verre d’eau chaude, le soir pour moi.

Attention, un excès de vinaigre peut fatiguer le foie, mais une ou deux cuillères à soupe ne vous feront pas de mal – dans le doute consultez un médecin, mais à mon humble avis c’est moins pire que du cubi de supermarché aux soirées étudiantes. J’ai exécuté les ordres de mon médecin, donc, et suis partie à la recherche des bienfaits du vinaigre de cidre. Voici une liste non exhaustive :

  • Le vinaigre de cidre pur favorise le nettoyage de l’organisme et l’élimination des toxines grâce à son acidité,

  • Il détruit les mauvaises bactéries, absorbe le trop plein d’acides de l’estomac, régénère la flore intestinale, lutte contre la constipation, combat les flatulences et aide à résorber les intoxications alimentaires

  • Il nettoie le canal urinaire et réduit les risques d’infection des reins

  • Il aide à stabiliser la tension artérielle et à équilibrer le pH du sang.

  • En détruisant les graisses, il aide à la perte de poids.

  • Il soulage les crampes musculaires. Il s’utilise en gargarisme (2 c. à c. de vinaigre de cidre dans 1/3 de tasse d’eau tiédie) et contre les inflammations buccales et les maux de gorge.

  • En inhalation (2 à 3 c. à s. de vinaigre de cidre dans un bol d’eau bouillante), il combat les migraines et les maux de tête.

  • Pris au coucher, le vinaigre agit comme un calmant léger contre la nervosité

Deuxièmement, le citron. Encore un truc acide, donc attention à votre foie s’il est fragile. Et attention les dents aussi. Apparemment c’est un truc un peu connu, la cure de citron. Il y a plusieurs façons de la faire, le plus simple est de prendre un verre d’eau tiède avec le jus d’un demi citron tous les matins (à jeun). Pour le citron, on peut aller très loin (voir le lien en bas), parce que la consommation d’agrumes préviendrait le cancer. En gros, on a : 

  • Renforcement du système immunitaire (vitamine C)

  • Digestion facilitée (aussi grâce à l’eau tiède)

  • Peau plus belle (parce que élimination des toxines parce que digestion++)

  • Réhydratation profonde

  • Élimination des graisses (y compris lutte contre le choléstérol)

Bon, ça fait deux semaines que je suis sur le vinaigre et une sur le citron, ça serait trop rapide de vous raconter les effets sur le long terme. Cela dit, j’ai eu une super pêche cette semaine (19 km de course à pieds et stage commencé – liste non exhaustive là aussi). En tous cas, comme je le disais, je n’ai pas d’autres solutions pour mes désagréments santé, alors je teste.

Sources : vinaigre, citron, choucroute (bonus !)

PS : l’huile essentielle d’arbre à thé (présente aussi sur la photo), c’est aussi en bonus, renseignez vous, c’est aussi un truc utile – par contre faîtes plus gaffe qu’avec du vinaigre ou du citron, niveau foie.


Ce que #metoo a changé dans ma tête

C’est « dans ma tête » parce que je n’ai ni les compétences ni la prétention de vous raconter ce que ça a changé globalement. Pas non plus le courage et le temps, d’ailleurs. La vague de réaction s’est assez calmée j’ai l’impression (modulo ça), il aura fallu essuyer une tribune et son « service après-vente » (j’emprunte l’expression à Melgane), il aura fallu réaliser qu’une femme sur deux a été agressée – et c’est sans doute le plus dur, je sais pas vous mais il y a plein de femmes dans mes ami.e.s, ma famille, et je tiens assez à elles pour que ce chiffre (une femme sur deux) me mette en colère.

Ce n’était pas évident au début de remarquer l’importance du mouvement. Je me souviens vaguement des quelques articles au sujet d’actrices agressées qui témoignaient. Je me suis dit « tiens, encore un gars qui profite de situations hiérarchiques, de rapports de domination ». J’ai vaguement su qu’il se passait un truc sur Twitter, avec beaucoup d’actrices. Puis, j’ai vu sur mon mur facebook (oui, je vais peu sur twitter) un témoignage ponctué de #metoo, provenant d’une connaissance. Un homme pour le coup, mais ça ne change pas ma réaction – étonnée – quant aux personnes normales qui témoignent à leur tour. Puis c’est allé très vite, on s’est mis à en parler, en quelques semaines c’était presque « banal » de dire que les femmes étaient beaucoup victimes d’agression à caractère sexuel et sexiste.

C’était une bonne nouvelle, mais en même temps on a pu voir beaucoup d’autruches. Quelques mois avant ce soulèvement, cette libération de la parole, il y avait eu dans mon établissement une pétition pour dénoncer le comportement du corps enseignant. Déjà, des témoignages anonymes, pour dénoncer le comportement de personnes anonymes (alors non, ce n’est pas de la délation, merci). Les réactions hostiles étaient toutes pleines de soumission, parce que les enseignant.e.s possèdent la connaissance et nous ne sommes là pour tout accepter, nous n’aurions pas le droit de contester quoi que ce soit. La pétition a tout de même été envoyée à la direction, qui a surtout agi pour éviter que cela ne s’ébruite. Avec #metoo, l’autrice de la pétition a voulu relancer l’affaire, savoir quels seraient les moyens mis en œuvre, et c’est là qu’arrivent les autruches. Comme quoi, le mouvement de #metoo était suffisamment important, ça y est on a bien compris que les femmes sont des victimes (alors non, on n’est plus réductible à de faibles victimes si on ose prendre la parole), lâchez nous avec vos histoires. C’est comme si on n’avait plus le droit de s’indigner parce que « c’est bon, on sait ».

Ce que #metoo a changé dans ma tête dans Chroniques d'un Gourou ello-a10
ello – azizazaza

Pour ce qui est des réactions des moins concerné.e.s (c’est pas genré d’être concerné, si ? Mais je vais mettre « ceux » pour faire plus simple) On a eu droit dans un premier temps à #notallmen, ah ce fameux … Not all women non plus, rassurez-vous ! Il y a ceux qui sont déjà féministes (je suis de celles qui pensent qu’un homme peut être féministe), ceux qui n’avaient pas réalisé que leurs sœurs, leurs amies avaient une vie un peu plus compliquée que ce que l’on croit et qui se sont renseignés. Il y a aussi ceux qui crient à la délation, qui ont peur de retrouver un jour une photo d’eux sur les réseaux sociaux avec marqué en dessous « agresseur », pas seulement parce qu’ils ne sont pas nets, non, mais parce qu’il y a des agissements sexistes tellement ancrés dans la société, que si les femmes commencent tout juste à les remarquer, les hommes ont encore du chemin, avec toute la bonne volonté qu’ils peuvent y mettre.

Dans un premier temps j’ai compati avec ces hommes, ceux qui disent « je n’ose même plus adresser la parole à une femme, c’est affreux ». J’ai compati avec ceux qui ont peur de cette prétendue délation, parce que oui, éventuellement, une hypothétique femme qui se sent pousser des hypothétiques ailes pourrait l’accuser à tort d’une agression et éventuellement gagner le procès.

Puis, je me suis dit que tous les jours, quand je croise un homme dans la rue, quand j’adresse la parole à quelqu’un qui me demande son chemin, quand je laisse un sourire sur mon visage et que les gens peuvent le voir, j’ai peur. Je me demande si j’agis comme il faut. Si je n’ai pas l’air « trop gentille », si je ne suis pas « un peu désirable » quand même. Quand je vais courir, je m’assure que mes vêtements ne sont pas « trop moulants ». Heureusement que je ne fais pas de natation… Alors, je me ravise sur toute la pitié que j’ai pu avoir pour ces hommes inquiets. Il est temps de comprendre ce qu’est la peur, et entre nous, vous ne risquez pas grand-chose. A part quelques boutons dus au stress, à part une boule au ventre le matin, à part de regarder vos pieds au lieu de l’horizon quand vous marchez dans la rue.

Aujourd’hui, je me pose encore des tas de questions inutiles avant de sortir de chez moi (même si pour l’instant c’est plutôt « est-ce raisonnable de mettre un cinquième pull sous mon troisième manteau »), mais je relativise. Je me dis que je ne suis pas la seule qui devrait de méfier du monde, et que j’ai la chance de savoir que l’on vit dans un monde biaisé. Je me dis que je ne veux pas tomber du côté obscur de la haine, et que tout le monde mérite qu’on lui explique ce qui ne va pas. Nous sommes tou.te.s victimes du patriarcat, même les plus sombres connards de twitter et des commentaires sous les articles de presse en ligne. Nous avons tou.te.s à gagner en se posant de bonnes questions, et surtout en s’écoutant. Aujourd’hui, je regarde devant moi quand je marche dans la rue, je ne regarde plus mes pieds. Je vois les gens comme des gens, pas des agresseurs potentiels. Les gens en face n’ont pas changé depuis #metoo, mais moi je suis beaucoup plus confiante.

Et pour vous ? Quelque chose a changé ?

01/03 : Article sélectionné par Inspilla :D


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