Je n'ai qu'une chose à te dire…


Un Gourou représenté.

Voici un blog. Écrit par moi. Disons mon blog.

Il contient des morceaux de ma vie, des bouts d’informations, peut-être même des morceaux de pain, d’oseille sauvage, des graines de tournesol, oubliés au détour d’un article !

En attendant des nouveaux articles, ne néglige pas les vieux, je me suis appliquée pour les faire aussi !

Je me présente >là< et il y a une rétrospective >ici<

Un Gourou représenté. dans Chroniques d'un Gourou OonaSterenn

 

Là, en dessous, il peut y avoir de la pub. C’est insupportable mais si je n’en veux plus il faut payer. Alors Zut

(Ou sinon, tu cliques sur « Zut », tu n’es pas obligé de lire, et tu télécharges adblock).


Quelqu’un m’a agressée

(Alors attention hein, comme son nom l’indique cet article traite d’agression)

Je me souviens encore de ce cauchemar quand j’étais une jeune ado. Un rêve aussi tordu que les autres, où les situations se suivent sans se ressembler, quand on essaye de s’en rappeler. Il y avait mon père, ensemble nous cherchions à rejoindre ma mère. Il y avait des petites rues et une rivière que traversait un pont. Il y avait la pluie, tellement de pluie qu’il avait fallu s’abriter, grimper à un lampadaire pour ne pas partir avec le torrent. Puis j’étais redescendue du lampadaire, j’étais seule à présent, il fallait encore que je cherche à retrouver des gens. Derrière moi, le bruit de pas qui se rapprochent. Je me tourne lentement et j’aperçois cet homme, pas très jeune, avec une grimace sur le visage, qui me regarde comme on n’a pas envie d’être regardé.e. Je commence à accélérer, il accélère, je cours il court, je ne sais plus vers où courir je ne connais pas cette ville ! Je me jette dans la rivière.

Je me souviens encore me réveiller dans la nuit, dans ma chambre, et ne pas oser regarder ailleurs que droit devant moi. 

Je me souviens de plaquer mon dos contre le matelas, m’aplatir le plus possible, m’assurer qu’il n’y avait rien d’autre que ce matelas derrière moi. Je ne sais pas combien de temps je suis restée éveillée, mais quand j’y pense, j’ai toujours un peu la chair de poule. Et cela fait pourtant quelques années que je ne suis plus cette jeune ado.

 korra_spirits
 The legend of Korra – Livre 2

Mardi dernier, je suis rentrée du travail en bus. Je n’ai pas été abordée pendant le trajet, mais j’ai quitté la gare routière en même temps qu’un paquet de personnes. Marchant avec ce paquet, j’écoutais un podcast et je tenais un parapluie. Et là, derrière moi, quelqu’un a commencé à marmonner, à parler assez distinctement mais tout de même assez bas pour que je sois la seule à entendre. J’ai mis mon podcast en pause sans retirer les écouteurs. Cet homme marchait bruyamment et commentait mon physique en me traitement de salope, là juste derrière moi. Le première fois qu’on me traite de salope en ma présence et sans m’avoir regardée en face. J’ai accéléré, il est resté sur mes talons. J’ai refermé mon parapluie en faisant un geste brusque, il a continué son harcèlement. J’ai traversé la route au rouge piéton, il m’a suivie. Dans la vitre du bâtiment que je me suis mise à longer, j’ai vu qu’il n’y avait plus de paquet de personnes autour de nous. Il continuait son monologue. J’ai hésité à courir, j’ai eu peur qu’il coure aussi. J’avais peur qu’il se rapproche et qu’il me touche. Alors j’ai ralenti, je me suis retournée et je l’ai regardé.

« Vous me faites peur, monsieur. » Il m’a regardé l’air surpris. « C’est vous qui parliez, non ? » – « Non.  » J’ai eu envie de le frapper. Je suis restée sans bouger pour qu’il passe devant, je suis restée à une distance raisonnable de cet homme blanc d’une trentaine d’années habillé comme un commercial et je suis rentrée chez moi à pieds sans encombre après l’avoir perdu de vue.

 

Je ne sais pas vraiment pourquoi je t’inflige ces récits. Ce n’est pas la première fois d’ailleurs, mais avant j’avais voulu comprendre. Je pensais avoir rencontré des mecs au hasard et j’essayais de comprendre pourquoi ils agissaient comme ça. Cette fois encore, j’ai réagi en adressant la parole, et s’il avait engagé la conversation, ça aurait fait de lui un « mec au hasard dans la rue » supplémentaire. Un qui cherche à affirmer son pouvoir en effrayant les gens autour.

A la place, il me fait douter de mes sens, de ma mémoire à chaque fois que j’y pense : et si c’était le cas ? Et si ce n’était pas lui qui avait parlé ? Et si tout était dans ma tête ? Et si je n’exagérais pas un peu parce qu’il aurait pu m’arriver bien pire ?

 

Alors voilà la moindre des choses : je n’ai rien fait pour mériter ça, cet homme n’avait pas le droit de me mettre mal à l’aise dans l’espace public pour son bon plaisir, il n’avait pas le droit de m’insulter même sans me regarder en face.

J’écris pour le rappeler : il y a les cauchemars et il y a la vraie vie, et il y a si peu de choses entre les deux.

 


Comme un pied

Je marche avec mes pieds.

C’est la grande révélation de la semaine dernière, grande révélation de l’année peut-être. Je cours avec mes pieds. Je pédale avec mes pieds.

Ça ne vous aura sans doute pas échappé que j’aime bien faire du sport, me dépenser, me fatiguer. Et comme je le fais pour le résultat final (= les endorphines), je le fais un peu n’importe comment. Et comme je le fais n’importe comment, je me blesse (bah oui). En fait, je pensais que je courais, je marchais, je pédalais avec mes jambes. Le fait de comprendre, il y a quelques années, que je ne courrais pas seulement avec mes mollets mais aussi avec mes cuisses et mes fesses avait été une première révélation. Puis, il y a deux ans en m’inscrivant en club, j’ai découvert qu’on courrait aussi avec les bras (je reviens de loin hein ?), puis en préparant et en courant des distances de plus en plus longues, du dénivelé, j’ai compris l’importance des abdos pour courir.

La semaine dernière, après des mois et des mois à suivre des vidéos de yoga en ligne où la dame dit « souvenez-vous que vous êtes un seul morceau qui bouge » (« you’re one moving part » ça rend un peu mieux que ma traduction littérale, ahem), j’ai enfin compris ce qu’elle voulait dire. Pour protéger les articulations, on active toute la chaîne musculaire. Les coureurs.es de bon niveau ont l’air montés sur ressorts : ils et elles ne laissent pas lamentablement tomber leurs pieds sur le sol. Ielles courent avec leurs pieds. Mais aussi avec leurs bras, leurs épaules, leur tronc, leurs fessiers…

C’est tout pour moi aujourd’hui. Prenez soin de votre chaîne musculaire et n’oubliez pas de faire du gainage dynamique de temps en temps ;)

 Comme un pied dans Chroniques d'un Gourou img_2022
Petit placement de produit… Je vous fais -15%

 


Démographie

Si aujourd’hui une française met au monde un enfant, ça fera non seulement un humain de plus sur terre, mais aussi un français de plus qui va consommer comme un français (pire : comme un bébé français !). Alors on dira volontiers « je ne fais pas d’enfant, c’est meilleur pour la planète » et « de toutes façons il y a trop d’humains sur Terre ». En fait, ces phrases – mes phrases – posent quelques soucis.

Mise au point.

 

SURPOPULATION ET NOURRITURE

C’est prouvé, cela saute aux yeux, que la population mondiale est croissante. Très croissante. Nous n’avons jamais été autant d’humains sur terre, et nous sommes 8 fois plus nombreux aujourd’hui qu’en 1800, à peu près deux milliards de plus qu’en 2000. Cela réveille cette crainte jamais vraiment endormie : « il n’y aura pas à manger pour tout le monde !« 

Surprise, il y a quelques milliards d’humains de là c’était déjà l’angoisse. On a beau connaître actuellement des niveaux d’inégalités incroyables [plus d’inégalités aujourd’hui qu’il y a 40 ans >reporterre, >inegalites], les inégalités existent depuis longtemps : il y a souvent un seigneur avec des apports nutritionnels plus élevés que ceux de ses serviteurs.

En fait, il est possible que le souci vienne de ces inégalités : il y a une mauvaise répartition de la bouffe (pas que) et peut-être qu’en fait on peut nourrir même 11 milliards d’humains. Aujourd’hui, 10% de la population connaît l’insuffisance alimentaire [>diplo], mais en regardant la productivité des pays développés, on peut penser que c’est faisable jusqu’à 12 milliards d’humains en travaillant intelligemment (et en mangeant intelligemment, parce que vous pouvez rêver pour la viande à tous les repas).

Ah, et tant qu’on est sur la répartition, le monde n’est pas surpeuplé partout pareil. Certaines parties du monde (les pays de l’ex-URSS notamment) se dépeuplent tellement que leur population est plus faible aujourd’hui qu’en 1930 [>carte], et ça continue de se vider car les jeunes générations partent se chercher un avenir ailleurs.

Démographie dans Chroniques d'un Gourou img_2020
Un coucher de soleil et des barbelés

NULLIPARE ÉCOLO

Un.e petit.e français.e de plus va probablement ajouter de la pression démographique, ajouter sa marque à l’empreinte écologique du foyer. Mais bon voilà, ce n’est pas un truc minuscule qui crie ou qui dort qui va être responsable du désastre vers lequel on s’élance. Ni ses parents, même s’ils sont peut-être juste en train de réagir à la pression sociale de leur entourage « alors, c’est pour quand ?« .

On aime bien mépriser les autres humains, les trouver stupides et irréfléchis. Cette histoire de surpopulation, c’est quand même une belle occasion pour aller mépriser les gens des pays pauvres, des classes populaires, ou les gens très religieux, bref les familles nombreuses, non ? En sages défenseurs de la planète, plutôt les blâmer eux pendant qu’on tape des articles de blog sur un PC portable contenant du coltan (cause de crimes atroces en RDC notamment >lemonde >lemonde) que de remettre en cause nos modes de vie !

Et puis je vais aller un peu plus loin dans le malaise tiens. Certains génocidaires auraient pu adopter notre vocabulaire et parler de « démarche écologique ». Sachant d’ailleurs que les génocides et autres guerres arrivent souvent sur fond de pression sur les ressources (j’ai parlé de coltan juste avant). Et puis ça a déjà été fait, les régimes totalitaires qui imposent la stérilisation (Inde, années 1970-80), et évidemment l’argent permet d’éviter ça. Me rajoutez pas le fameux « il faudrait un permis pour faire des enfants » par-dessus le marché !

img_2021 enfants dans Chroniques d'un Gourou
Paris en biais (c’est mon petit côté « inception »)

AJUSTEMENT

Ne nous y trompons pas, je suis pour l’accès de toutes et tous à la contraception (et préalablement, à l’éducation). Je suis convaincue que si tous les humain.e.s étaient des enfants désirés, le monde serait plus beau (même si ça ne fait pas tout). Et puis si les toutes femmes pouvaient avoir le contrôle de leurs corps, juste ça, on pourrait faire de grandes choses !

Contrairement à certaines craintes inverses (le vieillissement de la population, les conneries de grand remplacement, bref crainte d’une diminution de la fécondité), l’accès à la contraception ne diminue pas la fécondité globale : en France, il y a plus de femmes mères qu’en début 1900 (1/4 nullipare contre 1/20 en 2010 >diplo). Elles ont juste moins d’enfants chacune.

Le taux de croissance annuel de la population est déjà en baisse (population x2 en 1968, population x1,05 en 2020). Je pense que ça va (quand même) dans le bon sens. Le « croissez et multipliez » ça n’est pas trop mon truc, c’est bien que ça se calme. Le tout est d’espérer qu’on ne soit pas déjà allés trop loin – notre impact est réel, des espèces disparaissent, les incendies se multiplient, les températures montent et les tempêtes sont de plus en plus nombreuses.

Le souci est plus la surconsommation que la surpopulation, on l’aura compris. Commencer par manger moins de viande, ça aurait un impact de près de -1T de CO2 par an par personne. Mais on ne peut pas continuer à responsabiliser les individus seuls (à commencer par les jeunes parents).

 

C’est l’angoisse de naître dans un monde où les inégalités économiques montent plus vite que le niveau des océans. C’est l’angoisse de faire un gosse en se disant qu’il ne vivra peut-être pas trente ans à cause des politiques débiles de l’ère industrielle puis capitaliste.

 

Il n’y a pas de fatalisme. Il sera acceptable de faire des enfants quand le capitalisme aura été renversé. Il est sans doute aussi acceptable de renverser le capitalisme accompagné de ses enfants mais je ne serais pas si optimiste. Il est temps que le fait de faire des enfants relève juste du choix (perso j’en veux toujours pas) des personnes, pas des conditions autour. Cela dit « il suffit de changer le système« .

On en arrive à la question suivante : où et comment s’engager ? Puisque pour notre survie et celle des générations à venir, c’est urgent.

Je n’ai pas encore de réponse.

 


La peau de mes mains est sèche

Il y a beaucoup de choses positives qu’on trouve à dire sur ce confinement généralisé de la population dans une bonne partie du monde, cette fermeture des frontières, la peur et le maintien de l’ordre à tous les coins de rue. Parmi elles, deux grandes lignes :

  1. Ça permet de se reconnecter aux choses essentielles, rattraper le temps perdu et apprendre à cuisiner en 18 langues
  2. On va soudainement tous devenir écolos et mettre un coup d’arrêt au capitalisme, l’entraide va tellement se généraliser qu’on connaîtra même le prénom du voisin de palier sans lire sa boîte aux lettres.

Alors voilà, comme on craque un peu tous là, à chercher les choses essentielles auxquelles on n’a pas pensé à se reconnecter, qu’on ne les trouve pas, je vais faire ma part et RÂLER.

 

Pour moi, la chose essentielle c’est de pouvoir voir les étoiles la nuit (pas le jour parce que le soleil me suffit et que quand même je suis pas compliquée). Eh bien figure toi que l’éclairage public est toujours d’intérêt général en période de confinement alors nous voilà toujours un bon paquet d’humains privés de voie lactée.  #Revoir_les_étoiles – Article

Je passe mes journées à me connecter à des sites qui génèrent plus de bruit de d’information et à m’inquiéter pour ceux qui ne peuvent pas rester chez eux puisqu’ils n’ont pas de chez eux. Je ne me sens pas connectée à l’essentiel. L’essentiel est dehors.

Je en sais pas si j’ai envie de continuer cet article.

Il y a tout plein de monde qui se réjouit de ce que va être l’après-confinement. Parce qu’on aura compris des choses. On aura fait le tri parmi tout ce qui nous manque : on aura compris ce qui nous manque vraiment. Vraiment ?

J’ai compris qu’on manquait de moyens dans les services publics. Quand le confinement sera terminé, qu’on pourra à nouveau être plusieurs dans les rues, alors j’aurais envie de manifester pour crier ma tristesse d’avoir eu à compter les morts sur mon écran de téléphone à cause de ceux qui n’ont pas payé leurs impôts.

Mais on nous dira que ce n’est pas raisonnable, de se rassembler entre humains alors que nous pouvons toujours nous échanger des microbes.

Alors ça ne sera pas la fin du capitalisme, mais un nouveau commencement.

Pas de solidarité, juste du désinfectant.


Un inspecteur, une dystopie et de la sociologie

Il y a près d’un an j’écrivais mon manque de lectures engagés, cette envie de se raccrocher à la réalité et de me construire un esprit critique. De me faire un peu mal en mettant la tête dans l’actualité mais pas trop quand même, je tiens à ma santé mentale (mon abonnement au Monde l’année d’avant m’avait plutôt apporté son lot d’idées noires). Alors je me suis abonnée à un journal (papier !) dont le mot d’ordre (il doit y avoir un terme plus adapté…) est « on s’arrête, on réfléchit ». Et ça me convient parfaitement. La moitié des articles sont d’utilité publique et je veux les partager – mais ça serait leur nuire que de partager gratuitement le contenu des journalistes ? J’aimerais faire ma contreinfluençeuse et proposer de gagner un abonnement au diplo ! (après avoir fait mon overdose de concours sous forme de calendriers de l’avent le mois dernier…)

J’ai aussi recommencé à lire un peu (ou avais-je arrêté ?), mais en choisissant des pavés, donc ça fait peu de livre et beaucoup de pages. J’ai lu mon premier roman policier, 720 pages, et honnêtement c’est un peu toujours la même chose l’inspecteur mystérieux qui se tape la belle femme de l’intrigue, même si l’intrigue est sympa ce fantasme de vieux flic me refroidit un peu. Donc je ne parlerai pas du livre (c’était un paragraphe inutile, voilà voilà bisous).

J’ai lu « Le meilleur des mondes », de Huxley, je ne pensais pas qu’il me plairait à ce point. Peut-être qu’il est d’actualité malgré le film de poussière des années. Beaucoup de monde veut reprendre ce roman et 1984 de Orwell à son compte, mais jamais pour les questions de fond – à mon avis : plutôt pour des questions de morale et de mœurs, de peur du futur. Dans 1984 oui, il y a la surveillance de masse, il y a les classes sociales, il y a la novlangue (newspeak, je l’ai lu en anglais). La réflexion est sur le totalitarisme, la désinformation, la guerre. « Le meilleur des mondes » traite aussi de la question suivante : la vérité ou le bonheur ? Satisfaire tous ses désirs instantanément ou … vivre ? On est face à une société où tout le monde est fait pour n’avoir aucune frustration. Et il n’y a plus de poésie, plus de mystère, de … romantisme. On pourrait aussi s’arrêter à des considérations sur la morale : la contraception ou pas ? Coucher le premier soir ou pas ? Mais ça serait vraiment moins pertinent. Les questions du déterminisme social et de la sélection génétique peuvent aussi être exploitées mais ça met plus vite mal à l’aise que la vague question de la véritéà mon avis encore

Le dernier, c’est « Penser la violence des femmes ». Je crois que j’en ai déjà parlé, non ? Ahoui, mais avant de l’avoir lu. Beh ça serait difficile à résumer, encore une fois, 448 pages d’études sociologiques, beaucoup de phrases à relire deux fois pour moi qui ne suis pas sociologue.

Je vous laisse avec un résumé ci-dessous et l’assurance que j’ai vraiment beaucoup appris en lisant cet ensemble de textes (sur plusieurs mois, soyons claire) :

Tueuses, ogresses, sorcières, pédophiles, hystériques, criminelles, délinquantes, furies, terroristes, kamikazes, cheffes de gang, lécheuses de guillotine, soldates, policières, diablesses, révolutionnaires, harpies, émeutières, pétroleuses, viragos, guerrières, Amazones, boxeuses, génocidaires, maricides… Qu’y a-t-il de commun entre toutes ces figures ? Pour le comprendre, il importe d’exhumer, de dénaturaliser, d’historiciser et de politiser la violence des femmes. Telle est l’ambition de cet ouvrage qui propose une approche pluridisciplinaire sur un sujet trop longtemps ignoré des sciences sociales.
Cette somme inédite, réunissant des études historiques, anthropologiques, sociologiques, linguistiques et littéraires, révèle combien la violence des femmes est au cœur d’enjeux d’ordre à la fois politique et épistémologique. Penser la violence des femmes, c’est en faire un véritable levier pour considérer autrement la différence des sexes, la violence et, par-delà, l’ordre social.

#Source

 Ce matin, j’ai erré en ligne et trouvé une page de recommandations de lectures. J’ai fait une liste et ajouté ce que j’avais déjà noté le long de l’année, puis suis allée rentre visite à ma librairie indépendante préférée pour y dépenser une somme conséquente. Je suis revenue avec des livres qui n’étaient pas sur ma liste et j’ai commandé les autres. Je compte revenir bientôt pour en parler, mais honnêtement j’ai un stocck de lecture pour toute l’année !


Eloge de la simplicité, ou pourquoi ne pas juste faire à manger

L’intitulé parle de lui-même : je ne suis pas quelqu’un de simple. Les choses se compliquent dès que je commence à y penser. Il serait dommage de se décider tout de suite, alors que la vie, le monde comportent tellement de possibilités !

Et pourtant. Pourtant cette vie de réflexions et de contraintes est aussi une vie où les phrases sont courtes. Où je m’attache à mettre des points, des virgules (beaucoup de ponctuation — mince cela est compliqué !), des sauts de ligne pour permettre à ma réflexion de se reprendre.

On saute une ligne et on respire.

On me reproche les contraintes arbitraires que je m’impose autant que l’on complimente la rigueur de mon travail, de mon cahier de comptes et de mes rapports hebdomadaires.

Pourtant, je revendique le droit à une vie simple. Celle de m’habiller comme je veux, de manger comme je veux. De ne pas partir en week end loin dès qu’il y a trois jours, de ne pas me maquiller parce que quand-même-tu-as-des-cernes. Cette simplicité, je la dois entre autres à mon éducation, à où et comment j’ai grandi… Cette simplicité est évidente.

 ***

Mais un jour, j’ai débarqué dans le vrai monde. Celui où il y a d’autres personnes et ces personnes n’ont pas grandi pareil. Nous n’avons pas les mêmes évidences. Je suis arrivée dans ce vrai monde avec tous les préjugés que cela implique.

Ces préjugés fondent lentement, à la chaleur absente de mon regard et de mes remarques.

 Eloge de la simplicité, ou pourquoi ne pas juste faire à manger dans Chroniques d'un Gourou img_2012
Oeuf, feta, concombre, tomate

Récemment, et d’ailleurs plutôt « régulièrement et ce depuis des années à présent », il a été question de manger. C’est assez commun, manger. C’est plutôt simple, manger. Mais j’ai été confrontée à un mur quand il a fallu « cuisiner » autrement qu’en « faisant à manger ». Je suis toujours confrontée à ce mur.

Voyez-vous, je ne commande jamais à manger. Il m’arrivait encore il y a un an ou deux d’aller chercher un kebab ou une pizza, mais nous étions toujours en groupe. Moi, je suis armée de ma poêle et de ma casserole, d’un placard et d’un frigo, d’une bouteille d’huile ou d’une motte de beurre, et je fais à manger. C’est plutôt une fierté jusqu’ici, puisque ça fait de moi une personne indépendante, qui peut vivre sans cantine ni parents ni livreur à vélo sous-payé.

Mais j’ai choqué des gens. Ils ont été dérangés, surpris, étonnés, importunés : apparemment, je ne sais pas cuisiner. Je ne sais pas mettre de la crème à revenir avec d’autres trucs gras dans une casserole à côté, je ne sais pas penser à la béchamel qu’il faudrait rajouter, je ne … sais pas ce que font les gens quand ils cuisinent. J’ai cru que cuisiner c’était faire revenir des légumes à la poêle et faire cuire des féculents à la casserole ou bien mettre un poulet dans un four et attendre qu’il soit cuit. Et c’est pour cette raison que ce mois-ci encore, on s’est moqué de moi.

 ***

On m’a fait comprendre, encore une fois, que ce que j’avais appris était faux, mais sans me donner la raison. Je le prends comme du mépris. J’en ressors, encore une fois, confuse et frustrée, parce que je tiens à ma simplicité, elle qui ne m’avait jamais dérangée.

 

lol, j’ai une rubrique cuisine sur ce blog


Le potager

Je vis en ville. Et pas n’importe comment : en région parisienne. En fait, c’est une méta-ville, et si tu as lu Ravages de R. Barjavel, tu sauras que c’est comme une grande forêt : si ça brûle, pas moyen d’arrêter le feu avant que tout ne soit détruit. Ou s’il peut beaucoup.

Enfin Ravages, c’est une fiction avec penchant misogyne, et l’Amazonie n’a pas entièrement brûlé alors que c’est une grande forêt, donc passons pour l’instant.

Je vis dans une résidence, et une poignée de voisins citadins a lancé un projet de potager. Nous avons fait une première réunion puis nous nous sommes retrouvé.e.s pour explorer la résidence en quête d’un emplacement. Le plus compliqué, c’est de trouver des arguments pour rassurer les voisins réfractaires : mais non, un potager ce n’est pas sale, ça ne fait pas venir des bêtes sauvages ni des personnes extérieures à la résidence (et sauvages).

C’est assez chouette, mais assez vite j’ai remarqué que vivre en ville trop longtemps pouvait avoir quelques conséquences : je croyais que tout le monde savait faire pousser des patates, mais il est possible que non, parce qu’il y a des gens qui pensent qu’un framboisier est un arbre aussi grand qu’un pommier.

J’ai un défaut : j’ai tendance à basculer du côté « mépris ». Sourire parce que je suis surprise et me dire que quand même, c’est trop fort, n’importe qui devrait savoir ça et ces citadins là non.

 Le potager dans Chroniques d'un Gourou deshyd10

Il y a un truc : de plus en plus de gens ont peur de la fin du monde. Mais pas exactement comme en 2012 (ouh merde j’avais déjà ce blog), avec un film où comme d’hab les nord-américains sauvent le monde et les riches se cassent sur un vaisseau spatial, et tout le monde est rassuré et la fin du monde n’a pas lieu. Cette année il n’y a pas de film mais il y a une adolescente qui a arrêté l’école, et puis il y a des scientifiques qui ont des chiffres depuis 40 ans, et cette année on commence à les regarder et à se dire « Flûte, zut, c’est peut-être sérieux« .

Les citadins ont aussi peur de la fin du monde. Comme partout dans nos pays riches, les gens sont sur une échelle de Déni à Fin-du-monde-istes, avec au milieu les gens qui vont s’inscrire à une AMAP ou acheter leurs vêtements sur des applications de trucs d’occasion entre particuliers, ou faire leur propre lessive avec du bicarbonate. Et il y a ceux qui veulent faire un potager.

Finalement, on va affirmer un seul truc : c’est une bonne chose que les citadins (et tous les autres) veuillent apprendre à planter des tomates. S’ils croient – pour ceux qui sont au bout de l’échelle – que cette connaissance va les aider à survivre à l’apocalypse, c’est bien. Après tout, je suis persuadée que apprendre à planter des trucs c’est bien. Un peu comme voir les étoiles. Je pense que c’est important qu’on puisse encore voir les étoiles. J’en reparlerai.


Juillet

Un article au titre évocateur, c’est tout ce que je peux faire pour le moment. C’est difficile de ne pas avoir de vacances quand les jours sont longs et chauds.

Je t’écris ça et pourtant, j’ai commencé mon mois de juillet à l’autre de bout du monde, dans le vent et la brume de mer du Pacifique, en Californie. Fin juin, mon boulot m’y déplaçait pour présenter mes travaux à une conférence, alors j’ai pris une semaine de congés. Mes vacances. Je n’étais jamais partie aussi loin, j’ai vu et vécu plein de choses que j’aurais pu vivre mois loin, pour sûr, mais elles avaient un goût particulier, ces expériences. A l’image de l’océan Pacifique, qui frappe les côte de ses vagues, qui pourrait avoir l’air de l’Atlantique, et pourtant il y a ce quelque chose qui change. Je ne sais pas quoi. Mais c’est un autre océan. La Californie, c’est la Bretagne en plus froid et avec moins souvent des nuages, c’est comme chez moi mais avec un autre océan et des séquoias.

Juillet dans Chroniques d'un Gourou img_2019
Mon journal de bord en voyage. Toujours.

Le retour au boulot - parce que j’ai bossé le lendemain du retour – était un peu flottant. A croire que la fatigue, une fois le jetlag passé, n’est qu’un état d’esprit : celui où on n’a pas l’occasion de marcher 30km par jour.

Le mois des vacances des autres, donc. J’ai pris des transports en plus pour rendre visite à des amis. Rapidement pour une soirée, manger dans un restau éthiopien ou boire un chocolat chaud dans un bar et trinquer avec les bières en happy hour des autres. Et prendre le train pour un week-end et nager, manger, jouer aux palets bretons et danser à quatre heures du matin, regarder ces gens jouer de la musique dès qu’on leur met un instrument dans les mains, rêver d’une vie concrète.

J’ai eu peu d’échanges avec la famille, à part des cartes postales que j’ai envoyées de loin. Ils ont tout plein de changements à vivre et je ne veux pas y ajouter tout de suite ma présence. Je prévois ça pour le mois prochain. Mais tu sais, mes ami.e.s sont particulières : c’est aussi un peu ma famille. En écho avec ce que j’ai lu juste avant de rédiger l’article : l’amour des proches c’est aussi plein d’énergie et de temps. C’est beau mais c’est difficile, ça nécessite de la force à mon avis. Mais c’est beau. Et honnêtement, je ne sais pas ce qui me donne cette force. L’amour que je porte en retour et … la nécessité d’être forte ?

 

Je te fais des bisous, lectrice, lecteur, robot de monétisation ou d’indexation.

Cet article est une participation au défi #monmoisàmoi de Justine


Résistance contemporaine

C’est un petit bouquin que j’ai lu par hasard, Petit manuel de résistance contemporaine. Ce genre de livre écrit par un  écolo et où tu es un peu triste à l’avance parce qu’il est probable que ça ne soit lu que par d’autre écolos ensuite.

J’ai bien aimé ce livre. Si je pouvais, je vous citerai le livre en entier là tout de suite parce qu’il y a des chiffres, des arguments que j’aurais aimé avoir plus tôt. Et effectivement, il est assez alarmiste pour ce qui est de la partie « bilan », mais comme toute personne un peu écolo je connaissais déjà ces faits alarmants. Ce n’est pas ça qui est nouveau, puisque cela fait des décennies que des scientifiques ont montré et alerté sur les conneries qui ont été faites. Ce qui est nouveau et plaisant dans ce petit livre, c’est cette idée-là :

Ce sont les récits qui sont moteurs de notre société. Et si nous changions de récit ?

Parce que tout peut être déconstruit, vu sous un autre angle : l’argent, le travail, les lois. Peut-être vous êtes-vous déjà dit : allez, je vais tout plaquer pour ouvrir un restaurant dans la région où j’ai grandi (ou dans cette lointaine contrée dont je rêve depuis tant d’années), et pourtant vous ne l’avez pas fait, parce que c’est incertain, ça ne rapporterait pas assez, et puis d’ailleurs ce n’est pas sûr que la banque vous accorde un prêt. Alors qu’en creusant un peu on voit que l’économie est construite sur le fait de pouvoir prêter de l’argent qu’on ne possède pas et de demander des intérêts en plus de la restitution du prêt à terme. Que depuis les années 1970, on a triplé notre richesse et pourtant à en voir le taux de chômage et l’âge des retraites qui recul, c’est comme si nous n’en faisions toujours pas assez.

Cette contrainte du travail est un récit, une fiction, un rouage de notre système. Le travail comme salariat, comme contrainte du nombre d’heures journalières. Alors que nous pouvons faire tant de choses en se basant sur l’échange et l’entraide.

La façon dont est construite l’économie est plutôt responsable de le vitesse à laquelle nous allons droit dans le mur. La façon dont on crée la richesse est une partie du récit, de la fiction. Certains l’ont délaissé et ont créé des monnaies locales, des prêts participatifs, avec lesquels les richesses sont mieux redistribuées, ne retombent pas dans les banques.

Les élus ne sont pas tenus de nous représenter une fois élus, puisqu’il y a peu de moyens de les destituer. On se résigne à attendre les prochaines élections. Mais il y a des moyens de passer outre ces élus, de s’organiser localement, de travailler avec d’autres citoyens à d’autres endroits et de changer le fonctionnement des choses « par le bas ». Un des exemples concrets : les états des États-Unis qui ont signé l’accord de Paris (environnement, tu te rappelles « Make our planet great again » ?) après que le président Trump en soit sorti au nom du pays entier. Résultat : une bonne partie du pays est encore dedans et s’engage à protéger l’environnement.

Ces choses que je viens d’écrire, j’ai toujours eu envie de le dire, ça vient comme une intuition. Mais à présent ce ne sont plus des « rêves de bisounours« , parce que maintenant je sais qu’il y a des réalisations concrètes, des chiffres, des gens qui ont réussi et d’autres qui s’organisent.

 

Changer le système actuel pour sauver notre cul la planète, ce n’est pas seulement « renoncer à » (confort, smartphone, voiture individuelle, vaisselle jetable, vacances en avion, fraises en hiver…), c’est aussi accueillir de nouvelles choses que nous ne connaissons pas ou plus. Ce livre nous dit que c’est possible d’avoir du temps pour vivre, rêver, apprendre, aimer,  écrire, respirer. Ces choses auxquelles on croit renoncer dès lors qu’on devient un peu adultes.

Il faudra s’y faire, puisqu’il est certain que nous allons devoir renoncer. Ce serait chouette d’accueillir, de découvrir en plus. Et ce bouquin me donne de l’espoir.

Résistance contemporaine dans Chroniques d'un Gourou Petit-manuel-de-resistance-contemporaine


La gratitude impossible

Il s’est passé tellement de trucs depuis la dernière fois que je suis venue écrire ici que tout le blog pourrait devenir un interminable truc qui essaie de rattraper du temps perdu. Ça ne marcherait pas.

Parlons juste d’une anecdote récente.

J’ai fait une commande en ligne, des produits de beauté, parce que je suis influençable par les promotions, et puis parce que j’avais envie de trucs de gommage — personne n’est parfait.

Quelques jours plus tard, je recevais un e-mail de la Poste m’informant que le colis avait été livré dans ma boîte aux lettres, à un horaire très précis, du style qui finit par :57, mais j’ai bien regardé et n’ai rien trouvé. Déçue, j’envoie un message aux services postaux (via un formulaire, en renseignant le numéro de suivi, etc), mais ne reçois pas d’infos (« Votre demande sera traitée au plus vite »).

Puisque j’avais envie de recevoir ce colis quand même, et que je ne pouvais pas refaire la même commande (les promotions étant passées), j’écris un message au site vendeur leur demandant si je pourrais de façon exceptionnelle bénéficier à nouveau des réductions sur les produits qui m’intéressent. En fait, ils me renvoient le même colis, gratuitement. Celui-ci, je l’ai reçu, accompagné de la note commerciale « nous faisons notre possible pour satisfaire nos client.e.s » (sans l’écriture inclusive par contre, déso).

Tout ça pour raconter un truc : les demandes, je les fais via un formulaire. Les mails de confirmation, je les reçois depuis une adresse à laquelle je ne peux pas répondre. Le colis, je le reçois depuis les entrepôts. Je suis frustrée parce que j’aurais voulu dire « Merci », parce que j’ai beau savoir que c’est un geste commercial, il y a des gens qui auront lu mon message, refait ma commande, re-transporté mon colis (bon, eux ont été probablement payés deux fois), et je suis juste là en bout de ligne à recevoir des produits après m’être plainte. C’est frustrant, cette communication à sens unique.

La gratitude impossible dans Chroniques d'un Gourou ello-optimized-58a21caa
@ingmarswalue

La deuxième colère

J’ai été extrêmement remuée par un article sur la violence des femmes, en début d’année. Il était question de remettre dos à dos violence d’hommes et de femmes, et au passage de remettre en question le féminisme qui pourrait être un vecteur de violence chez les femmes, ouh le vilain.

Je vous mettrai le lien de l’article pour voir par vous-mêmes, je m’excuse mais je n’ai ni le courage ni la force de le relire et l’analyser, donc mes excuses à l’auteur.e si je déforme grossièrement.

Il y a quelques points que j’ai retenus et auxquels j’ai aussi le droit dans la vie de tous les jours (entourage, presse…) et sur lesquels je voudrais revenir. Comme déjà dit avant, je ne suis pas sociologue, ce ne sont que des idées en l’air.

 La deuxième colère dans Chroniques d'un Gourou fa3ffab4a52cf7dd67b520aa14d2776c1-9900000b6d03cf3c
Source : Les Glorieuses
  • Les féministes ont des raisons d’être en colère

Partons de ce point un peu classique. D’abord, cette phrase vous aidera si vous êtes féministe en territoire hostile et que vous faîtes face à « Les féministes sont vraiment des hystériques haha ». Une réponse simple et non engageante sera « Oui, il y a des féministes qui sont en colère ». Il suffit de se mettre le nez dans les statistiques, de suivre quelques blogs ou associations qui partagent les stats et les multiples témoignages de femmes victimes de violence d’hommes : il y a de quoi être en colère.

Une statistique pour se faire une idée : 553 000 femmes seraient victimes de violence sexistes et sexuelles chaque année en France. Autant de personnes pour qui la colère est plus que justifiée.

Je précise ici qu’il n’est pas question de violence, mais de colère. De la violence subie, mais pas de la violence exercée. Je reviendrai ensuite sur les actions des personnes en colère. 

D’autres infos ici #

  • La violence d’une femme est d’abord la violence d’un être humain

Aussi simple que ça. La violence est rarement une bonne solution. Et n’est pas toujours utilisée dans des contextes militants, au contraire. La jalousie, l’alcool, le stress, sont des exemples de fléaux qui touchent toute la population. A trop haute dose, cela engendre des violences physiques et psychologiques y compris dans les couples. La guerre, la guérilla, le trafic de drogue  impliquent aussi des femmes parmi les « attaquants » (même si les hommes sont majoritaires, même si on retiendra surtout que les femmes sont dans le camp des civils et subissent, entre autres, des viols).

Les contextes que je cite n’ont pas de lien avec une quelconque idéologie féministe. Si je m’engage dans l’armée ou la guérilla c’est que je veux défendre mon pays ou mes idées. Mon genre passe après mon engagement.  Si je participe à un trafic de drogue, je ne sais pas si c’est justifié, mais en tous cas il est plus probable que je le fasse pour le pouvoir et l’argent, sinon la survie, plutôt que comme revendication féministe.

  • « Le féminisme n’a jamais tué personne »

C’est une phrase de Benoîte Groult, la citation entière est « Le féminisme n’a jamais tué personne. Le machisme tue tous les jours.« 

Il existe cependant quelques groupes féministes qui ont pratiqué l’action directe et usé de violence, mais c’est assez marginal. En lisant des études sociologiques sur les mouvements féministes et apparentés dans l’Histoire, on remarque assez bien que ces mouvements ont voulu se démarquer en utilisant le fameux « soft power », en collant des affiches et en écrivant des livres (j’exagère mais c’est l’idée). Pour rappeler le premier point : les féministes sont en colère, mais elles (et ils) demandent l’égalité. Pas une revanche, juste l’égalité en droit.

  • La différence de traitement des personnes violentes en fonction de leur genre

Il y a une différence. Il y a beaucoup moins de femmes en prison, moins de femmes dans les corps armés (= moins de femmes qui exerceraient la violence illégitime comme la violence légitime). Il se trouve que les corps armés ont été ouverts aux femmes nobles sous l’ancien régime, puis après la Révolution il a fallu attendre l’époque récente pour les voir y revenir, puisque c’était interdit. Il se trouve aussi qu’une femme violente (gangs, vols…) va être jugée différemment et envoyée plutôt vers des établissement médicalisés car on aura tendance à penser que la violence chez la femme est un dysfonctionnement, qu’il faut la soigner. A mon avis, la violence des hommes est tout aussi problématique et  justifie tout autant une prise en charge médicale ou psychologique.

Ce point pour en venir à une hypothèse : ne serait-on pas en train de diaboliser la violence des femmes comme une « erreur de la nature » en opposition à une violence des hommes « naturelle » qu’il s’agirait uniquement de canaliser ?

A mon avis, nous devrions traiter les individus violents comme individus violents, sans considération pour leur genre.

 

Conclusion

Il est assez malvenu, à mon avis, de rapprocher féminisme et violence. Il y a de la violence subie et de la colère, il y a des faits et des personnes militantes qui s’organisent pour trouver des solutions.

Je me définis comme féministe et j’avoue que parfois j’aimerais frapper des murs au point de les casser tellement je suis en colère. Mais la plupart du temps, je suis juste très triste. Triste entre autres que ma soif de justice soit interprétée par d’autres comme une soif de vengeance. Je ne hais pas les individus, je voudrais juste que nous vivions dans une société plus saine.

Aussi, dernier point mais non négligeable : les humains peuvent être violents, indifféremment de leur genre. Cette violence n’est pas encouragée par les mouvements militants.

 

 L’article en question #
Je vous recommande cependant le contenu du blog qui est fort intéressant par ailleurs :)
Une référence de livre intéressante #

Cette colère sourde

Hier, comme tous les premiers lundis du mois, j’enrageais. Je voulais crier ma colère contre tous ces privilégiés qui ne se posent pas de question, contre ces gens pour qui la vie s’arrête aux portes à codes de leur résidence neuve sécurisée. Il y a des choses contradictoires qui se font face dans ma tête chaque premier lundi du mois, et ça va au-delà de ce que je constate en revenant du boulot, dans ce cas : la collecte des encombrants.

Cette colère sourde dans Chroniques d'un Gourou img_2017

Entre chez moi et la gare, il y a un des quartiers riches de la ville : petits immeubles de moins de 4 étages, routes neuves en sens unique, trottoirs larges et arborés. C’est tout calme et le matin je croise des gens qui promènent leur chien d’appartement ou qui emmènent leur enfant sage à l’école. J’aime bien passer dans ce quartier, et chaque premier lundi du mois tout s’effondre : leurs caves se mettent soudain à recracher tout ce qui était indésirable chez eux. Les trottoirs larges et propres se recouvrent de tas gigantesques de choses que l’on destine à la déchetterie. Ces tas se composent d’abord de cartons. Une multitude de cartons où il est souvent écrit le nom bien connu d’une entreprise de commerce en ligne. A part que ces cartons auraient peut-être leur place dans un bac de recyclage, je n’ai rien à dire.
Mêlés à ces cartons, on trouve de tout, c’est le propre des encombrants. Mais pas de tout comme dans mon quartier où ce sont des plaques de bois compressé cassées ou des tuyaux d’aspirateurs ou des lavabos cassés. Non, chez ces gens-là on trouve des fauteuils, des canapés, des poussettes, des sommiers, des matelas, des vélos d’enfants, et aussi des fameuses plaques de bois compressé, parce que la grande enseigne d’ameublement nordique ravit toutes les classes sociales (enfin, les moyennes), mais parfois pour une durée limitée.
Chaque premier lundi du mois donc, je rage car je vois tous ces meubles quasi neufs, rayés seulement depuis qu’ils ont été entassés aux encombrants, s’échouer tristement sur la chaussée. Il y a du monde qui comme moi, rôde autour de ces tas pour voir s’il n’y a pas quelque chose à récupérer, il y a même des gens qui viennent à la pêche avec une camionnette. Souvent, je suis passée sous la pluie, et je voyais les matelas se gorger doucement d’eau en pensant à ceux qui n’en avaient pas de si bons.
Ce quartier calme et propre, c’est le quartier de la honte. C’est le quartier de ceux qui, par leur fenêtre, voient les gens qu’ils ne croisent jamais en train de récupérer leurs déchets. C’est pourtant aussi le quartier, à en croire les statistiques, d’où viennent les « jeunes éduqués » qui manifestent pour le climat – parce qu’ils sont nombreux, ceux qui s’inquiètent d’abord de pouvoir dormir et manger avant d’avoir le temps de regarder le climat changer.

Alors hier, je me suis dit que la marge de manœuvre était bien étroite, s’il fallait supporter que les riches abreuvent les pauvres de leurs déchets, que les multinationales abreuvent ces riches de leurs produits, que ces produits soient produits par encore plus pauvres, et qu’au milieu de tout ça il faille trouver des gens qui ont le temps, la conviction et les moyens de protester contre ce système, cette injustice, ce non-sens.

Alors je vais continuer à espérer que le changement vienne de nous-mêmes, parce que rien ni personne ne peut affronter le monde seule. Je nous souhaite d’avoir du courage et de la raison, beaucoup d’espoir et de patience.

Pardon pour cette opposition naïve riche/pauvre, je n’ai pas la patience pour m’exprimer proprement aujourd’hui.


Le rêve

Je rêve de ne pas dépendre des autres. J’étais partie pour raconter combien j’aimerais avoir de l’espace, vivre loin des grosses métropoles. Ça aurait dérivé vers les déserts médicaux et la fermeture des petites lignes de train, et j’aurais conclu que j’ai peur de l’avenir quand même.

Mais non, parce que je rêve d’un avenir qui ne fait pas peur. Je ne veux pas avoir peur de ce qui m’attend, je rêve d’un futur dont je participe à la construction, je rêve d’un temps qui ne m’échappe pas.

Je suis obsédée du contrôle.

Il y a des solutions, il y en a plein et en même temps il y en a qu’une. Je ne veux plus dépendre du monde, mais pas comme une individualiste, plus comme une anarchiste. Pas comme une anarchiste qui casserait tout mais comme dans le fédéralisme de Proudhon (ou ce que j’en ai compris)  (je t’avais dit il y a quelque temps que je voulais lire du politique) : un système où la base est l’individu, qui s’organise en communies, puis en régions, puis en pays (en très gros), un système qui s’étendrait au monde entier – sans frontières, sans état – mais qui partirait du niveau local, très local. On retrouve cette idée dans plein d’autres modèles de société d’ailleurs. Bref. Je ne veux plus dépendre du monde car je rêve d’un monde organisé à partir de ses habitants, c’est le monde qui dépendrait de nous. Est-ce une partie de la solution ou est-ce le début de la solution elle-même ?

Le monde va mal et on pourrait pleurer et attendre. Je suis souvent triste car je ne me sens pas à la hauteur. Je rêve de ce monde où je suis à la hauteur, où je ne dépends plus des camions sur les routes, des containers sur les mers : je rêve de ce monde où je suis autonome, où je produis mes pommes, mais surtout où chacun mange quelque chose.

J’ai l’air niaise hein ?

C’est un rêve. Un rêve où, avec des amies, nous rénovons et construisons, nous re-créons notre « niveau local ». Je rêve de cette organisation pour les industries et les quartiers dans les villes, pourquoi pas ? Où la justice guérit, plutôt que de continuer à punir.

Je ne suis qu’au début de cette réflexion. J’ai écouté aujourd’hui cette interview réjouissante et engagée de Geoffroy de Lagasnerie, et je veux continuer à rêver, surtout à réfléchir et à évoluer. Rien n’est fixé.

Le rêve dans Chroniques d'un Gourou viaduc10

Voir au delà de la forêt.


Quelques jours de moins

C’est court, février.

On a eu l’hiver et le printemps, on a eu le vent et la grêle, un peu.

J’ai cru le mois dernier que je pourrai écrire des articles toutes les semaines, ou au moins toutes les deux semaines, finalement je ne sais plus ce que j’ai fait.

Les semaines étaient denses et les fins de semaine courtes.

J’ai fait 190 kilomètres, des siestes, des crêpes, j’ai reçu deux diplômes et un prix. J’ai gagné du poids et des abdos.

Il faut que je réponde à une lettre.

C’est court, février, alors ce message aussi est court.

 Quelques jours de moins dans Chroniques d'un Gourou img_2016
Peu de production, pas mal de réflexions.
 

 Une modeste participation pour #monmoisàmoi de Justine, pour me rattraper je compte répondre à la question du mois de février dans un article qui arrive.


Faire corps

S’il y a quelque chose de commun entre un bébé qui commence à marcher et un adolescent, je pense que le plus frappant est la poussée de croissance et le changement de rapport au corps.Le bébé va entrer en contact avec les choses, tomber, se relever, et prendre ainsi conscience de son corps, de ses limites.L’adolescent et l’adolescente vont grandir d’un coup, et changer de forme en même temps. Les hanches plus larges pour les jeunes femmes, mais aussi les épaules plus larges, plus hautes, les pieds qui grandissent (plus pour les garçons ça je crois). En résulte là aussi, la prise de conscience de ses nouvelles limites, de son corps modifié, en se cognant un peu partout les premiers temps.

 

Je n’ai jamais dépassé ce stade. Je me cogne toujours les hanches et les épaules, comme si j’étais « à côté de mes pompes », comme si je n’étais pas vraiment dans mon corps, décentrée. J’ai vécu avec mais ça commence à me peser. Curieusement, ça me dérange depuis que j’ai commencé la conduite pour passer le permis : je ne roule pas exactement dans ma voie. Mon plus gros souci est la position sur la chaussée. Alors je cogne la voiture aux trottoirs, et ça fait également de moi un danger public puisque je risquerai de me prendre les voitures d’en face si je me déconcentre. E gros, je n’arrive pas à faire corps avec ma voiture.

Il faut donc que j’arrive à me « recentrer », et pour moi ça n’est pas un grand mot prononcé par les coachs de développement personnel et autres professeur.e.s de yoga, c’est vraiment le mot qui décrit ce dont j’ai besoin.

Cela va bientôt faire une année que je pratique le yoga, seule avec des vidéos en ligne. Ce n’est pas optimal, on recommande les vrais cours avec les vrais profs, mais faire quelque chose de relaxant + être avec plein de monde ça ne colle pas pour moi. Ou si, à la limite une retraite de yoga, mais ça coûte tellement un bras qu’il va falloir attendre. Bref.

Il y a déjà quelque chose que je remarque : quand mes pieds sont droits et bien alignés et que je ne les vois pas, que je les imagine juste, je vois un pied en avant de l’autre, tourné légèrement vers l’extérieur. Alors je regarde mes pieds, je les vois bien droits, et je les imagine bien droits. C’est pour moi une grande avancée de sentir mon corps de cette façon, même sans savoir de quel corps il s’agit.

 

Aussi, je crois que c’est pour cette raison que j’ai intensifié ma pratique sportive depuis deux ans : pour sentir mon corps, pour explorer d’autres limites. C’est en lien avec quelque chose dont je parlerai bientôt, qui est le souci de servir à. Puis j’ai lu un vieux livre sur le rapport du corps à l’esprit, sur l’âme et « le corps astral », ainsi que sur notre place dans l’univers. Longtemps, j’ai rejeté en bloc les religions, et je n’en veux toujours pas pour moi. Cependant, quand on me demande si je suis croyante, je doute. Ça aussi on pourra en parler.

 Faire corps dans Chroniques d'un Gourou copie_10
On se retrouve vite dans une brume de choses non-scientifiques…

Alors, je voulais savoir si toi aussi, tu connaissais cette sensation de décalage, de dissymétrie. Si tu as réussi à t’en débarrasser, ou si tu as des idées.


12345...12

L'EPS au lycée français de ... |
hoyosxavier |
profdoc |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | MA LIVE
| BLEACH vs DBZ vs ONE PIECE
| ASIA SUKIDA